Chapitre 16
Mahiru est revenue dans l’appartement d’Amane vêtue d’une tenue différente : un long t-shirt blanc et un pantalon cargo kaki.
Le t-shirt, moulant, soulignait ses courbes et sa silhouette élancée.
Elle avait attaché ses cheveux en un chignon, dégageant sa nuque pâle, ce qui mit Amane un peu mal à l’aise.
D’habitude, elle portait plutôt des robes ou des jupes, c’était donc une nouveauté pour lui.
Il s’était toujours demandé si ce look un peu masculin irait à Mahiru, mais il réalisait qu’il s’en faisait pour rien.
Il comprit alors parfaitement que les jolies filles sont belles, peu importe ce qu’elles portent.
Néanmoins, bien que cette tenue semble plus pratique pour bouger, elle restait une tenue décontractée. Il se demanda si ça ne la dérangeait pas de la salir.
« Ça ne te dérange pas si elle se salit ? »
« J’ai l’intention de m’en débarrasser plus tard. Ce n’est pas grave si elle est sale. »
C’est ce que répondit Mahiru en jetant un regard à la dévastation qu’était l’appartement d’Amane, avant de soupirer.
« Juste pour que les choses soient claires, on fait ça à fond, compris ? »
« … Compris. »
« Si c’est le cas, dépêchons-nous. Je ne vais pas y aller de main morte, et je ne te laisserai pas faire de compromis. »
Ça te va ? semblait demander le regard de Mahiru. « Oui. » Et Amane ne put qu’obtempérer.
Ainsi commença l’opération de nettoyage lancée par l’Ange.
« D’abord, mets les vêtements dans le panier à linge. Le ménage doit se faire du haut vers le bas, mais il faut d’abord trier tout ça si on veut passer l’aspirateur. Le sol est entièrement recouvert. Il y a beaucoup de vêtements, donc on doit les séparer par lots. Aussi, sépare ceux que tu as portés de ceux qui sont propres. On peut tout laver, n’est-ce pas ? »
« Ah, je ferai comme tu dis… »
Et comme prévu, même s’ils avaient un aspirateur, ils devaient commencer par le désordre au sol.
« … Tu n’as pas de sous-vêtements qui traînent, n’est-ce pas ? »
« Je les garde au moins dans l’armoire. »
« Bien. On s’occupera des vêtements plus tard. Même si on les lave et les sèche maintenant, la poussière volera partout quand on nettoiera. Il n’y a pas assez de place pour les étendre. Si tu n’en as pas un besoin urgent, on pourra les laver une fois le ménage terminé. »
« Oui. »
« … Les magazines peuvent être jetés. Ce serait une chose si tu les collectionnais, mais je suppose que non, vu comment ils sont éparpillés. Découpe les pages que tu veux garder et débarrasse-toi du reste. Attache-les et apporte-les au point de collecte des déchets. »
Mahiru se mit rapidement au travail, ordonnant à Amane de mettre ses vêtements dans le panier pendant qu’elle empilait les magazines un par un.
Elle lui avait demandé s’il y avait des magazines qu’il tenait vraiment à garder, mais Amane avait secoué la tête, car cela lui importait peu. Voyant cela, Mahiru ficela les magazines avec la cordelette en vinyle qu’elle avait apportée de chez elle.
« Une fois que tu as fini avec les vêtements, viens ici et trie les autres objets au sol. Même chose pour eux. Sépare ce que tu veux garder de ce que tu ne veux pas, et jette le reste. Compris ? »
« … Oh. »
« Si quelque chose ne te plaît pas, dis-le. »
« Non, pas vraiment… c’est juste que ça semble très ordonné. »
« On n’aura pas assez de temps sinon. Je ne veux pas voir ta chambre dans cet état. »
« Tu as raison. »
C’était leur jour de congé, mais le temps était limité. Ils ne pouvaient travailler que pendant la journée, car le bruit de l’aspirateur dérangerait leurs voisins.
Et le travail avant l’aspirateur était déjà laborieux. Mahiru l’avait bien compris et lui dit de se dépêcher avec le tri.
Il se sentait coupable de donner autant de travail à Mahiru, mais grâce à elle, il y avait enfin de la place pour poser les pieds. Il était vraiment impressionné.
« Instructrice Shiina… »
« Puisque tu m’appelles “instructrice”, dépêche-toi d’apprendre. Je ne peux pas déterminer ce qui t’appartient, alors s’il te plaît, trie ce dont tu as besoin. »
« Oui, chef. »
« S’il te plaît, ne me traite pas comme un garçon. »
L’Ange au visage sévère rétorqua tout en nettoyant avec ses mains agiles, triant tout ce qu’elle pouvait.
Amane avait lui-même tendance à vouloir tout garder, alors il était à la fois reconnaissant et envieux de voir à quel point elle pouvait être décisive.
C’était la chambre de quelqu’un d’autre, mais Mahiru ne ménageait vraiment aucun effort. Elle agissait vraiment comme une maîtresse de maison.
Ses mouvements vifs donnaient l’impression qu’elle aurait pu nettoyer cet appartement toute seule sans problème.
Mais elle avait peut-être été trop précipitée, car elle ne fit pas attention où elle mettait les pieds.
Ce qui arriva ensuite fut sans aucun doute la faute d’Amane, car Mahiru marcha sur ses vêtements au sol et perdit l’équilibre.
« Ah ! » lâcha Mahiru, et à cet instant, Amane glissa instinctivement vers le sol sur lequel elle était sur le point de tomber.
Il sentit une sensation de douceur et un parfum sucré inonda son nez, mêlé à une odeur de poussière, probablement soulevée par sa précipitation.
Ses fesses heurtèrent le sol, lui arrachant une grimace, mais c’était supportable et il ne laissa échapper qu’un léger grognement. En même temps, il pouvait sentir le poids de son corps contre le sien.
Il eut la chance de pouvoir la rattraper à temps.
« …… Fujimiya-san. »
Mahiru leva les yeux, le fixant avec un air stupéfait. Elle ne semblait pas furieuse, mais il paraissait évident qu’elle avait beaucoup de choses en tête.
« Désolé de t’avoir fait tomber. Enfin, on nettoie justement pour éviter que ça arrive. »
« Toutes mes excuses. Je m’en veux… tu t’es fait mal quelque part ? »
« Je vais bien. Merci de m’avoir rattrapée. C’est moi qui devrais m’excuser. »
« Non, c’est de ma faute… »
Elle lui apportait déjà ses dîners, et maintenant elle l’aidait à faire le ménage. Il serait impardonnable qu’elle se blesse à cause de lui.
Il était si confus qu’il n’osait même pas croiser son regard.
Si Mahiru l’avait voulu, il aurait envisagé de se prosterner devant elle, mais il semblait qu’elle n’avait aucune intention de lui reprocher sa chute.
« On nettoie pour éviter que ce genre de chose n’arrive, tu sais ? »
« Je sais. Je suis vraiment désolé. »
« … Non, tu n’as pas besoin d’être aussi désolé. Je suis venue pour aider, après tout. »
Elle sembla paniquer en levant les yeux vers lui.
Son regard était troublé alors qu’elle était toujours contre lui, et il lui était très difficile de garder son calme.
Amane, qui n’avait jamais eu de chance avec les filles, était déjà au bord de l’arrêt cardiaque à cette distance… sans même parler du fait qu’une jolie fille était en contact étroit avec lui.
Aucun des deux n’était amoureux de l’autre, mais il trouvait la situation vraiment inappropriée.
Mahiru elle-même ne semblait pas avoir réalisé leur posture, alors Amane saisit doucement ses épaules pour s’écarter, et se leva avant que la honte ne se lise sur son visage.
« … On continue ? »
« Je suppose. »
Heureusement, il sembla que Mahiru n’avait pas remarqué le trouble d’Amane, et elle prit sa main pour se relever.
Son visage resta stoïque comme à son habitude, ne se souciant pas du contact physique.
Amane se disait qu’une fille comme Mahiru ne devait pas être si timide, étant donné que tant de garçons l’entouraient d’affection, balayant ainsi le sujet.
Il la regarda avec un sourire en coin, s’excusant encore de la faire travailler. Il se remotiva et se remit au nettoyage.
« … Ça m’a surprise. »
Le ménage était vraiment une corvée pour lui, n’ayant pas l’habitude.
Et c’est ainsi qu’il ne remarqua jamais son léger murmure, ni ses yeux légèrement rougis, dissimulés par ses cheveux aux reflets clairs.