Chapitre 235
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Traducteur/éditeur : Bébé qui tousse
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Chapitre 235
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La Compagnie commerciale générale Arcana était une organisation gigantesque. Comme son nom l’indiquait, elle rassemblait des gens avides de profit. C’était pour cela qu’elle avait tissé un réseau dans toute l’université.
La Cité du Mur de glace ne faisait pas exception. Je jetai un regard autour de moi. Un bon nombre de personnes s’étaient rendues à la Compagnie, et une marionnette attitrée guidait chaque client plus profondément à l’intérieur.
Je les observai avec satisfaction, un sourire aux lèvres. Toutes ces marionnettes m’avaient été louées. Au cours du mois écoulé, les miennes s’étaient ainsi répandues dans toute la Cité du Mur de glace.
« Par ici, je vous prie. J’ai également préparé les articles du jour. »
Hongryeong esquissa un sourire et se retourna. Il s’enfonça dans la Compagnie, apparemment pour me conduire comme toujours dans une salle de réception. Je jetai un dernier regard autour de moi avant de le suivre.
Hongryeong s’arrêta devant une porte de glace translucide qui masquait la pièce derrière. C’était aussi là que j’avais discuté négociations avec Ailey.
Hongryeong entra dans la salle de réception et alluma les lumières. Puis il me fit un léger signe de la main pour m’inviter à entrer.
Je m’inclinai légèrement et pénétrai dans la pièce.
Quand je me retournai, je sentis le pouvoir magique qui enveloppait la salle s’intensifier à mesure que la porte se refermait. De nombreux sorts de protection commencèrent à la recouvrir.
À ce niveau, personne à l’extérieur ne pourrait nous espionner facilement. Je m’assis en face de Hongryeong.
Hongryeong frappa dans ses mains. Une marionnette qui attendait sur le côté prépara du thé et nous le servit. C’était l’une des miennes, comme celles que j’avais vues dehors. Hongryeong huma le parfum du thé et hocha la tête.
« Le meilleur avantage à garder Dahwa à mes côtés, c’est ça. Peu de gens dans cette ville savent préparer du thé aussi délicieux. »
Hongryeong sirota son thé d’un air ravi. Je pris ma tasse à mon tour et en savourai le parfum. Comme il l’avait dit, il sentait vraiment bon.
Je jetai un coup d’œil à la marionnette, Dahwa.
Dahwa, qui avait l’allure d’une jeune femme, me sourit radieusement et s’inclina. Je lui répondis d’un léger signe de tête.
Dahwa était une marionnette de troisième génération créée pour Hongryeong. Au cours du mois écoulé, elle avait grandi en se nourrissant de son pouvoir magique, et toute sa magie s’était liée à lui.
Le sort du Thé Noir Parfait qui avait infusé ce thé était le même. Il n’était pas aussi bon que mon thé, mais son goût était bien plus profond que celui du thé préparé par les autres marionnettes.
Hongryeong aimait le thé ; la magie de Dahwa s’était donc manifestement merveilleusement développée pour répondre à ses goûts. Je sentais aussi que la Jeune pousse de l’âme qu’elle avait créée constituait l’un des piliers de mon domaine.
Après avoir bu notre thé et échangé quelques banalités, Hongryeong sortit un catalogue de sa robe. Il le posa devant moi et esquissa un sourire.
« J’ai pris grand soin de le préparer, pour que le Collecteur de tiges ne soit pas déçu comme la dernière fois. Cette fois, j’ai rassemblé des articles qui répondent au mieux aux critères que vous m’avez indiqués. Je pense donc que vous serez satisfait. »
« Collecteur de tiges, c’est un surnom bien trop grandiloquent. »
Je secouai les deux mains.
Les mages recevaient rarement des surnoms. Contrairement aux épéistes, qui se donnaient des titres honorifiques par respect, ils n’avaient pas spécialement besoin de célébrité.
Quelques mages finissaient tout de même par en recevoir un. J’imaginais que cela arrivait lorsqu’ils manifestaient un trait qui leur était propre.
Et pourtant, j’en avais reçu un.
Je n’aurais jamais cru que cela puisse m’arriver. En repensant à la première fois où je l’avais entendu, je laissai échapper un rire sans joie.
Le surnom de Collecteur de tiges m’était parvenu une semaine plus tôt. La première fois, j’en étais resté complètement abasourdi. C’était un surnom affreux, qui pouvait faire croire que j’étais un monstre dévorant des mages.
J’avais donc fait de mon mieux pour empêcher qu’il se répande. Mais puisqu’il venait de sortir de la bouche de Hongryeong, tous mes efforts avaient visiblement échoué.
Je poussai un discret soupir.
Pourquoi m’avait-on affublé d’un surnom aussi horrible ? Je m’étais contenté de faire consciencieusement mon travail.
Hongryeong posa sa tasse et haussa les épaules.
« Hum, les rumeurs que j’ai entendues sont un peu différentes. Plus d’une ou deux personnes vous ont vu arracher les branches de l’arbre d’autres gens, Evron. »
Hongryeong me regarda avec curiosité. Il semblait lui aussi intrigué par ce qui s’était passé à l’époque.
Je me grattai la tête en évitant son regard.
C’étaient précisément ces rumeurs qui m’empêchaient de me débarrasser de mon surnom. On racontait que j’avais extorqué des branches d’arbre à d’autres mages dans la rue.
Et ces rumeurs n’étaient pas entièrement fausses.
Comme l’avait dit Hongryeong, j’avais arraché les branches de l’arbre de plusieurs mages alors qu’ils étaient encore en vie. Avais-je eu tort de laisser tout le monde assister à cette scène ? Je secouai la tête, pris d’un regret tardif.
J’avais pourtant agi ainsi parce que je croyais que c’était la solution la plus efficace à ce moment-là. Et, de fait, tout s’était ensuite déroulé sans accroc.
Hormis un surnom grotesque, je n’en avais tiré que des avantages.
C’était bien là le plus gros problème.
Je claquai doucement la langue et me frottai le front.
J’avais arraché ces branches à d’autres mages environ deux semaines plus tôt. Et ceux dont je m’étais occupé étaient tous mes concurrents.
Après avoir lancé mon commerce de marionnettes ici, j’avais tout fait pour éliminer la concurrence. Bien sûr, ils avaient eux aussi tenté de tenir le coup à leur manière, mais ils n’avaient pas pu rivaliser avec la coopération entre la Compagnie et Mookgeumgo.
En moins de deux semaines, la plupart de mes concurrents avaient dépéri, à moitié morts. Seuls quelques cas particuliers, comme Mordawyn et Beldar, que je venais de rencontrer, avaient résisté.
Ils avaient peut-être senti le danger. Quelques-uns d’entre eux avaient préparé une sorte d’attentat. Ils ne pouvaient pas s’en prendre à l’atelier exploité par la Compagnie commerciale générale Arcana, trop bien protégé. Ils avaient donc prévu de faire sauter le mien.
Ce genre d’attaque n’était possible qu’à la Cité du Mur de glace. Je plissai les yeux en repensant à la méthode qu’ils avaient tenté d’employer.
Tous les bâtiments de cette ville étaient des espaces creusés dans la glace. Ils tentaient donc sans cesse de se remplir du pouvoir magique de la cité. Les sorts de filtrage intégrés aux bâtiments les en empêchaient.
Cependant, les sorts de filtrage avaient naturellement leurs limites. Si on leur injectait une quantité de pouvoir magique supérieure à ce qu’ils pouvaient contenir, ils rejetaient aussitôt cet excédent.
C’était une sorte de dispositif de protection. Il empêchait le sort lui-même de se désagréger et le bâtiment de s’effondrer. L’intérieur du bâtiment se remplissait, mais l’extérieur restait à l’abri.
C’était cet effet magique qu’ils avaient visé.
Ils avaient condensé le pouvoir magique de la cité dans une bombe. Lorsqu’elle exploserait, elle inverserait temporairement le fonctionnement du sort et amplifierait le pouvoir magique de la ville.
C’était aussi une façon de contourner légèrement les règles de l’université. Ils ne pouvaient pas détruire directement mon atelier, alors ils comptaient entraver mon commerce indirectement, en exploitant l’environnement de la cité.
S’ils avaient réussi à faire exploser la bombe, ils auraient sûrement pu s’en tirer. Après tout, mes marionnettes étaient au cœur de notre commerce.
Le temps que je remette mon atelier en état, ils auraient pu engranger au moins quelques points.
Mais ils échouèrent.
Mira, qui les attendait depuis le début, dévora tout le pouvoir magique contenu dans la bombe.
Je souris légèrement en repensant à la façon dont elle avait secoué la tête en disant que c’était infect. Puisque j’étais déjà à la Compagnie, je devrais sans doute lui acheter un cadeau. Elle avait eu mal au ventre et se reposait à la villa.
Leur échec avait plusieurs causes. Ils ne s’étaient pas attendus à ce que Mira avale le pouvoir magique et, pour ne pas éveiller les soupçons, ils s’étaient aussi retenus de passer à l’action de façon trop excessive.
Mais surtout, je les avais poussés à agir dès le début.
Il suffisait de montrer d’abord une faiblesse à son adversaire pour qu’il la prenne naturellement pour cible. Je n’avais fait qu’exploiter cela.
Nous les avions surpris sur le fait et leur avions fait payer leur acte sur-le-champ. C’est ainsi que je leur avais arraché les branches de leur arbre.
J’avais pris la chose la plus précieuse qu’ils pouvaient me donner.
C’était aussi un avertissement pour les autres. Je leur signifiais que s’ils comptaient s’en prendre à mon atelier comme ces gens-là, je leur arracherais leurs branches à eux aussi.
Cet avertissement avait peut-être porté ses fruits, car la suite s’était déroulée sans heurts.
Mordawyn et Beldar étaient eux aussi venus négocier avec nous après l’incident. Ils avaient clairement compris que le rapport de force avait complètement changé.
Grâce à ces branches arrachées, les concurrents s’étaient retirés rapidement. Nous avions pu étendre notre territoire sans difficulté en récupérant ce qu’ils avaient abandonné.
Il restait toutefois un léger problème.
Je me frottai le menton.
J’avais entendu dire que des attentats à la bombe magique s’étaient déjà produits à plusieurs reprises. Apparemment, tout un secteur des étages inférieurs avait même été pris dans l’une de ces explosions.
Il allait de soi que les responsables de la ville réagissaient avec beaucoup de sensibilité à ces bombes.
Mookgeumgo infligeait des amendes à ceux qui se renseignaient sur leur fabrication et des sanctions presque aussi sévères qu’une confiscation à ceux qui s’en servaient. C’étaient, paraît-il, les règles de la cité.
C’était également grâce à ces règles que j’avais pu arracher leurs branches. S’ils ne s’étaient pas arrangés avec moi, Mookgeumgo leur aurait sûrement infligé une sanction encore plus lourde.
Quelque chose me tracassait dans cette histoire.
Comment s’étaient-ils procuré cette bombe ?
Les bombes de pouvoir magique étaient des objets extrêmement sensibles, et Mookgeumgo contrôlait naturellement très étroitement les informations à leur sujet.
Pourtant, mes concurrents s’étaient soudain retrouvés avec des bombes de pouvoir magique.
Quelle remarquable coïncidence.
De plus, le fait qu’ils aient utilisé ces bombes avec autant d’assurance prouvait qu’ils avaient une carte à jouer. Ils avaient clairement cru pouvoir s’en sortir si je ne les prenais pas sur le fait.
En le comprenant, je les avais interrogés sur l’identité de leur commanditaire. Ils n’auraient pas pu agir ainsi si personne ne leur avait appris l’existence des bombes et fourni les matériaux nécessaires à leur fabrication.
Je leur avais même promis de ne pas leur arracher les branches s’ils me donnaient le moindre indice sur son identité.
Mais ils n’avaient rien dit.
Je plissai les yeux.
Pour des mages qui tenaient tant à leur arbre, réagir ainsi signifiait que révéler la vérité leur ferait plus mal que perdre leur royaume.
Autrement dit, celui qui tirait les ficelles avait beaucoup de pouvoir.
Qui cela pouvait-il être ?
J’avais plusieurs suspects, mais aucune preuve concrète.
Je ne pouvais toujours pas le savoir. Inutile, donc, de me creuser davantage la tête.
Je laissai échapper un léger soupir et baissai les yeux sur le catalogue dans mes mains.
Il contenait de nombreux articles. Comme Hongryeong me l’avait assuré avec confiance, plusieurs attirèrent mon attention. En le parcourant, je désignai l’un des articles de la liste.
« Puis-je l’examiner en personne ? »
« Je vous prie d’attendre un instant. »
Hongryeong fit signe à sa marionnette, Dahwa. Celle-ci s’inclina légèrement et quitta la salle de réception.
Dahwa ne tarda pas à revenir.
Elle s’approcha de nous et posa une petite boîte. Hongryeong la prit et y insuffla son pouvoir magique. Le sceau qui la maintenait fermée se défit, révélant son contenu.
Un pouvoir magique dense s’échappa de la boîte, et mes yeux s’illuminèrent.
Hongryeong m’observa et esquissa un sourire.
« À vous voir vous y intéresser autant, je dirais que le surnom de Collecteur de tiges vous va vraiment bien. »
Je me grattai la tête en entendant Hongryeong.
Le fait d’avoir arraché les branches de l’arbre de mes concurrents avait largement contribué à faire croire que j’étais un Collecteur de tiges.
Pour rivaliser avec mes marionnettes, il fallait posséder des caractéristiques bien à soi. Et si elles possédaient de telles caractéristiques, l’arbre de leur créateur devait être spécial, lui aussi.
Pour quelqu’un comme moi, qui étudiait déjà les branches de l’arbre des autres, c’était l’occasion rêvée.
Alors, je les avais toutes arrachées sur-le-champ.
Cela dit, ça n’aurait pas suffi à faire coller ce surnom. Les mages s’arrachaient parfois les branches de leur arbre les uns aux autres.
Ce que j’avais fait ensuite avait davantage contribué à ancrer le surnom.
Je baissai les yeux vers la boîte. À l’intérieur se trouvait une branche d’arbre qui semblait avoir été arrachée à l’instant.
Elle avait une fraîcheur impossible à trouver dans la Cité des stalactites.
Je m’éclaircis légèrement la gorge et caressai la branche. Un pouvoir magique distinct se déversa en moi.
Cela devrait suffire pour mes recherches.
J’adressai un petit signe de tête à Hongryeong. Il referma la boîte et la rendit à Dahwa.
Vu la qualité de cet article, les autres marchandises du catalogue devaient être du même acabit. Je me frottai le menton en examinant la liste des branches d’arbre de mages.
La Cité du Mur de glace était peut-être moins développée que la Cité des stalactites, mais elle avait des avantages qui lui étaient propres. Ces branches d’arbre en faisaient partie.
Ici, on vendait des gens.
Et les parties du corps humain ne faisaient pas exception.
On y vendait encore exceptionnellement fraîches des choses difficiles à se procurer dans les autres villes.
Bien sûr, les branches d’arbre coûtaient assez cher. Elles formaient le cœur d’un mage ; c’était donc tout naturel.
Mais je n’hésitais pas à en acheter.
Une branche d’arbre ne constituait qu’une partie d’un mage et finissait par s’étioler. À moins d’un cas particulier comme le professeur On ou Tiena, elle ne pouvait pas éviter de perdre son pouvoir avec le temps.
Ces branches étaient si sensibles qu’il fallait les transporter avec le plus grand soin pour éviter que leur pouvoir magique ne se dissipe. Leur prix ne pouvait donc qu’augmenter lorsqu’on les acheminait vers d’autres villes.
De ce point de vue, la plupart des articles vendus ici avaient été arrachés tout récemment et étaient donc d’une fraîcheur exceptionnelle. Ils coûtaient aussi presque deux fois moins cher qu’à la Cité des stalactites.
Comment aurais-je pu laisser passer une occasion aussi formidable ?
C’était pour cela que j’avais passé tant de temps à chercher des branches qui me plaisaient. J’avais même participé aux ventes privées organisées par d’autres pour m’en procurer.
J’avais dû finir par afficher trop clairement mon intérêt pour les branches d’arbre, car j’avais reçu le surnom de Collecteur de tiges.
Quel malentendu absurde. Je voulais seulement faire des recherches.
Je claquai doucement la langue en parcourant le catalogue, puis achetai plusieurs articles qui m’avaient tapé dans l’œil.
Je contemplai les boîtes empilées sur la table et hochai la tête, satisfait.
Hum. Ça devrait suffire.
Quand je regardai Hongryeong, je vis qu’il affichait un sourire aussi satisfait que le mien.
« Merci. Grâce à cela, je vais aussi pouvoir améliorer mon bilan. »
Hongryeong serra le poing et se tapota deux fois la poitrine.
Mon regard se posa naturellement sur le badge épinglé là.
Compagnie commerciale générale Arcana, troisième division
Département des affaires de coopération extérieure, employé stagiaire, Hongryeong
C’était le genre de badge de la Compagnie que j’avais déjà vu sur Hwaryeong.
Hongryeong ne le portait que depuis peu. Un mois environ, peut-être.
C’était aussi pour cela que j’étais venu dans cette ville.
Je jetai un coup d’œil à Hongryeong.
Il appartenait à une grande famille. Comme je l’avais appris, il devait atteindre au moins le quatrième étage. C’était la condition imposée aux grandes familles par la Compagnie.
Hongryeong avait donc atteint le quatrième étage en intégrant la Compagnie.
Aucun camarade de ma promotion entré à l’université en même temps que moi n’avait pu progresser plus vite que lui. J’avais entendu dire qu’Ailey était encore au troisième étage.
C’était pour cela que je ne comprenais pas très bien.
Hongryeong était incontestablement un mage remarquable, mais il n’était pas assez puissant pour avoir déjà atteint le quatrième étage. Même Cassian, qui possédait davantage de pouvoir magique que lui, était encore au troisième.
S’il avait atteint le quatrième étage aussi vite, Hongryeong avait forcément profité d’une sorte de faille.
Je repensai à Merov, l’officier qui avait supervisé mon évaluation pour le passage au troisième étage. Il avait vérifié mes qualifications avec une rigueur extrême. La première fois, il m’avait recalé sans hésiter.
Si les officiers menaient des évaluations si strictes, ce n’était pas seulement par sens du devoir. Le profit entrait aussi en jeu.
S’ils faisaient progresser quelqu’un qui n’en avait pas les qualifications, ils en seraient eux-mêmes tenus responsables.
Malgré cela, pour permettre à Hongryeong d’accéder au quatrième étage, il avait dû promettre beaucoup de choses à son officier.
Impossible de savoir exactement ce qu’il lui avait donné. Comment aurais-je pu comprendre les manœuvres d’un membre d’une grande famille ?
Je secouai légèrement la tête.
Mais surtout, Merov.
Je frottai doucement la bourse spatiale cachée dans ma robe. Elle contenait le joyau que Merov m’avait remis après mon évaluation, et qui indiquait l’emplacement du Conseil du pouvoir magique.
Au début, il n’émettait qu’une lueur à peine perceptible.
Mais à présent, il avait commencé à dégager un pouvoir magique très net.
Il n’était pas difficile de comprendre ce que cela signifiait.
Le rassemblement du Conseil du pouvoir magique approchait. Une fois que le joyau serait complètement chargé de pouvoir magique, le chemin menant au Conseil s’ouvrirait.
Le Conseil du pouvoir magique m’intéressait aussi.
Un groupe d’érudits qui étudiaient la pureté du pouvoir magique. Pour quelqu’un comme moi, qui travaillais sur le pouvoir magique et les âmes, c’était un endroit qui méritait au moins une visite.
Bien sûr, je devais d’abord finir ce que j’avais à faire ici.
J’avais beau avoir réglé le problème de mes concurrents, ce n’était que les fondations. Pour implanter mes marionnettes ici, je devais aller plus loin.
Et pour cela, j’avais besoin de l’aide de Hongryeong, assis devant moi.
Je le regardai fixement. Hongryeong me tendit son insecte-miroir.
Il voulait que je lui transfère les points.
Mon insecte-miroir sortit de ma robe et rejoignit le sien. Des dizaines de milliers de points disparurent en un instant.
Je jetai un coup d’œil à mon insecte-miroir.
Il ne me restait que quelques dizaines de milliers de points. Les points que j’avais gagnés à grand-peine au cours des cinq dernières années avaient presque tous disparu.
Mais à mesure que mes points s’amenuisaient, ma bourse spatiale se remplissait.
Je souris légèrement et rangeai dans ma bourse spatiale les boîtes empilées sur la table.
Mes recherches sur les branches d’arbre m’avaient appris beaucoup de choses sur la greffe des âmes. Je ne pouvais pas mener d’expériences à grande échelle, puisque l’œuf capable de fusionner les âmes se trouvait dans la tour, mais je pouvais tout de même accumuler des connaissances.
Je comptais donc disséquer toute la nuit les objets que je venais d’acheter.
Chaque arbre de mage avait des caractéristiques uniques ; chacun d’eux deviendrait donc un jalon pour mes recherches.
Plus j’étudiais les branches d’arbre, plus je sentais ma magie s’épanouir.
Si je continuais à progresser ainsi, petit à petit, peut-être pourrais-je un jour manipuler la branche du professeur On.
Tandis que je souriais, satisfait, Hongryeong effleura le sort qui enveloppait la salle. Il vérifiait manifestement si quelqu’un observait l’intérieur.
Quand je le regardai, Hongryeong croisa mon regard et enveloppa de nouveau les lieux de pouvoir magique.
À le voir insister autant sur la sécurité, il semblait s’apprêter à aborder un sujet délicat.
Hongryeong prit lentement la parole.
« Il pourrait y avoir un léger problème à partir du mois prochain. Ma sœur aînée va venir. »
Je ne pus m’empêcher de froncer les sourcils.
Il n’y avait qu’une personne que Hongryeong appellerait sa sœur aînée.
Hwaryeong.
Elle allait venir ici ?
Hongryeong ferma légèrement les yeux et acquiesça.
Je savais déjà que Hwaryeong viendrait ici. La rivalité entre Hongryeong et Hwaryeong était inévitable depuis le début.
Je pensais tout de même que nous avions encore un peu de temps. Hwaryeong avait elle aussi beaucoup à régler.
Et pourtant, elle passait déjà à l’action.
Hongryeong était clairement une épine dans son pied.
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