Dans le Ciel des Sept Luminaires, une masse de lumière illusoire flottait très haut dans les airs. Des éclats de tonnerre en jaillissaient au milieu de lueurs rosées entrelacées, tandis qu’elle absorbait et recrachait sans cesse le qi spirituel du ciel et de la terre.
« Qu’est-ce qui se passe, au juste ? »
Jusqu’alors, l’Ancêtre Yan et le Dieu de la cité capitale ne s’étaient toujours pas remis de l’Épée fendant le ciel de Lü Yang, lancée quelques instants plus tôt. À présent, ils ne purent s’empêcher d’échanger un regard.
Mais, au fil du temps, cette masse de lumière illusoire s’effondra peu à peu, jusqu’à prendre la forme d’un jeune homme grand et beau. Il se tenait là, silencieux, les mains jointes derrière le dos. Un halo de lumière blanche, semblable à du jade, flottait derrière sa tête, comme s’il exposait les vérités suprêmes du ciel et de la terre, ce qui lui conférait une allure encore plus solennelle et divine.
Lü Yang ne dit rien et plissa simplement les yeux.
Le mana qui déferlait dans son corps, assez puissant pour ébranler le Royaume céleste, le grisait presque. Dans le même temps, il ne put s’empêcher d’éprouver un émerveillement indicible :
« Il ne m’a vraiment pas joué de tour ! »
Tout s’était passé avec une facilité absurde.
À vrai dire, même si, juste après avoir percé jusqu’à la Perfection de Fondation, une main gigantesque l’avait saisi et raffiné sur-le-champ, il n’aurait pas trouvé cela étrange.
Pourtant, tout s’était finalement bien terminé.
À cette pensée, Lü Yang secoua la tête. « Comme je le pensais, tous les malheurs d’avant étaient dus à cet endroit pourri, pas à moi. »
S’il n’avait pas choisi de fuir sans hésiter, à quel point aurait-il été difficile d’atteindre la Perfection de Fondation ?
Rien que les quatre Gang célestes et Démons terrestres auraient suffi à le faire souffrir au point de frôler la mort, et il serait probablement encore coincé au milieu du stade de Fondation au lieu d’avoir accompli pareil exploit.
« Cela dit, ma réussite est sans doute impossible à reproduire. »
Lü Yang le savait parfaitement : s’il suffisait de fuir cet endroit pourri et de cultiver ailleurs afin d’atteindre la Perfection de Fondation, qui choisirait donc d’y rester ?
Au bout du compte, il devait tout à l’héritage des dispositions prises par Hong Yun. La Formation véritable de stabilisation du monde des Sept Luminaires comme le Ciel des Sept Luminaires lui-même étaient des atouts laissés par Hong Yun. Lü Yang avait réussi parce qu’il avait suivi la voie de fuite que Hong Yun s’était préparée à lui-même.
« Hong Yun, Hong Yun, tu es vraiment ma Grande Fortune ! »
« La meilleure décision de cette vie fut sans aucun doute d’usurper la place de Hong Yun et de le tuer juste après sa réincarnation. Ce fut mon tout premier pactole ! »
Aussi nul qu’un Seigneur véritable puisse être, il n’en restait pas moins un Seigneur véritable.
Même les dispositions les plus anodines d’un être pareil pouvaient profiter immensément aux cultivateurs qui n’avaient pas atteint le royaume de Seigneur véritable. Lü Yang en avait une nouvelle fois éprouvé la vérité.
L’instant d’après, Lü Yang baissa la tête.
Quand son regard se posa sur eux, l’Ancêtre Yan et le Dieu de la cité capitale reprirent brusquement leurs esprits. Un frisson leur parcourut le cœur. L’étranger avait-il gagné !?
À cet instant, les deux divinités du culte de l’encens affichèrent des mines épouvantables.
Lü Yang se contenta de secouer la tête.
Si un Vénérable de la Secte du Saint primordial s’était trouvé là, il se serait sûrement déjà prosterné en criant : « Félicitations, aîné ! »
« Toujours aussi fiers… À force de faire la loi dans le Ciel des Sept Luminaires, ils ont la tête trop haute pour s’incliner. Pas étonnant qu’ils n’aient pas réagi. »
À cette pensée, Lü Yang se sentit soudain gagné par l’ennui.
« Laissez tomber. Après tout, vous n’êtes pas maîtres de votre destin. Je vous ferai grâce et ne vous torturerai pas en vous arrachant l’âme pour raffiner votre esprit. Je me contenterai de vous anéantir. »
À ces mots, le halo de jade blanc derrière la tête de Lü Yang resplendit soudain.
【Porter le principe céleste】 !
Comme son nom l’indiquait, ce pouvoir divin était une version embryonnaire et juvénile de la Position du fruit du Ciel des Sept Luminaires. Une fois déchaîné, il exerçait une emprise absolument dévastatrice sur la voie de l’encens !
À ces paroles de Lü Yang, l’Ancêtre Yan et le Dieu de la cité capitale affichèrent aussitôt une expression terrifiée. Leurs visages se décomposèrent lorsqu’ils virent leur encens, autrefois docile, disparaître en un instant. Juste après, leurs corps s’effondrèrent de concert et leurs âmes éclatèrent dans un fracas de tonnerre, avant même qu’ils aient pu pousser un cri !
Le Ciel des Sept Luminaires n’avait pas de 【monde souterrain】.
Il n’y avait donc pas de réincarnation. À leur mort, les âmes s’effondraient aussitôt dans le ciel et la terre, qui en faisaient ensuite naître de nouvelles.
Bien sûr, par clémence, Lü Yang ne les laissa pas en arriver là. Il les raffina pour en faire des Esprits de bannière.
« Je suis déjà invincible sous le ciel ! »
Du moins, dans le Ciel des Sept Luminaires.
Juste après, Lü Yang tourna les yeux sur le côté. Maître Ting You tenait avec précaution entre ses mains un orbe précieux dont la lumière s’était éteinte.
C’était une Position du fruit embryonnaire sans nom, contenue dans la Bannière des myriades d’esprits.
« Elle a subi de lourds dégâts. »
Maître Ting You fronça les sourcils avant d’expliquer : « Elle présente des signes de nécrose. Sans une Position du fruit complète pour la compléter, il sera très difficile de la réparer. »
À ces mots, Lü Yang ne fut pas contrarié.
Difficile à réparer ? Alors, qu’elle reste cassée !
D’une simple pensée, Lü Yang rappela directement cette Position du fruit embryonnaire dans la Bannière des myriades d’esprits, puis la projeta dans le 【Ciel des Sept Luminaires】, le regard plein d’espoir :
« Y a-t-il une chance ? »
Deux Positions du fruit embryonnaires pouvaient-elles fusionner pour en former une complète ? Si c’était possible, il n’hésiterait pas une seconde : il se tuerait sur-le-champ pour recommencer !
« La Bannière des myriades d’esprits existe à chaque vie ! »
« Si je peux vraiment faire mûrir une Position du fruit en accumulant les fragments, peu importe le nombre de recommencements qu’il me faudra : en façonner une rien qu’à moi serait tout bénéfice ! »
Sous le regard impatient de Lü Yang, la Bannière des myriades d’esprits trembla. La Position du fruit embryonnaire que le Ciel des Sept Luminaires n’avait pas réussi à absorber de son vivant fut dévorée après que Lü Yang l’eut raffinée. Mais très vite, Lü Yang fronça les sourcils : le Ciel des Sept Luminaires ne manifesta aucun changement notable.
« Est-ce que ça ne servirait à rien ? »
Non, ce n’était pas inutile. Tenant la Bannière des myriades d’esprits, Lü Yang sentait clairement que la Position du fruit embryonnaire du Ciel des Sept Luminaires était devenue plus complète.
« Ça marche. Le problème, c’est la quantité. »
Lü Yang fit une estimation à la louche, puis afficha une mine dépitée. S’il voulait vraiment cultiver le Ciel des Sept Luminaires par cette méthode…
Il lui faudrait recommencer plus de trois cents fois !
Ce constat lui fit aussitôt abandonner l’idée. Après tout, il n’avait pas le Livre des cent vies. Où aurait-il trouvé plus de trois cents Bannières des myriades d’esprits ?
Bah. Un petit progrès restait un progrès.
Cette récolte était déjà considérable, aussi Lü Yang ne s’y attarda-t-il pas.
À cette pensée, il se pencha sur une autre question : « Maintenant, à quel point suis-je fort ? Quel serait mon niveau dans cet endroit pourri ? »
« À strictement parler, je suis un cas à part. Je suis probablement le seul cultivateur à être parti de zéro, à avoir cultivé un Art véritable de deuxième rang et à l’avoir même amené à la Perfection. »
Voilà comment Lü Yang s’évaluait.
Un Art véritable de deuxième rang porté à la Perfection, et la quintessence du ciel et de la terre du Ciel des Sept Luminaires usurpée avec succès.
Dans cet endroit pourri, seuls les Vénérables de la Fondation commençaient généralement à cultiver des Arts véritables de deuxième rang, qui n’étaient que des ornements et des auxiliaires dans leur quête du Noyau d’or.
Mais Lü Yang, lui, était différent.
Il avait fait de l’Art véritable de deuxième rang sa voie principale et atteint par ce biais la Perfection de Fondation.
« Autrement dit, je suis désormais un trésor convoité dans cet endroit pourri. Me servir du Ciel des Sept Luminaires comme d’un tremplin pour attirer le regard des Positions du fruit sera aussi facile que de retourner la main ! »
Mais il lui restait des lacunes.
« Parmi les deux étapes les plus importantes de la quête du Noyau d’or, la Nature d’or et la Terre bénie, je ne possède ni l’une ni l’autre. »
La Terre bénie était plus facile à obtenir, puisqu’il avait le 【Ciel de la rancœur abandonnée】. Le problème, c’était la Nature d’or. Lü Yang avait cru qu’il pourrait la condenser sans peine après avoir atteint la Perfection de Fondation.
Mais à présent, les choses ne semblaient pas si simples.
« La clé… ce doivent être les Pouvoirs divins innés. Même si je me suis emparé de toutes les fortunes du Ciel des Sept Luminaires, j’ai tout de même atteint la Perfection grâce à cinq Pouvoirs divins innés. »
À présent qu’il y réfléchissait, tous les Royaumes célestes en dehors de cet endroit pourri, bien qu’ils abritassent eux aussi des êtres au niveau de la Perfection de Fondation, étaient manifestement différents sur certains points.
Le Monde des esprits profonds en était l’exemple le plus évident.
Lü Yang avait vu de ses propres yeux Minghua, l’Immortel céleste du Monde des esprits profonds. En termes de rang, elle équivalait à la Perfection de Fondation, mais il n’avait jamais entendu parler de Nature d’or ni de Terre bénie.
« Ces deux éléments doivent être propres à cet endroit pourri ! »
Voilà qui était fâcheux.
Il y avait pourtant des exceptions, comme Suo Huan, qui avait condensé sa Nature d’or grâce à sa fonction officielle au sein de la Cour du Dao. Cela prouvait que les postes de la Cour du Dao recelaient de profonds mystères.
« La route est longue et ardue… »
À cette pensée, l’enthousiasme débordant que lui avait inspiré la Perfection de Fondation retomba, et Lü Yang retrouva son calme. La Perfection n’était que le premier pas sur la longue route menant au Noyau d’or.
Il pouvait tout de même s’autoriser un instant de joie.
La quête du Noyau d’or pouvait attendre. Pour savoir quelle était vraiment sa force, il lui suffisait de trouver un point de comparaison.
L’instant d’après, le qi de Lü Yang se déchaîna. Il se tourna vers Maître Ting You, à côté de lui, et afficha un sourire suffisant : « Ancêtre, tu veux bien croiser le fer avec moi ? »
Il voulait défier l’Ancêtre !