Chapitre 271
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Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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Chapitre 271
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- Evron : Avis général) Recrutement de volontaires pour visiter les trésors en personne, accompagnés du gardien de l’entrepôt.
(Cependant, je ne répondrai pas de votre vie.)
Bonjour. Je suis Evron, le gardien de l’entrepôt de la tour. Je crois que c’est la première fois que je publie un message à l’intention de tous les inscrits à la conférence.
Deux ans se sont déjà écoulés depuis le début de la conférence, et je suis profondément désolé de ne pas m’être présenté comme il se doit, car j’étais parti en voyage.
À mon retour à la tour, je me suis donc demandé comment présenter mes excuses. J’ai finalement décidé d’organiser une foire aux trésors.
Contrairement aux conférences ou au tableau des offrandes, cette foire ne se limitera pas à une simple rencontre. Vous pourrez découvrir directement le pouvoir magique et la puissance des trésors.
Vous pourrez parler aux trésors que vous souhaitez rencontrer et, s’ils sont satisfaits, vous pourrez même recevoir d’eux pouvoir et sagesse. Sans aucune restriction.
Bien sûr, rencontrer des trésors comporte certains dangers, d’où l’avertissement ci-dessus. Cela dit, aucun problème grave ne devrait survenir si vous respectez les règles suivantes !
[Règles à suivre pour profiter de la foire aux trésors en toute sécurité]
1. Les insectes-miroirs sont interdits dans l’enceinte de la foire.
- Les désirs des trésors circulent dans l’enceinte sous forme de pouvoir magique ; vous pourriez donc entendre leurs « murmures » à travers l’écran d’un insecte-miroir.
2. Ne mangez rien dans les deux heures qui précèdent ou suivent votre entrée dans l’enceinte.
- Quelques trésors installés dans l’enceinte sont plutôt farceurs et jouent parfois des tours. Si la faim vous prend soudainement, veuillez chercher le gardien de l’entrepôt à l’entrée.
3. Si vous croisez un trésor sans guide, retournez immédiatement à l’entrée.
- Les trésors ont du mal à communiquer directement avec les gens ; il faut donc un interprète. Si vous vous retrouvez à parler à l’un d’eux sans guide, déchirez cette feuille de règles sur-le-champ.
4. Ne franchissez pas les lignes rouges qui délimitent les cercles magiques. S’il vous plaît, enla-cez les lignes jusqu’aux trésors ! Vous ne devez pas les franchir.
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5. Le point 4 est une preuve que les trésors vous font une farce ; inutile de vous en inquiéter outre mesure.
- Si vous remarquez des inscriptions étranges sur votre feuille de règles dans l’enceinte de la foire, brûlez-la sur-le-champ avec votre pouvoir magique. Un guide vous en apportera une nouvelle.
6. Il est interdit de se déplacer en groupe de deux personnes ou plus pendant la foire.
- Il arrive que les trésors apparaissent à vos côtés pour plaisanter…
…
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Le contenu de cette feuille sera complété au fur et à mesure de la foire ; veuillez donc la consulter régulièrement.
J’ai également joint une copie séparée. Veuillez en imprimer une et la garder sur vous.
Le numéro inscrit au dos de la feuille de règles vous servira de billet pour le tirage au sort qui aura lieu à la fin de la foire.
La foire aux trésors se tiendra pendant trois jours à partir de la semaine prochaine. Nous espérons vous voir nombreux.
└ Cassian : Waouh, monsieur. Ça faisait longtemps ! (Image de la marionnette-ours qui applaudit.)
└ Jonoa (6) : Ha, rencontrer les trésors en personne ? Qui sait ce qui pourrait arriver.
└ Evron : Inutile de vous inquiéter. Le secteur sera sous la surveillance étroite de l’Anneau du Ciel !
└ Jonoa (6) : L’Anneau du Ciel est lui-même un trésor. Comment voulez-vous qu’on lui fasse confiance ? Vous comptez nous offrir en sacrifice aux trésors, c’est ça ?
└ Luka (15) : Hein ? Quel sale type susceptible. Si tu veux pinailler comme ça, dégage. Si on avait voulu te bouffer, on l’aurait déjà fait.
└ Luka (15) : De toute façon, la compétition pour les premières places est féroce, alors ça tombe bien. Reste donc enfermé dans la tour. À mon retour, je m’occuperai de toi en premier.
└ Jonoa (6) : … Toi. Combien de temps crois-tu que je vais te laisser fanfaronner sous prétexte que tu as participé à la conférence précédente ? Viens tout de suite dans le hall central du deuxième étage. Je vais réduire ton corps en cendres, comme ça tu ne me défieras plus jamais.
└ Cassian : Oh, c’est un duel ? Alors je participe aussi. La magie de monsieur Jonoa m’intriguait déjà. (Image de la marionnette-ours qui défonce une porte.)
└ Jonoa (6) : Non, je parlais de ce saaaale…
└ Luka (15) : Tss. Toujours aussi stupide.
Je fis défiler l’écran de l’insecte-miroir et parcourus les commentaires qui s’enchaînaient en dessous, puis je ricanai.
À ce moment-là, quelqu’un s’approcha et s’appuya légèrement contre moi.
« Qu’est-ce qui te fait rire comme ça ? »
Je tournai la tête et vis Mira me tapoter la joue du doigt, les yeux plissés par son sourire. Je haussai les épaules et lui montrai l’insecte-miroir.
« On dirait que quelqu’un a compris ce que je veux faire. Évidemment, personne ne le croit. »
Je regardai autour de moi. Le hall central du deuxième étage était bondé. Tous étaient venus pour la foire.
Je me frottai le menton et poursuivis :
« Mais surtout, je ne m’attendais pas à voir autant de monde. Vous êtes plus nombreux que prévu. »
Depuis la publication de mon avis, la semaine précédente, les insectes-miroirs bruissaient de discussions sur la foire. Le tableau libre et le tableau d’information débordaient de questions à son sujet.
Parmi les étudiants qui en parlaient, beaucoup hésitaient à venir.
Eh bien, c’était normal.
Les trésors pensaient d’une manière différente des humains. De leur point de vue, leurs pouvoirs magiques et leurs désirs devaient sembler tordus.
Les rencontrer en personne comportait donc de sérieux risques.
Comme lorsque j’avais failli me faire déchirer l’âme en croisant un Œil au septième étage.
Les étudiants, qui pouvaient eux aussi utiliser le pouvoir magique, devaient forcément connaître ces dangers.
C’est pourquoi, en observant l’ambiance sur les tableaux, je m’étais dit qu’une centaine de personnes serait déjà un beau succès. Les mages tenaient plus que tout à leur vie.
Pourtant, devant cette foule qui murmurait, je compris que je m’étais trompé.
Je promenai mon regard autour de moi et comptai les têtes. Il y avait bien deux cents chevelures colorées.
Ma conférence comptait trois cents élèves en tout ; plus de la moitié avaient donc répondu présent.
Mira sourit légèrement à mes paroles.
« Hé hé. Evron, tu es resté si longtemps dehors que tu ne sais pas, mais ces enfants n’ont pas cessé de se mesurer les uns aux autres. Ils brûlent tous d’un désir incroyable de réussir. »
« Certains ont même une odeur assez appétissante. J’ai eu du mal à me retenir. »
Mira baissa la voix et murmura la dernière phrase.
Je hochai discrètement la tête en observant la foule. Comme l’avait dit Mira, je n’avais pas prêté beaucoup d’attention à ces étudiants au cours des deux dernières années.
Je n’y pouvais rien. J’avais quitté la tour peu après le début de la conférence. Comment aurais-je pu suivre les étudiants ?
Et puis, les incidents s’étaient succédé. J’avais affronté Domitian à la Cité du Mur de glace et travaillé avec le président au Conseil du pouvoir magique.
La plupart des gens que j’avais côtoyés pendant cette période étaient des mages des étages supérieurs. Ils avaient accumulé bien plus d’années d’expérience que ces étudiants.
J’avais donc forcément dû me concentrer sur les gens que je rencontrais à ce moment-là plutôt que sur les étudiants de la tour.
Pendant tout ce temps, je n’avais donc pas vraiment su ce qui se passait dans la tour.
Je m’étais contenté de parcourir les informations que m’envoyaient les marionnettes reliées à mon territoire et de constater que la compétition pour les places y faisait rage.
Mais je ne m’étais jamais attendu à ce que leur ferveur attire autant de monde.
Je me frottai le menton et hochai la tête. À bien y réfléchir, c’était pourtant logique.
J’organisais la conférence sous cette forme depuis déjà dix ans. Deux sessions s’étaient achevées, et la troisième avait commencé.
Au fil du temps, ma conférence s’était peu à peu développée.
La première avait été marquée par toutes sortes d’incidents. Il y avait eu un accident presque chaque mois.
Mais pendant la deuxième session, leur fréquence avait nettement diminué. J’avais essayé de mieux apprivoiser les trésors tout en confiant les cours à Mira.
Et durant cette troisième session, pas un seul incident ne s’était produit.
Je parcourus lentement la foule du regard.
Le système avait été perfectionné, certes, mais les étudiants eux-mêmes avaient aussi progressé.
La première conférence avait été proposée au prix le plus bas. Forcément, toutes sortes de gens s’y étaient précipités. Hao, désormais fermement lié à Hari, en faisait partie.
Mais après la deuxième puis la troisième session, notre conférence avait atteint un prix que les mages ordinaires ne pouvaient plus se permettre.
Je me rappelai les points que j’avais reçus deux ans plus tôt. J’avais gagné environ un million de points en vendant des places avec Hwaryeong, non ? Avec cette somme, j’avais acheté une énorme quantité de branches d’arbre à la Cité du Mur de glace.
Même si j’avais maintenant une certaine marge de manœuvre après avoir extorqué un grand nombre de points à Domitian, cela restait une somme colossale.
À l’université, seuls les étudiants prometteurs pouvaient naturellement payer autant de points.
Comme notre conférence s’adressait aux mages des deuxième et troisième étages, il leur fallait des soutiens suffisamment riches pour en assumer le coût.
La barrière des points empêchait même les mages ordinaires de s’inscrire. C’était pour cela qu’on en trouvait si peu dans cette troisième session.
Voilà qui montrait à quel point les mages estimaient la puissance des trésors fournis par la tour.
Dire que j’avais réussi à développer la conférence à ce point…
Comparé au début, quand je me creusais désespérément la tête sans rien y connaître, c’était un progrès incroyable. Je souris discrètement, rempli de fierté.
Mais le bonheur avait ses limites.
Plus j’étais heureux de gagner des points, plus la situation devenait difficile pour les autres. Les étudiants actuels en étaient un parfait exemple.
En général, des élèves abandonnaient après un certain temps dans chaque conférence. Comme seuls dix pour cent de tous les étudiants réussiraient, c’était inévitable.
Comme lors des sessions précédentes, les élèves issus de grandes familles ou particulièrement doués s’empareraient d’avance des places qualificatives.
Ceux qui resteraient au bas du classement n’auraient naturellement d’autre choix que d’abandonner au bout de quelques années. À vrai dire, avoir simplement accès à la tour valait déjà le coût en points.
Mais les gens devant moi étaient différents.
Ils avaient tous payé une somme considérable en points pour participer à cette conférence. Ils devaient forcément recevoir une valeur équivalente à ce qu’ils avaient dépensé. Sinon, ils passeraient pour des ratés.
Pour ceux qui se considéraient comme des génies, cette humiliation devait être insupportable. La compétition pour réussir allait forcément s’intensifier.
C’était pour cela que tant de gens s’étaient rassemblés ici. Ils se battaient pour parvenir à entrer parmi les trente premiers, par n’importe quel moyen.
Je plissai les yeux en voyant leurs désirs d’ascension palpiter au-dessus de leur tête. Plus un désir était fort, plus il prenait la forme d’un flux de pouvoir magique ; ce n’était donc probablement pas une illusion.
Dans ce cas, je devais faire de mon mieux pour les aider à obtenir ce qu’ils voulaient. C’était ainsi que tout le monde pourrait être heureux.
Je rangeai l’insecte-miroir, me levai et tendis la main à Mira.
« Mira, tu veux bien m’aider ? Il est presque l’heure. »
« Avec plaisir. Je me demande combien en sortiront indemnes. »
Mira sourit des yeux et passa son bras sous le mien.
Ils en sortiraient tous parfaitement indemnes. Pourquoi disait-elle une chose pareille ?
Bien sûr, ma définition de « parfaitement indemne » et la leur ne coïncidait peut-être pas tout à fait.
Je me plaçai devant la foule et applaudis doucement.
Le brouillard de Mira m’enveloppa.
« Puisque tout le monde semble être arrivé, nous allons commencer la foire. »
Ma voix, portée par le brouillard, résonna dans tout le deuxième étage. Les personnes qui remplissaient le hall tournèrent leur attention vers moi.
Je leur adressai un léger sourire et poursuivis :
« Certains d’entre vous ne me connaissent peut-être pas, alors permettez-moi de me présenter. Je suis ravi de vous rencontrer. Je m’appelle Evron, et je suis le gardien de l’entrepôt de cette tour. Je m’occupe des trésors à la place de la professeure Irian. Je ne peux que vous présenter mes excuses pour vous avoir salués si tard. »
J’inclinai légèrement la tête et croisai leurs regards.
Ils me dévisageaient avec méfiance.
Je me grattai la tête. Eh bien, c’était inévitable. Leur méfiance venait du fait que j’avais passé les deux dernières années hors de la tour à négliger la conférence.
Bien sûr, ce n’était pas la seule raison pour laquelle je leur paraissais suspect.
Je baissai les yeux vers mon corps. J’étais devenu plutôt maigre. La malédiction m’avait privé de mon pouvoir magique.
Comme il ne me restait plus un soupçon de pouvoir magique, je devais avoir l’air d’une mauvaise herbe à leurs yeux.
Peut-être était-ce pour cela que je sentais le pouvoir magique s’agiter en eux et se tendre vers moi.
J’observai ces flux magiques à travers mes lunettes et adressai un petit regard à Mira.
Elle rit doucement et se mit à disperser son brouillard. Celui-ci bloqua tous les courants de pouvoir magique qui se dirigeaient vers moi.
Je remerciai Mira du regard et fis un pas en avant.
« Je comprends vos doutes. J’ai négligé mes responsabilités envers cette conférence. C’est pour cela que j’ai décidé d’organiser cette foire. Comme je l’ai écrit dans mon avis, je souhaite vous présenter mes excuses. »
Je levai lentement un doigt.
Puis je ricanai et poursuivis :
« Je ne vais donc pas m’éterniser. Je vais vous conduire jusqu’au lieu de la foire. Vous feriez mieux de voir les choses de vos propres yeux plutôt que de continuer à m’écouter. »
Quand j’eus fini de parler, je concentrai mon attention sur mon doigt levé.
Je sentis alors un courant s’éveiller dans mon corps, qui ne contenait pas la moindre trace de pouvoir magique.
Le courant se répandit dans tout mon corps en suivant mes vaisseaux sanguins. L’esprit aiguisé comme une pointe, je le guidai lentement jusqu’au bout de mon doigt.
Au bout d’un moment, un pouvoir magique doré commença à se former sur mon doigt.
Le pouvoir magique, qui ne cessait de croître, prit bientôt forme et apparut dans les airs.
C’était une clé imprégnée d’un puissant pouvoir magique.
Je la pris délicatement en main et sentis le lien qui m’unissait à elle.
Je ne pus m’empêcher de ricaner.
La clé manifestait son mécontentement : mon corps ne contenait aucun pouvoir magique. Pour un être qui n’était pratiquement qu’un amas de pouvoir magique, mon corps devait avoir l’effet d’un poison.
Tandis que je caressais la clé pour l’apaiser, je sentis les regards se poser sur moi. Eux aussi semblaient reconnaître sa valeur.
C’était la seule clé capable d’ouvrir les portes de l’entrepôt où les trésors étaient enfermés. Rien que pour cela, elle était un trésor.
Je souris légèrement en voyant le désir s’installer dans leurs yeux.
Je leur avais montré la clé pour leur faire comprendre clairement quelle était ma position.
Jusqu’à présent, j’étais resté discret, même dans la tour. Mais je n’avais plus besoin de l’être.
Je touchai légèrement le collier tatoué sur mon cou.
La professeure Irian m’avait marqué d’un collier comme celui-ci. Ne devais-je pas m’avancer fièrement en tant que gardien de l’entrepôt ? C’était bien la dignité attendue de son larbin.
Je m’arrêtai un instant sur cette pensée.
Un larbin… Hum. On pouvait aussi appeler ça un serviteur. Mais avais-je vraiment besoin de me qualifier de serviteur ?
À bien y réfléchir, la professeure Irian avait voulu faire de moi son serviteur avant de me nommer gardien de l’entrepôt. Le gardien de l’entrepôt était donc forcément plus haut placé qu’un serviteur.
Alors, quel titre devais-je me donner ?
Après réflexion, je m’illuminai.
Puisque j’étais de toute façon au service de la professeure Irian, pourquoi ne pas me considérer comme son disciple ?
La clé en main, je me frottai légèrement le poignet. Je sentis le texte du contrat que j’avais conclu avec la professeure Irian.
J’avais passé un contrat avec la professeure Irian, et elle m’avait même enseigné directement. J’étais donc déjà son disciple. Oui, c’était ça.
La professeure Irian devait simplement être trop gênée pour me désigner directement comme son disciple. Au fond, elle m’avait déjà reconnu comme tel.
Sinon, elle ne m’aurait pas mis ce collier.
Ce collier prouvait que la professeure Irian me considérait comme son disciple.
Ma maîtresse était gênée, alors je devais faire semblant de ne pas m’en rendre compte. Mais devant les autres, je devais afficher toute la dignité d’un disciple.
Je redressai les épaules et brandis la clé dans les airs.
À travers mes lunettes, je vis le pouvoir magique autour de moi se mettre à tourbillonner avec violence.
Au centre de ce pouvoir magique, la clé dessina un cercle magique. Celui-ci se mit à aspirer le pouvoir magique alentour.
Le cercle magique dévora voracement le pouvoir magique qui circulait au deuxième étage, puis se dissipa dans l’air en brillant d’un éclat doré limpide.
Là où le cercle magique s’était dissous, le pouvoir magique se rassembla et forma une porte.
Elle menait à l’une des salles au trésor que j’avais parfois aperçues au sixième étage.
Mais elle était plus grande que toutes les portes que j’avais vues jusque-là. Elle faisait peut-être deux fois la taille d’une porte ordinaire.
La salle devait donc être tout aussi grande.
Vu ce qu’elle contenait, c’était inévitable.
Je tournai la clé et déverrouillai la porte.
Les circuits qui l’enveloppaient perdirent leur éclat, et la porte commença lentement à s’ouvrir.
« Bien, entrez, je vous prie. Suivez les marionnettes. »
Je parlai en me retournant vers la foule.
Mais les étudiants se contentèrent de fixer la porte, bouche bée.
Je la regardai à mon tour. Après tout, la magie inscrite dessus était celle de la professeure Irian. Elle était si parfaite qu’elle ne pouvait qu’inspirer l’admiration.
Je comprenais qu’ils en soient restés un instant captivés.
Mira me donna alors une petite tape sur le côté.
Quand je la regardai, elle désigna la porte, visiblement intéressée.
« Oh là là, tu peux aussi en ouvrir une ici ? Je ne le savais pas. »
« Pour la professeure Irian, cette tour entière est un immense entrepôt. »
Je prononçai ces mots en agitant légèrement la clé.
La tour était un monde à part entière et contenait naturellement une partie du paysage intérieur de la professeure Irian. C’était cela, le trésor de la tour.
C’est pour cela que je pouvais ouvrir une porte n’importe où, puisque je détenais la clé de l’entrepôt.
Si j’étais monté jusqu’au sixième étage, jusqu’à présent, c’était à cause de la complexité des coordonnées.
Je claquai la langue en repensant à ce qui s’était passé. J’avais failli tomber dans l’Abysse après avoir ouvert une porte au mauvais endroit.
Si l’on ne repérait pas correctement les coordonnées, impossible de savoir où l’on pouvait atterrir.
Mais je n’avais plus à m’en soucier. De l’autre côté de cette porte se trouvait une salle que j’avais créée moi-même. Comme c’était moi qui l’avais créée, je me rappelais parfaitement ses coordonnées spatiales.
« Allons-y. Les trésors nous attendent. »
Mira et moi franchîmes la porte.
J’eus la sensation de traverser un rideau, puis un nouveau paysage se déploya devant mes yeux.
Je regardai autour de moi et vis les marionnettes que j’avais placées à l’avance s’affairer comme prévu. Je m’approchai, trouvai un endroit convenable et me tournai vers la porte.
Après un court moment, les gens commencèrent à franchir le seuil, un par un.
Les marionnettes les guidèrent pour les mettre en file, et bientôt tout le monde eut passé la porte et pénétré dans la salle.
Je tournai la clé et verrouillai la porte. Si je la laissais ouverte, des trésors risquaient de s’échapper.
Puis j’ouvris les bras face à la foule déconcertée.
« Bien, voici l’espace que j’ai préparé pour vous tous. La foire aux trésors, où vous pourrez parler librement avec les trésors ! »
Je jetai un coup d’œil derrière moi.
Dans ce vaste monde en forme de dôme, je distinguais des allées soigneusement aménagées et des cercles magiques opaques disposés un peu partout.
Un pouvoir magique complexe circulait dans les cercles bordés de lignes rouges. À l’intérieur, les couches de magie protectrice et de magie de blocage s’entremêlaient au point qu’il était difficile d’y voir clair.
Je hochai la tête après m’en être assuré.
Chacun de ces espaces abritait un trésor.
Bien sûr, ces cercles magiques peu solides ne pouvaient pas réellement retenir les trésors. Vu leur puissance, c’était tout à fait normal.
Comme pour le prouver, un trésor poussa à travers un cercle magique et passa la tête dehors.
Je le désignai du menton et poursuivis :
« Ah, on dirait que la Langue délicieuse a choisi le bon moment pour vous souhaiter la bienvenue. »
Tous les regards se tournèrent vers la Langue délicieuse, comme je l’avais voulu.
Elle avait dû sentir notre arrivée, car de la salive dégoulinait de sa langue.
Puis, comme si elle savourait déjà cette pensée, elle la tordit.
À cette vue, les gens reculèrent d’un pas hésitant.
La professeure lui avait donné un nom plutôt amusant, mais cela n’en restait pas moins un trésor.
Sa puissance était donc immense. Même à cette distance, les étudiants semblaient la sentir pleinement.
« Votre odeur l’a visiblement un peu affamée. Mais ne vous inquiétez pas. Vous ne courrez aucun danger tant que vous respecterez les règles. »
Je fis un geste en direction de la Langue délicieuse.
Elle rentra lentement dans le cercle magique. Au même moment, le cercle dissimula son pouvoir magique.
Les étudiants poussèrent des soupirs de soulagement.
Ces cercles magiques n’étaient pas des barrières destinées à emprisonner les trésors.
Ils protégeaient plutôt les étudiants de l’influence des trésors.
« Bien, tout le monde, amusez-vous ! »
Je reculai d’un demi-pas et leur adressai un sourire éclatant.
Les étudiants commencèrent à avancer lentement, toujours sur leurs gardes.
J’avais pris de nombreuses précautions, alors personne ne mourrait.
Enfin… probablement.
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