Chapitre 349
Je clignai des yeux.
Tu es en train de me dire que tu es arrivé ici avec 300 ans d'avance ?
C'est exact, junior.
La personne, le visage dissimulé sous une capuche, hocha lentement la tête en s'inclinant à plusieurs reprises. Soudainement, j'étais devenu le junior et lui le senior, mais cela ne me dérangeait pas plus que ça.
Ce qui retint davantage mon attention, c'était ce que l'homme encapuchonné venait de dire.
Qu'il s'agisse du Paradis Musical ou du Paradis Doré, quiconque arrive ici oublie sa vie passée. Le fait qu'il ait deviné que j'étais un challenger signifie qu'il y a de fortes chances que cette personne soit réellement un Chasseur.
La [Baguette des Âges] ne l'avait-elle pas dit ? À moins d'être reconnu par le jugement, on reste sur la scène comme un fantôme pour l'éternité.
Peut-être que l'homme encapuchonné devant moi est un challenger qui n'a pas réussi à terminer sa quête depuis 300 ans.
Je suis un raté.
L'homme encapuchonné parla avec hésitation.
Piégé ici, incapable d'avancer ou de reculer, je gaspille mes journées. Pour moi, ma vie est finie, mais junior, je souhaite éviter aux autres challengers de finir comme moi.
Qu'en dis-tu ? La voix de l'homme encapuchonné monta d'un ton.
Ne veux-tu pas écouter mes conseils ? L'histoire de ma vie sans valeur... Même si ce ne sont que les divagations d'un raté, si cela peut t'aider...
Non, non. Comment peux-tu dire une chose pareille ? Je serais ravi d'écouter ton histoire.
Héhéhé. Quel junior au grand cœur tu fais. Alors, si tu m'achètes juste une pomme-orange, je t'aiderai volontiers pour ton avenir.
L'homme encapuchonné fit signe de son doigt.
[Une demande d'échange vous a été adressée.]
Puis, un message apparut.
[Souhaitez-vous acheter le produit proposé par l'autre partie pour une pomme-orange ?]
Cela semblait très facile.
Je me rendis chez un vendeur de rue et achetai un fruit qui était un mélange de pomme et d'orange. La moitié signifiait exactement 50/50. Le côté gauche était une pomme, et le côté droit une orange. C'est quoi ce truc ?
Approchez, approchez ! Oh, jeune homme, tu as l'air bien beau !
Le vendeur, pensant que j'étais un pigeon facile, réclama avidement 3 pièces d'or. C'était une arnaque évidente.
Mais j'avais plein de pièces d'or dans ma poche. En considérant cela comme un investissement pour obtenir les conseils d'un senior avec 300 ans d'avance, ce n'était pas si cher payé.
[Le marchandage est terminé.]
[L'autre partie est satisfaite de cet échange.]
[Vous êtes satisfait de cet échange.]
[Les deux parties sont satisfaites de l'échange !]
Simple.
[L'Œil vivant dans le Labyrint révèle avec précaution que le vendeur de fruits vous considère comme le pigeon ultime parmi les pigeons.]
Je le savais, mais je voulais juste en finir rapidement !
La voici, senior.
Oh là là, quel junior au grand cœur j'ai là...
Je tendis rapidement la pomme-orange à l'homme encapuchonné. Il prit le fruit avec des mains tremblantes.
[L'échange est terminé.]
[Le marchandage est terminé.]
C'est à ce moment-là.
Yaho !
L'homme encapuchonné se redressa brusquement. Puis, comme si ses mains n'avaient jamais tremblé, il retira rapidement sa capuche avec un geste très vigoureux. Le changement fut si soudain que je reculai instinctivement.
Quoi, qu'est-ce que c'est que ça ?
Qu'est-ce que tu veux dire par « quoi » ! Je suis un pêcheur de la ville portuaire de Laventa qui t'a ferré comme un bleu ! Rien qu'en voyant ta tête, je savais que tu criais « pigeon facile », alors j'ai lancé la ligne, et voilà, une belle prise ! Hahahaha ! Ce délicieux fruit de saison est à moi, jeune homme !
L'homme, désormais sans capuche, engloutit la pomme-orange avec avidité.
Ah ! Ça a un goût de miel ! La joie d'exploiter les gens gentils et innocents, n'est-ce pas là le vrai délice de la terre et de la mer !
.
J'étais stupéfait.
Attends une minute. Tu as dit que tu étais un challenger. Comment peux-tu jouer ce rôle de challenger tout en étant un habitant d'ici ?
Je ne sais pas de quoi tu parles. J'ai juste récité le répertoire d'un pigeon facile que j'ai dépouillé il y a bien longtemps. C'était il y a 300 ans ? Vraiment, de temps en temps, des gamins qui tombent dans ce genre de panneau apparaissent exactement là où tu te tiens.
C'est une blague ?
C'est exactement l'expression que je voulais voir !
Des effets sonores dramatiques résonnèrent dans ma tête : boum, boum.
[L'autre partie est très satisfaite de cet échange.]
[Vous êtes très insatisfait de cet échange.]
[Vous avez subi une perte !]
C'était juste après que le message retentit.
Hein ? Euh ?
Une faim immense m'envahit. C'était une faim soudaine, comme une embuscade, que je n'avais jamais ressentie auparavant, même en ayant beaucoup jeûné lors de ma pratique de l'Art Démoniaque des Cieux Infernaux. C'était la première fois que la faim me frappait si violemment.
A-attends. Qu'est-ce que c'est que ça ?
Mmm, délicieuuux...
En face de moi, le visage de l'homme encapuchonné rayonnait.
J'ai bien mangé. Ne sois pas trop déçu, junior. Grâce à moi, tu as appris une leçon précieuse, n'est-ce pas ? Dire que je t'ai appris une telle leçon de vie avec juste une pomme-orange, oh là là, je suis trop prévenant pour mon propre bien... Comment vais-je survivre dans ce monde cruel en étant né si gentil ?
Hé.
L'expression sur le visage de l'homme encapuchonné eut un impact dévastateur. Même moi, qui étais devenu quelque peu insensible à la colère, je ressentis une poussée de fureur en voyant ce visage.
[Vous êtes encore plus insatisfait de cet échange.]
[L'autre partie tire encore plus de satisfaction de cet échange !]
[Vous avez subi une autre perte !]
Bientôt, je réalisai que même cette colère était calculée par l'autre partie.
Oh, bien. Super ! Excellent. C'est comme avoir un steak de cochon à deux pattes de première qualité qui fond dans ma bouche ! Un vrai coin gastronomique, jeune homme. Tu étais un coin gastronomique.
L'autre partie s'exclama lentement comme s'il savourait un plat.
En pensant au nombre de tigres dans la ville qui vont maintenant se précipiter sur toi en sachant que tu es un coin gastronomique, quel gâchis. C'est un goût que je voulais savourer tout seul.
Je faisais de mon mieux pour contenir ma colère. Le Paradis Doré. J'ai enfin compris le sens de la règle selon laquelle tout tourne autour du marchandage ici. Exprimer davantage de colère ne ferait que m'entraîner vers plus de pertes.
Mais, c'est comme ça.
L'homme encapuchonné rit, remit sa capuche, et tourna le dos avec une prestance qui semblait accaparer toute la fraîcheur du monde.
Monopoliser quelque chose d'aussi précieux... Je suis un être trop noble pour cela.
.
Adieu.
L'homme encapuchonné s'éloigna.
Comme un pistolero sortant d'un western.
.
Et quelque chose a craqué dans mon esprit. Je vous jure, si voir ça ne vous faisait pas bouillir le sang, c'est que vous n'étiez pas humain, mais un cadavre ambulant.
[Vous êtes encore plus insatisfait de cet échange.]
[L'autre partie tire encore plus de satisfaction de cet échange !]
[Vous avez subi une autre perte !]
Bon sang.
[L'Œil vivant dans le Labyrint commente que l'autre partie vous considère comme le plus gros pigeon de l'univers.]
Tais-toi. Kritz.
[La Déesse de la Protection vous regarde avec des yeux très pitoyables.]
Où sont tes yeux, hein ? T'es pas une épée ?
[Une boîte à musique rien que pour vous reste silencieuse, vous regardant simplement avec un cœur compatissant.]
Même toi, Renard.
Puhahahahahahah ! Puhuhuhukkeukheuheuheuk ! Je meurs ! Je suis mort ! Kim Zombie, ce gamin va tuer l'Empereur de l'Épée ! Oh là là, les gens !
L'Empereur de l'Épée qui a conquis jusqu'au 99e étage est sur le point de mourir à cause de ce bâtard !!
Toi, on va juste arrêter de parler. Non. S'il te plaît, arrête de parler. Tu pourrais ? S'il te plaît.
Ce jeune homme est un pigeon.
Chuchotements.
Il paraît que c'est un coin gastronomique incroyable ?
Murmures.
Il n'y avait pas que les Constellations qui me regardaient. Les vendeurs de rue me fixaient ouvertement, chuchotant entre eux. Pour décrire leur regard, c'était comme celui d'un bébé panda qui n'a pas mangé depuis trois jours et qui aperçoit soudain une feuille de bambou. Comment je sais à quoi ressemble le regard d'un bébé panda ? Eh bien, vous pourriez juste me laisser tranquille un instant ?
Hé là, jeune homme, jeune hoomme ! Tu te souviens de moi ? C'est moi qui t'ai vendu la pomme-orange tout à l'heure. Jeune homme, faisons une affaire, juste une fois de plus ! N'avons-nous pas déjà établi une solide confiance entre vendeur et acheteur ?
Goûte ce vin de raisin et de patate douce ! Ni plus, ni moins, prends juste une gorgée ! Je continuerai à te servir du vin de raisin et de patate douce jusqu'à ce que tu n'en puisses plus, te faisant découvrir un tout nouveau monde !
Barbecue de cochon Dukdok.
Les vendeurs affluèrent. Leurs yeux brillaient d'avidité. C'était comme des vagues s'écrasant sur le rivage, incessantes, avec la deuxième et la troisième vague qui suivaient, créant une situation terriblement frustrante où la seule option semblait être de se laisser user.
Juste une bouchée.
Un délice.
Cochon Dukdok. Essaie un peu.
Que pouvais-je faire de plus dans cette situation ?
D'accord.
Il est temps de courir.
Ah, le délice s'échappe !
J'injectai de l'aura dans mes semelles et m'élançai en utilisant une technique de légèreté, serrant mon estomac de ma main gauche. Une faim presque folle me torturait l'estomac, le pressant sans relâche.
Poursuivez-le !
Attrapez-le !
À quelle fréquence trouve-t-on un pigeon pareil, vous croyez qu'on va le laisser filer !
Par conséquent, je n'eus d'autre choix que de courir, en tordant mon corps et en me courbant.
Si mon maître me voyait maintenant, elle verserait probablement des larmes de sang en pensant : « Je n'ai jamais vu une démonstration de technique de légèreté aussi pathétique. »
J'ai tellement faim, pff. Tellement faim...
Bien sûr, je réussis à m'échapper.
Peu importe à quel point j'avais faim, je n'étais pas tombé assez bas pour ne pas pouvoir échapper à une meute de pandas enragés.
Dans une ruelle sombre.
J'ai tellement faim... Quel genre de faim insensée est-ce là ?
Je titubais, recréant la scène d'ouverture d'un film classique. J'étais comme un gamin pauvre errant dans les ruelles. Le problème, c'est qu'au moins ce gamin avait des poubelles pour fouiller à la recherche de nourriture, mais ici, il n'y avait rien de tel.
Que se serait-il passé si je n'avais pas appris l'Épée de la Famine de l'Art Démoniaque des Cieux Infernaux ?
Serais-je devenu fou à l'heure qu'il est ?
Le niveau de faim qu'aucun Chasseur ordinaire ne pourrait endurer me torturait. Sérieusement, si ce n'était pas grâce à moi, j'aurais révulsé les yeux, retourné mon estomac, je me serais effondré au sol et j'aurais dansé la danse des asticots depuis longtemps.
Gong-ja.
C'est alors que Bae Hu-ryeong me parla.
Oui ?
J'ai quelque chose que je veux vraiment te dire.
Je regardai Bae Hu-ryeong avec difficulté. Bae Hu-ryeong me regardait avec une expression sérieuse et sincère, comme s'il était sur le point de transmettre quelque chose d'incroyablement important.
Et puis Bae Hu-ryeong dit :
-Adieu.
.
-Hahahahahahaha !
D'accord.
Très bien.
Alors c'est comme ça.
Compris.
Je redressai lentement mon dos voûté et me tins droit. La faim sévère faisait vaciller le paysage devant mes yeux en monochrome, mais pour une raison quelconque, mon esprit était effroyablement clair.
Si le monde me traite de cette façon, alors je n'ai pas le choix.
-Hein ? Quoi ? Qu'est-ce que le délice marmonne ?
Vous êtes tous morts.
En y réfléchissant, la raison pour laquelle mon esprit semblait si clair était probablement parce que mon fusible avait sauté.
Lorsqu'une panne de courant survient, tout devient naturellement silencieux.
Euh...
L'expression de Bae Hu-ryeong changea en voyant mon visage.
Zombie ? Hé, Kim Gong-ja-ssi ? Allôôô. Tu m'entends ?
Oui. Je t'entends parfaitement bien, comme une vidéo HD 1080p. Empereur de l'Épée~nim. Tu as quelque chose à me dire ?
.
Bae Hu-ryeong recula lentement.
J'ai juste dit adieu. Je n'ai rien fait de mal.
[La Déesse de la Protection prétend qu'elle n'a absolument rien fait de mal !]
[Une boîte à musique rien que pour vous rappelle qu'elle était innocente dès le début.]
[L'Œil vivant dans le Labyrint soutient qu'il a simplement dit la vérité.]
Je dégainai l'épée sacrée et la saisis fermement dans ma main droite.
Pourquoi agissez-vous tous comme ça ? Je ne suis pas en colère.
.
Je me suis juste fait une réflexion. Ne devrait-on pas jouer avec la faim de quelqu'un ? Parce que c'est grossier. Ce n'est pas poli... Cette ville manque vraiment de manières.
Je souris brillamment.
Donnons une petite leçon d'étiquette avant de partir.
Paradis Doré, blond, peu importe, ça n'a pas d'importance... commençons par mettre de l'ordre dans cette ville portuaire.
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ED : C'est tout pour aujourd'hui.
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