Chapitre 2 428
Chapitre 2428 – Fée Marraine
Traducteur/Checker : Gray
"Tante Aiko ! Tante Aiko ! Volons !"
"Non. Marche sur tes deux pieds."
"Je ne veux pas ! Marcher sur deux pieds, c'est stupide !"
"Quoi ? En quoi est-ce stupide ?"
"Tante Aiko... marcher à quatre pattes, c'est mieux. Tu ne le sais pas ?"
"Si, mais petit loup, tu es un grand garçon maintenant."
"Ling Ling n'est pas un grand garçon. Je n'ai que six ans !"
"Je veux dire que tu es trop grand pour marcher à quatre pattes. La rue n'est pas assez large."
"Oh..."
"Alors..."
"Alors volons !"
Aiko réprima un sourire.
Petit Ling avait pris sa forme humaine, alors elle lui tenait la main tandis que tous deux marchaient dans une rue tranquille. Cela aurait été une scène mignonne dans des circonstances normales, mais tous deux formaient un duo étrange — principalement parce qu'elle était à peine plus grande que le petit garçon.
Aiko était très petite, tandis que Petit Ling avait toujours été anormalement grand, même lorsqu'il était tout petit. Maintenant qu'il avait six ans, sa taille n'était pas différente de celle d'une personne deux fois plus âgée que lui. Il était un peu effrayant d'imaginer à quoi ressemblerait ce garçon lorsqu'il serait grand... le petit coquin dépasserait probablement même sa mère, qui était pourtant très grande, ce qui était rare.
Mais malgré sa taille, Petit Ling avait maintenant l'air d'un adorable enfant de six ans. C'était un enfant bien élevé, et non plus le bambin maladroit qu'il était autrefois. C'était très étrange de le voir grandir, former des phrases complètes et parler comme un petit adulte.
Aiko n'avait même pas eu besoin de lui rappeler de faire apparaître ses vêtements lorsqu'il s'était transformé en humain ! Sa poitrine se gonfla de fierté.
Ah, le temps passe vite.
Et en parlant de passer...
Elle s'éclaircit la gorge.
"On pourra voler quand on aura passé la porte, ça te va ?"
Petit Ling sourit radieusement.
"Oui !"
Il resta silencieux pendant quelques secondes, avant de dire d'un air pensif :
"Mais, Tante Aiko..."
"Oui ?"
"Ling Ling a six ans maintenant."
"Hum-hum."
"J'ai eu six ans la semaine dernière."
"Et alors ?"
"C'était aussi mon anniversaire la semaine dernière."
"Je comprends. Et donc ?"
"Mais Tata n'est pas venue."
"Je suis là maintenant, non ?"
"Mais ! Et mon cadeau d'anniversaire ?"
Aiko éclata de rire.
"Je ne suis pas un cadeau suffisant ?"
Petit Ling la regarda avec de grands yeux, acculé et consterné.
Il fronça les sourcils, réfléchit intensément, puis sourit.
"Tante Aiko est un cadeau ! Mais... tu n'es pas un cadeau d'anniversaire !"
Elle sourit.
"D'accord, d'accord. Bien sûr que j'ai apporté un cadeau. Pour qui me prends-tu, petit loup ?"
Tous deux arrivèrent enfin à la porte du domaine d'Effie.
En tant qu'Intendante de Bastion — et de tout l'Est — Effie était censée résider dans le donjon principal du grand château. Cependant, elle avait mentionné que celui-ci était trop étouffant et était restée dans sa résidence d'origine, un grand domaine situé dans ce qui était autrefois la périphérie de la cité.
Aujourd'hui, son domaine était bien sûr considéré comme étant en plein cœur de la cité, car celle-ci s'était considérablement développée. En fait, le simple fait qu'Élevée par les Loups elle-même résidait ici faisait de ce quartier l'un des plus prestigieux et des plus prisés. Le prix des terrains avait grimpé en flèche, et l'immense parcelle qu'Effie avait revendiquée lorsque l'endroit n'était encore qu'un terrain vague désolé était soudainement devenue extrêmement précieuse.
Le terrain vague avait bien sûr disparu depuis longtemps. Désormais, seules des rues bien entretenues et des arbres verdoyants entouraient les manoirs de bon goût cachés derrière de hautes haies et d'élégantes clôtures. Les personnes qui vivaient ici étaient toutes riches et puissantes, la plupart d'entre elles étant de haut Rang et issues soit des anciens clans d'Héritier, soit des familles Transcendantes nouvellement émergentes.
Les portes du domaine d'Effie étaient grandes ouvertes — elles avaient été laissées ainsi lorsque Petit Ling s'était précipité dehors, excité, après avoir senti l'odeur d'Aiko. Le portail était suffisamment grand pour permettre à la plupart des Saints de passer sous leur forme Transcendante, mais Aiko réussit tout de même à le refermer derrière eux avec l'aide de son Aspect.
Elle dut toutefois reprendre son souffle après avoir déployé tant d'efforts pour accomplir cet exploit.
Ah... j'aurais dû demander à Ling Ling de le refermer...
Cela aurait été la chose intelligente à faire... mais Aiko avait aussi sa fierté ! Et même si elle était prête à voler des bonbons à des enfants si nécessaire, demander de l'aide à un petit garçon était un peu trop embarrassant.
Au lieu de cela, elle fit flotter Petit Ling et tira le garçon qui ricanait derrière elle comme un ballon tout en remontant le large chemin.
Le domaine d'Effie était vraiment immense — c'était en fait un parc, plus que suffisamment spacieux pour que son fils puisse courir sous sa forme Transcendante ou pour qu'elle puisse s'allonger et se détendre sur l'herbe sous la sienne. Et cela sans compter la Ferme des Bêtes cachée dans une Mémoire dimensionnelle que son mari gardait habituellement autour du cou.
Il fallut quelques minutes à Aiko pour atteindre la maison. Ses talons aiguilles n'étaient pas les plus adaptés au chemin de gravier, elle finit donc par voler elle aussi. Tous deux se hâtèrent, effleurant la cime des arbres, avant d'atterrir près du porche d'Effie.
Là, une silhouette grande et athlétique les attendait, appuyée contre une poutre en bois.
Effie sourit.
"Eh bien, eh bien, eh bien. Bonjour, Fée Clochette."
Aiko leva les yeux et lança un regard noir à la chasseresse pleine d'entrain.
"Bonjour à toi, Gargamelle. Regarde, je t'ai apporté ton Gargantua."
Effie baissa les yeux... puis les baissa encore un peu plus.
"Merci beaucoup, chère Poucelina. Tu es adorable."
Aiko ricana.
"Pas besoin de me remercier, Madame Gulliver. Tout le plaisir est pour moi !"
Petit Ling regarda les deux femmes d'un air perplexe, puis dit d'une voix hésitante :
"Maman... c'est Tante Aiko. Pourquoi tu lui donnes de tels noms ?"
Effie rit, puis descendit du porche et se pencha pour embrasser Aiko.
"Elle n'a qu'elle-même à blâmer ! Qui t'a dit d'être si petite et si mignonne, hein, Aiko ?"
Au lieu de répondre, Aiko donna un coup de poing dans les côtes d'Effie.
"Tu vas froisser mon chemisier ! Lâche-moi, énorme brute !"
Mais Effie la serra un peu plus fort.
"Je ne suis pas énorme... Je suis gracieuse, voluptueuse et bien faite. Pourquoi, tu es jalouse ?"
Finalement, Aiko fut libérée. Elle s'éloigna de quelques pas, redressa son blazer et lança un regard noir à Effie.
"Comme si !"
Petit Ling gloussa.
En regardant les deux femmes — l'une extrêmement grande, l'autre extrêmement petite — il leva la main et fit signe.
"Tata ! Dis au revoir à maman. Maman doit partir."
Aiko atterrit sur le sol et cligna plusieurs fois des yeux.
"Hein ?"
À ce moment-là, Effie toussota.
"Oh. C'est vrai. Je dois filer."
Aiko fronça les sourcils, perplexe.
"Non, attends une minute. Comment ça, tu dois filer ? Je viens juste d'arriver !"
Effie recula.
"Eh bien, tu sais comment c'est. Je dois m'occuper de l'Est, et tout ça. Ils ont besoin de moi au Château... et le Père de Ling est parti s'occuper des champs de la cité."
Quoi ?
Soudain, un terrible soupçon frappa Aiko. Elle était tellement bouleversée qu'elle quitta le sol.
"Est-ce que... tu m'as attirée ici... pour que je fasse du baby-sitting ?"
Effie était déjà à quelques pas.
"Désolée !"
Aiko était stupéfaite.
Elle était scandalisée.
"Hé, tu sais qui je suis ?"
Se détournant, Effie sourit.
"Bien sûr que je le sais ! Tu es la meilleure ! Je t'aime, amuse-toi bien !"
Une seconde plus tard, elle était partie, laissant Aiko seule avec Petit Ling.
Aiko tourna la tête et regarda le petit garçon, complètement sous le choc.
Petit Ling sourit et lui tendit la main.
Sa voix était très sérieuse.
"Amusons-nous, Tata. Et... mon cadeau ? Où est-il ?"
Aiko prit une profonde inspiration, puis esquissa un sourire pâle.
Je vais... la tuer, je crois...