Chapitre 2 469
À mesure que nous avancions, nous ne découvrîmes que d’autres bâtiments, qui faisaient manifestement partie de l’ancienne Secte des Mille Merveilles.
Ces bâtiments devaient regorger de trésors laissés par la Secte des Mille Merveilles.
C’est pourquoi, dès qu’ils apparurent, tous les maîtres de secte et les anciens me regardèrent avec une pointe de méfiance.
Ils attendaient clairement que je dise quelque chose, mais ma proposition alla à l’encontre de leurs attentes.
« Et si nous allions jeter un œil à la clairière, là-bas ? »
Je ne pris pas la peine de relever leur étonnement et me dirigeai vers la clairière.
Certains semblaient vouloir explorer les bâtiments, mais ils respectèrent les règles établies. Principalement parce que tous les autres maîtres de secte étaient là eux aussi : ils ne pouvaient pas simplement quitter le groupe sans provoquer de remous.
En revanche, ils jetèrent des regards aux disciples de leur secte et leur donnèrent des ordres des yeux.
Dans le même temps, l’air se remplit de sens spirituels.
Il ne s’agissait pas du sens spirituel d’une seule personne, mais de celui de nombreuses personnes à la fois. Elles inspectaient les différents bâtiments pour voir ce qu’ils contenaient.
Après avoir découvert ce qu’ils renfermaient, elles dirigeaient les disciples de leur secte vers les bâtiments où se trouvaient les objets qu’elles voulaient leur faire récupérer.
Tout le monde était dans le coup, alors personne ne risquait de s’y opposer.
Bien sûr, je ne me souciais pas non plus de leurs agissements, puisque cela faisait simplement partie de la compétition équitable dont j’avais parlé.
Mais la raison principale, c’était…
« Cette fleur a l’air intéressante. Ça vous dérange si j’en prends quelques-unes ? »
Les maîtres de secte me regardèrent d’abord d’un air étrange, puis ils n’y prêtèrent plus attention : cette fleur ne semblait rien avoir de particulier.
Elle poussait au milieu d’un champ comme celui-ci et ne dégageait aucune énergie spirituelle. À leurs yeux, ce n’était rien de plus qu’une fleur ordinaire.
Certains se demandaient même pourquoi je leur posais la question.
J’aurais très bien pu la prendre sans leur en parler.
Mais ils étaient trop occupés à diriger les disciples de leurs sectes vers les endroits où ils voulaient les envoyer pour se soucier de moi. Je pus donc mettre la fleur dans ma poche sans un mot.
Je continuai ensuite à flâner à mon rythme dans ces ruines.
À me voir marcher avec autant de décontraction, on aurait dit que je me promenais tout simplement. Ils n’avaient donc rien à me reprocher.
Pourtant, je savais exactement où j’allais : ce n’était pas la première fois que je venais ici.
Je me rendis ensuite sur une place, au centre des ruines.
Vu sa taille et son emplacement central, c’était manifestement là que les membres de la Secte des Mille Merveilles se réunissaient pour les annonces de la secte et autres événements du genre. Toutes les autres sectes du monde de la cultivation avaient des lieux similaires, mais il n’y avait jamais rien de spécial dans ces endroits.
« Qui laisserait des objets de valeur à la vue de tous ? »
C’était tellement évident que les maîtres de secte et les anciens ne prêtèrent aucune attention à ce que je faisais.
Surtout quand je ramassai une pierre au hasard, au milieu de la place, pour l’emporter.
« T’es fou ? Pourquoi tu voudrais d’une vulgaire pierre ? »
Ils ne le dirent pas à voix haute, mais ne cherchèrent pas à dissimuler leurs expressions.
S’ils s’étaient laissés aller, ils l’auraient certainement dit tout haut.
Mais je les ignorai et continuai à avancer dans la Secte des Mille Merveilles.
Quoi que je fasse, ils ne comprenaient pas du tout ce que je cherchais, puisque je ne faisais que ramasser des objets au hasard, sans la moindre valeur. Ils traînaient là, par terre, et ne portaient pas la moindre trace d’énergie spirituelle ; personne n’en aurait voulu, de toute façon.
Pourtant, tandis que tout cela se déroulait, un groupe me regardait d’un air différent.
« Ils sont plutôt perspicaces », ne pus-je m’empêcher de penser en voyant leurs regards. Mais après un instant, je changeai d’avis.
« C’est parce qu’ils se sont déjà fait avoir une fois qu’ils ne tomberont pas aussi facilement dans le panneau. »
Ceux qui me regardaient ainsi étaient les anciens qui m’avaient fait visiter les lieux auparavant. Ils m’avaient vu ramasser toutes sortes de trésors après avoir trébuché en les suivant.
Il y avait notamment le jeton qui nous avait permis d’accéder aux ruines.
Ils pensaient donc que si je voulais ces objets, il y avait forcément anguille sous roche.
Je n’avais pas prévu de dire quoi que ce soit au départ, mais il était clair qu’ils ne comptaient pas lâcher l’affaire. Alors, plutôt que de les laisser faire toute une histoire plus tard, je me tournai vers eux.
« Vous voulez jeter un œil ? Je trouve ces objets très jolis, alors j’ai envie de les rapporter en souvenir. »
Pris sur le fait, les anciens affichèrent un air gêné, mais profitèrent quand même de l’occasion pour examiner ce que j’avais ramassé.
Comme ils n’y trouvèrent rien de suspect, ils durent admettre que je ne préparais rien et laissèrent tomber.
À en juger par leurs regards, ils n’étaient toutefois pas tout à fait rassurés.