Chapitre 492
Chapitre 492
« Espèce d'insolent ! »
Les yeux de Tamulana tressaillirent violemment.
Même après avoir encaissé un coup direct de Missile de Feu, pas une seule égratignure ne marquait son corps.
La bénédiction du dieu la protégeait.
Un sort de ce niveau ne pouvait même pas laisser une trace sur sa peau.
Mais c'était largement suffisant pour gâcher son humeur.
« Tu as encore le culot de jouer les audacieux. »
« Comme prévu, un truc pareil ne te fait même pas ciller. »
Zeon hocha la tête comme s'il avait déjà anticipé le résultat.
Crac !
Au même instant, un soldat noir saisit la main droite de Zeon et brisa chacun de ses doigts.
Le visage de Zeon se tordit de douleur.
« C'est le prix à payer pour lancer des sorts sans permission, Zeon. »
« Argh ! »
« Utilise encore la magie, et je m'assurerai que tu ne puisses plus utiliser ta main gauche non plus. Si tu veux me tester, ne te gêne surtout pas. »
« Je ne suis pas assez fou pour vérifier. »
Zeon secoua la tête.
Peut-être insatisfaite de son attitude, Tamulana recula de plusieurs pas avant de parler.
« Comment es-tu entré dans la barrière du dieu ? Ceux qui n'ont pas la permission ne peuvent absolument pas passer. »
Son regard tomba soudain sur le poignet de Zeon.
Dès qu'elle remarqua le bracelet attaché autour, son expression se mua en quelque chose de sauvage.
« Le bracelet que portait Narha… ? Cette misérable m'a trahie. Créature immonde, comment ose-t-elle répondre à mon sacrifice pour les Hauts-Elfes par une trahison ? Je vais la retrouver et l'éparpiller façon puzzle. »
« Calme-toi. Quelqu'un qui sert un dieu ne devrait pas utiliser un tel langage, tu ne crois pas ? »
« Qu'est-ce que tu en sais, à déverser une telle insolence ? Pourquoi es-tu venu ici ? Si c'est pour entraver la descente du dieu, alors tu as perdu ton temps. La volonté d'un dieu n'est pas quelque chose qu'un simple humain peut contrer. »
« La descente d'un dieu… Tu prévois de ressusciter Dame Cielra dans ce monde ? »
« Oui. De mes propres mains, je préparerai un lieu pour que Dame Cielra puisse habiter cette terre. C'est mon véritable objectif. »
« Tu es folle. »
« Folle ? Moi ? »
« Oui. Tu es complètement démente. Tu ne t'en es juste pas encore rendu compte. »
« Tu dois vraiment chercher la mort. »
La malveillance s'accrochait lourdement à la voix de Tamulana.
Elle ne pouvait pas le comprendre.
Traîné ici par les soldats noirs, totalement dominé, et pourtant il restait bien trop calme.
Sa main droite était en miettes, mais il parlait toujours librement.
Rien que ça, aucun Haut-Elfe n'aurait pu le faire.
Et elle détestait ça.
« Frappez-le jusqu'à ce que son arrogance se brise. »
Dès que l'ordre quitta ses lèvres, les soldats noirs se jetèrent sur Zeon sans hésiter.
Paf ! Vlan !
Ils ne retenaient pas une once de force.
Ils se contentaient d'exécuter l'ordre de Tamulana avec une obéissance mécanique.
Le visage de Zeon gonfla de façon grotesque, sa peau s'ouvrant à chaque coup.
Il fut réduit à l'état d'épave.
Pourtant, il ne laissa échapper aucun gémissement, ce qui ne fit qu'enrager davantage Tamulana.
« Plus fort. Je veux l'entendre supplier pour sa vie. »
Boum ! Crash !
Les soldats noirs obéirent docilement.
Recroquevillé comme une crevette, Zeon endura leurs attaques, protégeant son visage avec ses deux bras tout en murmurant :
« Dépêchez-vous de les trouver. »
Dès qu'il avait affronté les soldats noirs pour la première fois, il l'avait compris.
Ce n'étaient pas des êtres vivants ordinaires.
Tout comme ses propres Soldats de Sable, les soldats noirs étaient mentalement liés à Tamulana.
Leurs sens et leur vue étaient partagés avec elle.
Peu importe combien ils étaient dispersés dans la barrière, à la moindre chose suspecte, Tamulana le saurait.
Il devait capter son attention.
Il devait l'appâter pour qu'elle ne regarde pas ailleurs.
Et l'appât… c'était lui-même.
Tant que son attention restait fixée sur lui, les autres devaient sauver Brielle et les Hauts-Elfes.
Alors il la provoqua.
Et paya le prix fort sous une violence impitoyable.
Mais Zeon ne le regretta jamais.
Paf ! Vlan !
Les poings et les bottes des soldats continuaient de s'abattre sur lui.
Levin, sous forme spectrale, balaya le village des Hauts-Elfes.
Des soldats noirs surgirent d'une ruelle latérale et entrèrent dans son champ de vision.
Levin s'éleva immédiatement, montant à une hauteur où leur ligne de mire ne pouvait l'atteindre.
Même sous forme spectrale, il ne pouvait pas disparaître complètement.
Heureusement, les soldats noirs passèrent sous lui sans remarquer sa présence.
Mais il était bien trop tôt pour se réjouir.
Quelques instants plus tard, d'autres soldats noirs apparurent.
« Tch ! »
Levin claqua la langue.
À ce rythme, ce n'était qu'une question de temps avant qu'il ne soit découvert.
Pour l'instant, leur regard ne l'atteignait pas, mais si l'un d'eux levait les yeux par hasard, il serait repéré instantanément.
« Je dois trouver Brielle rapidement. »
Suspendu dans les airs, Levin chercha le moindre signe pouvant indiquer où elle avait été emmenée.
« Brielle aurait laissé quelque chose derrière elle. C'est sûr. »
Elle avait passé autant de temps avec Zeon que lui, et elle connaissait les tactiques de survie sur le bout des doigts.
Il était impossible qu'elle ait été emmenée sans laisser de trace.
Et puis, il le vit.
Une marque faible et familière à l'entrée d'une petite maison : une traînée bleue.
« Brielle a laissé ça. Aucun doute. »
En tant qu'alchimiste, Brielle avait créé toutes sortes de choses inhabituelles.
Parmi elles, une teinture spéciale forgée à partir du sang de bêtes magiques.
À l'origine, elle était destinée à enduire des capes et des robes pour fausser la vision d'un ennemi.
Comme un objet d'invisibilité, en théorie.
Mais son expérience avait échoué de façon spectaculaire : la couleur était si vive qu'elle attirait l'attention des monstres à la place.
Elle avait donc mis ses recherches au placard et fourré la teinture dans le sous-espace de son chapeau pointu.
Levin le savait bien, il était juste à côté d'elle à ce moment-là.
« Beau boulot, Brielle. »
Sans hésiter, Levin se glissa silencieusement dans la maison.
À l'intérieur, il remarqua immédiatement un passage descendant sous terre.
« Elle doit être en bas. »
Et Levin s'engouffra dans le couloir souterrain.
Une énergie inquiétante emplissait l'air.
« Comment… comment un village de Hauts-Elfes peut-il avoir un truc pareil ? »
Brielle lui avait toujours dit :
Son foyer était aride, certes, mais rempli d'une énergie pure et agréable. C'était pour cela que les Hauts-Elfes s'y étaient installés.
Mais cet endroit…
Il n'y avait même pas la moindre trace de cette pureté.
Seulement une aura étouffante et sinistre.
C'était l'opposé total de ce qu'elle disait.
Puis…
Chhhk !
Quelque chose jaillit de l'autre bout du couloir et traversa directement le corps spectral de Levin.
Vlan !
Une longue lance s'enfonça dans le sol derrière lui, son manche vibrant encore violemment.
S'il avait été solide, il aurait été transpercé en plein torse.
Un frisson glacial lui parcourut l'échine.
« J'ai été repéré. »
Comme pour confirmer ses soupçons, des pas lourds résonnèrent du fond du tunnel.
Quelques instants plus tard, des soldats noirs apparurent, chargeant droit sur lui.
À cet instant, des éclairs de Foudre Pourpre jaillirent du corps de Levin.
Crépitement !
Le courant violet engloutit les soldats noirs en un battement de cœur.
Boum ! Boum-boum !
Leurs corps éclatèrent les uns après les autres, peignant le sol de restes éparpillés.
Levin secoua ses mains d'un geste sec et murmura :
« Pathétiques… »
Mais il ne put finir sa phrase.
Car quelque chose d'impossible se produisait sous ses yeux.
Les restes des soldats noirs…
se recollaient.
Comme s'ils assemblaient un puzzle, les fragments brisés fusionnèrent, finissant par restaurer les soldats dans leur forme originale et intacte.
« Tu penses toujours qu'on est "pathétiques" ? »
Chhhh !
À sa remarque, les soldats noirs balancèrent leurs armes vers lui.
« Hmph. Vous croyez vraiment que ces jouets peuvent me blesser ? »
Il était déjà sous forme spectrale.
Les armes ou compétences ordinaires ne pouvaient pas lui faire de mal, mais Levin bougea quand même pour esquiver.
Même ainsi, il ne pouvait pas tout éviter.
Une lame de l'un des soldats à l'arrière érafla le flanc de Levin.
Ssshhh !
« Gah ! »
Une douleur brûlante le déchira.
Une blessure avait été gravée dans sa forme spectrale.
« C'est… impossible. »
Les yeux de Levin tremblèrent.
Ce n'était pas censé arriver.
La lame du soldat scintillait d'une énergie sinistre, une aura distinctement visible même à distance.
Au premier coup d'œil, elle ressemblait à une Lame d'Aura utilisée par de rares éveillés martiaux…
mais la nature de l'énergie était totalement différente.
Une Lame d'Aura maximisait la force de coupe.
Cette énergie, cependant, s'infiltrait dans la forme spectrale de Levin, infligeant une corruption et des dégâts internes.
Swish !
Le soldat attaqua à nouveau.
Levin esquiva de justesse, reculant précipitamment, et les autres soldats noirs enchaînèrent avec des frappes balayantes.
Ses yeux s'écarquillèrent.
À un moment donné, chacune de leurs armes avait été imprégnée de cette même énergie étrange.
« C'est quoi ce bordel, vous autres… ?! »
Ce n'était pas un ou deux d'entre eux.
Chaque soldat noir avait acquis la capacité de lui faire du mal.
Shing ! Shing ! Shing !
Les attaques pleuvaient comme une tempête.
Forcé à une retraite défensive, Levin se retrouva acculé, jusqu'à ce que chaque coup converge vers lui en même temps.
« Très bien. Voyons comment vous gérez ça. »
Crépitement !
Une déferlante de puissance écrasante jaillit de tout son corps, bien au-delà de tout ce qu'il avait libéré auparavant.
Une lumière aveuglante jaillit, dévorant le couloir.
C'était la Giga Foudre.
BOUM-BOUM-BOUM-BOUM !
Le courant massif traversa les soldats noirs, les faisant exploser violemment.
Cette fois, il ne resta rien.
Pas de fragments, pas de résidus, seulement des murs calcinés et l'odeur âcre de chair brûlée.
« Haa… haa… ! »
Ça l'avait complètement vidé.
Pendant un bref instant, Levin fut totalement épuisé.
Mais malgré les avoir oblitérés, il ne baissa pas sa garde.
S'ils se réanimaient encore comme avant… il était fini.
Mais ils ne le firent pas.
Ils avaient disparu, vraiment, définitivement.
Ce n'est qu'alors que Levin relâcha le souffle qu'il retenait.
« Haaah… Donc je dois utiliser la puissance maximale juste pour les effacer ? Des monstres… »
Pas une seule fois les soldats n'avaient fait un bruit, même en mourant.
Un être vivant normal n'agirait jamais comme ça.
Et qui sait combien d'autres rôdaient plus profondément dans le complexe ?
Levin se prépara.
Prêt à libérer la Giga Foudre à tout moment, il avança.
Mais à son grand soulagement, aucun autre soldat noir n'apparut.
Il eut assez de temps pour récupérer entièrement son mana et son endurance.
Finalement, Levin atteignit le bout du couloir : une vaste chambre souterraine.
L'y attendaient des prêtres en robe… et un cocon noir.
Personne n'eut besoin de lui dire.
Dès qu'il posa les yeux dessus, il sut que Brielle était à l'intérieur.
« Brielle ! »
Son cri résonna dans la chambre.
Et en réponse, le cocon trembla.
Vwooom !
Brielle répondait de l'intérieur.
Un petit sourire étira les lèvres de Levin.
« Je savais que tu étais encore en vie. Tiens bon, je te sors de là tout de suite. »
Son regard se tourna vers les prêtres encerclant le cocon.
« Comment un simple humain ose-t-il entrer dans notre village ? Impardonnable ! »
« Meurs ! »
Les prêtres lancèrent leur attaque.
En réponse, Levin libéra la Giga Foudre à pleine puissance.
Crépitement !
Une décharge aveuglante de foudre blanche engloutit les prêtres, les vaporisant instantanément.