Chapitre 268
Traducteur : Pai_
Ce qui était véritablement stupéfiant et terrifiant, c’est que Ymir n’était pas le seul à avoir soudainement surgi du brouillard.
L’apparence de ceux qui apparurent ensuite était identique à celle des joueurs que Turan avait vus dans les souvenirs du passé de Cadrum.
Bien entendu, ils étaient tous pâles comme des morts et portaient sur diverses parties du corps des signes de décomposition.
« Serait-il parvenu à restaurer les corps physiques des joueurs ? »
D’après ce que Turan savait, le corps d’un joueur dont la durée de vie avait pris fin tombait en poussière, comme des cendres brûlées, sans jamais conserver une forme aussi complète.
Les restes de la Déesse Boiteuse, laissés dans la clé de la bibliothèque, n’étaient eux aussi, pour ainsi dire, qu’une sorte de symbole spirituel.
C’est pourquoi les anciens mages croyaient que les dieux étaient montés aux cieux ; il n’existait aucune tombe contenant leurs restes, seulement des babioles conservées en guise de reliques.
Pour cette raison, si ces corps avaient été véritablement ranimés et que les âmes appropriées y avaient été insérées, leur permettant de retrouver la puissance de leur apogée, alors un combat serait peut-être même impossible.
Un joueur à pleine puissance, même parmi les plus faibles, était quelqu’un capable d’affronter en duel un Grand Serpent de Mer ou un géant, et il y en avait ici plus d’une douzaine.
Cependant, après la stupeur initiale, Turan réalisa que la puissance qu’il percevait en eux n’était pas aussi forte qu’il l’avait escompté.
En y regardant de plus près, leur apparence elle-même était trop contre-nature pour être celle de véritables dieux.
De leurs tailles massives à leurs corps grotesquement disproportionnés et leurs pupilles rouge sang...
Et en se remémorant les diverses capacités que possédait le Monarque, la conclusion devint rapidement évidente.
Il s’agissait d’une sorte de « faux dieux » bricolés à partir de matériaux inconnus, cousus pour ressembler à leurs anciennes apparences.
Les pouvoirs qu’ils déployaient ne reposaient que sur la force des formes spirituelles qu’ils contenaient.
« Ils ont donc imité leurs anciennes formes par le façonnage de la chair ? »
[Alors, qu’en dis-tu ? Impressionnant, n’est-ce pas ?]
« C’est d’un grotesque sans nom. Tu devrais peut-être essayer de te regarder dans un miroir. »
Le visage d’Ymir se tordit alors qu’il se vantait, visiblement mécontent de la réplique de Turan.
[Alors meurs, bâtard !]
Clang. Meisa, qui dévia une fois de plus une hache volante, prit en charge Ymir et deux autres faux dieux, tandis que Solif en affrontait environ trois.
Turan se demanda brièvement pourquoi ils le laissaient si exposé, mais il recula rapidement en sentant quelque chose d’invisible lui transpercer la poitrine.
« Ce sont des restes de Zahar ! »
Ceux qui avaient été ressuscités sur l’une des îles de la mer du Sud après la bataille d’Axum avaient apparemment fui pour chercher refuge auprès du Monarque.
Turan activa rapidement la Dissimulation et aiguisa les sens de la Relique Sacrée, mais le brouillard ici était lui aussi lourdement saturé d’énergie magique condensée, rendant difficile l’identification des ennemis.
Cependant, il avait bien d’autres tours dans son sac.
Passant à la lignée Varaha, il projeta la Lumière du Jugement dans toutes les directions, transperçant les ennemis cachés qui hurlaient ou annulaient leur Dissimulation pour se défendre.
Réalisant peut-être que cette méthode ne fonctionnerait pas, la Tribu des Dieux Preah de Zahar commença à lancer des attaques de zone en utilisant diverses techniques pour débusquer Turan.
Des lames d’ombre se propagèrent, des liquides toxiques furent projetés et des explosions formées d’un mélange de feu et de glace éclatèrent.
Des compétences familières, déjà vues lors de sa fuite après son infiltration à Axum, remplirent l’air.
Mais contrairement à la fois précédente, Turan avait étudié les données les concernant via le « SSMS » auquel il avait accédé sur Terre ; il comprenait désormais exactement ce qu’étaient ces compétences et comment les contrer.
« Celui-ci est un Chasseur et Traqueur utilisant l’Ombre et l’Illusion. Celui-là est un Alchimiste et Guérisseur. Le troisième possède le Givre et la lignée du Pyromane... »
Les lames d’ombre furent contrées par la Lumière du Jugement.
Le liquide toxique fut purifié par la capacité de purification de la lignée Lavitas.
L’explosion de vapeur fut dispersée par le vent avant qu’elle ne puisse se condenser.
Alors qu’il déployait des parades parfaites pour chaque attaque, la surprise et la confusion apparurent dans les yeux des faux dieux.
Ils étaient certes habiles au combat, mais il n’avait jamais été aussi redoutable auparavant.
[Comment est-ce possible... ?]
« Qui sait. »
Murmurant sa réponse, Turan se rapprocha rapidement d’un ennemi qui avait laissé une ouverture et lui enfonça son railgun dans le corps.
Bien que la puissance fût quelque peu réduite à bout portant, l’attaque était presque impossible à esquiver.
La tête, de la taille de celle d’un homme adulte, éclata, et le corps à l’apparence humaine s’effondra en une masse de chair informe.
« Est-ce fini ? »
Ce qui soulevait le doute plutôt que la certitude, c’était le fait qu’aucune forme spirituelle n’émergeait de la masse de chair.
Si la forme spirituelle d’un dieu, déjà spiritualisée, avait réellement été aux commandes, quelque chose aurait dû en jaillir.
Malheureusement, en raison des attaques incessantes des deux autres, il n’avait guère le temps de s’interroger.
Turan se propulsa rapidement grâce à une explosion de poudre à canon, esquivant les lames d’ombre qui visaient à le déchiqueter.
***
« Ne reculez pas ! »
Tandis que Turan et les autres combattants d’élite affrontaient les faux dieux, leurs forces principales abandonnèrent leurs armes à feu pour se fier à leurs armes d’origine, à des artefacts magiques ou à leur magie de lignée pour combattre les monstres de chair.
Bien qu’il leur restât une quantité décente de munitions et d’eau, la portée de visibilité dans le brouillard était si réduite qu’ils ne pouvaient réagir assez vite, ce qui entraînait davantage de blessures.
Bien sûr, être sans armes à feu ne les rendait pas soudainement impuissants.
Chacun d’eux était un individu qualifié possédant au moins une énergie magique de niveau intermédiaire à supérieur, même parmi les nobles.
Un noble de la Lignée des Rapides transforma l’humidité débordante du brouillard en eau et la mania comme un fouet. Un noble de la Lignée du Givre congela l’humidité pour tirer des pointes de glace. Les Terrassiers dispersèrent le sable qu’ils transportaient et le façonnèrent, faisant tout leur possible pour contribuer.
Les deux seuls Guérisseurs soignaient les blessés, et le Varaha de la Lignée du Soleil, en raison de l’environnement riche en humidité, abandonna la magie du feu pour se concentrer uniquement sur la magie de la lumière. Les nobles des Lignées du Gardien et des Berserkers prirent eux-mêmes les armes et tinrent les lignes de front.
Quant aux quelques nobles de la Lignée du Pyromane, ils abandonnèrent complètement leur magie de lignée, formant plutôt de petites escouades à l’arrière de la formation pour actionner des mitrailleuses en soutien-feu ou lancer des bombes à vapeur.
Même en combattant vaillamment, ils tremblaient de temps à autre face aux vagues de puissance déferlantes ressenties au-dessus, devant ou sur les côtés.
« Bon sang... »
« C’est véritablement une bataille de dieux. »
Chaque fois que Meisa transperçait le cœur d’Ymir, transformé en géant de glace, avec son marteau de foudre, ou chaque fois que Solif, ayant fusionné avec une bête magique pour adopter une forme semi-bestiale, brûlait vif un joueur Nagin, le brouillard se dissipait brièvement pour révéler la scène.
La puissance qu’ils déployaient était si immense qu’elle repoussait le brouillard un instant.
De même, lorsque Turan tirait de toutes ses forces avec son railgun, cela dissipait le brouillard en un instant, creusant un long passage.
Chaque fois que cela se produisait, ceux qui avaient été autrefois des dieux régnant sur Zahar, et qui avaient été les camarades de Kim Woong, perdaient la vie un par un.
« Encore un peu ! Nous pouvons gagner ! »
Alors que l’espoir commençait à naître de cette vision, Haram Berk, qui se tenait à l’avant, fut frappé par une prémonition glaciale. Il leva rapidement son bouclier magique pour se couvrir.
Le géant de glace que Meisa avait clairement tué quelques instants plus tôt glissa soudainement sur le sol, le fauchant ainsi que trois ou quatre nobles derrière lui en un seul coup.
« Kraagh ! »
« Urgh... »
La formation s’effondra en un instant.
Heureusement, Haram, appartenant à la Lignée du Gardien, avait un corps robuste et survécut de justesse grâce à un artefact magique défensif, et les quelques autres derrière lui furent simplement blessés après être entrés en collision avec lui, sans être tués.
Ymir, après avoir piétiné le sol pour faire surgir un pilier de glace, leva les yeux vers Meisa qui volait et hurla comme un dément.
[Essayez autant de fois que vous voulez, bâtards ! C’est inutile de toute façon !]
Parmi les faux dieux, son apparence distinctive faisait de sa survie un coup dur pour le moral des forces déjà épuisées.
Après tout, quelqu’un qui venait de mourir était revenu juste sous leurs yeux.
Qui plus est, les disciples directs du Monarque que Solif avait tués, les membres divins Aravion que Meisa avait tués, et les membres divins Zahar que Turan avait tués, réapparaissaient chacun comme si leurs morts quelques instants plus tôt n’avaient été qu’un mensonge.
Naturellement, à moins d’être des imbéciles, la pensée leur vint rapidement à l’esprit.
« Ne me dites pas... »
« Ces monstres ressuscitent aussi en continu ? »
Une horde incessante de monstres de chair émergeait de derrière le brouillard.
Pour l’instant, ils parvenaient à les contenir tant bien que mal, mais étant donné que l’endurance et l’énergie magique n’étaient pas infinies, il était clair qu’ils atteindraient bientôt leurs limites.
Non, en vérité, la question de l’endurance des soldats était triviale.
Le problème bien plus terrifiant résidait dans les trois Chefs de famille, qui combattaient des monstres plus puissants, proches des dieux, que les bêtes de chair.
Au moment où ils seraient épuisés et que l’équilibre basculerait, toute cette armée serait anéantie.
« Huff, retraite... ugh. »
« Ferme ta gueule ! Les Chefs de famille se battent encore ! »
« Uaaaaaaaah- ! »
Le jeune noble de la Maison Parsha frappa au visage le noble Aravion qui avait exprimé ces mots de faiblesse et cria avec audace.
Juste à côté d’eux, un noble de Varaha poussa un rugissement et lança une lance de lumière, transperçant et tuant l’un des monstres.
Alors que la bataille faisait rage en bas, Turan parvint également à saisir la situation malgré le manque d’informations dans le brouillard, et il fronça les sourcils.
« Résurrection ? Comment ? Est-ce parce que le Monarque produit ces choses en masse ? Mais alors, d’où vient la puissance ? »
Généralement, l’énergie magique des êtres magiques, en dehors de ce qu’ils possèdent de manière innée à la naissance, est extraite d’autres êtres vivants.
Pour cette raison, les mages et les bêtes magiques deviennent plus forts en absorbant l’énergie magique d’autres mages et bêtes magiques tout au long de leur vie.
Et pourtant, ces faux dieux, malgré le fait qu’ils possèdent des pouvoirs capables de submerger même des nobles de haut rang, s’exposaient effrontément comme si leur mort n’avait aucune importance.
D’après son expérience, même s’ils utilisaient des compétences pour se renforcer, ils auraient toujours besoin de puiser leur puissance fondamentale quelque part.
« Utilisent-ils la puissance extraite de reliques sacrées ? Non, j’ai pris la plupart des clés qu’il possédait. Alors peut-être... ce bâtiment ? »
Peu importe à quel point il réfléchissait, aucune conclusion définitive n’émergeait.
Même en pleine réflexion, son corps bougeait automatiquement, poursuivant le combat intense.
Tuer, et tuer encore.
Au moment où il tua le septième faux dieu, Turan remarqua que le visage de Solif montrait clairement des signes d’épuisement.
« Cela ne va pas aller... »
Contrairement à Turan et Meisa, qui avaient réussi à manifester et combiner quatre types, Solif n’en avait que trois.
Bien qu’il eût la plus faible réserve d’énergie magique, la différence n’était pas si significative. Cependant, l’écart entre les combinaisons de trois et quatre symboles était immense.
« Par ici ! »
« Merci ! »
À cause de cela, Turan et Meisa assistaient occasionnellement Solif, mais il y avait une limite à cela aussi.
Ils n’avaient pas quatre bras et deux têtes.
Plus ils s’épuisaient à l’aider, plus ils subissaient de désavantages dans leurs propres combats. C’était, par essence, déshabiller Pierre pour habiller Paul.
« Arrêtez de m’aider ! Je peux gérer ! »
« Reprends ton souffle. »
« Huk, bon sang... »
Solif fronça les sourcils comme s’il en voulait à sa propre faiblesse, mais il suivit les instructions de Meisa et se concentra sur le contrôle de sa respiration.
Turan, confirmant que son champ électrique violet avait pris le contrôle de la zone environnante, regarda autour de lui, cherchant une solution.
« La zone de brouillard... les ennemis continuent d’apparaître... d’où viennent-ils ? De l’au-delà ? Si c’est vraiment la zone de brouillard, alors il n’y aurait pas de fin. »
Son esprit, surchauffé par l’excitation du combat, peinait à revenir à une pensée calme et logique.
Après un moment passé à essayer de supprimer l’adrénaline pour réfléchir clairement.
Turan repéra le huitième ennemi entrant, et comme un éclair dans son esprit, la réponse le frappa.
« Meisa ! Couvre-moi un instant ! »
« Quoi !? »
Déjà occupée à aider Solif, le visage de Meisa montra une confusion évidente face à la demande de prendre en charge la part de Turan également.
Mais Turan était confiant dans le fait qu’elle pouvait le gérer, au moins pour un court instant.
Elle ne retenait sa pleine puissance en tant que Seigneur du Tonnerre que parce qu’elle ne pouvait pas être sûre du moment où les ennemis cesseraient d’arriver.
Si elle utilisait toute sa force, même si elle s’épuisait rapidement, avec Solif pour la soutenir, elle pourrait tenir en respect une douzaine de faux dieux.
« Je compte sur toi ! »
Si son intuition s’avérait fausse, il pourrait simplement revenir immédiatement.
Redescendant rapidement au sol, Turan sortit une clé et une boîte à joyaux de sa sacoche à grande capacité.
« Aîné, c’est urgent ! »
« Quoi ? C’est... une frontière. La bataille... »
« Vite, prenez ceci ! »
Turan abandonna même le minimum de formalité habituel qu’il maintenait avec le Bibliothécaire et l’exhorta avec précipitation.
Momentanément décontenancé par l’attitude de Turan, le Bibliothécaire sembla sentir l’urgence et tendit rapidement la main vers l’orbe que Turan lui tendait.
En un instant, le monde se distordit, et Turan, qui se trouvait juste dans un couloir rempli d’un brouillard épais, atteignit la frontière du monde.
Un espace mystérieux où les restes spirituels de la Déesse Boiteuse s’attardaient quelque part loin en dessous.
Mais contrairement à l’accoutumée, une partie de cet espace n’était pas remplie de blancheur, mais d’obscurité.
C’était parce qu’il s’agissait de l’une des frontières du monde, la zone de brouillard à l’extrémité orientale.
Turan demanda au Bibliothécaire d’attendre là, puis commença à se déplacer vers l’espace d’un noir absolu.
Comme il ne s’agissait pas d’un espace physique, le simple fait d’y penser suffisait à faire bouger son corps à une vitesse incroyable.
Plus rapide que la magie de vol utilisant le vent, plus rapide que le vol utilisant le magnétisme, plus rapide que le son, plus rapide que Bije volant seul, peut-être même plus rapide que la lumière.
Au moment où Turan atteignit le bord de la mer d’un blanc pur des formes spirituelles, il réalisa qu’il avait eu raison.
Un cerf massif se tenait entre la mer spirituelle et le vide, le fixant du regard.
[Ah, vraiment... quel bâtard fatigant.]
« Monarque. »
Il pouvait voir quatre symboles incrustés dans l’essence du cerf.
Souverain et Dompteur, chair grouillante, et une balance.
Ce n’est qu’alors que Turan réalisa ce qu’avait été l’ombre qu’il avait vue en revenant de la Terre.
Le vrai corps du Monarque n’était pas humain, mais une bête, une bête magique de type cerf, qui avait depuis longtemps élu domicile en ce lieu.
« Je me demandais quelle forme ton vrai corps avait prise. Je ne m’attendais pas à ce que tu sois à l’intérieur d’un animal, et non d’une personne. »
[Les bêtes magiques vivent généralement bien plus longtemps que les humains. La capacité de la chaîne d’âme est bien plus grande.]
À en juger par son utilisation du terme « capacité de chaîne d’âme », il semblait que le Monarque avait lui aussi examiné une chaîne d’âme de première main.
Il avait probablement pris la forme d’un cerf parce qu’il n’avait pas trouvé de moyen de la remplir.
Ou peut-être en avait-il un, mais il appréciait la durabilité du corps de la bête et continuait simplement à l’utiliser.
[Un corps humain peut être utilisé à tout moment, donc il n’y a aucune raison pour que le vrai corps doive être humain. Plus important encore, ne vas-tu pas attaquer ? Les choses à l’extérieur ne se passent pas exactement comme prévu, n’est-ce pas ?]
« J’étais justement sur le point de... »
Alors que Turan tendait la main au milieu de la conversation pour lancer une attaque surprise, il fut soudainement écrasé au sol par une quantité terrifiante de gravité.
Le Monarque tordit grotesquement le visage du cerf et ricana.
[Tu ne pensais pas sérieusement que j’étais resté assis ici à ne rien faire, juste à attendre que tu viennes me tuer, n’est-ce pas ?]
« Comment... as-tu fait cela ? »
[Désolé, mais je ne suis pas l’un de ces méchants de troisième zone qui déballent leurs secrets et se font contrer.]
Même en posant la question, l’esprit de Turan s’emballait pour analyser l’attaque précédente de l’ennemi.
Était-ce la capacité du Législateur ? Quelque chose qui interdit de se tenir debout ?
Mais établir une règle qui s’exclut soi-même ne devrait pas être possible dans la plupart des cas.
Il n’y avait pas assez de temps pour analyser les indices extrêmement limités.
Car alors que le Monarque inclinait légèrement la tête, un barrage de taillades de lumière jaillit des bois ornés du cerf.
Turan parvint à peine à déplacer son corps incroyablement lourd pour éviter un coup direct, mais il ne put éviter de perdre un bras.
Son bras, giclant de sang, s’envola vers une extrémité de la frontière du monde.
« Urgh... »
[Ah, mince. Remarquable. Je ne m’attendais pas à ce que tu fasses irruption ici, mais ce n’est pas mal. Que je t’écrase là-bas ou ici, c’est tout pareil.]
Laissant la moquerie de l’adversaire passer par-dessus son épaule, Turan réfléchit à ce qu’il devait faire.
Il semblait qu’il ne pourrait pas égaler le Monarque dans cet espace. Devait-il retourner dans le monde de la bibliothèque, ou dans le monde réel ?
Mais revenir sans découvrir aucun des secrets de cet endroit, ou ce que le Monarque faisait ici, ne changerait rien.
Plus important encore, il n’était même pas certain de pouvoir revenir simplement parce qu’il le voulait.
[Au fait, qu’est-ce qui se passe avec ta voix ? Cet espace ne change généralement pas la façon dont quelqu’un sonne.]
« Si tu veux savoir, pourquoi ne pas répondre à ma question d’abord ? Comme comment tu as fait tout cela. »
À la surprise de Turan, le Monarque montra de l’intérêt pour sa voix étrange.
Cette voix bizarre, comme si des dizaines de personnes parlaient en même temps, était un phénomène qui ne se produisait que lorsqu’il atteignait la frontière de ce monde.
Ni le Bibliothécaire ni Meisa n’en avaient fait l’expérience, lui seul.
Turan, au lieu de révéler qu’il n’en connaissait pas la raison, fit semblant d’être détendu et bluffa.
À ce moment-là, alors que le Monarque fronçait les sourcils, une voix qu’il n’avait jamais entendue auparavant résonna de loin.
« C’est probablement à cause de moi. »
La voix derrière lui appartenait à un homme qui semblait avoir la trentaine.
À en juger par ses traits, il semblait appartenir à une race similaire à celle de la Terre, plus précisément, coréenne.
Turan réalisa que l’endroit où cet homme était apparu était exactement là où son bras s’était envolé plus tôt.
Et aussi qu’il n’y avait maintenant plus rien à cet endroit.
Le Monarque fronça les sourcils à sa vue.
[Un Terrien ? Je n’ai jamais vu ton visage auparavant... qui es-tu ?]
« Seok-hoon, tu étais vraiment sans vergogne sur Terre, et maintenant tu es tout aussi dégoûtant ici. Tu es assez âgé, tu as même eu un enfant, n’aurais-tu pas dû mûrir depuis le temps ? Après t’être fait gronder si sévèrement par hyung, tu n’as toujours pas retrouvé tes esprits. »
Son ton était celui d’un adulte parlant à un enfant.
Ce n’est qu’alors que le Monarque écarquilla les yeux, comme s’il avait enfin reconnu l’identité de l’autre homme.
Et ce qui suivit laissa même Turan surpris.
[Ne me dis pas... Otas ?]
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