Chapitre 2 507
Chapitre 2507 – Retour sur les Lieux du Crime
Traducteur/Checker : Gray
Peu après, Mordret quittait le manoir à bord d'une de ses luxueuses voitures. Auparavant, deux véhicules d'escorte étaient affectés à sa sécurité, mais en raison du récent incident, il y en avait désormais quatre — une devant, une derrière et deux sur les côtés.
Le nouveau chauffeur n'avait pas encore été approuvé, alors c'était l'assistant de Mordret qui était au volant pour l'instant.
"Où allons-nous, monsieur ?"
Après avoir attaché sa ceinture de sécurité, Mordret réfléchit quelques instants, puis dit d'un ton quelque peu tendu :
"L'hôpital... où Morgan était soignée. Allons-y dès que possible."
L'assistant acquiesça, et accéléra légèrement.
Ils roulèrent un moment le long du lac. Le soleil montait de plus en plus haut, mais le crépuscule gris qui enveloppait Mirage City semblait s'assombrir davantage — les nuages orageux se fondaient en un voile impénétrable, déversant sans cesse de lourdes averses. Pourtant, Mordret pouvait distinctement voir la silhouette vague du grand château qui se dressait majestueusement au-dessus de l'eau, bien au loin.
Je devrais vérifier où en sont les préparatifs pour l'inauguration du Musée de Mirage.
Mais l'inauguration n'était pas prévue avant un certain temps. Pour l'instant, il avait d'autres préoccupations plus urgentes.
Comme s'il lisait dans les pensées de Mordret, l'assistant prit la parole depuis le siège conducteur :
"Monsieur, j'ai transféré le rapport sur l'initiative de prévention des inondations dans votre boîte mail personnelle, comme vous me l'aviez demandé. Tout semble bien se passer."
Mordret détourna le regard de la fenêtre et fixa l'horizon, perplexe, pendant quelques instants. Puis, il esquissa un léger sourire.
"Oh. Merci."
Il prit une tablette posée sur le pupitre en acajou intégré à l'intérieur de la voiture, ouvrit le rapport et se plongea dans sa lecture. Heureusement qu'il avait un peu de travail à faire pendant le trajet... au moins, cela lui permettait de se distraire de ses soucis.
Je me demande combien de temps il faudra pour arriver à l'hôpital.
Certaines routes étaient inondées, d'autres encombrées. Difficile à dire avec certitude.
Au bout d'un moment, Mordret soupira.
"Cela ne peut pas être vrai. Qui a vérifié ces chiffres ?"
L'assistant le regarda dans le rétroviseur.
"Oh... J'ai été surpris moi aussi. Cependant, Valor Construction avait déjà mobilisé ses forces en prévision des contrats de reconstruction qui suivraient les inondations. Et il semble qu'il leur reste encore des matériaux excédentaires après avoir terminé le projet de restauration du barrage — c'était une grosse commande, comme vous le savez. Ils attendaient un nouveau projet phare depuis lors."
Mordret acquiesça.
"Je vois."
Puis, il secoua la tête.
"Il doit tout de même y avoir une erreur dans le rapport. Apportez-moi l'original, sur papier... oh, et faisons un audit mineur de Valor Construction pendant que nous y sommes. Nous allons travailler en étroite collaboration avec la mairie au cours des prochains mois, alors mieux vaut se préparer à l'avance et avoir tous les chiffres sous la main."
L'assistant acquiesça.
"Je m'en occupe, monsieur."
Mordret soupira et regarda à nouveau par la fenêtre.
Il se passait tellement de choses. Il ne s'était rien passé pendant longtemps, et maintenant, tout semblait se produire en même temps.
L'autre était là. Il était vraiment revenu.
Morgan se comportait... bizarrement.
Et puis, il y avait les inspecteurs.
En fait, leur présence...
Non, n'y pense pas. Ne pense pas à ça.
L'assistant le regarda d'un air étrange.
"Vous avez dit quelque chose, monsieur ?"
Mordret lui adressa un sourire aimable.
"Non. Dépêchons-nous."
Ils arrivèrent rapidement à l'hôpital. Le niveau de l'eau montait dans cette partie de la ville, près du barrage nord, mais la barricade de sacs de sable qui entourait le bâtiment semblait tenir bon pour l'instant. Des ouvriers vêtus d'imperméables jaunes s'affairaient encore à la renforcer, certains pataugeant dans l'eau pour aller chercher de nouveaux sacs de sable dans un camion tombé en panne sur le parking inondé.
C'était une scène animée. Il y avait même un musicien de rue qui jouait une mélodie simple sous un auvent de fortune que les ouvriers avaient installé.
"Veuillez patienter quelques instants, monsieur. Je vais trouver un endroit sec pour garer la voiture."
Les véhicules d'escorte s'arrêtèrent les premiers, laissant sortir un petit groupe de gardes du corps. L'assistant ouvrit la porte et tendit un parapluie. En sortant de la voiture, Mordret regarda autour de lui et se dirigea vers l'hôpital d'un pas assuré.
"Oh. Allez donner quelques pièces à ce musicien et commandez des repas chauds et du café pour les ouvriers."
L'assistant disparut en s'inclinant.
En entrant dans le hall, Mordret trébucha légèrement, et regarda devant lui avec une expression stupéfaite.
Deux personnes l'attendaient. Il connaissait le directeur de l'hôpital. Mais à côté de lui...
Mordret était plus ou moins l'homme le plus puissant et le plus riche de Mirage City. En raison de la nature de sa fonction, il avait rencontré et côtoyé la plupart des personnalités locales importantes — politiciens, magnats de l'industrie, chefs spirituels... ainsi que les stars les plus brillantes du monde artistique : acteurs et actrices, mannequins, idoles incandescentes de la scène musicale...
Mais il n'avait jamais vu personne d'aussi éblouissant que la femme qui se tenait silencieusement à côté du directeur de l'hôpital.
Mordret se considérait vraiment comme immunisé contre la beauté physique, mais à cet instant, il avait du mal à cacher son choc.
W-wow.
Pourtant, sa perplexité ne dura qu'une seconde.
Un battement de cœur plus tard, il retrouva son expression posée. Mais ce calme n'était qu'apparent — intérieurement, ses émotions étaient toujours en ébullition.
Qui... peut-elle bien être ?
Le directeur s'inclina légèrement, le regardant avec un sourire familier et flagorneur.
"Monsieur Mordret, bienvenue. J'aurais souhaité que votre visite ait une raison plus heureuse, mais malheureusement... eh bien, c'est ainsi. Oh, et voici la doctoresse Sainte — elle était chargée du traitement de Mademoiselle Morgan, alors elle est la mieux placée pour vous parler de l'état mental de votre sœur."
Mordret cligna plusieurs fois des yeux.
"Vous vous appelez Sainte ? Comme c'est approprié."
Il sourit.
La superbe psychiatre se contenta de le regarder sans rien dire. L'indifférence absolue de son regard le fit se sentir un peu... un peu...
En fait, Mordret ne savait même pas comment décrire ce qu'il ressentait.
Tout ce qu'il savait, c'est qu'il préférait de loin son indifférence distante au désir évident du directeur de lui faire plaisir.
Personne ne m'a jamais traité ainsi auparavant...