Chapitre 145
Entendant son propre subordonné le contredire, Char bouillonnait, les yeux écarquillés par la colère.
« Smith, espèce d'abruti ! Tu fais ça exprès ?! »
Voyant son patron piquer une crise, Smith ferma piteusement sa bouche et s'en alla effectuer les vérifications avant le décollage.
Après une inspection minutieuse, le groupe finit par embarquer. Comme Char avait déjà déposé un plan de vol avant leur arrivée, ils n'eurent qu'à attendre une dizaine de minutes sur la piste avant que le jet ne s'élance vers le ciel.
Cependant, alors que l'appareil prenait de l'altitude, tout le personnel au sol de l'aéroport resta bouche bée. En réalité, il n'y avait pas que les techniciens ; presque tous ceux qui virent l'avion furent totalement stupéfaits.
« Char ! Mais qu'est-ce que tu fous, espèce de fils de pute ?!! »
Sentant son corps basculer soudainement à la verticale, Fang Chenyi ne put s'empêcher de hurler en direction du cockpit !
« Quelle idée j'ai eue ?! Laisser un pilote de chasse aux commandes de mon jet privé ! Je ne cherchais pas les ennuis, là ?! »
Il s'avéra que, peut-être parce qu'il n'avait pas touché un avion depuis longtemps, Char s'était montré trop enthousiaste dès qu'il s'était assis dans le siège du pilote. Incapable de se retenir, il avait immédiatement effectué une montée verticale d'une difficulté incroyable !
Et alors qu'il s'apprêtait à tenter une boucle à 360 degrés, le rugissement de Fang Chenyi résonna dans l'interphone du cockpit. Le vieux Char fut instantanément ramené à la réalité. « Je pilote le jet privé du patron, pas un avion de chasse... »
Il stabilisa rapidement l'appareil, puis haussa les épaules avec un air penaud et saisit le combiné pour s'excuser auprès de son patron.
« Oh, désolé, patron. Je me suis un peu laissé emporter. Vous allez bien ? »
« Bien, mon cul !! »
Fang Chenyi vérifia rapidement si Bai Menghan n'était pas blessée. En voyant qu'elle allait bien, il poussa un soupir de soulagement.
Une fois l'avion stabilisé, Fang Chenyi détacha sa ceinture et aida Bai Menghan à défaire la sienne. La prenant par la main, il se dirigea vers le cockpit.
BANG !
Il poussa la porte du cockpit. Fang Chenyi entra à grands pas et, en voyant ce vieux coquin de Char en train de remuer tranquillement une tasse de café, sa colère monta d'un cran.
Il pointa un doigt vers Char et lança, irrité :
« Allez, dégage. Va préparer le déjeuner ! »
En entendant les mots de Fang Chenyi, le vieux Char oublia instantanément son café, une expression vexée apparaissant sur son vieux visage.
« Oh, patron, je sais que j'ai eu tort ! Je promets de piloter en douceur cette fois ! S'il vous plaît, ne me faites pas quitter le cockpit ! »
Voyant l'air pitoyable du vieil homme, le visage tendu de Fang Chenyi s'adoucit légèrement, mais il ne changea pas de ton.
« Très bien, arrête ton numéro. Je prends ton siège pour le moment. Après ça, Menghan sera copilote ! C'est comme ça. Tu pourras revenir quand on sera prêts à manger. Mais je te préviens, si tu refais une de tes cascades, tu ne seras plus qu'un cuisinier pour moi à partir de maintenant ! »
« Oh~ mon cher patron, comment pouvez-vous me faire ça~ Oh, mon cher gros avion~ Oh~ Je... »
Avant qu'il ne puisse finir, Fang Chenyi lui lança un regard noir. Voyant cela, le vieux Char ferma rapidement sa bouche. Il céda à contrecœur les commandes au copilote, puis détacha sa ceinture et se leva piteusement.
Après que Fang Chenyi se fut assis et eut pris les commandes, Smith se leva lui aussi à contrecœur du siège du copilote, marmonnant : « Oh~ C'est la faute du patron Char. Il *fallait* absolument qu'il fasse un décollage acrobatique. Regardez où ça nous a menés~ Pff~ »
En regardant les deux hommes partir, Bai Menghan devint un peu nerveuse. « Chenyi, euh, je ne sais pas piloter un avion. »
Fang Chenyi jeta un coup d'œil au pilote automatique, qui fonctionnait parfaitement, et rassura Bai Menghan.
« C'est rien, ne t'inquiète pas. Personne ne naît en sachant piloter. Si tu ne sais pas, je t'apprendrai. Allez, assieds-toi sur le siège du copilote. »
Bai Menghan n'était pas du genre à hésiter. Une fois sa décision prise, elle serra les poings et s'installa sur le siège du copilote.
Elle regarda le tableau de bord devant elle, avec sa mer de boutons et de leviers, et ressentit une poussée d'excitation. Elle n'aurait jamais imaginé qu'un jour, elle piloterait un avion.
« Très bien, je vais te montrer une fois. Ne te laisse pas submerger par tous ces boutons. En pratique, tu n'en utilises que quelques-uns. Tu vois ça ? C'est le manche, et ça, c'est... »
Il faut dire que Bai Menghan était vraiment une élève brillante. Sa capacité d'apprentissage était tout simplement hors norme. Après que Fang Chenyi eut tout expliqué une seule fois, elle avait déjà mémorisé l'utilité de tous les boutons.
Une dizaine de minutes plus tard, voyant Bai Menghan impatiente d'essayer, Fang Chenyi désactiva le pilote automatique sans hésiter et passa les commandes de vol en mode double pilotage.
Char, qui s'affairait dans la cuisine de l'avion, sentit soudain l'appareil tanguer. Avec sa vaste expérience de pilote, il sut instantanément qu'il ne s'agissait pas de turbulences.
Cependant, les secousses ne durèrent pas longtemps, à peine une dizaine de secondes avant que l'avion ne soit à nouveau calme.
« Oh, que fait le patron ? Il n'est pas en train de... "faire de l'exercice", si ?~ »
Bien sûr, si Fang Chenyi avait su ce que ce vieux pervers pensait, il n'aurait eu aucun scrupule à éjecter le type en plein vol.
Le temps passa rapidement, et à l'heure du déjeuner, Char n'obtint pas son souhait de piloter l'avion.
C'était principalement parce que Bai Menghan, venant tout juste d'apprendre à voler, était encore trop excitée.
Comme il s'agissait d'un jet privé de taille moyenne, ils durent atterrir trois fois pour faire le plein. Ils arrivèrent finalement à Paris au petit matin.
Après avoir volé pendant plus de dix heures, Fang Chenyi et Bai Menghan étaient épuisés.
En poussant doucement la porte de la cabine, il regarda le ciel encore clair. Il n'y avait rien à faire ; il y avait six heures de décalage horaire. Il était déjà tôt le matin à Pékin, mais ici, il n'était que six heures du soir.
Les deux ne choisirent pas de flâner, préférant trouver un hôtel cinq étoiles et s'enregistrer immédiatement.
Il se réveilla et découvrit qu'il était minuit et demi.
Regardant Bai Menghan, qui dormait encore profondément à ses côtés, Fang Chenyi remonta amoureusement la couverture sur elle.
Puis, il se glissa silencieusement hors du lit et se tint devant l'immense baie vitrée, observant le paysage nocturne parisien, submergé par l'émotion.
« Paris ! J'y suis ! J'ai apporté mes sacs en toile et ma pince à déchets ! Haha, je meurs d'envie de voir si ces déchets étrangers sont aussi bons que ceux de notre grande Huaxia ! »
La pensée des déchets fit fourmiller les mains de Fang Chenyi. Il était impatient de voir quel genre de bonnes choses ces déchets étrangers allaient lui rapporter !
[À suivre...]
PS : Je tiens mes promesses. Il est 3h05 du matin, et Xiao Youzi a fini d'écrire ! Je continuerai la suite ce soir !