Chapitre 18
Chapitre 18 : Contrat
Les marchés se scellent dans l'ombre. On ne sait jamais si l'on signe avec un ange ou un démon.
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Heewon écarquilla les yeux. Incrédulité. Presque de l'amusement.
« Cette fille... »
« Tu es totalement stupide, ma parole. »
Elle ne cacha pas son impression générale : une personne te pousse d'un toit, et tu justifies l'action de cette personne en affirmant qu'il avait peut-être ses raisons ?
« Même s'il avait ses raisons, il t'a quand même poussée d'un toit. »
Elle marqua une pause.
« Tu ne t'es pas cogné la tête en tombant, j'espère ? Cela pourrait être problématique. Si c'est bien le cas, alors je retire mon insulte de tout à l'heure. »
« Non, je vais parfaitement bien. »
Yukimiya se mit à sourire.
Heewon soupira. Sa voix devint plus douce.
« Ma pauvre petite créature... On dirait que tu n'as pas encore compris que tu es dans un monde nouveau. »
Elle se leva gracieusement et alla à la porte. Elle prit fermement la poignée.
« Dans ce monde, tout le monde a quelque chose qui lui est destiné. Un devoir qu'il doit accomplir... et qui lui a été confié par quelqu'un de plus grand que lui-même. »
« Ce n'est pas nous-mêmes qui trouvons un sens. C'est justement cette personne. Nous ne faisons qu'attendre qu'elle arrive. »
« Peut-être qu'il a été envoyé ici pour t'assassiner. Tu n'en as aucune idée... et pourtant tu te permets de dire qu'il avait des raisons, même discutables. »
Yukimiya fronça les sourcils.
« Tu me fais bien rire, Yukimiya Kobayashi. »
Heewon se retourna à moitié.
« On ne peut pas toujours être gentil. Parfois, il faut être extrêmement dur... sinon ce monde te bouffera tout cru. La passivité mène toujours vers la chute. »
« Sois gentille si tu veux, mais — »
Yukimiya la coupa. Sa voix était plus ferme.
« Tout le monde n'est pas pareil. Si je veux être gentille avec quelqu'un, c'est mon choix. C'est ma gentillesse... et je la donne à qui je veux parce que je l'ai décidé. »
« Même si tout le monde autour de moi est tordu, moi je ne serai jamais comme ça. Ce n'est pas parce que le monde est cruel que nous devons l'être nous aussi. »
Petra regarda Yukimiya avec perplexité.
Heewon partit finalement, les laissant toutes les deux dans cette chambre.
Elle murmura pour elle-même :
« Je me demande à quoi tu ressembleras... une fois que ce monde t'aura fait réfléchir. »
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Trinity User — Couloirs
Clac. Clac. Clac.
Le bruit de pas résonnait dans les couloirs. Une personne drapée d'un manteau violet marchait d'une façon élancée.
Toc. Toc. Toc.
Il arriva devant une porte en bois et frappa avant de reculer de deux pas.
À l'intérieur, le jeune garçon aux cheveux blonds se leva de son lit. Il prit son revolver à motif et le plaça sous son aisselle avant d'aller prudemment vers la porte.
Il se colla dos à la porte.
« Qui est là ? »
« C'est Kerh Van Linngard. »
Le Ciward répondit en gloussant.
Tatsuki ouvrit la porte. Kerh s'incrusta comme si de rien n'était. Il alla principalement vers le frigo, fouilla à l'intérieur avant de dire :
« Tu ne bois pas. C'est bien, mon garçon. L'alcool, ça détruit des vies. »
« Taisez-vous. »
Tatsuki lui lança un regard noir.
Kerh Van Linngard s'assit sur le lit.
« Tu n'as rien à me servir ? Même pas un verre d'eau ? »
Kerh soupira et alla chercher son bonheur dans le réfrigérateur de Tatsuki, tandis que celui-ci restait immobile comme une statue.
Il prit une gorgée rapide de son verre.
Kerh alla de nouveau au canapé, scruta la pièce de partout, puis posa ses yeux sur Tatsuki.
Avec un sourire, il demanda :
« Tu devrais peut-être lâcher ce revolver, tu ne penses pas ? »
« Je ne suis pas un ennemi... Tu deviens franchement paranoïaque. Tu crois que même moi je pourrais te faire du mal ? »
« Ça me vexe un peu... Ahh, quelle ingratitude, je vous jure. »
Tatsuki roula des yeux, sortit le revolver et le déposa sur la table.
Kerh lui dit, en croisant les pieds :
« Personne ne va t'attaquer ici. Tu devrais peut-être arrêter d'être sur les nerfs... et essayer d'avoir une adolescence normale. »
« Premièrement, tu pourrais arrêter de faire des choses insensées comme, par exemple, pousser une fille d'un toit. »
Tatsuki ne fronça pas les sourcils, ce qui fit sourire Kerh, qui baissa les yeux.
« Et au fait... ne refais plus jamais cela en ma présence. »
Tatsuki le regarda avec mépris avant de dire d'un ton sec :
« Je ne vous ai rien demandé. »
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Après cette phrase, Kerh se leva.
Il s'approcha lentement de Tatsuki, qui ne reculait pas, et lui attrapa l'épaule.
Tatsuki sentit une grande force dans cette poigne... mais ne broncha pas.
« Ne sois pas ridicule, voyons. Bien sûr que tu me l'as demandé. »
« Tu me l'as demandé... et tu le sais. Même si tu n'as prononcé aucun mot. »
Kerh caressa l'épaule de Tatsuki comme s'il y avait de la poussière.
« Comme tout bon adulte responsable, je devrais te punir. Pukuku... mais, heureusement pour toi, je ne suis pas responsable ! »
« Ça va, j'ai compris. »
Tatsuki grogna.
« À la place, je vais à la fois te punir et te proposer un marché. »
« Premièrement, tu vas entraîner les gamins au combat physique. Enkevelt devait s'en charger, mais je voudrais que tu prennes sa place. »
« Les entraîner ? »
Tatsuki fut arrêté par le doigt de Kerh.
« Deuxièmement. Je vais te laisser auprès du père Zosima et des sœurs Maria. Tu devras t'occuper du père un peu comme si tu étais sa domestique. »
« Vous vous foutez de moi ? Je ne suis pas religieux... »
« Je sais. C'est plus drôle comme ça. »
Kerh ricana.
L'ombre de Kerh Van Linngard se prolongea sous la lumière dorée de la lampe.
Il dit finalement avec un sourire calculateur :
« Je veux que tu ailles à Versailles. Là-bas, il y aura un vicomte du nom de Roussel Petrovitch. Je veux que tu lui rendes une petite visite. De courtoisie, bien évidemment ! Pukuku... »
« Pourquoi je ferais ça ? Je n'ai rien à gagner à faire ce que vous me demandez. »
« Si, tu as tout à gagner, au contraire. »
Kerh recula.
« Si tu fais exactement ces trois missions que je t'ai données, je te donnerai la réponse à ton problème. »
« Je... vous êtes sérieux ? »
« Oui. »
Le Ciward hocha la tête.
Il alla contre la porte et souligna :
« Bien sûr que tu vas accepter, mon garçon. »
Grincement !
La porte se ferma. Kerh Van Linngard disparut dans les couloirs.
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Quelques temps plus tard.
Tatsuki enleva sa tenue caractéristique des membres de la sécurité publique. Il enfila un manteau noir, mit des lunettes à montures dorées, et prit une petite valise noire.
Il se faufila dans une salle isolée de la forteresse, alors que tout le monde dormait sûrement à cette heure.
Sur des étagères en bois étaient placés de nombreux objets : cartes, colliers, ampoules...
Il prit dans un paquet un collier en topaze sous lequel était soulignée la date suivante :
03 Mai 908 — Versailles, manoir du vicomte Roussel Petrovitch.
Tatsuki prit le paquet, le fourra dans sa poche. Il prit ensuite un taxi à travers le brouillard gris et se rendit à la gare d'Aurora.
Il monta dans le train et se rendit à Versailles avec une mission bien en tête.
(Assassiner le vicomte Roussel Petrovitch.)
Dans le train, il sortit le collier en topaze et regarda sous un autre angle les événements qu'avait vus Moeka Lopez.
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— Fin du chapitre 18 —
Loué soit le Créateur.