Chapitre 1 347
L’apparition de Zuocheng Daynight interrompit brièvement le spectacle de danse, mais tout reprit vite son cours normal.
Ce n’était pas la première fois qu’un tel incident se produisait sur Terre. Luo Shen avait déjà été en danger, mais on avait toujours réglé la situation.
Lu Yin avait dissimulé ses traits dès son arrivée dans le stade. Comme personne ne pouvait le reconnaître, sa présence ne suscita aucune agitation.
***
Le café, paisible et peu fréquenté, était déserté au profit du stade. La plupart des gens ne pouvaient pas y entrer pour assister à la danse de Luo Shen, mais un écran installé à l’extérieur retransmettait l’intégralité du spectacle.
Une musique douce emplissait le café.
Jiang Chen retira la paille de sa bouche et la fit tourner entre ses doigts. Il regarda au loin l’écran installé devant le stade, où l’on voyait Luo Shen danser. Impossible de deviner ce qu’il pensait.
Assis en face de lui, Lu Yin demanda : « Tu aimes beaucoup Luo Shen ? »
Jiang Chen répondit d’un ton désinvolte : « Pas vraiment. C’est juste que je dois me trouver une femme. Ma mère me met une sacrée pression. »
« Alors, tu veux l’épouser ? » demanda Lu Yin.
Jiang Chen détourna les yeux de l’écran et regarda Lu Yin. « Peut-être. Pourquoi ? Tu as quelqu’un à me présenter ? »
Lu Yin resta sans voix, ne sachant pas quoi répondre.
Jiang Chen but une gorgée de café. « À ce propos, ça doit faire du bien de boire un café en contemplant sa propre statue et tous ces gens agenouillés qui prient devant elle. »
Lu Yin regarda au loin l’immense statue qui s’élevait jusqu’aux nuages. Elle le représentait. On en trouvait de semblables dans de nombreuses villes de la Terre, ainsi que sur quantité de planètes de la Grande Trame de Frostwave.
Voir les gens s’incliner devant sa statue lui faisait tout de même une drôle d’impression. Lu Yin avait toujours l’impression d’être mort.
« Ta maîtrise de la foudre est impressionnante. C’est un don inné ? » demanda Lu Yin.
Jiang Chen remua son café. « Ah, c’est vrai. Mon père est plutôt puissant. Mais toi aussi, tu te débrouilles bien. Surtout ta transformation lors du dernier combat du ZENITH. » Il posa sur Lu Yin un regard brillant. « Tu avais vraiment la classe sous cette forme. Comment as-tu fait pour la cultiver ? »
Lu Yin secoua la tête. « Je ne sais pas trop. C’est venu comme ça. »
Jiang Chen ne crut manifestement pas Lu Yin, mais il ne lui posa pas davantage de questions sur les techniques de combat.
Soudain, il se souvint de quelque chose. « Hé, tu as déjà vu un lapin qui maîtrisait la foudre ? »
Lu Yin tressaillit. « Tu l’as vu ? »
Jiang Chen pinça les lèvres. « C’est moi qui te pose la question. »
Lu Yin hocha la tête. « Je l’ai vu une fois. C’était il y a longtemps, sur la Planète du Singe Sauvage. Ce lapin est apparu de nulle part et a écrasé un singe géant d’un seul coup de patte. Plus tard, il est réapparu dans la Trame du Sang de Fer et a piétiné l’Ancien Lohar. »
Jiang Chen se frotta le menton. « Ce fichu lapin court vraiment vite. Cela dit, il ne s’éloigne jamais beaucoup de la Terre. »
« Tu le cherches ? » demanda Lu Yin.
Jiang Chen acquiesça. « Oui. Préviens-moi si tu entends parler de lui. Je vais rester sur Terre pour le moment. »
Lu Yin demanda : « Tu restes sur Terre pour attendre ce lapin ? »
Jiang Chen renifla. « En grande partie. Il faut absolument l’attraper, sinon il va semer le trouble partout. »
« Pourquoi rester sur Terre, alors ? Il s’est peut-être déjà enfui. »
« Impossible. Ce fichu lapin ne s’éloigne jamais beaucoup de la Terre. Il peut aller jusqu’à l’Outerverse, tout au plus, mais il ne quittera pas son foyer. »
« Quel est son niveau de puissance ? » Lisez les derniers chapitres sur novelping dot com.
Jiang Chen réfléchit un instant. « Je ne sais pas. »
« Tu ne sais pas ? » Lu Yin trouvait cela étrange. Jiang Chen ignorait un détail aussi élémentaire, et pourtant il osait essayer d’attraper le lapin.
Jiang Chen avait l’air contrarié. « L’univers compte d’innombrables dimensions parallèles, et le temps ne s’y écoule pas toujours de la même façon. Le lapin a peut-être pénétré dans une dimension de poche et y est resté dix-huit mille ans. Ou peut-être qu’il n’a pas progressé du tout. Qui sait ? »
« Ce n’est pas si facile d’entrer dans un espace parallèle, non ? » Lu Yin n’y croyait pas.
Jiang Chen agita un doigt. « Pour toi, peut-être. Ce lapin s’est déjà battu contre mon père et il est capable de voyager à travers les dimensions parallèles. C’est pour ça qu’il faut l’attraper. Sinon, il deviendra un fléau à l’avenir. »
Pour l’Ancien Lohar, c’est déjà un fléau, se dit Lu Yin.
« Frère Jiang, tu sais quelque chose sur Jupiter ? » demanda soudain Lu Yin en scrutant les yeux de Jiang Chen.
Jiang Chen parut perplexe. « Jupiter ? »
Il leva la tête pour regarder le ciel, puis l’espace au-delà. Son regard se posa sur l’immense planète. « C’est juste une planète ordinaire. Pourquoi tu t’y intéresses ? »
Le regard de Lu Yin se fit perçant. « Ce n’est pas une planète normale. Je n’arrive pas à y entrer. »
Lu Yin soupçonnait Jiang Chen d’appartenir à la Société de la Terre Cachée. Il avait donc évoqué Jupiter pour le mettre à l’épreuve.
Jiang Chen manifesta aussitôt son intérêt. « Même toi, tu ne peux pas y entrer ? Tu ne te moques pas de moi ? Ce n’est qu’une planète. »
Lu Yin fronça les sourcils. La réaction de Jiang Chen n’avait rien d’inhabituel ; il semblait vraiment ne rien savoir. Était-il possible qu’il n’ait aucun lien avec la Société de la Terre Cachée ?
« Je n’arrive vraiment pas à entrer sur cette planète. Frère Jiang, tu veux aller voir avec moi ? La danse de Luo Shen ne se terminera pas avant un moment », proposa Lu Yin.
Jiang Chen hocha la tête. « D’accord. Je commençais à m’ennuyer. Allons nous amuser un peu. »
Lu Yin observa attentivement Jiang Chen. Soit cet homme n’avait vraiment aucun lien avec la Société de la Terre Cachée, soit il jouait remarquablement bien la comédie.
Quoi qu’il en soit, Lu Yin ne pouvait pas se permettre de l’ignorer. Il était jeune, mais sa puissance était terrifiante.
Tous deux quittèrent rapidement la Terre pour s’aventurer dans l’espace et se diriger vers la station d’observation en orbite autour de Jupiter.
***
Dans le Neoverse se trouvait une terre oubliée appelée le Monde Sombre, également connue sous le nom de Rue Noire. C’était la décharge du Neoverse. Chaque jour, des quantités incalculables de déchets y étaient envoyées. Certains étaient recyclés, le reste était traité. Les ordures qui y arrivaient ne provenaient pas seulement de la vie quotidienne et de la cultivation : elles comprenaient aussi des êtres vivants, humains ou bêtes astrales.
On parlait rarement de la Rue Noire dans le Neoverse, comme si le simple fait de la mentionner était répugnant. Elle était peuplée par les bas-fonds du Neoverse, et tous ceux qui y vivaient se cachaient.
À toute lumière correspond une ombre, et la frontière sud du Neoverse en était la région la plus sombre. C’était là que se trouvaient les Sept Cours et la Rue Noire. Beaucoup refusaient de voir les ombres projetées par la lumière, mais cet endroit servait de refuge aux ténèbres de l’univers.
Quand les gens se débarrassaient de leurs déchets, ils n’y pensaient généralement plus. Pourtant, ceux-ci renfermaient souvent des bribes d’information.
Dans la Rue Noire, certains se spécialisaient dans l’analyse des informations que l’on pouvait tirer des rebuts. Ils en extrayaient facilement ce qui leur était utile.
Bien qu’elle fût une décharge, la Rue Noire n’avait rien d’un endroit modeste, grâce au recyclage et aux renseignements glanés dans les déchets. En vérité, beaucoup de gens s’en méfiaient.
Le Manoir d’Azur était l’une des entreprises de la Rue Noire.
Quelle ironie : cette entreprise qui attirait les grandes puissances du Neoverse et réunissait de belles femmes était née dans une décharge.
Le maître de la Rue Noire n’était autre que Bu Laoweng, l’un des neuf superviseurs de la Salle de l’Honneur.
Bu Laoweng préoccupait beaucoup de monde : de nombreuses organisations avaient fait valoir leurs intérêts par l’intermédiaire de ce vieil homme, et les leurs étaient également liés à la Rue Noire.
À cet instant, Bu Laoweng gisait au sol, le corps tout entier tremblant. Sa peau s’était flétrie, ses cheveux grisonnaient. Ses yeux exprimaient une peur et des remords terribles. Ce chapitre a été copié depuis novelрing.com sans autorisation.
Tian Shao était étendu à côté du vieil homme. Le jeune homme semblait dans le coma, mais impossible de savoir s’il était mort ou vivant.
Pan, pan, pan.
Bu Laoweng releva la tête et aperçut une belle femme aux cheveux blancs, qui le fixait d’un regard glacial. « Cela faisait longtemps, monsieur le Superviseur. »
Bu Laoweng fixa la femme. Sa voix rauque, il lança : « Vous m’avez empoisonné avec le Poison de Vitalité ! »
C’était Ming Yan, sous sa personnalité aux cheveux blancs. « Monsieur le Superviseur le sait très bien. »
Bu Laoweng ne répondit pas. Après l’avoir observée un instant, il cria avec colère : « Pourquoi l’Alliance des Néohumains me traite-t-elle ainsi ? Je lui ai toujours été loyal. J’ai même risqué ma vie pour découvrir l’emplacement de cet endroit, et j’ai laissé mon nom sur Aeterna ! Je suis des vôtres ! Vous ne devriez pas vous en prendre à moi ! »
Ming Yan, les cheveux blancs, le dominait de toute sa hauteur. Le protecteur de Tian Shao avait amené Bu Laoweng jusqu’à elle et l’avait empoisonné. Le Poison de Vitalité ne tenait pas compte du niveau de puissance ; même le gardien de Tian Shao, qui dépassait les quatre cent mille, en avait été victime. Bu Laoweng n’avait donc aucune chance.
Au départ, Ming Yan avait seulement voulu prendre le contrôle de la Rue Noire pour l’offrir à Lu Yin. Elle ne s’était pas attendue à découvrir une information aussi importante : Bu Laoweng appartenait en réalité à l’Alliance des Néohumains et trahissait la Salle de l’Honneur. Il était l’un des neuf superviseurs de cette dernière et occupait un poste si élevé que même les experts dépassant le million de puissance devaient le traiter avec respect.
Le cadeau de Ming Yan prenait de plus en plus de valeur. Elle avait hâte de l’offrir à Lu Yin. Elle n’arrivait même pas à imaginer sa réaction.
Mais elle sentait aussi l’urgence monter. Bu Laoweng faisait partie de l’Alliance des Néohumains, ce qui signifiait qu’il pouvait la contacter. C’était elle qui avait fabriqué le Poison de Vitalité.
Plus Ming Yan y pensait, plus l’urgence grandissait. Elle fixa Bu Laoweng de ses yeux froids, puis déclara lentement : « J’ai reçu l’ordre de prendre le contrôle de la Rue Noire. Vous ne valez plus rien. »
Bu Laoweng haleta et la dévisagea. « Je ne vous crois pas ! Je suis un superviseur de la Salle de l’Honneur. Comment pourrais-je ne plus avoir aucune valeur ? »
Ming Yan répondit froidement : « Vous avez déjà perdu contre Lu Yin. Quelle valeur pourriez-vous encore avoir ? Votre hypocrisie a été démasquée ; vous ne pourrez donc plus obtenir d’informations utiles. »
« Je ne vous crois pas ! Je veux parler à Aeternus ! Rendez-moi mon appareil ! Je veux parler à monsieur Feng. » Bu Laoweng s’efforça de bouger.
Les yeux de Ming Yan brillèrent, mais elle sortit l’appareil de l’homme et le lui lança.
Bu Laoweng l’activa aussitôt et accéda à un réseau secret. Ming Yan le lui arracha soudain des mains.
Ming Yan examina ce à quoi Bu Laoweng avait accédé. Parmi les diverses personnes qu’il avait contactées auparavant, l’une était ce fameux monsieur Feng.
« Qu’est-ce que vous faites ? » rugit Bu Laoweng. « J’ai des informations à transmettre à monsieur Feng. Dès qu’il m’aura entendu, il me sauvera, c’est certain ! J’ai encore de la valeur ! Laissez-moi l’appeler ! »
Ming Yan fronça les sourcils et parcourut les noms des personnes que le superviseur avait contactées. Chacun était accompagné d’une note. À côté de monsieur Feng, il était indiqué « intendant » ; les autres avaient leurs propres annotations. Presque tous les noms désignaient des lieux dont elle n’avait jamais entendu parler, mais l’un d’eux lui fit plisser les yeux : Aru. La note associée indiquait « Jupiter ».
Jupiter, Jupiter… Ce nom lui disait quelque chose. Un jour, Lu Yin lui avait parlé d’un endroit appelé la Terre, ainsi que d’autres planètes du même système. L’une d’elles s’appelait Jupiter. Ce n’était peut-être qu’une coïncidence : Jupiter n’était pas un nom si rare pour une planète de l’univers.
Elle désigna le nom d’Aru et demanda avec prudence : « Comment osez-vous le contacter ? »
Le regard de Bu Laoweng se fit sévère. « C’était sur ordre de monsieur Feng. Dès que Lu Yin reviendra sur Terre, il… »
Il s’interrompit brusquement et fixa Ming Yan. Le vieil homme cria soudain : « Vous ne faites pas partie de l’Alliance des Néohumains ! »
Ming Yan avait déjà confirmé que ce Jupiter était bien celui qui se trouvait près de la Terre. Cela signifiait que des membres de l’Alliance des Néohumains s’y trouvaient. C’était grave. Elle devait prévenir Lu Yin immédiatement.
Les réflexions d’OMA
Et voilà, un livre de plus qui s’achève. Le suivant est l’un de mes préférés jusqu’ici. J’espère qu’il vous plaira aussi.
- Neshi
Traduit par : OMA
Relu par : Neshi/Nyxnox
Vérifié par : OMA