Chapitre 662
Chapitre 662
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――Un ciel dégagé embellissait la journée depuis l'aube, comme s'il bénissait le futur triomphant qui s'annonçait.
Subaru : [Ou alors, est-ce que je suis un peu trop optimiste de penser une chose pareille ?]
Beatrice : [Betty ne le pense pas, en fait. À vrai dire, si le Sacrement de Filóre s'avère capable de produire les résultats escomptés, alors l'humeur joyeuse de Subaru ne sera rien de plus qu'une célébration anticipée, je suppose.]
Subaru : […Si je suis le seul à célébrer en avance, alors j'ai l'impression que c'était effectivement un peu trop joyeux.]
En entendant la remarque de Beatrice alors qu'ils marchaient main dans la main, Subaru se gratta la joue avec ses doigts libres.
Compte tenu de la situation, une partie de lui voulait défendre ce sentiment d'allégresse inévitable, mais en considérant le peu qu'il avait réellement apporté à l'édifice, il ne pouvait nier que son enthousiasme était excessif.
En réalité, pour leur itinéraire à venir―― se rendre à Pristella, la cité des eaux, et utiliser le Sacrement de l'Église du Dragon Divin pour porter secours aux victimes du Culte de la Sorcière, il n'y aurait aucun moment où Subaru serait d'une quelconque utilité.
Seulement, en tant que Chevalier d'Emilia, qui y jouerait un rôle distingué, et surtout, en tant qu'individu ayant vécu la bataille féroce qui avait fait rage dans la ville, il voulait être présent pour assister au moment où les cicatrices abominables laissées par ce conflit seraient enfin guéries pour de bon.
Subaru : [C'est pour ça qu'on va compter sur Reinhard pour continuer à travailler dur sur ce coup-là, et qu'on va se faire emmener à Pristella en tant que membres de l'expédition.]
Beatrice : [Naturellement, Betty viendra avec toi, en fait. Avec Emilia, qui dégèlera les résidents qu'elle avait enfermés dans la glace, et avec Garfiel et Otto, qui ont encore des affaires en suspens dans cette ville, je suppose.]
Subaru : [Garfiel a dit quelque chose à propos du père d'une famille avec qui il s'entendait bien là-bas qui aurait été une victime de la Luxure, et Otto… va récupérer le livre qu'il avait confié à ce restaurateur, hein ?]
Beatrice : [On dirait bien, en fait… Bon sang, quel homme rusé, je suppose.]
Gonflant ses joues, Beatrice grommela, et Subaru s'interrogea sur ses sentiments complexes à ce sujet.
Le livre, qu'Otto avait confié au restaurateur de Pristella, était l'un des Tomes de la Sagesse censés avoir été laissés par la Sorcière de l'Avarice, Echidna―― cependant, c'était le volume dont Roswaal avait hérité. Avec le désir obsessionnel de vérifier son contenu, Otto avait récupéré le livre après qu'il eut été en grande partie réduit en cendres, et si sa persévérance allait de soi, il était aussi difficile de croire aux compétences du restaurateur qui prétendait être capable de le reconstruire.
Mais, pour Beatrice, qui avait perdu son propre Tome de la Sagesse dans un incendie, cela devait la plonger dans un état d'esprit extrêmement délicat.
Beatrice : [Ne t'inquiète pas, en fait, Subaru.]
Subaru : [Beatrice…]
Beatrice : [S'il s'agit du guide de Betty pour le futur, Subaru remplit désormais ce rôle, je suppose. C'est choquant de voir la disposition démunie d'Otto alors qu'il tente de recycler des cendres brûlées, en fait. Mais, s'il peut prendre le dessus sur Roswaal, ce n'est pas un mauvais sentiment, je suppose.]
Subaru : […Je vois.]
Indifférente aux inquiétudes de Subaru, Beatrice gonfla fièrement le torse, et la trouvant incroyablement adorable, Subaru caressa la tête de son précieux Esprit contracté autant qu'il le souhaitait.
Comme mentionné précédemment, ceux qui voyageaient vers Pristella à bord de l'Express Reinhard étaient, étrangement, les mêmes membres qui s'y étaient rendus la fois précédente. Si cela avait été possible, Subaru aurait aimé mobiliser tous les membres du camp, mais il ne pouvait pas trop solliciter Ram, qui était actuellement hors service à cause du surmenage.
Quant au personnel accompagnant les autres camps, il y aurait Reinhard, chargé de tirer la diligence, et Felt, qui semblait être responsable de le superviser. ――Ensuite, il y aurait la figure centrale de cette expédition, Filóre, en tant que personne clé, et Sakura, servant de chaperon.
Subaru : [Pour être honnête, vu l'accumulation de choses à faire, je ne peux pas m'empêcher de penser que c'est peut-être beaucoup trop dangereux d'amener Felt et Filóre dans la même diligence aussi soudainement.]
Beatrice : [Cependant, d'après ce qui se dit, les deux se sont déjà rencontrées face à face, en fait.]
Subaru : [Ouais, c'était le jour où Filóre est apparue pour la première fois au Château, et quand elle a soigné Crusch-san. Ce jour-là, elles se sont rencontrées pour la première fois… il semble aussi que ce soit Felt qui ait donné une insigne à Filóre, et vérifié si elle possédait les qualifications pour être une Candidate Royale.]
Beatrice : [Cette fille est bien trop imprudente, je suppose. Habituellement, l'idée de mettre sa propre position en péril est quelque chose auquel on réfléchirait à deux fois, en fait.]
Subaru : [Pour commencer, elle n'est pas du genre à dépendre de son ascendance. Ce côté inébranlable chez elle donne vraiment une impression de classe.]
La façon de vivre résolue de Felt possédait un charisme capable d'attirer beaucoup de gens.
En réalité, ceux qui souhaitaient voir Felt monter sur le trône étaient ceux qui avaient été enchantés par ses paroles, ses actions et sa façon d'être, percevant leurs idéaux sur ces petites épaules et choisissant de la suivre.
Si c'étaient là les résultats produits par l'éclat de l'âme de Felt, sans aucun autre facteur, alors la situation actuelle équivalait à un complot inutile imposé à sa personne.
Subaru : [Felt et Filóre, laquelle est la vraie princesse, et laquelle est la fausse, je me demande ?]
Beatrice : [C'est une prémisse étrange pour commencer, je suppose. Peu importe laquelle des deux est la vraie, si elles ont l'intention de tirer parti de cette possibilité, elles devraient le proclamer plus ouvertement pour que cela ne soit pas gâché, en fait. Faire en sorte que les masses y croient, faire en sorte que les masses nourrissent des soupçons, ce serait la voie avec la plus grande utilité, je suppose.]
Plus il y pensait, plus il semblait déraisonnable de tirer parti de la théorie de la princesse survivante.
Comme le disait Beatrice, non seulement elles ne capitalisaient pas sur un avantage rare et puissant, mais si jamais il s'avérait que Felt ou Filóre était effectivement la vraie, on pourrait même dire que l'une d'elles subirait une image négative en tant que fausse évidente.
Quand il en venait à cela, la première chose qui lui pesait sur le cœur était――,
Subaru : [――Au final, à quoi pensait l'Église quand ils ont décidé de garder l'existence de Filóre secrète ?]
Selon Filóre, elle avait été abandonnée sur le seuil de l'Église quinze ans auparavant, et avait été recueillie et élevée comme orpheline au sein de la maison des enfants de l'Église du Dragon Divin. Là, elle avait reçu une éducation considérablement protégée, sans grande connaissance du monde extérieur, ce qui avait fait d'elle un monstre d'initiative ignorante.
Indépendamment du fait que son initiative soit à l'origine du désordre actuel, l'Église du Dragon Divin aurait été parfaitement au courant de son apparence physique distincte, de son âge et de son nom.
Il n'y avait absolument aucune possibilité qu'ils aient échoué à faire le lien avec la Famille Royale de Lugunica.
Sans compter que, si le Sacrement que Filóre maniait avait le pouvoir de combattre les Autorités des Archevêques du Culte de la Luxure et de la Gourmandise, n'aurait-il pas été capable d'exhiber son pouvoir contre la maladie qui avait frappé la Famille Royale ?
Dans ce cas, pourquoi l'Église du Dragon Divin avait-elle abandonné la Famille Royale de Lugunica à son sort ?
Subaru : [Tant que ce mystère restera irrésolu, personne ne sera satisfait.]
Avec la tenue de la Sélection Royale connue de tous à travers le Royaume, les citoyens de la nation prêtaient tous attention à qui monterait sur le trône à cette époque. Dans un sens positif comme négatif, les gens ne fermeraient pas les yeux sur les actions remarquables des Candidates Royales, et ils ne les oublieraient pas non plus.
C'est pourquoi il voulait savoir ce que l'Église du Dragon Divin avait en tête, quoi qu'il arrive.
À cette fin――,
Subaru : [――L'invitation de Miklotov-san était vraiment une bénédiction.]
Beatrice : [En fait.]
À côté de Beatrice, silencieuse et acquiesçante, Subaru se remémora l'événement de la veille―― lorsqu'ils avaient accompagné Filóre pour qu'elle accepte de participer à la Sélection Royale, et qu'avec Emilia, ils avaient eu un échange avec Miklotov dans l'une des salles de conférence du Château.
L'annonce fracassante de Filóre concernant le choix de son Chevalier : il avait été plongé dans un grand trouble quand cela avait été lâché, et la scène s'était finalement terminée de manière assez chaotique, mais Subaru avait tout de même réussi à en tirer un bénéfice.
Un membre important du Conseil des Sages, et probablement l'un des intellectuels les plus éminents du Royaume de Lugunica, ce Miklotov, avait accepté de libérer un peu de temps pour discuter avec Subaru.
Alors que le théâtre bruyant de Filóre faisait rage en arrière-plan, étant donné qu'il n'y avait aucun mal à demander, Subaru avait dit à Miklotov qu'il souhaitait lui parler, ce à quoi ce dernier avait gracieusement consenti.
Miklotov : [Hrrmmmm. Dans ce cas, je vous intégrerai à mon emploi du temps, Natsuki-dono. Il se trouve justement qu'il y a une affaire dont j'aimerais discuter avec vous en privé également, Natsuki-dono.]
Subaru : [Je vous suis extrêmement reconnaissant, mais… il y a quelque chose dont vous voulez me parler ?]
Miklotov : [En effet. Il y a une affaire que je souhaite vérifier, une affaire dont je souhaite vous informer, et une affaire sur laquelle je souhaite vous consulter… Je vous demande pardon, mais ce serait une bénédiction si vous pouviez vous joindre à ce vieil homme pour une longue discussion.]
Avec ces mots, Miklotov afficha un sourire qui donnait l'impression d'un vieil homme bienveillant, informa Subaru de l'emplacement de sa résidence, et fixa un rendez-vous pour leur discussion privée convenue.
Ce rendez-vous était aujourd'hui, où il était prévu qu'il parte pour Pristella après le passage de l'Heure du Feu.
Avant cette affaire de grande importance, comme Subaru l'avait promis à Miklotov, il était en route pour l'endroit spécifié seul―― non, ayant reçu la permission au préalable, il avait également amené Beatrice avec lui, alors que leurs deux cœurs battaient à l'unisson.
Subaru : [D'après ce que Miklotov-san a dit… en mettant de côté ce qu'il voulait me demander et me dire, c'est un peu effrayant qu'il dise vouloir me consulter sur quelque chose, même si j'ai aussi tout un tas de questions à lui déballer. Idéalement, j'aimerais qu'il nous montre la véritable Pierre d'Histoire du Dragon, mais…]
Beatrice : [La Pierre d'Histoire du Dragon est dite être gérée aussi strictement que le Sang du Dragon, je suppose. Cependant, si Betty pouvait en avoir un aperçu, il devrait être possible de formuler une hypothèse sur ce à quoi ressemblent ses mécanismes, en fait.]
Subaru : [Ce n'est pas comme si je pensais vraiment que la Pierre d'Histoire du Dragon est suspecte en soi, mais le fait qu'elle ait complètement ignoré l'annihilation de la Famille Royale, et qu'au lieu de cela elle ait décrit en détail la suivante Sélection Royale est, eh bien…]
Cela commençait à lui faire soupçonner qu'il pourrait y avoir une sorte de malice ou de machination derrière tout ça. Il ne voulait pas croire que même les morts de la Famille Royale avaient été orchestrées.
Subaru : [――――]
Dans le mausolée, il avait posé les yeux sur les sarcophages appartenant aux membres disparus de la Famille Royale de Lugunica. ――En considérant l'impact que les morts de la Famille Royale, largement aimée, avaient eu, surtout celui que la mort du quatrième prince avait eu sur Crusch et Ferris avec qui Subaru était bien familier, s'il y avait eu la volonté de quelqu'un interférant avec cela, Subaru ne pardonnerait jamais cette personne, quoi qu'il arrive.
Alors, cela arriva juste au moment où Subaru pensait cela, et serra fermement la main opposée à celle qui tenait celle de Beatrice.
???: [――On dirait que tu penses encore à des choses terriblement troublantes, mon ami.]
Alors qu'une voix pleine d'esprit l'interpellait soudainement sur le côté, Subaru tourna la tête de surprise. Ce faisant, ses yeux tombèrent sur un jeune homme élégant qui lui faisait signe depuis le sommet d'une intersection en T sur la route.
À cette salutation amicale, Subaru afficha un large sourire, et,
Subaru : [Mon ami ? Tu te montres bien familier tout d'un coup…]
Homme : [Oi oi oi, c'est toi qui m'as appelé comme ça en premier ! Ne me laisse pas en plan !]
Subaru : [Je plaisante. Je suis content de te revoir, Tiga.]
Un air de choc sur le visage, le jeune homme―― Tiga, fixa le visage de Subaru avec des yeux plissés alors que ce dernier tendait la main avec grâce, et après un haussement d'épaules, il serra la main tendue.
Avec l'échange réussi de la poignée de main, la revalidation de leur amitié était terminée, cependant,
Tiga : [Il semble que vous soyez aussi de bonne humeur, Mademoiselle Beatrice. C'est un honneur de vous rencontrer à nouveau.]
Beatrice : [Il n'y a aucune objection de la part de Betty non plus, je suppose… Cependant, pourquoi es-tu ici, en fait ?]
Tiga : [Eh bien, permettez-moi de vous retourner la question. Bien qu'il ne s'agisse pas d'une filature, au cas où, c'était censé être une convocation confidentielle.]
Subaru : [Confidentielle… pas possible, ne me dis pas que tu as aussi été invité par Miklotov-san ?]
Tiga : [――. Donc cela voudrait dire, toi aussi ?]
Les yeux de Subaru et Tiga s'écarquillèrent alors qu'ils pointaient leurs doigts l'un vers l'autre, et Beatrice, debout entre eux, se dressa sur la pointe des pieds pour atteindre leurs bras et les abaisser.
En la voyant aider avec ce geste mignon, Tiga expira un doux « Ha », et,
Tiga : [Wow, et je me suis paniqué en pensant que j'étais suivi. Peu importe comment on regarde les choses, tu n'amènerais pas une enfant avec toi si tu étais en train de filer quelqu'un, c'est ce que je me suis dit, mais… peu importe, je laisse tomber.]
Subaru : [Quoi, ne t'arrête pas en si bon chemin. Je ne vais pas m'énerver alors crache le morceau.]
Tiga : [Vraiment ? Je suppose que je vais le dire alors, mais, je me suis dit que si c'était le célèbre Lolimancien, Natsuki Subaru, alors ça pourrait être un jeu d'enfant pour toi d'amener une enfant tout en filant quelqu'un activement…]
Subaru : [Connard, qui traites-tu de Lolimancien, espèce de bâtard !]
Tiga : [Je l'ai dit seulement parce que tu as dit que tu ne t'énerverais pas !]
À ce pseudonyme honteux qui refaisait surface pour la première fois depuis un moment, l'indigné Subaru tenta de se jeter sur l'autre partie. Mais, Tiga esquiva habilement les deux mains de Subaru avant de se cacher rapidement derrière Beatrice.
Observant cette lutte rafraîchissante et futile, Beatrice fit face à Subaru et haussa les épaules,
Beatrice : [Cette affaire ne progressera pas autrement, alors vous devez vous réconcilier ici même, je suppose. Subaru doit agir comme un adulte, en fait.]
Subaru : [Tsk, très bien. Je suis un adulte, alors je ne veux pas qu'on me dise ceci ou cela par toi alors que tu es faite pour imiter une enfant. Après tout, je suis un adulte.]
Tiga : [Je ne pense pas qu'un adulte aurait besoin de faire un tel étalage sur à quel point il est adulte, pour l'amour du dragon.]
Se redressant, Tiga rajusta son chapeau tout en pointant son menton dans la direction de leur destination commune, à l'intersection où ils s'étaient arrêtés.
Tiga : [Nous nous dirigeons vers la même destination. Et probablement, l'heure fixée est aussi la même. Allons-y ensemble.]
Subaru : [Ça m'est égal, mais dans ce cas, il n'aurait pas eu besoin de faire cette spécification bizarre sur le fait que je vienne seul. Ça n'aurait pas été bien si Emilia-tan ou Rem étaient venues avec moi ?]
Tiga : [En mettant Rem de côté, Emilia-sama est ta maîtresse, correct ? Traînerais-tu vraiment avec elle pour tes propres courses ?]
Subaru : [Ce ne serait pas traîner avec elle, je ne veux juste pas quitter son côté ne serait-ce qu'un instant si je peux l'éviter.]
Tiga : [C'est――]
Répondre à la plaisanterie par la plaisanterie. Bien que Subaru ait simplement eu l'intention de riposter dans cet échange, la bouche de Tiga se ferma comme s'il était à court de mots, et pendant un moment, il évita le contact visuel.
Voyant cette réaction, Subaru échangea des regards avec Beatrice, et pencha la tête de confusion.
Subaru : [Qu'est-ce qui ne va pas ? Je t'ai fait peur avec mon grand amour pour Emilia-tan et les autres ?]
Tiga : [Ce n'est pas que ton grand amour ou peu importe comment tu l'appelles était effrayant. Simplement, cette affection pesante, Subaru, elle a touché une corde sensible dans mon cœur que même moi je ne comprends pas totalement… quelque chose comme ça.]
Subaru : [――. J'apprécie le sentiment, mais j'ai déjà beaucoup de gens à qui j'ai donné mon cœur, alors…]
Tiga : [Prétendre être tout dévoué, pour ensuite enchaîner avec la déclaration d'un salaud !?]
Sentant que leur rapport habituel était revenu, Subaru sourit à la répartie sentimentale de Tiga. Depuis le début, il l'avait pensé comme une personne sur des longueurs d'onde similaires aux siennes, et effectivement, mon ami n'était pas juste pour la frime.
Tiga fut aussi pris par le sourire de Subaru, souriant alors qu'il écartait le malaise d'un instant plus tôt.
Beatrice : [Ça suffit avec les réjouissances de vous deux, je suppose. C'est en vue, en fait.]
À un moment donné, Beatrice avait commencé à marcher un peu plus loin devant Subaru et Tiga, et maintenant debout au virage de la rue, elle leur fit signe de la main. Avec de longues enjambées rapides, Subaru et Tiga se dépêchèrent aussi vite qu'ils le pouvaient sans se mettre à courir, et arrivèrent tous deux aux côtés de Beatrice à peu près au même moment.
Puis, à la périphérie du Quartier Noble, trouvant l'adresse désignée et un grand manoir avec la couleur de toit correspondante qu'on lui avait indiquée, il devina que ce devait être la résidence de Miklotov.
Subaru : [Tiga, qu'est-ce que tu avais à discuter avec Miklotov-san ?]
Tiga : [Le consulter sur quelque chose que je recherche, je suppose. Et vous deux, Subaru ?]
Subaru : [Beako et moi poursuivons une grande quête historique, nous voulions poser des questions sur divers aspects sombres du Royaume, et nous allions aussi voir si nous pouvions peut-être obtenir juste un seul aperçu de la Pierre d'Histoire du Dragon.]
Tiga : [Je vois. Donc ça renvoie à ces choses troublantes que tu disais plus tôt. J'offre cet avertissement par considération, mais il serait préférable que tu ne parles pas de tes plans concernant la Pierre d'Histoire du Dragon si négligemment dans la――]
Rue ; juste au moment où il tentait de conclure sa phrase, Tiga coupa ses mots là.
Subaru et Beatrice se retournèrent, se demandant ce qu'il en était, et alors qu'ils étaient sur le point de passer par le portail d'entrée du manoir de Miklotov, Tiga s'arrêta net, fixant les murs de pierre environnants.
Puis, avec une vigilance certaine dans son profil gracieux, il murmura.
C'était――,
Tiga : [――C'est mauvais, l'odeur du sang est dans l'air.]
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Beatrice dans sa main gauche, Guiltywhip dans sa droite. ――Avec ces deux partenaires fiables fermement équipés dans ses mains, Subaru retint son souffle et s'avança dans les lieux imprégnés de l'odeur du sang.
???: [――Subaru, ne t'éloigne pas de moi. On couvrira les angles morts de l'autre.]
Celui qui s'adressait à lui d'une voix aussi étouffée était Tiga, montant la garde à l'avant de leur formation.
Restant bas par rapport au sol et effaçant le bruit de ses pas alors qu'il marchait, dans la main de Tiga se trouvait une épée qu'il avait dégainée en un mouvement fluide et silencieux―― un croissant d'argent qui taillait des arcs profonds et tranchants : ce qu'il saisissait était un shamshir.
De l'air de son comportement, Subaru pouvait présumer qu'il était un maître accompli de cette lame incurvée, et eut une pensée malvenue que Filóre avait un bien mauvais œil pour les Chevaliers.
Subaru : [――――]
À travers leurs mains jointes, les anxiétés de Beatrice et Subaru se transmirent l'une à l'autre.
Heureusement, grâce à Beatrice, qui était bien plus composée que Subaru, ils réussirent à éviter de tomber dans une spirale vicieuse où leurs anxiétés étaient réciproquement élevées par celles de l'autre, semblable à une Autorité de la Colère auto-infligée.
――Le manoir de Miklotov avait été transformé en une scène si hideuse qu'elle lui donnait envie de détourner les yeux.
Ayant pénétré dans le manoir par l'arrière, ils avaient déjà découvert plus de dix personnes, mais chacune d'entre elles avait déjà rendu son dernier souffle, des cadavres hideusement massacrés, chacun tué d'un seul coup.
Que ces coups qui n'avaient pas infligé de souffrance dussent être qualifiés de miséricorde, ou que la domination totale qui ne permettait aucune démonstration de force dût être évaluée comme impitoyable, il ne pouvait trouver aucun mot d'adieu pour orner ceux qui avaient péri.
Simplement, avec le souffle frais et vibrant de la mort si proche, le cœur de Subaru battait comme s'il était sur le point d'éclater.
Subaru : [――――]
La situation avait déjà éclipsé la capacité de Subaru. Ayant atteint un tel jugement, il était convaincu que la meilleure ligne de conduite serait de quitter immédiatement le manoir et de chercher de l'aide et des renforts ailleurs.
Mais en même temps, il y avait certainement une chance qu'ils puissent encore sauver des vies en avançant maintenant.
C'était parce que――,
Subaru : [Ils ont tous été tués il y a peu de temps.]
Beatrice : […Nous sommes d'accord, en fait. S'il y avait ne serait-ce qu'une seule personne encore en train de respirer, je suppose…]
Ils découvrirent la marque d'une entaille gravée dans le mur du couloir, et les restes d'une autre personne effondrée directement en dessous. Un grand coup de balayage avait été déclenché, et avait obliquement tranché cette personne avec le mur derrière lui.
Tranché par une entaille diagonale, le sang du corps regrettable n'avait pas encore séché, et l'odeur sanglante teintée de chaleur possédait l'odeur écœurante caractéristique d'un cadavre, particulière dans la façon dont la vitalité de ce qui était vivant il y a quelques instants se mêlait à la mort.
Subaru : [Ça m'énerve que mes expériences dans l'Empire entrent en jeu à un moment comme celui-ci…]
Dans la vie de Natsuki Subaru, il existait une vue des plus atroces, des plus infernales―― bien que cela le troublât grandement, c'était le massacre macabre sur l'Île des Gladiateurs, où une montagne de cadavres avait été érigée à partir des visages qu'il connaissait bien. La calamité causée par l'accursé Todd Fang avait réduit le monde de Subaru en cendres à travers d'innombrables morts.
Là, il avait vu beaucoup de morts. C'est pourquoi il pouvait la reconnaître. Environ combien de temps auparavant les vivants avaient été transformés en morts, et environ combien de souffrance ils avaient éprouvée avant de passer l'arme à gauche.
Subaru : [Ils… n'ont pas souffert.]
Cela portait maintenant le nombre de cadavres qu'ils avaient trouvés dans le manoir à treize, mais pas un seul d'entre eux n'avait souffert. Cependant, il était incapable de dire si c'était le résultat de la miséricorde ou de l'habileté.
Le fait qu'ils soient morts sans souffrir ne servirait probablement que de consolation aux cœurs de ceux qui étaient capables de le constater, comme lui-même. Orgueilleux ; même à un moment comme celui-ci, cette malédiction de Ferris traversa son esprit.
Pourquoi était-ce ? Peut-être était-ce parce qu'il pensait que celui qui avait dit qu'il détestait la mort plus que tout au monde serait capable de comprendre Subaru, qui se sentait actuellement totalement impuissant face à cette tragédie.
Subaru : [Merde.]
Tout en étant accablé par le sentiment de nausée et de perte auquel il ne pouvait toujours pas s'habituer, malgré avoir été témoin d'un nombre incalculable de morts, Subaru ferma les paupières des morts, et avança.
La raison pour laquelle il refusait de se retirer était parce que la possibilité demeurait que quelqu'un survive encore au milieu de cette tragédie qui venait tout juste de commencer.
Il ne voulait pas se retirer et permettre que cette possibilité de vie soit détruite.
En plus――,
Subaru : [――Miklotov-san, est quelqu'un dont ce pays a encore besoin.]
Certes, Subaru n'avait en aucun cas échangé beaucoup de mots avec Miklotov.
Le Conseil des Sages : il ne possédait pas un seul bon souvenir de ces hommes qui se tenaient au zénith de ceux possédant de l'acuité au sein du Royaume.
Simplement, parmi les quelques points de contact et les souvenirs maculés de pensées négatives qu'il préférerait oublier, il y avait certainement quelque chose dont Subaru se souvenait.
Miklotov : [À tout le moins, il a montré que vous n'êtes pas le genre de demi-elfe tant craint par le monde. ――Vous avez un fin serviteur.]
Quand la conduite honteuse de Subaru fut mise à nu devant un grand nombre de personnes par son éclat égotiste, et qu'il fut chassé de la salle du trône sans qu'aucun allié ne reste, ce furent les mots qui avaient été prononcés.
Jusqu'à maintenant, ce moment, cet instant précis, il ne s'en était pas souvenu. ――Cependant, ce jour-là, à cet endroit, il y avait eu quelqu'un qui avait vu les actions de Subaru à travers une perspective différente de tout le monde.
Il avait échoué à réaliser cela. Mais, pourquoi cela avait-il été ? Quoi qu'il en soit, Subaru était reconnaissant.
Subaru rembourserait Miklotov avec une fortune surpassant ce sentiment de salut.
Tiga : [――Subaru, Mademoiselle Beatrice.]
Se raffermissant avec une résolution et une détermination fermes, Subaru utilisa cela comme motivation pour s'empêcher de s'enfuir. Appelant Subaru et Beatrice se trouvait Tiga, qui avait atteint un ensemble de portes énormes.
Il ne pouvait pas prétendre avoir examiné chaque recoin du manoir, mais il avait fini de vérifier toutes les grandes chambres. Pour autant que la disposition du manoir était concernée, la pièce même devant ses yeux était celle qui servirait de lieu de refuge en cas d'urgence.
Par conséquent, cette pièce était l'endroit le plus probable pour que le maître du manoir s'y trouve――,
Subaru : [――Hk !]
Sans un mot d'avertissement, immédiatement après un signe de tête l'un à l'autre, ils plongèrent à travers la porte ouverte avec Tiga comme avant-garde.
Dès qu'ils entrèrent, la première chose sur laquelle ses yeux se posèrent fut un grand et énorme drapeau du Royaume de Lugunica étalé sur le mur blanc à l'intérieur de la modeste pièce―― celui qui représentait une épée unique en son centre, et deux dragons se faisant face de chaque côté, avait été fendu en deux en diagonale, avec l'une des moitiés tombant au sol.
Et là, il pouvait voir, avec le drapeau national qui s'était affaissé au sol semblant envelopper leur corps, un individu unique qui semblait avoir subi la même entaille, mort avec leur dos contre le mur dans une mare de leur propre sang.
Subaru : [――Aah.]
Un gémissement s'était involontairement échappé du fond de sa gorge.
Une silhouette était inclinée contre le mur, leur tête basse et leur visage n'était pas clairement visible. Et pourtant, il savait exactement qui c'était. Même la barbe blanche distinctive qui rendait impossible de les confondre avec un autre avait été trempée dans la vaste quantité de sang qui avait jailli, la tachant d'un rouge vif.
C'était Miklotov McMahon, ne devant plus jamais se relever―― une fin impitoyable qui était arrivée bien trop soudainement pour le grand sage qui avait soutenu le Royaume de Lugunica pendant si longtemps.
Cependant, néanmoins, même cette mort, même cette fin, ne servait pas de raison au gémissement de Subaru.
La raison pour laquelle Subaru avait gémi n'était pas parce que Miklotov avait été la victime. ――C'était à cause de l'assaillant.
Au centre de la pièce, directement devant le cadavre du défunt Miklotov qui était apparemment enveloppé dans la bannière diagonalement bissectée, se tenait la silhouette de l'assaillant, leur dos tourné.
Sur un dos mince et bien proportionné, se balançaient de beaux cheveux vert foncé captivants. Les courbes de son corps, abondantes en féminité, ne pouvaient pas être totalement dissimulées par sa tenue bleu foncé, peignant une esthétique de vertu déchue sur cette scène terrible.
Et, pas une seule goutte de sang ne s'accrochait à la longue épée droite et tranchante serrée par sa main. ――C'était seulement naturel. Car les coups de son épée taillaient à travers ses adversaires non pas avec de l'acier, mais avec du vent.
Subaru : [――――]
Aghast, Subaru et les autres restèrent immobiles alors qu'elle tournait lentement la tête vers eux. Avec un œil couvert par un cache-œil, la beauté en tenue d'homme les captura dans son œil restant de teinte ambrée――,
Femme : [――Ah, Natsuki Subaru, n'est-ce pas ? ――Prie de dire, es-tu vraiment le « vrai » que je connais ?]
――À cette requête de Crusch Karsten, au milieu du spectacle horrible de sang et de mort rampants, ce qui s'échappa de la gorge de Natsuki Subaru, ne fut rien de plus qu'un gémissement pathétique.