Chapitre 674
« Ah. »
Lorsqu’il comprit où se trouvait la rune qu’il avait absorbée, un grondement sourd lui échappa.
Il devait trouver le noyau, forcément enfoui quelque part à l’intérieur.
Le golem de sable gigantesque faisait deux fois la taille de Su-ho.
La créature qui s’était ruée sur lui avec férocité.
Le soleil brûlant se leva, et la chaleur fit fondre la glace qui recouvrait son corps.
Alors, comme s’il tombait, il descendit et enfonça la main dans le corps de la créature.
Je dois tenir.
Étrangement, le froid semblait plus mordant que celui de la veille.
Sentant que quelque chose clochait, les autres loups attaquèrent tous en même temps.
À cet instant.
Il envisagea de verser le sang des loups sur sa gorge desséchée et son visage, mais renonça vite à cette idée.
Il se concentra, encore et encore, pour tenter d’absorber la rune qui se trouvait dans son cœur.
De plus, aucune notification n’avait annoncé que l’épreuve prendrait fin s’il l’absorbait avant l’heure.
Boum !
C’était aussi pour cela qu’ils étaient les serviteurs que les mages et les alchimistes convoitaient le plus.
Voilà pourquoi les golems, influencés par leur environnement, étaient difficiles à combattre.
Pourtant, l’épreuve n’était pas terminée.
« Grrrraaaah ! »
Il n’avait donc pas d’autre choix que de trouver lui-même le noyau.
Il fit donc de son mieux pour ignorer la douleur atroce qui déferlait en lui et se concentra autant que possible sur les loups.
« Argh… Ah… »
Il ne l’évita pas.
Au même instant, la créature perdit l’équilibre et s’effondra en un amas de sable mouvant.
C’était donc pour cela qu’elle s’était logée dans son cœur.
La douleur atroce qui lui transperçait tout le corps persistait, mais il reporta son attention sur les loups.
Il les affrontait depuis le royaume de l’Union du Corps et de l’Épée, où il ne faisait plus qu’un avec sa lame.
Il avait l’impression qu’une graine venait d’être plantée.
La poussière et le sable se dispersèrent dans toutes les directions.
C’était toi, l’important.
À chaque effondrement suivi d’une reconstitution, son corps semblait grandir peu à peu.
Mais la Rune du Géant, qui se déchaînait en battant à contretemps, ne s’apaisait pas facilement.
Enfin, il ne fit plus qu’un avec la Rune du Géant.
Il estima qu’au lieu de lui faire simplement éclater la tête, il devait d’abord trouver le noyau quelque part dans son corps.
Où se trouvait-il ?
Oui.
C’était étrange.
Comme transpercé par une lance ou une lame, le tranchant de la main de Su-ho traversa le corps du loup.
Mais la créature était désormais trop énorme pour qu’un seul coup de poing en arrache un morceau.
Pourtant, il ne réagit pas.
Il ouvrit les yeux sur le paysage assombri et chercha la source du bruit.
Ça se compliquait.
Il entrouvrit également les yeux.
Le golem de sable semblait garder l’ultime étape de ce périple.
Malgré tout, c’était mieux qu’hier.
Lorsque les deux fréquences s’accordèrent, une résonance immense se produisit.
Sa tête éclata.
« Grrrraaaaaah ! »
Une légère vibration.
Boum !
Le grondement commença au loin.
À la place, il recroisa les jambes et se concentra.
Voir une fois valait mieux qu’entendre cent fois.
Son poing s’abattit sur le sol, faisant vibrer le sable.
Pourquoi fallait-il que ses capacités soient limitées justement maintenant ?
Quelque chose se trouvait clairement sous terre : la terre se fendait sur son passage, et pourtant, on ne voyait pas son véritable corps.
C’était Su-ho.
Si c’était ce qu’il voulait, Su-ho entrerait volontiers dans son jeu.
Sans s’éloigner de plus de trois pas de cet endroit, il agitait ses mains sans relâche, tel Avalokiteshvara aux mille bras, et les affrontait.
La douleur qui l’avait précipité en enfer pendant trois jours disparut comme si elle n’avait jamais existé, et l’air du désert ne le menaçait plus.
Oui.
Mais il avait beau attaquer, le corps de la créature était devenu si grand que ses coups de poing directs et ses coups de pied ordinaires ne pouvaient plus lui infliger les dégâts écrasants des premières attaques.
Elle n’avait appris ni les arts martiaux ni les techniques de combat. C’était un simple golem qui fonçait sur lui en s’appuyant uniquement sur ses capacités physiques.
Il fronça les sourcils.
La rune commença à s’infiltrer en lui pour de bon.
Un grondement sourd lui échappa.
Si seulement nos corps avaient au moins la même taille… !
À vrai dire, le sable jaillit comme si une canalisation refoulait, puis il enfla encore et encore, jusqu’à former une silhouette humaine gigantesque, à laquelle se dessina même un visage.
« Grrr. »
Rrrrroum !
La douleur prit fin.
Le froid s’abattit.
Une vibration, comme un bloc de fer qui se tordait, naquit dans ses os. Son sang bouillonnait et roulait dans son corps comme des pierres sur le sol.
Grâce à cela, il put se concentrer uniquement sur la rune ; enfin, le troisième soleil commença à se lever.
Au moment précis où il s’accrochait à sa conscience en se répétant ces mots, une longue ombre s’étendit sur le désert.
Il s’éloigna aussitôt de la créature.
Il ne pouvait pas utiliser d’épée.
D’autres invités sont arrivés.
Où avait-elle caché son noyau ?
Le paroxysme de la douleur commença.
Pour réussir l’épreuve, il devait donc absorber complètement la Rune du Géant et survivre trois jours dans cet endroit.
Pourtant.
À peu près au moment où cette pensée lui traversa l’esprit, le corps du golem de sable se reconstitua.
Plus aucun invité indésirable ne se manifesta ensuite.
Oui, avec ça… !
Les loups s’étaient déjà rassemblés autour des carcasses de vers des sables complètement desséchées.
À sa grande surprise, c’étaient des loups.
Il devait tenir bon.
Jusqu’à ce que le sable se remette à vibrer et que la créature grandisse encore.
Au contraire, il était content de les voir.
Il se propulsa aussitôt vers elle et lui enfonça le pied dans la tête.
Le soleil se leva entièrement.
Bon sang.
Encore moins face à de simples loups.
« Haa… »
Elle n’était pas morte ?
Il ne la sentait pas.
Rrrrrroum !
Il se concentra.
La créature se redressa en poussant ce qui ressemblait à un cri.
Boum !
Elle semblait exiger une douleur encore plus vive.
C’est ce qu’il pensa.
Heureusement, aucun autre invité indésirable ne se manifesta.
Avait-elle senti l’esprit combatif de Su-ho ?
Su-ho tint bon.
Il referma les yeux.
C’était un golem de sable.
Le golem de sable avait la même apparence qu’avant.
Alors, c’est toi, le dernier invité.
L’avait-il vaincu ?
Il devait tenir bon et résister pour absorber entièrement cette rune.
À la place, il attendit le tout dernier instant, forma une lame avec sa main et la planta sèchement dans le torse de la créature.
La Rune du Géant lui revint soudain à l’esprit.
La créature, qui s’était approchée tout près de Su-ho, leva le poing et l’abattit sur lui.
Su-ho retomba à sa place, le visage impassible.
Mais au lieu de se plaindre, il chercha la solution.
Le monde s’éclaircit.
Son corps grandit encore.
Des empreintes nettes se dessinèrent dans le sable.
Cette rune lui semblait quelque peu différente de celles qu’il avait utilisées jusque-là.
Bientôt, alors que plus de la moitié des loups qui l’avaient attaqué étaient morts, le chef donna le signal de la retraite.
Lorsqu’il ouvrit les yeux, il vit sa peau complètement desséchée, les mirages qui commençaient à onduler et le sable, qui avait gelé puis dégelé à plusieurs reprises.
Le golem de sable se redressa en poussant un cri étrange.
Le bruit de son cœur et celui de la rune finirent par s’accorder.
Il n’avait pas l’intention de mourir après être arrivé jusque-là.
Il ouvrit lentement les yeux.
Il avait bel et bien absorbé la Rune du Géant.
Sa vision se brouilla, et seul un battement sourd, semblable à un tambour, résonna dans ses oreilles.
C’est alors que cela se produisit.
Oui.
Ça allait.
Une silhouette humaine apparut au milieu d’eux.
La créature projeta de nouveau son poing vers lui.
Le soleil du deuxième jour commença à se coucher.
Puisque vous venez, attaquez tous en même temps.
Ce n’était pas par peur, mais parce qu’il souffrait.
Il frappa donc d’abord la jambe de la créature pour la lui briser.
Sa vitesse n’avait pas diminué malgré sa taille accrue.
C’était la Rune du Géant.
Il n’essuya pas le sang qui lui maculait le visage et les mains.
Il se concentra ensuite sur la Rune du Géant, qui battait en parfaite harmonie avec son cœur.
Il ne fit pas que la transpercer : sa main la traversa de part en part et ressortit de l’autre côté.
Cette fois encore, il prit appui sur le corps de la créature, grimpa et lui fit d’abord éclater la tête.
Parce qu’on lui avait dit que l’épreuve prendrait fin au bout de trois jours.
Il plissa les yeux.
À cet instant, l’un des loups bondit le premier.
Mais après avoir pris une longue inspiration, il leva de nouveau les deux poings.
C’est alors que cela se produisit.
Une brève expiration lui échappa.
Il aurait aimé avoir l’Œil de la Colère ou l’Œil du Maître de nuit, mais, malheureusement, ses pouvoirs étaient alors limités.
Il ne les détestait pas.
Mais c’étaient bel et bien des prédateurs redoutables appelés loups du désert. Qu’ils aient senti le sang de Su-ho ou l’odeur des vers des sables, ils avaient déjà les yeux rivés sur lui.
Boum !!
C’était le bon choix.
Peu après, quand elle entra entièrement dans le champ de vision de Su-ho, quelque chose jaillit de la terre fendue.
Pan !
La douleur persistait.
Ce n’est pas là ?
« Ah. »
Il se concentra sur la rune et rassembla toutes ses forces pour ne faire qu’un avec elle.
À l’aube.
Tous ses pouvoirs étaient limités, mais celui-ci était nouveau : il l’avait obtenu après l’apparition de cette restriction.
Le loup du désert qui semblait être le chef gronda sourdement. À son signal, tous les autres s’écartèrent largement et commencèrent à s’approcher de Su-ho.
Enfin, il n’avait pas détruit son noyau.
Cette sensation était vivifiante.
Comme un nouveau-né, la rune n’obéissait qu’à ses propres désirs.
Des loups dans le désert ?
Il décida de le faire.
Il reprit sa garde.
Ça se complique.
Su-ho fendit le nuage de sable et de poussière et courut le long du bras de la créature.
Su-ho l’évita tout en frappant différentes parties du corps de la créature.
Quelque chose d’incroyable se produisit.
Absorber complètement la Rune du Géant.
Ses mouvements n’avaient rien de particulier.
Le corps du golem de sable se tordit de nouveau.
Car tant que le matériau qui constituait leur corps se trouvait à proximité et que leur noyau demeurait intact, ils ressuscitaient sans fin pour tenter d’accomplir la mission qui leur avait été confiée.
Il serra les dents si fort qu’elles semblaient sur le point de tomber en poussière.
Si le Démon de l’Épée avait vu ça, il aurait souri de satisfaction.
Tiens bon.
Lorsqu’il tourna la tête, il vit la terre se fendre tandis que quelque chose approchait.
Au contraire, la taille de son poing avait augmenté : il devait simplement esquiver une zone plus large.
Sans l’enseignement du Démon de l’Épée, maintenant qu’il ne pouvait plus manier d’épée, il aurait été, pour reprendre les termes crus de leur conversation, un « infirme ».
Voilà pourquoi un son lui échappa sans même qu’il s’en rende compte.
Mes pouvoirs sont tous scellés en ce moment, et je ne serais donc même pas capable de m’occuper d’un type comme toi ?
Le poing de la créature s’abattit de nouveau.
Une fois encore, il se sentit reconnaissant envers le Démon de l’Épée.
Il bougea lentement les pieds.
Pourtant, son corps avait doublé de taille.
À peu près à ce moment-là, le monde devint silencieux.
Su-ho se redressa lentement.
La taille du corps ?
Le soleil disparut complètement, et la nuit tomba.
Il lui suffisait de trouver le noyau et de le détruire.
Sa taille n’était pas la seule à avoir augmenté. Tout son corps s’était agrandi, en épaisseur comme en largeur.
C’est alors que cela se produisit.
Ses jambes tremblèrent.
Non, il essaya.
Comme si la volonté d’un géant cherchait à bouleverser puis à réécrire le sang et les os de Su-ho.
Avait-il échoué à le trouver ?
Il l’évita.
Car chaque blessure sur le corps des loups semblait avoir été causée par une entaille ou une perforation.
Oui.
Parce que tous ses pouvoirs lui étaient interdits.
Son cœur atteignit sa fréquence maximale, indépendamment de sa volonté.
Une nouvelle lumière s’étendit sur le désert bleu sombre.
Il estima qu’il devait accorder à son propre pouls celui qui battait à contretemps, puis le ramener à un rythme régulier.
L’épreuve était-elle terminée, alors ?
Il tenta de garder les yeux fermés et de maîtriser sa respiration. Même si ce n’était que très légèrement, il s’efforça de réduire peu à peu l’écart entre le rythme irrégulier et le rythme régulier.
La dissonance assourdissante qui régnait dans le corps de Su-ho finit elle aussi par s’apaiser.
Pourtant, ces choses ne le dérangeaient plus.
Qu’est-ce que c’était ?
La Rune du Géant commença à répondre à l’appel de Su-ho.