Chapitre 442
Chapitre 442
Liala gisait étalée sur le sol, vomissant du sang.
Une mare de sang rouge sombre maculait le sol sous elle.
Ses organes internes étaient en bouillie, rendant toute respiration impossible.
Pour ne rien arranger, l'épuisement de son mana commençait à se faire sentir.
Elle n'avait plus la force, ni même la volonté de lever le petit doigt, et encore moins de riposter.
Tout ce qu'elle voulait, c'était fermer les yeux et s'enfoncer dans le sol. Mais par une volonté surhumaine, elle s'accrocha à sa conscience vacillante et fixa Zeon avec haine.
« N-nous… ne perdrons jamais, Zeon ! »
« On dirait bien que si. »
« Ni toi ni la Reine Noire ne pouvez piétiner El Harun. Nous ne sommes pas si faibles. »
« Bien sûr, bien sûr. »
Zeon répondit sans conviction.
Dès l'instant où il l'avait neutralisée, Liala ne comptait plus.
Ce sont toujours les chiens effrayés qui aboient.
Une vraie bête n'aboie jamais ; elle mord, tout simplement.
Et les bêtes magiques, encore plus.
Qu'elle hurle ou qu'elle menace, Zeon ne lui accordait aucun intérêt.
Son regard était fixé sur celui qui se cachait à l'arrière : Uron.
Uron restait figé, les yeux écarquillés, comme incapable de croire à la défaite de Liala et Hera.
Liala, celle en qui il avait le plus confiance, était blessée et à genoux, tandis qu'Hera tenait à peine debout, enveloppée dans la flamme de phosphore blanc.
Oui, il restait encore quelques Éveillés du Hall des Gardiens et des Elfes. Mais Uron ne croyait plus qu'ils puissent le protéger de Zeon.
C'était à quel point la puissance de Zeon était écrasante.
Laissant Liala derrière lui, Zeon se dirigea vers Uron.
« A-arrêtez-le ! Arrêtez cet homme, maintenant ! »
Uron hurla aux Éveillés du Hall des Gardiens et aux Elfes, la voix brisée.
Mais ni les Éveillés humains ni les Elfes n'osèrent faire un pas.
Eux aussi étaient écrasés par la démonstration de force de Zeon.
« Qui est-il, bon sang ? »
« Comment un humain peut-il être aussi fort ? »
« Merde ! »
Des déglutitions difficiles résonnèrent, la sueur perlant sur leurs paumes.
Zeon s'approcha d'eux tranquillement, comme s'ils n'étaient même pas là. Pourtant, aucun n'osa attaquer.
Ils étaient submergés par la pression pure qui émanait de lui.
Leur esprit leur criait d'attaquer, mais leur corps refusait de bouger.
L'élite d'El Harun, brisée moralement devant un étranger. Un simple humain.
C'était une humiliation qu'ils ne pouvaient supporter d'admettre.
« Khhk ! »
« Putain ! Devant un humain, qui plus est… »
Certains Elfes tremblaient de rage, secoués par la honte. Mais Zeon ne leur jeta même pas un regard.
C'était comme s'ils n'existaient pas.
Une humiliation telle qu'ils n'en avaient jamais enduré.
« Espèces d'incapables ! Arrêtez-le, bordel ! »
Seul Uron hurlait, le visage tordu par la haine.
Le titre de « noble elfe » ne l'intéressait plus.
Non, il n'avait plus la force de maintenir un tel masque.
Pas devant Zeon, qui connaissait déjà sa vraie nature.
Il voulait vivre.
Alors, il hurla vers son dernier espoir.
« Nokan ! Mon fils ! »
— *Khrrr ?*
Au milieu du combat contre d'autres Éveillés, Nokan pencha la tête à cet appel désespéré.
Voyant sa réaction, Uron insista, la voix pitoyable.
« Il essaie de tuer ton père ! Fils ! Je t'en prie… sauve ton père de lui ! »
— *Kwoooaaaah !*
Dans un rugissement monstrueux, Nokan chargea en direction d'Uron.
Un éclair de joie illumina le visage d'Uron.
Enfin, sa dévotion avait payé, ou du moins le croyait-il.
Boum, boum — les pas lourds de Nokan firent trembler le sol alors qu'il se plaçait devant Zeon.
Zeon s'arrêta et leva les yeux vers lui.
Nokan fixa Zeon avec des yeux sauvages.
Injectés de sang, rouge flamboyant, assez pour terrifier la plupart des gens au point de leur faire perdre tout contrôle.
Mais même ce regard ne pouvait ébranler Zeon.
Zeon parla.
« Tu vas me barrer la route ? »
— *Grrr…*
Soudain, Nokan se tourna, non pas vers Zeon, mais vers Uron.
Et son regard était bien plus sauvage.
Sentant le changement, Uron recula en trébuchant.
« M-mon fils ! Pourquoi… ? C'est moi, ton père. Tu ne me reconnais pas ? »
Ses mots frénétiques résonnèrent clairement pour tous ceux qui étaient alentour.
Au début, quand Uron avait appelé Nokan son fils, ils avaient cru à une folie. Mais en l'entendant répéter, ils comprirent la vérité : Nokan était bel et bien le bâtard d'Uron.
La vérité, comme un poinçon acéré, finit toujours par percer. Et ce moment était arrivé.
Mais Uron ne remarqua pas le changement dans l'air. Nokan se rapprochait déjà.
« N-Nokan ? »
Le visage d'Uron se tordit comme s'il allait pleurer.
— *Kwoooooarrrk !*
Avec Uron juste devant lui, Nokan rugit et se jeta sur lui, les mâchoires grandes ouvertes.
« M-mon fils… »
Uron ne finit jamais sa phrase.
Crunch !
Nokan lui broya la tête.
Comme un biscuit qui s'effrite, le crâne d'Uron vola en éclats.
De la matière grise et du sang s'écoulèrent des fissures tandis que Nokan mâchait.
« M-mon dieu ! »
« C'est impossible ! »
Les Éveillés et les Elfes, revenant à peine à eux, regardaient la scène avec horreur.
Dans leur choc, l'impensable s'était produit.
« Monstre ! »
« Yaaahhh ! »
« Espèce de monstre ! Dévorer ton propre père… tu es impardonnable ! »
Ils attaquèrent Nokan tous en même temps. Pourtant, Nokan ne résista pas.
Il les regarda seulement avec des yeux calmes, presque doux, comme s'il avait tout abandonné.
En le regardant, Zeon murmura :
« Alors, c'est ça. Maintenant que son souhait est exaucé… il a renoncé à la vie ? »
Nokan n'avait jamais choisi de naître.
Il était la tache du péché originel d'Uron, une abomination.
Dès l'instant où il était venu au monde, il avait été emprisonné sous terre, survivant uniquement grâce aux cadavres d'enfants qu'Uron lui jetait.
Comment aurait-il pu aimer cette vie ?
Peut-être que tuer son père était son seul but.
Maintenant que c'était fait, mettre fin à son existence maudite était, pour lui, une sorte de salut.
Thud-thud-thud-thud !
Une pluie de compétences et de coups s'abattit sur le corps massif de Nokan.
Sa chair éclata, ses muscles se déchirant comme du papier.
Des armes percèrent ses points vitaux, le feu réduisit sa fourrure en cendres.
Pourtant, Nokan ne bougea pas.
Puis, ses yeux rencontrèrent ceux de Zeon à travers l'air.
Ils semblaient dire quelque chose.
Zeon, en les lisant, soupira doucement.
« …Qu'il en soit ainsi. Si c'est ce que tu veux. »
Et alors, il frappa la tête de Nokan d'un poing flamboyant.
Boum !
Le crâne de Nokan éclata comme un melon, son corps s'effondrant en arrière.
Ce fut sa fin.
Ce jour-là, un elfe — et son fils bâtard — quittèrent le monde ensemble.
Liala, toujours effondrée et crachant du sang, leva la tête pour regarder Zeon.
« Est-ce… vrai ? »
« Que Nokan était le bâtard d'Uron ? Oui. »
« Je le savais ! »
« Tu l'as entendu aussi clairement que moi. »
« Donc c'est un fait. »
« Tu trouveras la preuve dans la chambre souterraine de sa maison. »
« Merde ! »
Liala baissa la tête dans une honte amère.
Jamais elle n'aurait imaginé qu'Uron, un elfe si respecté d'El Harun, puisse commettre une telle atrocité.
« Et la Reine Noire ? »
« Elle est la calamité que tu as invoquée. »
« Tu appelles annuler le sceau de la Reine autre chose que de la folie ? »
« Qu'aurait-il pu faire d'autre ? Sa fille brutalement assassinée par un homme comme Uron, un elfe estimé d'El Harun. Et Derod ? Juste un pitoyable Maître des Insectes. Dans une terre où les humains sont moqués, qui écouterait les murmures d'un humble Maître des Insectes ? Personne. Quel choix avait-il ? »
« C'est… »
« J'aurais fait la même chose. Aveuglé, j'aurais tout fait. »
« Mais des innocents vont mourir ! »
« Es-tu si sûre qu'ils sont vraiment innocents ? Peux-tu le jurer ? »
« … »
« C'est ça, la vérité. »
Liala ressentit un froid effroyable.
Même en s'enveloppant les bras, ses tremblements ne s'arrêtaient pas.
« …Hah. Putain… »
---
« Khrrk ! »
Taboaru gémit de douleur.
Son bras droit était enflé, palpitant.
Alors qu'il se concentrait sur des sorts à longue portée, un minuscule serpent s'était glissé inaperçu et l'avait mordu.
Son venin lui donnait le tournis, son cœur battait comme s'il allait exploser.
Si un prêtre à proximité ne l'avait pas soigné à temps, il serait déjà mort.
Il n'avait même pas eu le temps de le remercier.
Ssssshhhhh !
Les serpents grouillaient comme une marée.
Neria n'avait pas seulement invoqué des serpents géants, mais aussi des serpents fins comme des fils, pas plus épais qu'un doigt d'enfant.
Les plus gros serpents étaient presque plus faciles à gérer : leur masse en faisait des cibles plus aisées pour les sorts.
Les minuscules étaient le vrai problème.
Si petits qu'ils étaient difficiles à repérer à l'œil nu, et si rapides qu'il était presque impossible de les coincer et de les tuer.
« Arghhh ! »
« Merde ! »
Les cris des Éveillés résonnaient partout.
Beaucoup étaient déjà morts ou blessés.
C'était la puissance écrasante de la Reine Noire.
Boum ! Boum ! Boum !
Les serpents géants s'abattaient encore et encore sur la barrière. À chaque fois, la protection tissée par le Clan de l'Ombre tremblait, au bord de l'effondrement.
Crackkkk !
Le bruit des fractures qui se propageaient résonnait tout autour.
Ce n'était qu'une question de temps avant que la barrière ne cède.
« Merde ! »
« Il faut frapper la source. »
« Oubliez les serpents, attaquez la Reine Noire ! »
Les Éveillés d'El Harun tentèrent de viser Neria directement. Mais ce n'était pas facile.
Du plus petit au plus grand, chaque serpent se jetait à sa défense dès qu'elle était menacée.
Whump !
Bang !
Les minuscules serpents éclataient, les géants chancelaient sous les coups. Mais grâce à eux, aucun coup ne touchait Neria.
« Comment est-ce qu'on tue ce truc ? »
« Qui a autorisé un monstre comme elle à entrer à El Harun ? »
« Il doit y avoir un moyen… »
À ce moment-là, quelqu'un s'avança.
C'était Garantha, le grand prêtre et chef du clan Highlander.
Il s'adressa aux chefs du conseil.
« Je vais créer une ouverture. »
« Garantha ? »
« Il n'y aura qu'une seule chance. Ne la gâchez pas. »
« Compris. »
« Hm. »
Les chefs du conseil hochèrent la tête, sombres.
« Hoo… »
Garantha prit une profonde inspiration, fixant son regard sur la Reine Noire qui se tenait fièrement au loin.
Entourée d'innombrables serpents, Neria observait El Harun avec une expression indifférente.
Sa seule présence était étouffante.
S'ils la laissaient faire, leur cité durement conquise subirait des pertes dévastatrices.
Cela, ils ne pouvaient le permettre.
Garantha se tourna vers son clan.
« Je vais invoquer la Volonté du Tueur de Dieux. Prêtez-moi votre force. »