Chapitre 1
Volume 1 : First Requiem
Chapitre 1 : Bienvenue à Sven.
Je te raconterai cette histoire jusqu'au bout.
Pas par devoir.
Pas par habitude .
Parce que c'est la seule carte que j'aie encore en main pour te ramener.
Alors écoute-moi bien.
Même si le ciel s'effondre .
Même si le monde se tord comme une tempête.
Fais moi confiance.
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25 Décembre ??
Le vieux marin Thomas Thompson n'avait plus touché un gouvernail depuis douze ans. Il passait ses journées à regarder les nuages depuis sa véranda, un verre de grand cru à la main, comme un capitaine sans navire.
Ce matin-là, il leva les yeux par habitude.
Et il manqua de faire tomber son verre.
Le ciel n'était plus bleu. Il était rouge. Pas un coucher de soleil, non, quelque chose de plus profond, de plus viscéral. Une lumière qui semblait saigner sur l'horizon, puis sur les toits, puis sur la mer.
Les châteaux de la ville se mirent à pivoter, comme des toupies. Les gratte-ciel changèrent de place un immeuble de bureaux se retrouva soudain à côté d'une église du XIIe siècle. Un pont se tordit en spirale avant de disparaître dans la brume.
Thomas serra sa bouteille contre sa poitrine.
"Nous sommes tous les fragments d'une histoire qu'une personne s'amuse à lire depuis le début."
Il ne savait pas pourquoi cette phrase lui était venue. Mais elle sonnait juste. Vraie.
Inévitable.
Au même instant, dans le ciel nocturne alors qu'il était en pleine journée une seconde plus tôt — une étoile s'alluma autour des 88 autres étoiles.
Blanche. Fixe.
Comme un œil qui vous regarde.
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01 Mai 908 – Nord de Sven, Quartier de Versailles – 10h30
Tchou–tchou !
La gare était une fourmilière en ébullition. Des jeunes en blouse couraient après leurs valises. Des familles entières agitaient des mouchoirs sur les quais noyés sous le sifflement strident des locomotives.
Et au milieu de tout ce chaos, il y avait elle.
Yukimiya Kobayashi, seize ans, cheveux noirs coupés au carré avec un chignon délicat à l'arrière de la tête, yeux bleu pâle qui semblaient avoir été trempés dans de l'eau — était assise près de la fenêtre, le dos droit, les doigts crispés sur une lettre.
Autour d'elle, le wagon était plein d'étudiants. Certains riaient fort. D'autres feuilletaient des manuels en grimaçant.
Un garçon aux lunettes trop larges pour son visage lui avait adressé un sourire timide en montant. Elle avait détourné les yeux trop vite, puis s'était sentie bête.
(Pourquoi j'ai fait ça ? Il avait l'air sympa. Et perdu. Comme moi.)
Elle inspira profondément.
L'odeur du charbon, des sièges en velours et du parfum remplirent ses narines. Le train gémit doucement, puis tressauta d'un à-coup qui la colla contre son dossier.
Elle déplia la lettre pour la énième fois.
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« Chère Yukimiya Kobayashi.
Si vous avez reçu ce courrier, c'est que vous avez été personnellement invitée à intégrer la Trinity User.
Nous vous prions de bien vouloir vous rendre dans le quartier central d'Aurora pour finaliser votre admission dans les meilleures conditions.
Veuillez agréer nos plus sincères salutations.
— Trinity User »
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Elle relut la dernière ligne trois fois.
(Trinity User... Qu'est-ce que je fous là, moi ?)
Ses doigts tremblaient légèrement. Elle les serra sur le papier, comme pour s'accrocher à quelque chose de réel.
Sa mère lui avait toujours dit : « Les Kobayashi ne finissent jamais derniers. »
Mais cette fois, Yukimiya n'était pas sûre de vouloir finir du tout.
Elle posa son front contre la vitre et se demanda soudain si elle verrait autre chose que de la fumée, au bout du voyage.
Derrière elle, le garçon aux lunettes lui renvoya un sourire.
Cette fois, elle lui sourit en retour. Un petit sourire. Timide. Mais sincère.
Le train s'ébranla, emportant avec lui tous ces jeunes gens vers une destination dont personne ne savait vraiment ce qui les attendait.
Yukimiya ferma les yeux.
(Quoi qu'il arrive... au moins, je ne serai pas seule.)
Elle reprit avec auto-dérision :
(Je vais dans une école mystérieuse, dans une ville que je ne connais pas, pour un avenir que je connais encore moins. Génial. On dirait un vrai pigeon.)
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Pendant qu'elle s'assoupissait, le train surplombait des châteaux à l'architecture victorienne et des buildings résolument modernes. Mais personne n'y prêtait attention — car c'était la norme.
Gong ! Gong ! Gong !
À midi pile, la grande tour horloge d'Aurora sonna, marquant de petits gestes religieux partout dans la république de Sven — à travers les quartiers de Versailles, de Puerto Sangre, d'Aurora et de Myorai.
Au cœur de la république de Sven, la locomotive s'arrêta d'un coup et tous les étudiants descendirent les marches jusqu'à atteindre l'énorme bâtisse construite depuis des siècles.
Yukimiya se réveilla peu de temps après et constata avec horreur que tout le monde avait déjà fichu le camp.
(Quoi ?! Mais... mais ils m'ont laissée ?!)
Elle se leva à la hâte en grognant contre elle-même. Ses jambes engourdies protestèrent, son sac à main faillit s'envoler, et elle manqua de trébucher sur son propre pied — un moment de grâce absolu digne d'une débutante dans un opéra burlesque.
Elle entra, mais à sa grande surprise, n'aperçut personne dans les environs.
Les couloirs étaient déserts. Pas un bruit, pas une porte qui claque, pas un rire d'étudiant. Rien. Juste sa respiration qui résonnait comme un tambour dans le silence.
Elle fronça les sourcils en prenant une profonde inspiration. Avec calme, elle entra à l'académie de la Trinity User.
(Bon. Soit je suis en retard, soit je suis dans un film d'horreur, soit les deux. Génial.)
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Et quelque part, du haut de cette tour horloge, une silhouette aux cheveux blonds — manteau flottant au vent, semblait préoccupée par quelque chose.
Il retira son chapeau.
Et sauta directement de la tour horloge.
Comme une plume.
Comme une promesse.
Comme si le vide n'était pour lui qu'un escalier de plus.
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Et si le destin avait choisi Yukimiya pour une raison qu'elle-même ignore ?
Et si ce garçon aux cheveux blonds n'était pas un simple spectateur ?
Et toi, cher lecteur... tu es sûr de ne lire qu'un livre ?
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— Fin du chapitre 1 —
Loué soit le Créateur.