Chapitre 31
Traductrice : Moonkissed
« Souviens-toi de l’heure. Si, à mon retour dans sept jours, je ne vois pas le hamster doré, tu seras mon dîner ! »
Grand-mère Loup parla avec colère, prit le petit parasol, remit son petit chapeau et se retourna pour partir. Le claquement violent de la porte fit trembler toute la maison. Tang Mo ramassa le pot rose posé sur la table et regarda son départ d’un air froid. Il courut jusqu’à la fenêtre pour s’assurer que Grand-mère Loup descendait bien le chemin de la montagne avant de s’asseoir sur le sofa.
Il posa le pot rose sur la table basse et vérifia l’heure.
« Il est midi trente, le premier jour. » Il y avait bien vingt-quatre heures dans une journée. Alors, d’après l’heure à laquelle il était entré dans l’instance, on devrait être au 1er décembre. Tang Mo baissa les yeux vers l’ouverture du pot rose et n’y vit rien.
Grand-mère Loup était partie, Tang Mo n’avait donc plus à s’en méfier. Il commença à réfléchir sérieusement à ce jeu.
Il réexamina soigneusement les huit règles énoncées par la Tour Noire. S’il suivait les règles et plaçait chaque jour la nourriture dans le même trou où il se tient, la probabilité d’attraper le hamster doré était de 0,999808.
« Ma chance ne devrait pas être aussi mauvaise… »
C’est ce qu’il dit, mais son expression ne se détendit pas du tout. Il ne croyait pas que l’attaque de tour du premier étage de la Tour Noire soit aussi simple. Pas besoin de combattre des monstres, ni de faire beaucoup de déductions : il suffirait d’attraper un hamster avec de la chance et ce serait fini. Et le taux de réussite monterait même à 0,99.
Il devait déceler les pièges.
Tang Mo toucha le pot. « Est-ce lié aux 40 % de chance d’apparition le premier jour… ? »
Le pot ne pouvait évidemment pas lui répondre.
Tang Mo décida d’utiliser le pot pour obtenir la nourriture du hamster. Il pensa d’abord aux cheveux d’un homme du royaume souterrain laissés sur le sofa de Grand-mère Loup. Il prit une mèche et la mit dans le pot. Aucune réaction. Il réfléchit, puis jeta une grosse poignée de cheveux.
Une minute plus tard, le pot rose irradia de lumières multicolores. Tang Mo fixa attentivement ces lueurs qui durèrent trois minutes. La lumière s’éteignit et le pot devint tout noir. Tang Mo fronça les sourcils et s’apprêta à regarder ce qui se passait. À ce moment-là, une puanteur monta du goulot.
Bang !
Une masse noire heurta la tête de Tang Mo, et l’odeur infecte le fit presque défaillir. Il attendit un instant puis ramassa l’objet tombé sur ses genoux.
« … On dirait une patate douce brûlée ? »
Une ligne de petits caractères apparut sur le pot rose—
[ Des cheveux pourris d’un humain du souterrain, beurk ! ]
Tang Mo : « … »
Puisque cette touffe de cheveux ne pouvait pas être échangée contre la nourriture du hamster, Tang Mo se leva et inspecta la maison de Grand-mère Loup. Il alla jusqu’à la cheminée et regarda la tête humaine accrochée au mur. Il coupa quelques cheveux sur le crâne de l’homme du souterrain avec un couteau et les jeta dans le pot.
Cette fois, le pot clignota à nouveau, devint noir et recracha un objet noir un peu moins malodorant.
[ Cheveux d’un homme à l’agonie, beuuurk ! ]
Tang Mo : « … »
Dans la cabane de Grand-mère Loup, il n’y avait que ces deux choses appartenant à un homme du souterrain. Tang Mo n’était pas un homme du souterrain, c’était un joueur. Ses propres affaires ne se transformeraient pas en nourriture dans le pot. Il réfléchit un instant, sortit un rubis de sa poche, le leva au-dessus de sa tête et enfila le chapeau de Mario.
Après les effluves des deux « patates précieuses » d’avant, Tang Mo était habitué à l’odeur du chapeau de Mario. Il courut droit vers la cheminée et, au moment où sa tête heurta le mur, une botte sale et puante tomba du ciel.
Tang Mo se frotta la tête, ramassa la botte et la jeta dans le pot. Un instant plus tard, une patate douce dorée jaillit du pot et heurta sa jambe.
【Les bottes d’un ouvrier du textile atteint de pied d’athlète.】
Il avait enfin de la nourriture.
Le chapeau de Mario pouvait être utilisé trois fois par jour. Tang Mo l’avait utilisé une fois. Il réfléchit longuement et ne retira pas le chapeau. Il fonça encore deux fois contre le mur. La première fois, tomba une fine affiche publicitaire ; la seconde, une vieille montre à gousset.
Tang Mo ramassa d’abord l’affiche et lut à haute voix : « La nuit du Cirque Étrange. Trois trésors rares qui dévoileront le Royaume Souterrain. Un monde merveilleux que vous n’avez jamais vu. Le grand chef de cirque et ses membres vous attendent. Votre arrivée… »
« Cirque. » Tang Mo relut et pensa au gros ver dégoûtant.
Il était probable que ce cirque soit le même que celui de l’instance « Tuer Bill ».
Tang Mo mit cette affaire de côté et prit la montre à gousset. Dès qu’il la toucha, des lignes de texte apparurent. Il s’en saisit rapidement et lut :
[ Objet : Montre à gousset de l’Homme Invisible ]
[ Propriétaire : Tang Mo ]
[ Qualité : Excellente ]
[ Niveau : 1 ]
[ Attaque : Aucune ]
[ Fonction : Ouvrez la montre pour devenir invisible pendant cinq minutes. ]
[ Restriction : Objet à usage unique. Ne peut pas être emporté hors du jeu. ]
[ Remarque : Jeu furtif, hihihi… ]
Tang Mo : « … »
En faisant abstraction de la remarque : n’était-il pas vraiment chanceux ?
Tang Mo retourna la montre plusieurs fois, étonné. Son regard s’attarda sur « ne peut pas être emporté hors du jeu », puis il la rangea dans sa poche.
Il ne restait plus qu’une heure avant six heures. Tang Mo décida de revenir étudier la montre dans la soirée.
Avant de partir, il inspecta soigneusement la cabane de Grand-mère Loup et ne trouva rien de particulier. Enfin, il prit une assiette sur la table, y posa la patate douce et se dirigea vers l’arrière de la montagne.
Il marcha vers les neuf énormes trous de hamster. Tang Mo posa l’assiette de patate au sol et inspecta chaque cavité en partant du premier trou.
Il y avait neuf trous, d’environ trois mètres de diamètre chacun. Partout autour, des marques de griffes et des poils dorés et noirs épars — sans doute ceux du hamster doré et du hamster noir.
Après avoir tout examiné, Tang Mo se posta derrière un gros rocher. Il observa les neuf ouvertures, réfléchit un moment, puis décida finalement d’opter pour le sixième trou. Il restait alors une heure avant six heures. Tang Mo tenait la patate douce et regardait les cavités sombres. Il fixait en silence, comme s’il voulait percer l’obscurité du regard.
Le temps passa : plus que une demi-heure avant six heures.
Tang Mo leva le poignet et regarda sa montre. Il décida de poser la patate devant le sixième trou, puis de courir jusqu’au gros rocher pour se cacher et observer.
Le premier jour, la probabilité d’apparition du hamster doré était de 40 %. Ce n’était pas si faible, mais Tang Mo ne voulait pas jouer sa chance. Il avait toujours eu la poisse, et il ignorait la force exacte des hamsters. S’il se précipitait et tombait sur le noir, friand des hommes du souterrain, il ne pouvait rien garantir pour sa sécurité.
Il lui fallait encore des informations.
Il vérifia à nouveau sa montre : 20 minutes restantes.
« Pourquoi… seul le premier jour est-il spécial ? » pensa Tang Mo, la patate en main. Il regarda le sol du sixième trou. Après un moment, il sortit la vieille montre à gousset et la contempla.
« On ne peut pas l’emporter hors du jeu. Si je rencontre le hamster noir demain, je pourrai l’utiliser pendant le combat — ce sera plus sûr. »
Il remit la montre dans sa poche.
Cinq minutes plus tard, Tang Mo sortit encore la montre de l’Homme Invisible. Il la fixa un moment. Puis il sortit la grande allumette de son tatouage au poignet et traça un S sur l’œuf de dinde blanc.
Tang Mo traça le S assez négligemment, sans trop d’attention. Mais, une fois fini, il constata que l’œuf ne réagissait pas. Le « S » ne s’illumina pas et il ne fut pas relié à Fu Wenduo.
Le cœur de Tang Mo se serra : quelque chose clochait. Il tapa trois fois sur l’œuf sans parler. Il entendit alors une voix grave, pleine de surprise : « Tang Mo ? »
Il n’avait jamais vu le clandestin Fu Wenduo, mais ils avaient parlé plusieurs fois. Tang Mo lui avait même dit, deux jours plus tôt, qu’il allait participer à une attaque de tour. Jamais encore il ne l’avait entendu sonner aussi surpris.
« … Monsieur Fu, c’est moi. Je voudrais savoir : est-ce que l’œuf est cassé ? J’ai voulu utiliser la sauvegarde, mais elle était inutilisable. Le problème vient-il de toi ou de moi ? »
L’œuf resta silencieux longtemps.
Tang Mo trouva cela étrange et s’apprêtait à redemander. Fu Wenduo dit alors : « Il y a trois jours, tu m’as contacté et tu m’as dit que tu avais besoin d’utiliser l’archiveur. »
Tang Mo se figea, la patate en main. La seconde suivante, il rétorqua : « Impossible ! Je n’ai jamais dit ça. Monsieur Fu, tu te trompes. Je ne t’ai pas contacté il y a trois jours et je n’ai pas utilisé l’œuf. »
« Tu viens de dire que tu ne peux pas utiliser l’œuf. C’est parce que le cooldown de sept jours n’est pas terminé. »
Tang Mo resta sans voix.
Il se tenait dans une vallée ; le vent froid des montagnes passait au-dessus de la rivière rose et s’engouffrait dans son col. Soudain, il sentit ses plantes de pieds devenir froides. Il résista à l’engourdissement qui montait à son cuir chevelu et tenta de calmer au maximum ses émotions. « Monsieur Fu, s’il te plaît, peux-tu me dire, il y a trois jours… qu’est-ce que j’ai dit ? »
Cependant, Fu Wenduo ne répondit pas à sa question. Il demanda d’une voix très sérieuse : « Tang Mo, sais-tu quelle date nous sommes aujourd’hui ? »
Tang Mo fut stupéfait. « Le 1er décembre. »
« Aujourd’hui, nous sommes le 6 décembre. »
Les yeux de Tang Mo s’agrandirent ; une lueur traversa son esprit mais s’évanouit avant qu’il ne puisse la saisir.
« Il y a trois jours, le 3 décembre, je cherchais des provisions dans une boutique. Tu m’as contacté et tu m’as dit que tu avais besoin de l’archiveur. » Dans le vent glacial, la voix posée de Fu Wenduo semblait avoir un pouvoir apaisant. Tang Mo l’écouta en silence. « Textuellement, tu pensais être dans une attaque de tour avec une boucle temporelle. En raison d’une instance précédente que tu as réussie, il se pourrait que cette attaque se termine plus tôt. Tu ne voulais pas gaspiller davantage de jours, alors tu projetais d’utiliser la sauvegarde et de tenter le coup. »
Tang Mo entendit ces mots et analysa : « L’instance doit être Tuer Bill. Dans cette instance, j’ai sauvé un trésor au chef du cirque, et il ne lui en reste plus que deux. Aujourd’hui, j’ai reçu une affiche à ce sujet, et le cirque où se rend Grand-mère Loup pourrait être ce cirque. Peut-être que, parce que j’ai laissé filer l’un des trésors, elle pourrait rentrer plus tôt. »
Fu Wenduo demanda : « Le Cirque Étrange ? »
Tang Mo fut surpris. « Tu connais ? »
« Quand j’ai traversé la rivière du Royaume Souterrain vers le Monde des Monstres, il y avait un panneau pour le cirque, qui disait que le patron avait obtenu trois trésors. » Fu Wenduo poursuivit : « Tu t’es calmé. Tu commences à comprendre ? »
Tang Mo secoua la tête. « Non, je n’ai qu’une vague intuition. Que sais-tu d’autre, Monsieur Fu ? »
« Je sais qu’il y a trois jours, tu m’as dit d’un ton très calme que ce jeu de tour se terminerait plus tôt. » ajouta Fu Wenduo. « À ton intonation, je pense que tu en étais sûr à 90 %. »
« Monsieur Fu, sais-tu autre chose ? »
« Je ne sais pas. »
Tang Mo demeura songeur.
Terre, Pékin.
Fu Wenduo se tenait sur le toit d’un gratte-ciel. Il fit un pas et son corps bondit de plus de 20 mètres vers le toit d’un autre immeuble. Il tenait l’œuf dans la main droite et parla d’une voix basse : « Le 3 décembre, j’ai ouvert l’archiveur et j’ai écouté ta voix. Là où tu te trouvais, on n’entendait presque rien : juste un léger souffle et du vent. Mais à 18 heures, exactement six heures, ta voix s’est arrêtée. J’ai pensé que tu… » Il marqua une pause en sautant sur un autre building, puis continua : « J’ai pensé que tu avais rencontré une situation où tu ne pouvais pas utiliser l’archiveur. J’ai essayé de te recontacter, mais je n’ai pas pu te joindre. »
Tang Mo serra l’œuf et acheva mentalement les mots que l’autre n’avait pas prononcés.
[ J’ai pensé que tu étais mort. ]
C’est pourquoi Fu Wenduo avait été si surpris d’entendre soudain la voix de Tang Mo.
« L’homme d’il y a trois jours, c’était toi. »
Le cerveau de Tang Mo était en pagaille. Quand Fu Wenduo parla soudain, il demanda par réflexe : « Pourquoi ? »
Fu Wenduo s’apprêtait à bondir vers un autre gratte-ciel. Après ces mots, il resta debout au bord du toit et contempla le soleil qui déclinait à l’ouest.
« Intuition. » Le soleil tiède éclairait un visage froid et résolu. Fu Wenduo dit calmement : « Ce sentiment, c’était toi. »
Cette phrase était étrange. Tang Mo n’avait jamais cru à ce genre de choses immatérielles. Mais, en l’entendant, son cœur se calma lentement. Il leva la main et regarda sa montre. Il restait cinq minutes jusqu’à six heures. Il demanda : « Monsieur Fu, tu as dit que tu ne pouvais plus m’entendre à six heures, et que tu ne pouvais pas me recontacter ? »
« Oui. »
Plus que cinq minutes ; le cerveau de Tang Mo tournait à toute vitesse. Son regard s’éclaircissait. Il tenait l’œuf et dit : « Comme tu l’as dit, il existe un autre moi. Mais je pense à présent qu’il n’y en a peut-être pas seulement deux. Aujourd’hui, nous sommes le 6 décembre. Selon les règles du jeu, je dois terminer la mission le 7 décembre. Sinon, je serai mangé par un monstre dans le jeu. »
La voix de Tang Mo était très détendue, et Fu Wenduo ne dit rien.
« Il ne me reste qu’un jour. Combien de versions de moi se trouvent dans ce jeu, je n’en suis pas certain. Mais je sais qu’il me reste un jour. Que je réussisse aujourd’hui ou non, Monsieur Fu, j’aimerais que tu me poses une question quand je te contacterai demain. »
Fu Wenduo demanda : « Comment sais-tu que tu me contacteras demain ? »
« J’ai un moyen. »
Fu Wenduo n’interrogea pas sur la méthode. Il haussa un sourcil et dit : « Quelle question ? »
Tang Mo consulta l’heure. Il ne restait que deux minutes. Il dit : « Demande-moi ceci : Tang Mo, si tu n’avais plus qu’un jour à vivre sur Terre, quel serait ton numéro porte-bonheur ? »
Depuis le début de la conversation, Fu Wenduo se tenait au bord du toit, l’œil sur l’horloge d’une tour voisine. Il restait une minute avant six heures. « Je suis un peu curieux. Quel est ton numéro porte-bonheur ? »
« Neuf. »
Fu Wenduo demanda : « Pourquoi ? »
« Il y a quelqu’un que j’aime depuis longtemps. Son anniversaire est le 9 septembre. »
Fu Wenduo resta un peu interdit et ne put s’empêcher de demander : « Le 9 septembre ? »
« Oui, pourquoi ? »
Bien qu’il sache que l’autre ne pouvait pas le voir, Fu Wenduo secoua réflexivement la tête. « Rien. Ce jour est très spécial. » Il marqua une pause, puis reprit : « Je suis en route de Pékin à Shanghai. J’ai quelque chose à faire à Shanghai. Tang Mo, j’espère te voir à Shanghai. »
Tang Mo regarda l’œuf, puis la dernière minute sur sa montre. Il sourit et acquiesça : « Eh bien, si je ne meurs pas cette fois… Fu Wenduo, à Shanghai. »
« Je te verrai à Shanghai. »
Dans les dix dernières secondes, Tang Mo coupa la communication de l’œuf. Il sortit son livret d’aptitudes et l’ouvrit à la dernière page.
[ Aptitude : Ton père ou ton père ]
[ Propriétaire : Li Shaolin (Clandestin) ]
[ Type : Type spécial ]
[ Fonction : Possibilité de changer le nom d’un objet. Durée : sept jours. Utilisable une fois tous les dix jours. La loi de causalité ne peut pas être inversée. ]
[ Niveau : 1 ]
[ Restrictions : Le nom, l’apparence et la date de naissance de la cible doivent être connus. Plus la compréhension de la cible est profonde, plus la probabilité de réussite est élevée. ]
[ Remarque : Tang Mo, regarde cette aptitude. Ton père reste ton père. ]
[ Instructions d’utilisation – version Tang Mo : Durée : trois jours, utilisable une fois tous les trente jours. Après utilisation, la cible verra le secret le plus important de Tang Mo. ]
La main de Tang Mo effleura doucement les mots « Ton père ou ton père ». Un stylo noir apparut soudain dans sa main. En même temps, trois lignes s’affichèrent sous les « Instructions – version Tang Mo ».
[ Nom d’origine : Vide ]
[ Nom modifié : Vide ]
[ Secret le plus important de Tang Mo : Vide ]
Théâtre de l’auteur :
Tang Tang : La personne que j’aime depuis longtemps est née le 9 septembre.
Le Major Fu, dont l’anniversaire est le 9 septembre : Eh bien… quelle coïncidence. En fait, moi aussi j’ai quelqu’un que j’aime depuis longtemps.