Elric et Gio avaient établi leur camp sur une dune, au milieu d’une étendue de sable du territoire démoniaque d’Oark. Gio soutenait que les démons avaient lancé un enchantement sur la zone pour dissimuler leur position et les empêcher d’être suivis. Peut-être avaient-ils découvert une faille ici et rejoint un autre monde. Il voulait qu’Elric détermine s’ils l’avaient fait et où ils étaient allés.
Elric percevait un déséquilibre arcanique dans l’atmosphère, mais il pouvait s’agir des résidus d’un affrontement ou d’un sort puissant qui avait mal tourné. Ce n’était pas forcément une faille.
Gio avait pourtant insisté pour qu’ils restent campés là, bien qu’Elric sût que cela les exposait à bien plus de dangers. À présent, les démons savaient que deux humains puissants avaient envahi leur royaume et tué un grand nombre des leurs. Ils savaient qu’ils en traquaient encore d’autres et, même si les démons ne se traitaient pas toujours bien entre eux, ils faisaient souvent front commun contre les autres espèces. Les Seigneurs démons étaient donc peut-être en train de réunir une armée pour éliminer les deux intrus.
Gio était leur Archimage le plus puissant, mais même lui aurait du mal à affronter toute une armée de seigneurs suprêmes de haut rang et de Seigneurs démons. Et le pire, c’était qu’il était très difficile de mesurer le temps dans le royaume démoniaque, où le ciel était perpétuellement rouge. Les démons avaient sûrement un moyen de s’y retrouver, et Gio prétendait simplement compter chaque seconde qui s’écoulait, mais Elric pensait qu’il se moquait de lui. En vérité, ils ignoraient depuis combien de temps ils étaient là, même s’ils en avaient une vague idée, et Elric devenait de plus en plus nerveux à mesure que leur séjour s’éternisait. Pourtant, Gio refusait de bouger.
Pour l’heure, il était assis dans le sable à prendre un bain de soleil, disait-il. Peu importait qu’il n’y eût pas de soleil, ici. Il faisait une chaleur infernale, mais celle-ci imprégnait l’air lui-même, sans source visible. Le sable aurait dû lui brûler la peau, surtout qu’il avait retiré sa robe et sa chemise et que son corps nu grésillait à même le sol.
Pourtant, il n’émit pas le moindre son de douleur. Il alla même jusqu’à faire des anges de sable, qui se dressaient autour de lui comme des champignons. Puis, au bout d’un moment, il se créa un trône de sable, s’y assit et contempla l’horizon, où se dressaient plusieurs châteaux.
On aurait dit qu’il défiait les démons de venir le chercher. Il les combattait depuis leur arrivée et n’en avait toujours pas assez. Cet homme était clairement fou, ce qui ne regardait que lui… si Elric n’était pas coincé ici à ses côtés.
Elric se demanda s’il ne devrait pas se retirer de cette mission. Les Archimages ne pouvaient pas vraiment refuser une affectation, mais avec Gio, il pourrait peut-être obtenir gain de cause. Ce ne serait pas la première fois que quelqu’un demandait à être relevé d’une mission avec lui. Au contraire, Gio était celui qui avait provoqué le plus de demandes de retrait de tout le monde des ascendants, à tel point que son dossier comportait probablement une mention permanente : « Ne travaille pas bien avec les autres. »
On devait donc s’attendre à ce qu’Elric jette l’éponge et demande qu’on mette fin à cette folie. Personne ne pourrait lui reprocher de confier la mission à un mage de rang inférieur, ou de partir tout simplement en expliquant ses raisons devant le conseil.
Mais Elric ne le fit pas, pour deux raisons. Premièrement, il ne voulait pas imposer à quelqu’un d’autre — surtout pas à ses subordonnés — de travailler avec Gio. Il avait déjà du mal à le gérer. Gio risquait de plonger un mage plus faible dans le coma.
Et la seconde raison…
Eh bien, elle était plutôt compliquée. La seule façon de la résumer, à son avis, était qu’il ne se sentait pas à l’aise à l’idée de laisser Gio aux soins d’un autre.
Après quelques semaines de collaboration, Elric était certain d’une chose : Gio était imprudent. Il l’avait toujours su, mais commençait à comprendre ce qui se cachait derrière cette imprudence. Ce n’était pas qu’une question d’arrogance. Gio était puissant, mais il vivait dans une bulle et, de surcroît, s’ennuyait de sa propre puissance. Il se jetait donc tête baissée dans le danger, comme s’il le défiait de le tirer de sa misère.
Et même si Elric se trompait — en fait, il était presque certain de se tromper —, il pensait que certaines des lubies de Gio relevaient d’une autodestruction délibérée, ou du moins d’une volonté de se faire du mal. Il ne pouvait pas se prononcer sur la raison. C’était peut-être que sa folie était plus grave qu’ils ne le pensaient, ou qu’il y avait quelque chose de plus profond dans lequel Elric n’avait pas envie de s’aventurer.
Mais cette prise de conscience le retenait aux côtés de Gio, du moins pour cette mission.
Quel idiot au cœur tendre, avec son complexe de héros.
Son père l’avait traité ainsi, un jour. Pas son père biologique, mais celui qui s’était terré au château des Lieurs de terre pour méditer des heures durant. Il avait dit des choses pires à Elric, mais cette phrase était celle qui l’avait le plus marqué, parce que c’était l’insulte la plus juste qu’il lui eût jamais lancée.
Le guérisseur mental qu’Elric avait commencé à consulter de temps en temps pour ses cauchemars lui avait dit quelque chose de semblable, mais il n’y pouvait plus rien, à présent. C’était tout de même assez déroutant de se retrouver dans cette situation. Si quelqu’un lui avait dit qu’il éprouverait de la sympathie pour Gio Li, entre toutes les personnes, il l’aurait traité de menteur avant de lui rire au nez.
« Tu n’arrêtes pas de me regarder, Elric, lança Gio en faisant tournoyer des grains de sable dans les airs pour façonner un sablier. Je vais finir par croire que tu tombes amoureux de moi. Dans ce cas, je préfère te prévenir : je suis un amant exécrable. »
Elric ne daigna pas répondre. « Nous devrions partir, dit-il plutôt. Poursuivre notre route ou retourner dans le royaume humain pour nous regrouper. »
« Pourquoi, alors que les réjouissances ne font que commencer ? »
« Gio, je t’ai déjà dit qu’il n’y avait rien ici. Même s’il y avait une faille, je ne pourrais pas savoir où ils sont allés. En restant campés ici aussi longtemps, nous attirons l’attention de ceux qu’il ne faut pas, et ils vont bientôt s’en prendre à nous. »
« Ah oui ? » Gio eut un sourire en coin, la folie brillant dans ses yeux. « Je suppose qu’ils n’ont pas le choix. »
Elric soupira. « Gio… »
« À ton avis, qu’est-ce qui vaut mieux : traquer sans cesse une proie en mouvement ou attendre qu’elle vienne à nous ? »
Elric haussa un sourcil. « Quoi ? »
« Les démons ont soif de sang, dit-il. Ils sont aussi avides et arrogants, incapables de laisser passer une occasion d’assouvir leur soif, surtout quand elle concerne quelqu’un contre qui ils nourrissent déjà de la rancune. Ceux que nous traquons voudront se venger. Nous leur en donnons l’occasion. Les autres ignorent peut-être ce que nous faisons ici, mais nous sommes humains, donc une proie tout à fait convenable. Ils finiront par rassembler assez de démons, ou du moins le nombre qu’ils estimeront suffisant pour nous vaincre, et notre proie viendra à nous. Il suffit de leur laisser le temps. »
Elric en resta bouche bée. C’était ça, son plan ? Il voulait que les démons leur tendent une embuscade ?
« Et ce n’est pas une excuse bidon que tu as inventée pour justifier tes tendances autodestructrices ? » demanda Elric avant de pouvoir se retenir.
« Tu penses que j’ai des tendances autodestructrices ? » demanda Gio.
« Évidemment. Pourquoi nous transformer en cible, sinon pour assouvir ta soif de sang et espérer tomber sur un démon capable, peut-être, de te faire du mal ? »
Gio se tourna vers Elric et le fixa longuement.
Elric s’attendit à ce qu’il se mette en colère. Il savait qu’il était allé trop loin, qu’il avait présumé de la personnalité de Gio et qu’il le lui avait jeté au visage. Il n’était ni guérisseur mental ni scientifique. Il ne savait rien des rouages de l’âme humaine, et lui et Gio n’étaient même pas amis ; il était donc présomptueux de prétendre pouvoir lui expliquer qui il était.
Mais Gio n’avait pas l’air en colère. Il semblait plutôt songeur.
« Comment va ta cousine ? »
Elric s’efforça de ne pas laisser paraître son agacement : Gio parlait encore d’Arielle. « Elle va bien. Et tu changes de sujet. »
« Je crois que je reste dans le sujet, en fait, répondit-il. Arielle, c’est ça ? C’est bien son nom, non ? Ou quelque chose comme ça. Elle doit être en vacances de l’académie, pas vrai ? »
« C’est exact », répondit-il.
« Bon à savoir. » Il se renversa en arrière et ferma les yeux pour reprendre son bain de soleil. Elric fut tenté de mettre un coup de pied dans la sculpture de sable de Gio, tant il était frustré, ou simplement de l’abandonner à sa propre destruction, mais il n’en fit rien. Il examina plutôt de nouveau les environs, cherchant un élément qui justifierait ne serait-ce que les soupçons de Gio.
Cependant, une vague d’obscurité qui s’avançait l’interrompit bientôt. Elle barra le ciel rouge et plongea l’air dans l’ombre.
« Gio, prévint Elric. C’était certainement l’œuvre d’un seigneur suprême, qui voulait qu’ils sachent qu’il arrivait. Il voulait leur faire peur.
Elric goûtait la puissance dans l’air, la menace qui approchait, pareille à une tempête dont la violence montait à toute allure. Elle était bien plus puissante que celle qui l’avait attaqué sur Terre.
L’ombre prit la forme de démons rouges ailés. Derrière eux se tenaient les seigneurs suprêmes ; il n’y en avait pas un seul, mais au moins dix, disposés en pentagramme. Aucun ne ressemblait aux seigneurs suprêmes décrits par Vittoria, mais peu importait. Ils commandaient une petite armée de démons qui fondaient sur eux.
La colère et l’épuisement s’affrontaient en lui.
« Je te l’avais bien dit », lança-t-il avec rancœur.
« Enfin. » Gio avait l’air ravi. Il se leva. « Les voilà. »
Elric se mit aussitôt à établir ses paramètres. Avec autant de seigneurs suprêmes, il serait difficile de conserver le contrôle du domaine et de les empêcher de les piéger dans l’environnement ou de les attirer dans une dimension de poche, mais il ferait de son mieux pour déjouer leurs plans.
Gio se rua dans la mêlée, débordant d’énergie, et lança [Sermon noir]. Ce sort retournait les infirmités ou les péchés d’une personne contre elle. Une copie lumineuse de chaque démon apparut et se jeta sur l’original, parant parfaitement chacune de ses attaques et retournant sa magie contre lui.
Puis, lorsque les seigneurs suprêmes tentèrent de modifier l’environnement, Gio activa [Domaine du saint]. Un glyphe doré apparut sous ses pieds et s’étendit au loin, piégeant les démons et stabilisant leur monde.
Gio pouvait lui aussi attirer des gens dans des dimensions de poche, mais il semblait utiliser cette capacité pour contrer celle des seigneurs suprêmes. Incroyable.
Il avait lancé coup sur coup deux sorts de niveau Archimage, complexes et puissants, sans avoir l’air de se fatiguer.
Il s’en prit aussi à eux physiquement, bondissant sur ses adversaires avec un sourire dément, attaquant à mains nues et se servant de poignards de lumière qui apparaissaient dès qu’il en avait besoin.
« Au nom de Fabius ! » hurla l’un des démons en déclenchant une pluie de grêle qui s’abattit sur eux. Elric réagit à temps, étendant sa frontière pour en dévier la majeure partie et compartimentant le champ de bataille afin que leur offensive se heurte à plusieurs barrières successives. Le sort de domaine de Gio ne suffisait pas à résister aux attaques combinées de tant de seigneurs suprêmes ; Elric dut donc le renforcer au moyen de son sort de compartimentation et de barrière, protégeant Gio autant que lui-même.
Il ne pourrait pourtant pas les retenir longtemps. Encore fallait-il que Gio veuille qu’il les retienne.
Quand Elric dressa une barrière devant lui pour absorber l’impact d’un éclair, Gio la traversa avec impatience. Il utilisa une technique qu’Elric ne comprenait pas bien pour décomposer l’éclair en différents spectres de couleur, le réduisant ainsi à néant et le faisant disparaître. Après que Gio eut poignardé un démon, celui-ci se dédoubla ; l’un des trois surgit par-derrière pour le poignarder avec une aiguille maculée, semblable à celle qui avait piqué Elric.
« Gio ! » cria-t-il, mais Gio tendit simplement la main et repoussa les démons d’une décharge.
D’un côté, le terrain devint brûlant ; de l’autre, il fut recouvert de glace. Paradoxes et réalité brisée repoussaient les limites de la magie de Gio.
Gio ne semblait pourtant pas troublé. Au contraire, il avait l’air encore plus heureux.
Elric, lui, ne s’amusait pas du tout. Il créa un golem de sable pour se défendre contre les démons, tandis que les seigneurs suprêmes luttaient sans relâche pour reprendre le contrôle, mettant à l’épreuve sa capacité à protéger Gio et lui-même. Les démons cornus, qui grognaient en montrant les crocs, étaient eux aussi puissants. Pas autant qu’un béhémoth, mais bien plus intelligents et adaptables, ce qui les rendait dangereux à leur manière.
C’était terrible, surtout qu’Elric consacrait la majeure partie de son énergie à lutter pour le contrôle de l’espace, déplaçant et équilibrant les lignes telluriques magiques tandis que Gio ravageait le champ de bataille comme un cauchemar vengeur. Il se débarrassait rapidement de la plupart des hommes de main, mais rien ne garantissait que cela durerait. Gio avait beau être résilient, seule la moitié des seigneurs suprêmes avaient été blessés jusque-là, et ils n’en étaient qu’à leur première mort. Il en restait encore beaucoup à venir.
Et au moment même où elle crut que la situation ne pouvait pas empirer, ce fut le cas.
Une nouvelle énergie apparut : celle d’un Seigneur démon.
Il était plus puissant que les seigneurs suprêmes ; la force de son pouvoir faisait trembler la terre. Le ciel rouge s’assombrit jusqu’à devenir nocturne. Un rire sombre résonna dans l’atmosphère.
Ils ne le virent pas tout de suite, mais le sentirent partout autour d’eux, alors qu’il prenait le contrôle de la zone.
Ça va de mal en pis, pensa Elric, le cœur battant à tout rompre.
Le Seigneur démon apparut au milieu du champ de bataille chaotique. Il avait la peau rouge, était grand et mince, et portait deux lourdes cornes sur la tête. Ce qui le distinguait des autres, c’était ses yeux, qui n’étaient pas entièrement noirs. Ils étaient multicolores, pareils à un arc-en-ciel, d’une beauté trompeuse. Il portait aussi une longue robe d’ombre, manifestement faite d’âmes dépouillées.
Elles nourrissaient sa puissance, qui le faisait enfler.
C’était écœurant. L’estomac d’Elric se souleva.
Il comprit également à quoi il faisait face : c’était la conséquence de son inaction. Il avait refusé de partir alors qu’il savait qu’il aurait dû le faire.
Il pouvait mourir ici. Ils étaient largement dépassés en nombre ; il pouvait mourir, et tout était de la faute de Gio.
« Humains arrogants, déclara le Seigneur démon. « Vous mourrez en mon nom. Vos âmes viendront merveilleusement compléter ma collection. »
Gio lui rendit son sourire. « Et ta tête viendra merveilleusement compléter la mienne. »
Mais avant que Gio ait pu faire autre chose que bouger, un événement encore plus incroyable se produisit. Il était si extraordinaire qu’Elric crut rêver.
Un cercle plat apparut dans les airs, juste au-dessus de la tête du Seigneur démon, et un dragon en jaillit.
Un véritable dragon, vivant et respirant, une immense créature dont la masse interrompit plusieurs attaques et plongea les spectateurs dans un silence stupéfait.
Tous le contemplèrent, médusés, tandis qu’il planait dans les airs. Ses puissants battements d’ailes soulevaient des rafales qui leur jetaient du sable au visage. Un grondement résonna dans sa poitrine. Il tourna sa grande tête de part et d’autre.
Les démons de main ne l’attaquèrent pas, car même eux savaient qu’ils n’étaient pas de taille. Le dragon dépassait le niveau 60 000 ; leurs attaques, même lancées en rafale, n’avaient presque aucune chance de percer son corps.
Le dragon les ignora tout simplement.
Il tourna plutôt son attention vers le Seigneur démon en chef, qui le fixait comme s’il voyait un fantôme.
Le dragon ouvrit la gueule. Ses yeux brillèrent d’une lueur blanche tandis qu’il soufflait une flamme blanche et ardente.
La mâchoire d’Elric se décrocha. Même Gio interrompit sa folie pour prendre acte de ce qui venait de se produire.
Cette flamme blanche était si mythique que peu de gens croyaient à son existence. Seuls les dragons anciens pouvaient l’utiliser, et même alors, il était rare de la voir à l’œuvre. On l’appelait la flamme du jugement juste, une flamme impossible à éteindre. Quelle que soit la magie employée ou la divinité invoquée, aucune clémence n’était accordée. Le feu ne s’éteignait pas.
Et la douleur qu’elle infligeait était atroce.
Il suffisait d’entendre le démon hurler pour le comprendre.
Elric n’avait jamais entendu de hurlement pareil. C’était un cri atroce, qui vous retournait les tripes. Ce n’était pas seulement un cri de mort. C’était le cri d’un jugement sans fin, d’un supplice implacable. Il détestait les démons, mais ne voulait plus jamais entendre un tel son de toute sa vie. Le feu se prolongea, jusqu’à ce qu’entre deux halètements et cris de douleur, le démon lève la main et ferme le poing.
En une seconde, il explosa dans un éclair d’obscurité.
Elric comprit ce qui venait de se passer. Une autodétonation tactique. Certains démons avaient le pouvoir de mettre fin à leur existence, ou de déclencher ce qu’ils appelaient une mort véritable, mais il fallait les pousser très loin pour qu’ils en arrivent là.
Cela témoignait de la douleur atroce que lui avait infligée la punition du dragon.
Le démon avait choisi cette option pour échapper à la douleur, mettre fin à son supplice plutôt que de subir un cycle de morts sans fin.
Le dragon poursuivit son attaque, brûlant les hordes sans se soucier de leurs cris, jusqu’à ce qu’il finisse par reculer.
Puis il se tourna vers Elric et Gio.
Ils se raidèrent.
Ils ne firent rien, ne dirent rien. Même Gio n’était pas assez suicidaire pour affronter un grand dragon.
La bête divine huma l’air à plusieurs reprises en direction d’Elric, puis, satisfaite, disparut.
Tout s’était passé si vite et s’était achevé de manière si abrupte qu’Elric eut du mal à comprendre ce qui s’était passé.
Gio semblait tout aussi perplexe.
Gio et Elric se dévisagèrent. La même question se lisait dans leurs yeux.
Mais qu’est-ce qui vient de se passer, bordel ?