Chapitre 2 505
« Brisons-en un morceau pour l’étudier. »
Les yeux de Max s’illuminèrent dès que je prononçai ces mots. Il se tourna ensuite vers toutes les reliques qui étaient encore étalées devant nous.
Il les regardait presque comme s’il choisissait ses courses.
Mais il n’était pas question de le laisser décider quelle relique nous allions entamer. J’avais déjà une idée en tête, aussi rangeai-je aussitôt les autres reliques.
Dès qu’elles disparurent, il se tourna vers moi, l’air de demander : « Tu es sérieux, là ? »
Je savais qu’il était furieux, persuadé que je revenais sur ma parole, mais je lui répondis calmement : « Tu ne peux pas les toucher comme ça, elles appartiennent à quelqu’un d’autre. Ce serait embêtant de les abîmer. »
Max ne dit rien, mais ses yeux étaient bien plus honnêtes que lui.
« En quoi ça nous concerne, au juste ? »
Même s’il me regardait ainsi, je n’allais pas céder si facilement.
Je me contentai donc de dire : « Va me chercher cet éclat de pierre. »
Une expression déçue apparut sur son visage. Il me regarda comme s’il se demandait si j’étais sérieux. Mais ce n’était pas parce qu’il était déçu que j’allais céder.
Comparé aux autres reliques que j’avais rapportées, cet éclat de pierre était vraiment le seul dont nous pouvions nous servir.
Après tout, il s’agissait clairement d’un fragment de relique.
Il n’avait pas la même fonction qu’une relique ordinaire et ne semblait même pas contenir autant d’énergie immortelle que les autres.
Rien ne garantissait pour autant qu’il était sans danger, mais il avait tout de même plus de chances de l’être que les autres reliques.
Après avoir hésité un moment, Max finit par aller chercher l’éclat de pierre.
Quand il revint avec, un sourire gêné se dessina sur mon visage.
« Qu’est-ce qu’il y a dessus ? »
Max n’avait pas l’air le moins du monde gêné par l’état de l’éclat.
En fait, il semblait presque fier de tout ce qui le recouvrait.
Avec tous ces liquides dont il était couvert, on aurait dit que l’éclat avait été malmené. Et quelques matières solides y étaient incrustées, comme si elles avaient séché pendant plusieurs jours.
Il était évident que Max ne s’était pas ennuyé pendant mon absence.
C’était un miracle qu’il ne l’ait pas déjà détruit, vu la manière dont il l’avait étudié.
Et malgré tout ça, il n’avait pas l’air de regretter.
Mais, après tout, je n’allais pas pouvoir forcer quelqu’un comme lui à s’excuser pour ça. Je savais qu’il était fou de recherche et qu’il aurait agi ainsi quoi qu’il arrive.
Au bout du compte, mieux valait passer à autre chose.
Je devais tout de même reconnaître que la relique était sacrément résistante, puisqu’elle avait supporté tout ça. Il fallait maintenant que je trouve comment en détacher un morceau.
Après tout, ça n’avait vraiment pas l’air facile.
Finalement, je décidai de combattre le feu par le feu.
Puisque cet objet était une relique faite d’énergie immortelle, je n’avais qu’à utiliser une autre relique du même genre pour le couper.
Justement, j’en avais une dont je me servais déjà. Elle devait être de meilleure qualité, puisqu’elle provenait à l’origine d’un habitant du monde supérieur.
Je libérai donc l’énergie immortelle accumulée dans la dague et l’approchai de l’éclat de pierre. Puis, enveloppée de cette énergie, je l’abattis sur l’éclat pour le couper.
Mais je découvris que ce n’était pas si simple.
« Ça ne laisse pas la moindre marque… »
Je savais que ces reliques d’énergie immortelle étaient solides, mais je n’aurais jamais cru qu’elles l’étaient à ce point.
Une partie de moi regrettait même d’avoir choisi de détacher un morceau de cet éclat.
Mais je ne pouvais plus revenir sur mes paroles : je voyais bien la façon dont Max me regardait. Il n’avait vraiment pas l’intention de me laisser me dédire, quoi qu’il arrive.
Je n’avais donc pas d’autre choix que de trouver un moyen de couper cet éclat.
« Ça ne marche pas du tout… »
J’eus beau essayer de le couper avec la dague, je ne parvins pas à laisser la moindre marque.
Heureusement, la dague n’était pas abîmée non plus, sinon nous aurions eu un vrai problème. À voir le regard de Max posé sur l’éclat et la dague, il espérait qu’une sorte de poudre se détacherait à force de les frotter l’un contre l’autre.
Mais, au bout du compte, il n’en sortit rien.
On aurait dit que, quoi qu’on fasse, aucun des deux objets ne pouvait endommager l’autre.
Ils étaient de même niveau et protégés par une quantité proportionnelle d’énergie immortelle. Peu importait la manière dont nous nous y prenions, ça ne fonctionnerait pas tant qu’ils seraient aussi résistants l’un que l’autre.
J’en fus vraiment surpris : je ne pensais pas que cet éclat de pierre était aussi solide.
J’avais visiblement sous-estimé le maître des poupées…