Chapitre 237
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Traducteur/éditeur : Coughing Baby
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Chapitre 237 : 237
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Je jetai un coup d’œil autour de moi.
Toutes sortes d’ornements étincelants attirèrent mon regard. Chacun semblait chargé d’une longue histoire.
Même en vendant plusieurs tenues comme celle que je portais, je n’aurais probablement pas eu les moyens d’en acheter un seul. Pourtant, ces objets entouraient toute la salle de banquet comme des cailloux sur la route.
Le champ de pouvoir magique qu’ils formaient harmonieusement empêchait aussi le pouvoir magique de la Cité du Mur de glace de pénétrer à l’intérieur. Je ne pus m’empêcher d’admirer un agencement aussi raffiné.
On ne pouvait pas appeler ça de la magie. Pour fonctionner, la magie avait normalement besoin d’un flux distinct de pouvoir magique.
Là, en revanche, il suffisait de placer les objets exactement au bon endroit.
Je tendis la main et effleurai le flux de pouvoir magique qui passait devant mes yeux. Un barrage aussi remarquable pouvait-il vraiment être créé par la seule harmonie du pouvoir magique ? C’était stupéfiant.
La raison pour laquelle ils avaient dépensé autant d’argent pour ériger ce barrage était évidente.
Ils voulaient garantir le confort de tous ceux qui entraient.
Les mages se méfiaient naturellement de la magie qui les entourait. Même à un banquet, ils examinaient tout sort présent. Si un sort de filtrage avait été installé, chacun serait resté sur ses gardes.
Mais si le champ était créé par ces flux naturels de pouvoir magique, les invités n’avaient guère de raison de s’inquiéter. Ce n’était pas de la magie, juste un effet du pouvoir magique.
Je secouai doucement la tête en me rappelant ce que Hongryeong m’avait raconté. Sa famille avait envoyé des serviteurs pour ce banquet, des gens qui la servaient fidèlement depuis des générations.
J’avais toujours été extrêmement curieux au sujet des serviteurs des grandes familles. D’une certaine façon, ils étaient des pionniers sur la voie que j’avais empruntée.
J’avais donc voulu profiter de l’occasion pour admirer leur savoir-faire. Et, comme prévu, il était remarquable.
Pourtant, Hongryeong avait qualifié ce banquet de modeste. À l’extérieur, ils en organiseraient, paraît-il, mille fois plus grands. Une fois encore, je mesurai l’étendue des ressources d’une grande famille.
Je m’adossai légèrement au mur. Le banquet n’avait pas encore commencé. Il restait beaucoup de temps et peu de monde était arrivé.
Je claquai la langue. Moi non plus, je n’avais pas prévu d’arriver aussi tôt.
Mira en était en grande partie responsable. Je tournai les yeux vers elle et la vis assise sur une chaise, faisant tourner son verre de vin.
Mira portait une robe noire légère, traversée de fils de pouvoir magique argentés et blancs qui se croisaient. Quand ses cheveux blancs captaient le pouvoir magique et renvoyaient la lumière, la robe se mit à luire à son tour, d’un éclat discret.
La robe s’accordait parfaitement à l’aura de Mira. J’avais bien fait de la choisir avec autant de soin.
Quand nos regards se croisèrent, Mira sourit des yeux et prit la parole.
« Pourquoi restes-tu debout ? Assieds-toi donc. Viens, tu peux t’installer ici. »
Mira tapota légèrement la place à côté d’elle.
Aussitôt, je sentis des regards perçants se braquer sur moi. Ils venaient de gens que Mira avait ensorcelés.
Mira but une petite gorgée de vin, comme si elle savourait ces regards. Je répondis à leurs propriétaires par un sourire crispé et un regard noir.
C’étaient tous des mages accomplis. À en juger par leur aura, même le plus faible avait sans doute dépassé le troisième étage. En temps normal, ils n’auraient pas manifesté un tel désir pour Mira.
Et pourtant, ils étaient à présent subjugués parce qu’elle dégageait son pouvoir magique avec une telle intensité. Je secouai légèrement la tête et m’assis à côté d’elle.
Un riche parfum de rose m’enveloppa.
Je le dissipai d’un geste et regardai Mira. Puis je tendis la main vers son visage pâle.
Sa peau me parut légèrement froide.
« Mira, on dirait que tu as encore l’estomac barbouillé. »
Mira gonfla légèrement les joues en sirotant son vin, puis se frotta doucement le ventre.
« Évidemment. Tu sais à quel point ce pouvoir magique était puissant ? Je vais te faire payer comme il se doit tous les ennuis que j’ai eus cette fois. »
Mira plissa les yeux en me regardant.
J’acquiesçai. Elle avait joué un rôle essentiel dans la consolidation de mon domaine. Elle avait avalé toutes les bombes de pouvoir magique avec sa brume.
Mais même Mira n’avait pas pu absorber tout le pouvoir magique de la ville. Ça lui avait laissé l’estomac un peu retourné.
Le pouvoir magique attirant qu’elle déversait autour d’elle était l’un des effets secondaires.
Aussi solide qu’ait été l’esprit d’un mage, en sentant ce parfum, il ne pouvait s’empêcher de ressentir du désir pendant un moment.
C’était un pouvoir magique destiné à attirer les proies.
Mira se lécha les lèvres et regarda autour d’elle. Son pouvoir magique vacillait, et ses désirs semblaient vaciller avec lui.
Je posai ma main sur la sienne tandis qu’elle laissait ce pouvoir magique s’écouler.
Alors un étrange courant jaillit de la bague que Mira m’avait donnée. Bientôt, il relia mon pouvoir magique au sien.
Une douleur me transperça la poitrine.
Le pouvoir magique propre à la Cité du Mur de glace, que Mira contenait en elle, envahissait clairement mon domaine.
Mais la douleur s’atténua rapidement. Les marionnettes enfermées dans mon domaine d’ombre commencèrent à partager ce fardeau.
Dans le même temps, le pouvoir magique qui s’échappait de Mira diminua peu à peu. Puisque nous avions partagé son fardeau, elle avait sans doute repris le contrôle de son pouvoir magique.
Bien sûr, ce n’était qu’une solution temporaire. Je ne pourrais pas supporter ce pouvoir magique bien longtemps.
Mais pour l’instant, ça suffisait.
Je m’éclaircis la gorge et retirai ma main de celle de Mira.
« Essaie de te calmer un peu, maintenant. Ce sont tous des invités de marque. Fais attention à ton comportement. »
« Oh, mais ça commençait tout juste à devenir amusant. Quel dommage. »
Mira avait l’air un peu déçue.
Je ne pus que secouer la tête. Elle avait manifestement voulu arriver tôt pour profiter d’une situation pareille.
Cela dit, Mira était peut-être satisfaite. Elle retira son pouvoir magique, et les regards des autres se détournèrent peu à peu d’elle.
Je posai doucement une main sur ma poitrine.
La trace de pouvoir magique que j’avais reçue de Mira y bouillonnait. Elle n’en représentait qu’une petite quantité, mais elle n’en transperçait pas moins mon domaine.
Si mon domaine n’avait été constitué que de moi, je n’aurais pas pu le supporter.
« C’est vraiment puissant. »
Je marmonnai en sentant le pouvoir magique.
Mira jeta un regard au sol. Une légère gêne se lisait dans ses yeux.
« On n’y peut rien. Creuser un endroit pareil pour y construire une ville… Les mages sont vraiment incompréhensibles. »
Je regardai à mon tour ce qu’observait Mira.
Au-delà des étages supérieurs où nous nous trouvions, au-delà des étages intermédiaires et des étages inférieurs, j’imaginai ce qui se trouvait encore plus bas.
La Cité du Mur de glace grandissait lentement en dévorant ce qui l’entourait. Et à mesure qu’elle grandissait, elle devait s’étendre.
Ils creusaient un nouvel étage sous les étages inférieurs.
J’avais entendu dire que les travaux avaient commencé avant même que Mookgeumgo s’installe dans cette ville. Ils en auraient déjà excavé environ la moitié.
En investissant dix mille ans de plus, ils créeraient un nouvel étage.
Continuer à tailler les murs de glace protégeait aussi la ville. S’ils cessaient de creuser la glace, celle-ci envahirait rapidement la ville.
En creusant sous la ville, ils concentraient en dessous le pouvoir magique contenu dans ces murs de glace, évitant qu’il ne s’accumule en trop grande quantité dans la ville même.
Je n’avais aucune idée de ce qui se trouvait sous nos pieds pour que le pouvoir magique y soit aussi puissant.
Cela dit, ce pouvoir magique pouvait m’être utile. En le dépouillant petit à petit de cette façon, je pouvais en laisser des traces dans mon domaine.
Il pourrait même devenir une partie de mon pouvoir magique à l’avenir.
Je me tapotai légèrement le ventre et regardai autour de moi.
J’aperçus alors Isabella qui discutait avec quelqu’un au loin. Elle termina bientôt sa conversation et s’approcha de nous.
Isabella aussi attirait l’attention.
Je la détaillai du regard. Elle portait une robe violet foncé, dont les fines broderies de fil d’or le long des bords sautaient aux yeux.
L’or se mêlait à ses cheveux roux et faisait jaillir le pouvoir magique comme des étincelles. Les fluctuations ardentes de son pouvoir magique semblaient répandre une couleur captivante, assez forte pour attirer tous les regards.
J’avais également passé beaucoup de temps à choisir cette tenue. Puisque j’y consacrais des points coûteux, j’avais essayé de trouver celle qui lui allait le mieux.
Et mes efforts n’avaient pas été vains.
Mais Isabella n’attirait pas les regards uniquement parce qu’elle était belle. Contrairement à Mira, elle ne pouvait pas dégager de parfum envoûtant.
Je plissai les yeux en observant ceux qui la regardaient. La plupart venaient sûrement de Mookgeumgo.
Leurs regards posés sur Isabella semblaient chargés d’une émotion désagréable.
Ils avaient probablement connu Isabella de son vivant. Elle devait sentir ces regards, elle aussi.
Mais sans rien laisser paraître, elle s’approcha de moi en compagnie de la personne avec qui elle parlait.
Je me tournai vers l’odeur de sang qui venait de frôler mes narines.
Ailey s’était installée à côté de moi et désignait Isabella du menton.
« C’était bien Isabella ? J’aime vraiment beaucoup cette marionnette. Au point de vouloir en faire ma secrétaire. Celles que j’utilise en ce moment ne sont pas fiables du tout. »
[Vous me flattez. Merci pour votre proposition, mais je suis le mieux à ma place auprès de mon maître, alors je resterai ici. Pourquoi ne pas louer l’une de nos marionnettes ? Je suis certaine que l’une d’elles vous satisfera autant que moi, dame Ailey.]
Avec un sourire aimable, Isabella entreprit de vanter nos marionnettes à Ailey.
Ailey hocha légèrement la tête. Isabella lui avait déjà trouvé une cliente. L’avoir amenée était sans conteste une bonne idée.
Maintenant installée à côté de nous, Ailey tendit la main et héla un domestique. Elle prit un verre de vin et le fit doucement tourner.
Elle avait l’air un peu contrariée.
« Je ne savais pas qu’ils organiseraient une réunion aussi pénible. Si notre jeune maître ne m’avait pas appelée, je ne serais pas venue. »
Ailey porta son verre à ses lèvres et le vida d’un trait.
Le vin sombre coula au coin de sa bouche comme une traînée de sang. Elle reposa son verre et me regarda.
« Puisque je m’ennuie, je pourrais bien discuter avec Evron. Demande-moi ce qui t’intrigue. Par exemple, qui sont ces gens là-bas et ce qu’ils font. Ah, peut-être que tu le sais déjà. »
Ailey désigna du menton les gens qui discutaient, adossés à l’un des murs.
C’étaient des mages couverts de cicatrices. À voir les bêtes magiques à leurs côtés, c’étaient sans aucun doute des dompteurs de bêtes magiques.
S’ils avaient été invités ici, c’était qu’ils comptaient. Je savais donc déjà d’où ils venaient.
J’avais naturellement enquêté sur les invités avant de venir au banquet.
Je jetai un regard furtif à Ailey.
Une autre question m’intriguait davantage que ces gens. Comment avait-elle commencé à travailler avec Hongryeong, celui qu’elle appelait jeune maître ? Et comment était-elle arrivée dans cette ville ?
Mais je n’avais pas besoin de lui poser ces questions ici.
Je ne dis donc rien et haussai simplement les épaules. Ailey leva de nouveau son verre, l’air ennuyé, et se mit à siroter son vin.
Je la regardai et secouai doucement la tête.
Si j’avais voulu creuser la question, j’aurais pu apprendre depuis longtemps ce qui les liait. Un mois, ce n’était pas si court.
Mais je n’avais pas voulu fouiner. Au contraire, j’avais même évité de rencontrer Ailey pendant tout ce temps.
Même quand j’avais des affaires à régler, j’envoyais Isabella à ma place.
Si j’avais évité Ailey aussi longtemps, c’était parce que je devais faire attention à mes actes. En collaborant avec le Conseil du Peuple, elle s’était pratiquement déclarée à moitié membre du camp de Hongryeong.
Si je voyais souvent Ailey, les gens finiraient sûrement par me considérer moi aussi comme un homme de Hongryeong.
L’invitation de Hongryeong pouvait également faire partie de cette manœuvre.
Même si j’avais passé un contrat avec Hongryeong, rien ne m’obligeait à être estampillé comme l’un des siens et à m’empêtrer dans leur conflit.
Je comptais donc faire croire que je n’avais noué des liens avec lui que par l’intermédiaire du Conseil du Peuple.
Hwaryeong n’était pas stupide. Elle savait sûrement que j’avais pris contact avec Hongryeong avant tout le monde.
Mais grâce à tout ça, elle comprendrait aussi que je ne l’avais pas complètement abandonnée.
Je comptais tirer profit à la fois de Hwaryeong et de Hongryeong, sans renoncer à l’un ou à l’autre.
N’était-ce pas ainsi que quelqu’un comme moi survivait ?
Bien sûr, pour y parvenir, je devais garder une position délicate.
« Evron est intéressant, en fin de compte. J’aurais dû faire de toi une lettre quand nous nous sommes rencontrés. »
Ailey marmonna en plissant les yeux.
Je ne pus que pencher la tête. Je ne comprenais pas ce qu’elle voulait dire.
« Je crois avoir déjà entendu ça. Qu’est-ce que ça signifie, quand vous dites que vous faites de quelqu’un une lettre, dame Ailey ? »
Puisqu’Ailey m’avait autorisé à poser des questions, je m’exprimai sans hésiter.
Ailey m’adressa un sourire profond en entendant ma question.
« Tu comprendrais si tu devenais toi-même une lettre. Je vais être gentille et te donner une petite piqûre. Ça ne fera pas mal. »
Ailey leva un doigt et me tapota la poitrine.
Pour une raison ou une autre, une intention meurtrière rouge sang semblait onduler dans ses yeux.
J’avalai ma salive et secouai la tête.
« Non merci. Je vais laisser tomber cette question. »
« En effet. Comme je te l’ai dit, si tu veux tuer cette personne, il faudra d’abord passer par moi. »
Mira glissa doucement son bras sous le mien et sourit.
Sentant la trace de pouvoir magique qui émanait de Mira, Ailey retira aussitôt son intention meurtrière. Puis elle reprit une gorgée de vin avec un sourire effronté.
« Evron a de la chance. Il a de si merveilleuses marionnettes à ses côtés. Il va falloir que je trouve d’autres articles de papeterie, alors. »
Ailey tourna la tête et observa les autres personnes qui entraient dans la salle de banquet.
Un désir profond s’éveilla dans ses yeux.
C’étaient les yeux de quelqu’un qui rêvait de massacre.
En les voyant, je compris ce qu’elle voulait dire par « lettres ».
Elle parlait sans doute de donner la mort.
Cela éveilla naturellement ma curiosité.
Je jetai un regard à Ailey. Elle appelait « lettres » les gens qu’elle tuait. S’il en était ainsi, quelqu’un devait recevoir ces lettres.
À qui voulait-elle donc envoyer ses lettres ?
Mais je ne posai pas la question. Je voyais bien que c’était un pan important de la vie d’Ailey.
Je n’avais pas à fouiller son passé.
Ailey regardait les gens entrer dans la salle, le désir dans les yeux, quand elle fronça légèrement les sourcils.
Quelqu’un qu’elle n’aimait pas semblait être arrivé.
« Je ne savais pas que ce vieil homme viendrait lui aussi. »
Les yeux d’Ailey débordaient d’agacement.
Je regardai dans la même direction qu’elle et aperçus un jeune homme aux yeux bridés.
C’était un mage bien trop jeune d’apparence pour qu’on le qualifie de vieil homme. Cela signifiait sûrement qu’il avait atteint un haut niveau.
Plusieurs mages qui semblaient venir de Mookgeumgo se tenaient à ses côtés. Le jeune homme discutait avec eux, mais il remarqua peut-être que nous l’observions, car il se tourna vers nous.
Quand il aperçut Ailey, il s’inclina légèrement.
Ailey claqua la langue à son intention.
Le jeune homme esquissa un sourire et reprit sa conversation avec les mages qui l’entouraient.
Son visage m’était étrangement familier. J’avais l’impression d’avoir vu récemment quelqu’un qui lui ressemblait.
Quelqu’un aux yeux bridés. Où avais-je donc vu un visage pareil ?
Des yeux bridés…
Je réfléchis, puis finis par claquer la langue.
Je m’en souvenais.
Je plissai les yeux en regardant le jeune homme.
Il était clairement apparenté à Ugo. Son visage était exactement celui qu’aurait eu Ugo en grandissant.
Était-ce le doyen de la famille d’Ugo sur lequel j’avais enquêté ?
Je jetai un regard à Isabella, à côté de moi. J’avais senti le regard du jeune homme nous balayer, puis s’attarder un instant sur elle.
« Tu le connais ? »
[… Oui, mais il n’a plus d’importance. Tout ça, c’est terminé.]
Isabella ferma lentement les yeux.
Je discernai des sentiments complexes en elle. Avait-il été lié à elle de son vivant ?
Je savais déjà que la famille de sang d’Ugo avait de l’influence à Mookgeumgo. Ugo était issu d’une famille plutôt respectable.
Cette famille entretenait naturellement une petite faction au moins, à l’université.
C’était ça, Mookgeumgo.
Gaon n’avait pas pris Ugo comme disciple sans raison.
J’avais l’impression que plusieurs fils liés au passé d’Isabella commençaient à se rejoindre.
Ce jeune homme, Ugo et Gaon. Ils étaient tous sûrement liés à Isabella.
Je me frottai légèrement le menton. Quelque chose chez ce jeune homme me mettait mal à l’aise.
Je suivis son dos du regard tandis qu’il disparaissait lentement dans la foule, puis secouai la tête.
J’avais déjà confié à Isabella tout ce qui concernait cette ville.
Si sa relation avec lui risquait de me nuire, elle m’en aurait sûrement parlé avant.
Comme elle l’avait dit, c’était terminé. Elle ne voulait probablement pas en parler.
Je devais donc respecter la volonté d’Isabella.
Elle était déjà devenue ma marionnette. Inutile de s’accrocher au passé.
Tandis que chacun de nous se perdait dans ses pensées, les invités continuaient d’entrer et de remplir la salle de banquet.
Hongryeong s’approcha alors de notre petit groupe.
« Je ne m’attendais pas à vous voir tous les deux ensemble. De quoi parliez-vous ? »
« Je disais à quel point ce banquet est ennuyeux. »
Ailey lança un regard légèrement noir à Hongryeong.
Hongryeong esquissa un sourire et baissa la tête.
« Je n’avais pas envie d’organiser un banquet de ce genre non plus, mais je n’avais pas le choix. C’est une tradition de ma famille. Mais surtout, trinquons pour fêter nos retrouvailles, nous qui étions dans le même groupe à l’examen d’entrée. »
Hongryeong tendit le verre qu’il tenait.
Dans le même groupe à l’examen d’entrée. Je jetai un regard aux deux autres.
En général, peu de gens qui avaient été placés dans le même groupe à l’examen d’entrée restaient en contact une fois à l’université.
De ce point de vue, nous trois étions liés d’une manière assez étrange.
Bien sûr, ces deux-là se connaissaient probablement déjà. Il y avait peut-être eu des appuis derrière leur affectation dans le même groupe.
Mais moi, je n’étais qu’un vagabond venu de nulle part, sans lien avec eux.
Et pourtant, je me retrouvais maintenant à leurs côtés.
Je haussai légèrement les épaules.
Moi-même, je n’aurais jamais cru qu’un lien noué quinze ans plus tôt durerait aussi longtemps. Cela montrait tout le chemin que j’avais parcouru.
Un peu fier, je fis tinter mon verre contre les leurs.
Ailey fit tinter le sien à son tour et fixa Hongryeong droit dans les yeux.
Elle avait quelque chose d’un peu malicieux.
« Hum, il y a une autre personne que nous. Tu aurais dû inviter cette sorcière aussi. Dès qu’elle aurait appris que tu étais là, jeune maître, elle aurait accouru. »
Je marquai un léger temps d’arrêt.
Une sorcière. Elle devait parler de Shaking Rope.
Je regardai Hongryeong. Son expression s’était figée aux paroles d’Ailey.
Les souvenirs de l’examen d’entrée que j’avais passé avec eux restaient gravés dans mon esprit.
Tout comme la haine profonde de Hongryeong envers la sorcière.
J’ignorais pourquoi il éprouvait de tels sentiments.
Mais une chose était sûre : cela avait tissé un lien d’hostilité entre Shaking Rope et Hongryeong.
Les mages n’oubliaient pas les rancunes.
Mais même parmi les mages, certaines personnes étaient particulièrement pénibles à avoir pour ennemies.
C’étaient les sorcières.
Les sorcières pratiquaient une magie fondée sur l’être humain. Les émotions, et notamment les rancunes profondes, comptaient donc parmi les ingrédients les plus importants de leur magie.
On racontait que les sorcières se rappelaient jusqu’au parfum et à la température de l’air du jour où une rancune s’était gravée en elles.
Un jour, cette rancune reviendrait.
Hongryeong claqua discrètement la langue et regarda Ailey.
« Cessons de parler d’une chose aussi vile. Je n’ai aucune envie de me salir davantage la bouche ici. »
« Comme prévu, jeune maître, tu es intéressant. Ça vaut la peine de te garder près de moi et de t’observer. »
Ailey éclata de rire et but une gorgée de vin.
Hongryeong resta un instant silencieux, plongé dans ses pensées, puis plissa les yeux.
Il regarda les portes de la salle de banquet et prit la parole.
« Les voilà. »
Je suivis le regard de Hongryeong jusqu’à l’entrée.
Un puissant pouvoir magique y bouillonnait.
Les portes s’ouvrirent et des gens à l’aura semblable à celle de Hongryeong entrèrent lentement dans la salle de banquet.
Ils étaient environ cinq.
C’étaient sûrement tous les rivaux de Hongryeong, ceux qui convoitaient la place de successeur.
Hwaryeong était parmi eux.
Et derrière ces membres de la famille, je vis entrer dans la salle un visage que je n’avais pas vu depuis longtemps.
Miryeong, celui qui avait gravé le contrat sur moi.
Je me levai lentement et le regardai.
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