Chapitre 1 115
Lu Yin enchaîna les Paumes du Vide, mettant toute sa force dans chacune. Pourtant, chaque fois qu’une attaque traversait l’écran de Jin He, ses lignes de runes étaient réduites de moitié. Aucune ne représentait donc une grande menace lorsqu’elle atteignait sa cible.
Lu Yin songea soudain à la technique secrète Cherche-Cœur de Nightking Zhenwu. Une technique secrète d’attaque surprise de ce genre aurait été idéale dans cette situation. Il aurait suffi qu’elle touche sa cible pour blesser grièvement Jin He, voire le tuer sur-le-champ.
Jin He recula pas à pas. Il était certes convaincu de ne pas perdre, mais il savait aussi qu’il ne pourrait pas vaincre Lu Yin, et il regrettait sincèrement ses actes passés. S’il avait su qu’un tel jour arriverait, il se serait occupé personnellement des mercenaires de la Grande Sœur.
Qui aurait pu prévoir qu’un simple citoyen, qui n’avait jamais cultivé, finirait par atteindre en un peu plus de dix ans un niveau lui permettant de tenir Jin He en échec de cette façon ? Un tel talent était absolument terrifiant.
À cette pensée, une profonde soif de meurtre brilla au fond des yeux de Jin He. Il ne pouvait pas laisser Lu Yin gagner davantage en puissance ; sinon, qui savait jusqu’où il irait à l’avenir ?
« Frère Lu, j’en ai fini de jouer avec toi. » Jin He sourit. Des dizaines d’armes apparurent devant lui et firent feu simultanément. Des dizaines de balles fendirent le vide et foncèrent sur Lu Yin.
Jin He comptait s’en aller. Plus tard, il trouverait un moyen de détruire Lu Yin, car il était impossible d’y parvenir dans un combat singulier.
Les yeux de Lu Yin frémirent, tandis qu’il sentit quelque chose bouger sous ses pieds. Un échiquier, visible de lui seul, apparut : l’Art secret Ce, l’Échiquier Astral. Lu Yin se transforma en pièce et se déplaça.
Il disparut complètement, puis réapparut juste derrière Jin He. Moins d’un mètre séparait soudain les deux hommes.
Les pupilles de Jin He se rétrécirent, incrédules. *Mauvais signe ! Une technique secrète ?*
Lu Yin posa une main sur la poitrine de Jin He. Un léger bruit sourd retentit. Jin He ouvrit la bouche et cracha une gorgée de sang tandis que son corps était projeté au loin. Il en cracha une autre en plein vol ; le sang lui teignit les cheveux en rouge. Puis il retomba hors de l’eau, le visage livide.
Lu Yin n’avait pas l’intention de laisser Jin He s’en tirer et lança une autre Paume du Vide, décidé à l’éliminer d’un seul coup.
Mais à cet instant, un bouclier apparut devant Jin He. Il s’était formé alors que celui-ci était projeté hors de l’eau et bloqua par hasard la Paume du Vide de Lu Yin.
Même la puissance de la Paume du Vide de Lu Yin ne parvint pas à briser ce bouclier.
La Zone des Montagnes et des Mers rejetait tout objet étranger, et les armes comme le bouclier que Jin He avait condensés ne pouvaient servir qu’une seule fois.
Tel était le mystère de la Vision véritable : elle permettait de créer réellement des objets, surtout dans cet endroit où personne ne pouvait apporter quoi que ce soit.
Après avoir bloqué une Paume du Vide de Lu Yin, Jin He endura la douleur dans sa poitrine et forma un autre bouclier. Un instant plus tard, celui-ci réussit à arrêter une nouvelle Paume du Vide.
Lu Yin lança : « Combien de fois encore pourras-tu m’arrêter ? »
Il leva alors la main et frappa d’une nouvelle Paume du Vide.
Jin He ouvrit la bouche et cracha une gorgée de sang. Son énergie stellaire se rassembla devant lui, ses pupilles se changèrent en runes et il tenta d’effacer les lignes de runes qui se dressaient devant lui. Mais cette fois, il n’affecta qu’une zone bien plus restreinte et ne put protéger que la moitié de son corps. De plus, lorsque la Paume du Vide de Lu Yin traversa l’écran défensif, Jin He ne put esquiver et fut frappé à l’abdomen. Il fut de nouveau projeté au loin, en crachant encore du sang.
Lu Yin grogna et fila à sa poursuite. Lorsqu’il rejoignit l’Arbitre, il le toisa et dit : « Impossible à attaquer, hein ? Quelle blague. »
Du sang coulait de la commissure des lèvres de Jin He, étendu sur le fond marin. Il s’efforça de lever les yeux vers Lu Yin et esquissa un sourire amer. « Une technique secrète. Encore une technique secrète : seule une technique secrète mystérieuse aurait pu te permettre de m’approcher. Cette défaite est juste. Lu Yin, tue-moi si tu en es capable. »
Lu Yin n’hésita pas. Il n’avait pas l’intention de discuter davantage avec Jin He. Il s’apprêtait à lui porter le coup de grâce lorsque plusieurs silhouettes surgirent du fond marin. « Arrêtez ! »
Lu Yin se tourna vers eux et vit qu’ils venaient de l’Origine des Dieux. Ils étaient sept au total, hommes et femmes.
Leur chef était un homme. Voyant que Lu Yin allait exécuter Jin He, il cria : « Arrêtez ! Je suis Dieu Qingguang, de l’Origine des Dieux. Cet homme a trahi notre organisation et nous devons le ramener pour qu’il soit jugé. »
Dieu Qingguang fit un geste de la main. Plusieurs personnes surgirent derrière lui et se précipitèrent vers Jin He pour l’emmener.
Le visage de Lu Yin se refroidit. D’un geste nonchalant, il fit onduler le vide ; une force colossale repoussa ceux qui s’étaient avancés pour s’emparer de Jin He.
« Qui vous a autorisés à l’emmener ? » demanda froidement Lu Yin.
Dieu Qingguang haussa les sourcils. « Frère, réfléchis bien. Nous venons de l’Origine des Dieux. Si tu veux te venger, viens donc dans notre organisation assister à son jugement. Tu y seras le bienvenu. Mais, je te prie, ne nous barre pas la route. » Ce chapitre a été copié sur novеlping.com sans autorisation.
Lu Yin avait depuis longtemps entendu dire que les gens de l’Origine des Dieux étaient arrogants. Dieu Taiyi était certes plutôt présomptueux et se prenait pour un dieu, mais il avait aussi aidé Lu Yin, ce qui rendait son arrogance moins insupportable. En revanche, face à Dieu Qingguang, Lu Yin sentit toute la démesure de ces gens et comprit pourquoi on les traitait de fous.
Jin He éclata de rire. « Parfait ! Dieu Qingguang, continue. C’est Lu Yin. Tu comptes m’emmener sous son nez ? Quelle blague ! »
Dieu Qingguang fronça les sourcils. « Tais-toi, traître ! »
Puis il reporta son attention sur Lu Yin. « J’ai entendu parler de toi. Dieu Taiyi m’a parlé de toi et m’a dit que tu cultivais toi aussi la Vision véritable. Nous ne chercherons pas querelle à ce sujet, mais ne nous arrête pas maintenant. Emmenez-le. »
Les membres de l’Origine des Dieux se dirigèrent de nouveau vers Jin He.
Jin He regarda Lu Yin.
Le visage glacial, Lu Yin lança l’Arrivée de la Nuit dans toutes les directions. Dieu Qingguang et les autres furent engloutis par les ténèbres, et l’attaque psychique les étourdit. À l’exception de Dieu Qingguang, tous les cultivateurs de l’Origine des Dieux s’effondrèrent presque au sol.
Dieu Qingguang cria. Ses pupilles se transformèrent en runes tandis qu’il fixait Lu Yin dans les yeux.
Les pupilles de Lu Yin se changèrent à leur tour en runes et il soutint le regard de Dieu Qingguang. Tous deux effaçaient les lignes de runes de l’autre. Les témoins ne pouvaient pas voir ce combat : seuls ceux qui avaient cultivé la Vision véritable pouvaient en saisir le moindre aspect.
Une explosion retentit et le corps de Dieu Qingguang trembla. Il s’exclama, stupéfait : « Tu as réellement atteint le royaume de la Clarté avec la Vision véritable ? »
Lu Yin rétorqua : « Et toi, tu n’y es pas parvenu ? »
Dieu Qingguang n’en revenait pas. « Il est extrêmement difficile pour un étranger d’atteindre le royaume de la Clarté. Tu as dû trouver des ruines de Technologie des Runes. Remets-les-moi ! »
Lu Yin s’amusa. « Tu dois avoir un problème au cerveau. Le Progéniteur des Runes était ton ancêtre ? »
Le visage de Dieu Qingguang se déforma en une grimace particulièrement hideuse.
Les autres membres de l’Origine des Dieux se mirent tous à crier en foudroyant Lu Yin du regard.
« Septième Frère, ces types sont tous cinglés. Ce sont des fous », cria le Singe fantôme.
À cet instant, Black et White surgirent du fond marin et se placèrent aux côtés de Lu Yin, les yeux rivés sur Dieu Qingguang. « Hein ? White, ce sont les dingues ! »
« Oui, Black, les tarés sont là. »
Les visages de Dieu Qingguang et de ses compagnons s’assombrirent encore.
Soudain, Lu Yin changea d’expression et se retourna vers Jin He. Il vit alors un étrange appareil sur son dos. Jin He lui sourit. « Adieu ! »
L’appareil émit un grondement, puis Jin He s’élança brusquement, encore plus vite que lorsqu’il avait tenté de fuir tout à l’heure. Il fila droit vers le fond marin et s’engouffra dans un courant.
Lu Yin n’eut même pas le temps de le poursuivre.
Furieux, il foudroya Dieu Qingguang et les autres du regard. Ceux-ci étaient encore plus contrariés, estimant que Lu Yin s’était mêlé de leurs affaires.
« Lu Yin, c’est bien ça ? On se souviendra de toi ! » s’emporta Dieu Qingguang.
Lu Yin serra les poings. « À l’origine, par égard pour Dieu Taiyi, je ne voulais pas me battre contre vous, malgré vos provocations. »
Il leva alors la main et lança plusieurs Paumes du Vide.
Ces coups invisibles étaient déroutants, et Dieu Qingguang comme les autres ne pouvaient rien faire contre eux. Ils ne pouvaient pas réagir comme Jin He. Bien qu’ils fussent sept, pas un seul ne réussit à esquiver. Tous tombèrent donc dans la mer.
Lu Yin n’employa pas des Paumes du Vide trop puissantes : il voulait simplement donner une leçon à ces gens, pas leur faire trop de mal. Ainsi, peut-être ne lui mettraient-ils plus de bâtons dans les roues à l’avenir. Pour des mises à jour plus rapides, rendez-vous sur novelping dot com.
Parmi les sept jeunes de l’Origine des Dieux, seul Dieu Qingguang était un Chasseur ; les autres n’étaient que des Croiseurs. Chacun avait reçu une Paume du Vide. Aucun n’était faible, mais tous trouvèrent ces coups insoutenables. Plusieurs perdirent donc connaissance et flottèrent à la surface de la mer.
Le visage de Dieu Qingguang vira au vert. Il serra les dents en fixant Lu Yin, tandis qu’une lumière verte et trouble émanait de son corps.¹
Lu Yin s’étonna. « Tu as donc un don inné de guérison. »
« Lu Yin, sais-tu seulement à qui tu t’en prends ? » aboya Dieu Qingguang, incapable de contenir sa rage.
Lu Yin s’amusa. « À une bande de fous. »
« Très bien, tu ne perds rien pour attendre ! L’Origine des Dieux ne te laissera pas t’en tirer ! Tu viens de l’Innerverse, alors ce tournoi de la Tour Astrale ne te concerne pas. D’autres vont bientôt te chercher des noises. Attends-toi à être expulsé ! » le menaça Dieu Qingguang.
Lu Yin fronça les sourcils. « J’ai déjà appris que certains veulent s’allier pour chasser tous les gens de l’Innerverse. Alors, dis-moi : qui va venir me chercher des noises ? »
Dieu Qingguang ricana. Puis il se servit de son énergie stellaire pour soulever les six autres et s’en alla.
Lu Yin médita profondément. La vantardise de Dieu Qingguang ne semblait pas feinte, et les inquiétudes de Starsibyl étaient fondées. Le Neoverse cherchait bel et bien à évincer l’Innerverse. Autrefois, Starsibyl avait supplié les Dix Arbitres de s’unir, et ce n’était pas dénué de sens. Même si les Dix Arbitres étaient encore plus puissants, ils ne pouvaient rivaliser avec le nombre de jeunes élites du Neoverse.
Un détail rassurait toutefois Lu Yin : les Dix Arbitres étaient véritablement puissants.
Avant d’arriver dans la Zone des Montagnes et des Mers, Lu Yin avait été impressionné par les descriptions de Highsage Shenwei et de Starsibyl. Il avait fini par croire que les héritiers des Sept Cours et les disciples principaux des autres grandes puissances du Neoverse pouvaient rivaliser individuellement avec les Dix Arbitres. Si c’était vrai, leur supériorité numérique leur permettrait d’écraser complètement les Dix Arbitres.
Mais son combat contre Ku Lei lui avait fait comprendre que, même si celui-ci avait effectivement la force d’affronter les Dix Arbitres, il lui serait très difficile d’en vaincre un. Parmi les Dix Arbitres, Lu Yin ne connaissait que la puissance de Lan Si, Nightking Zhenwu et Jin He. Les autres Arbitres étaient tout aussi insondables, et Lu Yin ne comprenait réellement aucun d’eux. Si les gens du Neoverse sous-estimaient les Dix Arbitres, l’issue finale pourrait bien ne pas être celle qu’ils espéraient.
La Paume du Vide de Lan Si n’était pas une technique que Ku Lei pouvait contrer facilement, et la force de Nightking Zhenwu au combat n’était plus à prouver, surtout avec son tempérament trompeur et meurtrier. Jin He, lui, maîtrisait presque à la perfection la Vision véritable ; même les membres de l’Origine des Dieux ne pouvaient rivaliser avec lui. De plus, pendant tout le combat, Jin He n’avait jamais utilisé son don inné. N’en avait-il pas, ou s’était-il simplement abstenu ?
« Lu Yin, continuons à suivre le courant. » Black et White tirèrent Lu Yin par le bras et se hâtèrent de regagner le fond marin.
Dans la Zone des Montagnes et des Mers, en un endroit du fond marin, du sang coulait des bras de Wen Sansi. Son visage était un peu pâle et, face à lui, se tenait une femme : Qiu Shi.
« La fameuse Fée polyvalente porte vraiment bien son épithète. Ce que tu viens d’utiliser de toutes tes forces, ce devait être ton Art Cosmique. Tu as réussi à briser ma Prison Littéraire », la complimenta Wen Sansi.
En face de lui, Qiu Shi affichait un calme imperturbable. « Tu ne fais pas le poids contre moi. Quitte la Zone des Montagnes et des Mers. Ce tournoi de la Tour Astrale ne te concerne pas. »
Wen Sansi se sentit impuissant. « Je porte les espoirs de la Famille Wen et de tout l’Innerverse sur mes épaules. Je ne veux vraiment pas partir aussi facilement. »
« Alors, je vais t’y aider. » Tandis qu’elle parlait, l’énergie stellaire autour de Qiu Shi trembla et plus de neuf cents étoiles se mirent à tourner autour d’elle. Le fond marin prit soudain l’apparence de l’espace. Elle leva la main et lança une Paume Cosmique.
Wen Sansi serra les poings et agita la main. Des caractères anciens apparurent les uns après les autres, tentant d’enfermer Qiu Shi dans une formation. Il s’agissait d’un réseau de sept sur sept.
Tout le monde savait que Wen Sansi, l’un des Dix Arbitres, maîtrisait la Prison Littéraire et utilisait un réseau de sept sur sept.
Mais sa Prison Littéraire de sept sur sept ne suffisait pas à retenir Qiu Shi. Lorsque les étoiles explosèrent, la Prison Littéraire se brisa comme la fois précédente.
Mais à cet instant, le nombre de caractères augmenta soudain et la formation se transforma en un réseau de huit sur huit.
[1] Qing signifie vert. ☜
Les réflexions d’OMA
Traduit par : Choco
Révisé par : Neshi/Nyxnox
Relu par : OMA