༺ Oh Luce… (2) ༻
J’ai prêté quelques-uns de mes vêtements à Luce.
Elle a retiré sa robe et ses sous-vêtements trempés pour se changer.
Tout cela s’est déroulé si naturellement que cela semblait prémédité.
Je ne l’ai pas interrogée sur ce qui s’était passé, estimant que c’était la chose à faire en tant qu’être humain moral.
Le temps a passé jusqu’à la situation actuelle.
Luce était assise sur mon lit et observait silencieusement ma chambre.
Après avoir tendu une tasse de thé noir à l’intruse, j’ai pris ma propre tasse et me suis assis sur la chaise de mon bureau.
Elle portait actuellement une chemise d’uniforme blanche et un pantalon que je lui avais prêtés.
Comme c’était des vêtements pour hommes, les manches étaient si longues qu’elles recouvraient ses mains.
« C’est la première fois que je viens dans la chambre d’Isaac. C’est beaucoup plus propre que ce que j’imaginais. »
Comme si elle attendait une occasion de parler, la voix magnifique de Luce a résonné.
Quelle assurance. Si je ne savais pas à quoi m’en tenir, j’aurais cru qu’elle était une véritable invitée, dûment conviée dans ma chambre.
Je l’ai dévisagée avec sévérité, les yeux plissés.
« Tu sais que tu n’es pas censée entrer ici, n’est-ce pas ? »
« Hum, eh bien, j’avais mon propre plan d’action quand je me préparais à venir ici… »
J’aurais juste appelé ça une surprise.
Dans le sac en papier que Luce m’avait donné plus tôt, il y avait aussi une lettre. Les mots « Je suis désolée pour la dernière fois – Luce » y étaient inscrits, ce qui me permettait de déduire pourquoi elle s’était faufilée dans ma chambre.
« Mais plus que tout, je voulais m’excuser auprès de toi. »
Les yeux de Luce brillaient de détermination.
Comme prévu, c’était son objectif.
Évidemment, je comprenais sa détermination. Depuis qu’elle avait fermé son cœur aux autres, elle ne s’était jamais excusée correctement auprès de personne.
Qui plus est, c’était la première fois qu’elle m’approchait avec l’intention de s’excuser. Elle a dû beaucoup se préparer à sa manière.
J’ai pris une gorgée de thé noir.
« C’est à cause du fiasco lors de la réception ? »
Je me suis souvenu de Luce me passant les menottes aux poignets.
« Oui… J’ai fait exactement ce que tu m’avais dit détester. »
« Au moins, tu t’en souviens. Eh bien, vas-y. »
« Je ne sais pas si ça te fera te sentir mieux, mais… »
Bien que j’aie répondu froidement, j’étais impatient de discuter joyeusement avec Luce à nouveau.
Cependant, je ne pouvais pas la traiter avec gentillesse, au cas où elle déciderait qu’il n’y avait plus de raison de s’excuser.
Je ne voulais pas ignorer sa détermination. Par conséquent, j’ai maintenu mon attitude froide.
Je vais accepter ses excuses avec grâce. En réalité, je suis plus âgé qu’elle, et en tant que personne plus mature, je devrais l’accueillir calmement et sereinement avec un cœur aussi chaud que le soleil.
Et une fois que nous aurons terminé cette conversation dans le rire…
« Je devrais lui demander de faire un duel avec moi. »
Je voulais mettre le Bâton de Zhonya à l’épreuve.
Bien que Luce soit une adversaire incroyablement puissante, j’avais besoin de quelqu’un comme elle pour mesurer ma progression. J’étais sûr que ce duel m’aiderait aussi à m’améliorer.
J’ai siroté mon thé noir tout en écoutant tranquillement ce qu’elle disait.
« Veux-tu toucher mes seins ? »
Puhuk— !
J’ai recraché mon thé noir.
Est-elle folle… ?
« Ton état mental est-il correct… ? »
J’ai toussé en lui demandant prudemment.
Il n’y avait aucun moyen que j’aie mal entendu. La voix de Luce possédait cette capacité mystique où même le plus doux des murmures attirait l’attention des autres sur elle. À tel point que chaque mot qu’elle prononçait s’imprimait dans vos oreilles, vous rendant incapable de vous concentrer sur autre chose.
Même si Luce ne savait pas où tracer la limite entre amis, elle aurait dû au moins avoir une éducation sexuelle adéquate.
La tête de Luce s’est affaissée et ses joues sont devenues rouges. Elle savait ce qu’elle avait dit. Elle savait exactement ce que cela impliquait. Il n’y avait absolument aucun doute là-dessus.
« Mais le livre disait que les gars adorent ça si je disais ça… Laisse tomber. Je suis désolée. Oublie ça, s’il te plaît. »
« Comment pourrais-je oubli… ? »
« Oublie ça ! »
[Luce Eltania] Psychologie : [Actuellement extrêmement embarrassée.]
Sa voix était si délicate que même ses cris ressemblaient à du clair de lune dispersé.
« Oh, Luce… »
Ma main a automatiquement frappé mon front.
Je n’avais jamais vu une Luce aussi désorientée. Je pouvais voir sans aucun doute qu’elle était anxieuse à l’idée que je puisse réellement la détester.
Pour être honnête, j’ai souvent jeté des coups d’œil à la poitrine de Luce. On ne peut pas m’en vouloir, il suffit de regarder cette volupté coupable. En tant qu’homme, son décolleté méritait à juste titre mon adoration absolue.
Luce était probablement au courant de mes regards puisqu’elle m’avait déjà traité de pervers auparavant.
« Même ainsi, comment as-tu pu dire ça sans aucune hésitation… »
Bien que Luce ait immédiatement regretté ce qu’elle avait dit…
Ça ne va pas marcher. C’est plus efficace que je prenne les devants maintenant.
« Bref, tu essaies de t’excuser auprès de moi, n’est-ce pas ? »
Luce a hoché la tête.
« Alors faisons un duel. Ça me suffira pour te pardonner. Ça te va ? »
« … ! »
Les yeux bleu océan de Luce ont repris vie. Elle a hoché la tête frénétiquement.
Ça aurait été tellement plus facile de faire comme ça dès le début.
***
Les rues de l’académie étaient calmes en ce matin de week-end. La majorité des étudiants perfectionnaient leurs compétences dans diverses installations à travers le campus.
Comme d’habitude, il n’y avait personne dans le coin du jardin des papillons.
Kwang— !
Fuaah— !
Pendant des heures, Luce et moi avons échangé des sorts élémentaires.
Même avec le Bâton de Zhonya, la puissance de mes sorts ne pouvait être comparée à celle de Luce.
À moins d’utiliser toutes les ruses et stratégies en ma possession, il n’y avait aucun moyen de résister à la puissance écrasante de Luce.
Ensuite, nous avons décidé de nous reposer et de déjeuner ensemble. Nous nous sommes assis sous l’ombre d’un arbre pour nous rafraîchir et reprendre notre souffle en silence.
« Tu es incroyable, Isaac. Tu sais déjà manier le bâton. Ça ne fait même pas si longtemps que tu as commencé à l’utiliser. »
Luce m’a complimenté comme si elle récitait un dictionnaire. Bien sûr, je savais qu’elle était sincère grâce à une simple utilisation de [Perspicacité psychologique]. Même cela pouvait être considéré comme une amélioration par rapport au premier semestre, car son ton était devenu plus naturel.
J’avais dû consacrer beaucoup de temps et d’efforts pour utiliser correctement un bâton comme celui-ci. Cependant, grâce à mon trait unique [Maître d’armes], j’ai pu manier le Bâton de Zhonya facilement. Puisque j’avais déjà expliqué à Luce les difficultés d’utilisation du Bâton de Zhonya, ne penserait-elle pas que mes progrès sont le signe d’un talent brillant ?
« Isaac doit travailler très dur pour s’améliorer aussi vite. »
« Comment suis-je par rapport au premier semestre ? »
« Si tu étais une fourmi à l’époque, maintenant tu es… plus proche d’une souris ? »
« … »
N’est-elle pas un peu trop honnête…
Même s’il était midi, le vent était glacial. Je pensais qu’il ferait chaud à cause de la lumière du soleil.
« Tu as l’air d’avoir froid. »
J’ai enveloppé Luce, qui ne portait qu’une fine chemise d’uniforme, avec le manteau que je portais. Elle m’a fixé intensément.
« Je porte plein de vêtements d’Isaac aujourd’hui. Mon corps va sentir comme Isaac. »
Luce devait être heureuse car elle ne pouvait s’empêcher de sourire et de glousser.
Elle est terriblement mignonne.
« Hé, Isaac. »
« Ouais ? »
« Quand je te retiens physiquement, est-ce que tu détestes ça à ce point ? »
Je pensais que nous en avions fini avec cette conversation.
« Je t’ai déjà dit à quel point. »
« Alors… »
Luce a tendu ses bras vers moi.
« Tu veux essayer de m’attacher à la place ? »
…Pardon ?
« C’est comme… une revanche pour toi. J’étais aussi curieuse de savoir pourquoi Isaac détestait ça autant. Aussi, je sens que ce problème peut être complètement résolu si nous faisons ça… »
Était-ce ce à quoi elle réfléchissait pendant notre pause ? Il était évident qu’elle avait suggéré cela après mûre réflexion.
Je n’y avais pas trop réfléchi… Mais Luce a dû supposer que j’étais toujours amer à cause des entraves.
Pour moi, si cette action peut apaiser l’esprit de Luce, je suis évidemment partant. En premier lieu, je prévoyais déjà de lui apprendre à se mettre à la place des autres.
« …Je vais vraiment le faire, d’accord ? »
« Bien sûr, tu peux le faire autant que tu veux. »
Il n’y avait aucune raison d’hésiter. Je me suis levé de mon siège et me suis agenouillé devant elle.
J’ai saisi les poignets de Luce et les ai tirés au-dessus de sa tête.
Même avec des bras aussi fins, Luce n’a pas rejeté ma prise.
« Ah. »
En raison de la proximité de nos visages, j’ai pu voir Luce déglutir. Elle semblait nerveuse intérieurement.
« Je n’ai pas de corde pour t’attacher, donc je vais juste utiliser la magie élémentaire, d’accord ? »
Luce a hoché la tête prudemment.
Après avoir rapproché ses poignets, j’ai laissé mon mana circuler.
「Génération de roche (Élément Roche, ★1)」
Koong–.
J’ai menotté les poignets de Luce avec ma magie de roche.
Koong–.
J’ai également attaché les chevilles de Luce de la même manière.
Même si Luce aurait pu facilement se libérer avec sa magie de l’eau, elle n’a montré aucune résistance.
Elle a juste plongé son regard dans le mien avec une expression indéchiffrable.
J’ai placé les bras menottés de Luce derrière sa tête et je l’ai regardée de haut, à courte distance.
Cette pose… est plus dangereuse et séduisante que ce à quoi je m’attendais.
Avec cette pensée en tête, je me suis concentré uniquement sur son visage.
Ses traits délicats étaient charmants. Cependant, ce n’était pas le moment de profiter de la beauté de l’un de mes personnages préférés.
« Isaac, ton visage est trop près. »
Luce a soudainement rougi avec un doux sourire. Comme avant, j’ai adopté une attitude détendue, mais cette fois, je n’allais pas m’embarrasser et m’éloigner.
« Luce. »
« Oui… »
« Tu ne peux pas bouger comme tu veux, n’est-ce pas ? C’est ce que tu m’as fait. C’est ce que je déteste. »
Comme un professeur faisant la leçon à un élève, j’ai parlé clairement d’une voix douce.
Cependant, j’ai légèrement froncé les sourcils et adopté une expression sérieuse. J’étais convaincu que cela aurait un effet sur Luce, qui ne supportait pas d’être détestée par moi.
« Comprends-tu ce que ça fait de ne pas pouvoir bouger son corps comme on le souhaite ? Ce que ça fait qu’une autre personne contrôle ton corps ? »
Luce a pincé les lèvres et a réfléchi en silence.
Après un moment, elle s’est doucement léché les lèvres en préparation de ce qu’elle avait décidé de dire.
« …Honnêtement, ce n’est pas si mal. »
Comme si elle avait trouvé un nouveau jouet, elle semblait joyeuse, une lueur enfantine brillant dans ses yeux.
Avec un doux sourire qu’elle ne réservait qu’à moi, Luce a murmuré doucement.
« Si je fais ça, est-ce qu’Isaac s’occupera de moi tous les jours ? »
Sa voix chatouillait mes oreilles alors que sa beauté destructrice frôlait l’abus.
« Quelque chose comme ça… ça ne semble pas si mal. »
[Luce Eltania] Psychologie : [Veut vous avoir rien que pour elle.]
« Hein ? »
Un sentiment inquiétant s’est installé en moi alors qu’elle semblait avoir appris une leçon très différente de mes intentions initiales.
J’ai ressenti un sentiment de danger dès que j’ai réalisé que ce nouveau penchant allait se combiner avec ses nombreuses habitudes discutables qui existaient déjà.
Une goutte de sueur froide a coulé le long de ma joue.