Chapitre 1 298
Tous ceux qui assistaient au combat se turent. La plupart des spectateurs n’avaient pas compris ce qui venait de se passer.
Au loin, Bu Kong, Zhi Yi et les autres observaient Qiu Shi, le visage grave. Cette femme était vraiment redoutable : en un instant, elle avait grièvement blessé Shi Zhongjian, au point qu’il ne pouvait même plus tenir son arme.
Un épéiste désarmé avait déjà perdu le combat.
Au pied d’un escalier, Lu Yin observa attentivement Qiu Shi. Sa performance dans ce combat l’avait stupéfié. La Fée polyvalente venait enfin de montrer les crocs, et Shi Zhongjian en avait été la première victime.
Shi Zhongjian n’était certainement pas faible. Sa technique du Fendeur de Ciel et son empreinte lui avaient permis de prendre le dessus sur l’Épée céleste de la Secte Cosmique. Malgré cela, il avait essuyé une défaite cuisante.
Qiu Shi faisait partie des Cinq Cosmiques. Si Lu Yin n’était pas né, Qiu Shi ou Yuhua Mavis aurait été la deuxième gardienne du Royaume de l’Homme. Qiu Shi avait largement le niveau pour figurer parmi les dix premiers de ZENITH, même si les classements publics l’avaient placée neuvième.
Un léger boum retentit lorsque Shi Zhongjian s’écrasa au sol.
Qiu Shi le regarda calmement. Son expression ne changea pas le moins du monde ; on aurait dit que le combat ne l’avait même pas affectée.
Un peu plus loin, Shi Zhongjian se releva ; son ventre continuait de saigner abondamment. Il utilisa aussitôt la Technique secrète de Résurrection, ce qui lui permit de maîtriser sa blessure. Puis il releva la tête vers Qiu Shi. Son regard trahissait son dépit, mais il ne l’attaqua pas de nouveau. Inutile : l’écart entre leurs forces était désormais évident.
Il n’aurait jamais cru que cette femme dissimulait si bien sa puissance.
Au début de ZENITH, Qiu Shi n’avait pas montré une telle force.
Après avoir écrasé Shi Zhongjian sans forcer, Qiu Shi apparut bientôt au pied d’un autre escalier.
Tous les autres finalistes l’avaient observée avec crainte, mais lorsque son adversaire fut annoncé, leurs regards se remplirent de compassion ou de jubilation : elle allait affronter Shang Qing.
Personne ne s’était attendu à ce que Qiu Shi tombe contre Shang Qing.
Lu Yin en resta lui aussi stupéfait. Était-ce normal ?
Même un idiot aurait compris que tous deux avaient largement le niveau pour figurer parmi les dix premiers de ZENITH, un tournoi organisé par la Salle de l’Honneur du Royaume de l’Homme. Alors pourquoi Qiu Shi avait-elle affronté Shang Qing avant les derniers tours ? Cherchait-on délibérément à l’empêcher d’entrer dans le top dix ? La Secte Cosmique avait-elle donc offensé la Salle de l’Honneur ?
N’importe qui doté d’un peu de jugeote voyait bien qu’il y avait un problème. Si Qiu Shi avait été opposée à Shang Qing, il n’y avait que deux explications possibles. La première était que sa Secte Cosmique avait offensé la Salle de l’Honneur, qui l’avait alors abandonnée. La seconde était que ZENITH était bel et bien une compétition équitable destinée à déterminer les dix meilleurs. Il était aussi possible que ceux qui perdaient leur combat aient encore une chance.
Lu Yin savait que le Sixième Continent comptait trois Progéniteurs, qui avaient contraint la Salle de l’Honneur à lui céder tout l’Outerverse. En outre, le top dix et les puissances qui se tenaient derrière ses membres allaient manifestement recevoir d’immenses avantages ; il était donc inévitable que certains participants de chaque continent soient sacrifiés. Mais Qiu Shi ne devait pas faire partie de ces pions sacrifiables. La Secte Cosmique était une puissance colossale.
Lu Yin pensait plutôt que la sélection des dix premiers ne se déroulerait pas aussi simplement que les gens l’imaginaient.
Plus Lu Yin observait Qiu Shi, plus son expression se faisait grave. Elle gardait son calme ; peut-être même savait-elle depuis longtemps que cela arriverait.
Sans raison apparente, Lu Yin fut pris d’une colère terrible. ZENITH n’était pas une compétition équitable. Tous ceux qui étaient arrivés loin dans le tournoi grâce à la chance avaient été éliminés au cours de ce tour, et il était clair que quelqu’un tirait les ficelles en coulisses. Avoir fait affronter Qiu Shi à Shang Qing ressemblait davantage aux manœuvres d’un voleur pris la main dans le sac, qui cherchait à faire croire à l’univers que ZENITH était une compétition équitable.
Ce qui s’était produit lors du tournoi pour la Tour Astrale dans la Zone des Montagnes et des Mers était donc également vrai pour ZENITH. Tout avait été arrangé à l’avance, et Lu Yin avait été délibérément opposé à Yuhua Mavis. Peut-être les responsables avaient-ils pensé qu’il perdrait.
Lu Yin se figea soudain. Cette fois, il ne répéterait pas ce qu’il avait fait lors de la dernière étape du tournoi dans la Zone des Montagnes et des Mers. Il leva la tête vers la statue. Il était fort probable que la Salle de l’Honneur et les trois Progéniteurs du Sixième Continent imaginaient déjà que la statue prendrait les traits de Shang Qing ou de l’un des Trois Cieux de la Source du Dao, car ces choix serviraient au mieux les deux puissances.
Le visage de Lu Yin se durcit. Comme ce serait intéressant de leur imposer un résultat inattendu ! Il n’avait qu’à imaginer l’expression de ces puissants personnages si cela arrivait.
Qiu Shi et Shi Zhongjian ne s’étaient pas seulement affrontés dans un tournoi opposant les meilleurs jeunes des Cinquième et Sixième Continents ; ils s’étaient aussi mesurés dans l’art de l’épée.
Or, qu’il s’agisse du Cinquième ou du Sixième Continent, une puissance s’imposait dans le domaine de l’épée : la Secte de l’Épée.
Liu Tianmu apparut dans l’arène.
En la voyant, même Shang Qing prit un air plus grave. Ce chapitre a été copié sur novelping dot com sans autorisation.
Dans la Zone des Montagnes et des Mers, Liu Tianmu était la seule à avoir réussi à blesser Shang Qing. Impossible de contrer sa Treizième Épée, et la réputation des Treize Épées de la Secte de l’Épée, technique d’épée sans égale, était amplement méritée.
L’adversaire de Liu Tianmu était un Croiseur du Sixième Continent.
En découvrant qui elle allait affronter, beaucoup éprouvèrent de la peine pour lui : l’issue du combat était déjà connue, inutile de se battre.
Shang Qing détourna le regard. Ce match n’était qu’une perte de temps.
Quiconque connaissait Liu Tianmu savait que ce combat ne durerait pas. Le cultivateur du Sixième Continent, lui, était surexcité. Il avait délibérément percé jusqu’au royaume des Croiseurs pour participer à ZENITH. Il ne pouvait pas rivaliser avec les héritiers des familles d’imprimeurs, mais il était tout de même assez puissant. Grâce à sa force et à un peu de chance, il était arrivé aussi loin dans le tournoi.
Et voilà qu’il venait de tomber contre une adversaire célèbre. Le Croiseur ne s’attendait pas à gagner. Après tout, Liu Tianmu était censée entrer dans le top dix. Mais il comptait tenir le plus longtemps possible pour se faire un nom. Il jugeait préférable d’afficher son courage face à la mort et de combattre pour le Sixième Continent. Peut-être qu’on le remarquerait d’un bon œil et qu’on l’accepterait comme disciple d’un Progéniteur.
Plus le Croiseur y pensait, plus il s’enthousiasmait en regardant Liu Tianmu. Il leva la main. Un sourire aux lèvres, il s’efforça d’avoir l’air humble et avenant. Si Liu Tianmu tombait amoureuse de lui au premier regard, ce serait encore mieux !
« À vous de… » Il avait à peine commencé à parler qu’un éclair d’énergie d’épée jaillit et le fit s’effondrer en pleine phrase. Liu Tianmu n’avait même pas regardé le Croiseur.
Les habitants du Sixième Continent qui suivaient ZENITH affichaient des mines déconfites. C’était trop humiliant. Pourquoi avait-il fallu qu’il débite autant de sottises ? S’il avait attaqué tout de suite, il aurait au moins pu lancer quelques coups. Quelle honte.
Liu Tianmu disparut du champ de bataille et réapparut au pied d’un escalier.
La foule resta stupéfaite un instant, puis éclata en acclamations. Qu’ils viennent du Sixième Continent, du Cinquième Continent, du Domaine des Bêtes Astrales ou de la Technocratie, tous se mirent à applaudir. L’adversaire de Liu Tianmu était Lu Yin.
Depuis le début de ZENITH, Lu Yin comptait parmi les participants les plus actifs et les plus en vue. Il avait vaincu de nombreux adversaires redoutables, et ses combats figuraient généralement parmi les plus passionnants à regarder.
Il allait bientôt affronter Liu Tianmu : le spectacle promettait d’être encore plus palpitant.
Dans la Secte de l’Épée, au cœur de l’Innerverse, de nombreux disciples s’enflammèrent. « Grande sœur, bats-le ! »
« Bats-le ! Ce salaud ose s’opposer à notre Innerverse ! Découpe-le avec les Treize Épées ! »
« Grande sœur est invincible ! »
« Grande sœur, je t’aime ! »
…
Dans l’Outerverse, d’innombrables membres de la Grande Alliance de l’Est s’excitèrent eux aussi. « Le Chef de l’Alliance est invincible ! Surmonte les Treize Épées ! »
« Mets fin à la légende des Treize Épées ! Le Chef de l’Alliance est le plus fort ! »
« Chef de l’Alliance, je t’aime ! »
…
Lu Yin et Liu Tianmu. Tous deux étaient membres des Dix Arbitres et comptaient parmi les jeunes les plus célèbres de tout le Cinquième Continent. Ils allaient s’affronter.
Au sommet de la Montagne Zenith, au pied d’un escalier, Lu Yin lança un regard étrange à Liu Tianmu. « Je ne m’attendais pas à t’affronter au prochain tour. »
Liu Tianmu lui rendit son regard, calme. « J’attends ce moment depuis longtemps. »
Lu Yin hocha la tête. « J’admire les Treize Épées depuis longtemps, moi aussi. »
En contrebas, le regard de Liu Shaoqiu trahissait des sentiments mêlés. Lu Yin avait autrefois été son rival. Il se souvenait encore du Tournoi de Combat Astral, à l’époque où ils fréquentaient tous deux l’Académie de Combat Astral. Il y avait fait connaître les Treize Épées, avant de finir par perdre contre Lu Yin. À présent, Lu Yin allait affronter la grande sœur de Liu Shaoqiu. Parviendrait-il à tenir tête aux Treize Épées, réputées invincibles ? Il était impossible de contrer ou de parer la Treizième Épée. Leur combat serait magnifique.
Il ne restait plus que quatre combats dans ce tour.
À l’exception d’un Croiseur qui tremblait de peur, tous les autres participants étaient des Chasseurs ou des Éclaireurs, et l’un d’eux était même l’un des Trois Cieux de la Source du Dao.
Beaucoup regardaient le premier niveau avec compassion pour l’unique Croiseur.
Cet homme était pourtant impressionnant, lui aussi, puisqu’il avait réussi à rester aussi longtemps dans ZENITH.
Des foules innombrables suivirent le champ de bataille en direct. Bientôt, une nouvelle silhouette apparut.
C’était Yao Xuan, le prince héritier de l’Empire des Bêtes célestes. Il appartenait à l’une des espèces légendaires les plus puissantes du Domaine des Bêtes Astrales et avait lui aussi été l’un des gardiens de ZENITH.
En apprenant que Yao Xuan allait participer au prochain combat, tout le monde s’enthousiasma. Tous les humains, qu’ils viennent du Cinquième ou du Sixième Continent, étaient très curieux au sujet des Démons célestes, entourés de nombreuses légendes.
Ils naissaient au royaume des Chasseurs et se nourrissaient de force spirituelle. La force spirituelle dévorée par un Démon céleste ne pourrait jamais être récupérée, disait-on. Cette espèce était extrêmement puissante et mystérieuse.
La Salle de l’Honneur était le souverain suprême du Royaume de l’Homme du Cinquième Continent, et les Démons célestes régnaient sur son Domaine des Bêtes Astrales. En somme, Yao Xuan occupait dans ce domaine la même position que Shang Qing dans le Royaume de l’Homme.
Yao Xuan était beau et arborait en permanence un sourire. Il ne se distinguait en rien d’un humain et avait déjà attiré de nombreuses admiratrices, qui l’avaient encouragé pendant le tournoi malgré leur nature humaine.
Question beauté, Yao Xuan était sans conteste le plus bel homme de tout ZENITH.
Son adversaire était Xin Nü.
En découvrant que Xin Nü allait affronter Yao Xuan, Lu Yin prit un air bien plus grave. Elle risquait de ne pas s’en tirer avec de simples blessures légères.
Xin Nü paraissait toujours aussi indifférente à tout. À l’exception de Lu Yin, elle traitait tout le monde avec la même indifférence.
Les yeux de Yao Xuan s’illuminèrent lorsqu’il posa le regard sur Xin Nü. Puis il se tourna vers Lu Yin en souriant.
Lu Yin prit un air plus sévère. Lorsqu’il avait joué le rôle d’un gardien, il avait attaqué Shang Qing afin de permettre à Xin Nü de franchir le dernier point de contrôle. Les autres l’ignoraient, mais Yao Xuan savait parfaitement que Lu Yin était intervenu à ce moment-là. C’était aussi pour cette raison qu’il avait regardé Lu Yin après avoir aperçu Xin Nü dans l’arène.
Les Démons célestes se nourrissaient de force spirituelle. Même le Clan de la Nuit et du Jour ne pouvait rivaliser avec eux dans la maîtrise de cette force. Xin Nü était en danger.
Xin Nü savait elle aussi qu’elle était en danger. Elle avait affronté de nombreux adversaires et faisait preuve d’une grande prudence. Même si l’Héritier du Royaume des Roches était en réalité Shi Zhongjian, elle ne lui était pas inférieure et avait livré d’innombrables combats.
Face à Yao Xuan, Xin Nü sentit un frisson inquiétant qui la convainquit qu’elle ne faisait pas le poids.
« Cette personne t’a déjà sauvée une fois. Voyons s’il peut te sauver une deuxième fois », dit Yao Xuan. Il lui adressa avec élégance un geste invitant au combat, puis ajouta : « Je te laisse attaquer la première. »
Xin Nü ne prit pas la peine de lui répondre poliment. Elle leva le pied et franchit le vide. En un instant, elle apparut devant Yao Xuan et frappa.
Yao Xuan resta immobile, et la paume de Xin Nü traversa son corps. Surprise, elle vit pourtant le sourire toujours présent sur le visage de Yao Xuan.
Au pied d’un escalier, Shang Qing prit un air grave. « Le corps des Démons célestes est composé de force spirituelle. Ils peuvent choisir de lui donner une forme physique quand ils le souhaitent. »
Lu Yin fut pris au dépourvu. De telles créatures existaient donc ?
Dans ZENITH, Yōu Qi et Xu Ling avaient tous deux possédé des corps capables d’ignorer les attaques de leurs ennemis, mais ils y parvenaient en traversant le vide et avaient toujours un corps physique. C’était pour cela que Yōu Qi avait pu saisir Xu Ling et vaincre la bête sur-le-champ.
Mais aucun autre participant ne ressemblait à Yao Xuan : aucun n’était dépourvu de forme physique.
Réflexions d’OMA
Traduit par : OMA
Révisé par : Neshi/Nyxnox
Relu par : OMA