Chapitre 168
Traducteur : Athena13
Éditeur : Silavin
Correcteur : p4553r
Shizuka attendait dans sa boutique, comme à son habitude, lorsqu’elle aperçut Akira. Alors qu’elle s’apprêtait à l’appeler, elle se ravisa en remarquant qu’il agissait bizarrement.
Akira semblait un peu effrayé en entrant prudemment dans la boutique ; il regardait autour de lui comme s’il cherchait quelqu’un. Après avoir confirmé que la personne qu’il cherchait n’était pas là, il poussa un soupir de soulagement, bien que son visage trahît un certain conflit intérieur.
« Bienvenue ! »
Shizuka lui adressa un sourire accueillant. Akira eut un sursaut et lui rendit un sourire maladroit. Shizuka trouva cela étrange, mais pour l’instant, elle était soulagée de voir son sourire. Akira ne dégageait plus cette atmosphère tendue qu’il exsudait lors de sa dernière discussion avec Elena et Sara.
Même après qu’Akira se fut approché du comptoir, il sembla vouloir dire quelque chose tout en hésitant à se lancer. Shizuka était curieuse, mais pour le moment, elle décida de simplement sourire et de lui offrir son service habituel.
« Alors, de quoi as-tu besoin aujourd’hui ? Même si j’ai l’impression que c’est un peu tôt pour que tu viennes chercher des munitions, après tout, il n’y a pas si longtemps que tu es passé. Ah, ou alors tu es juste venu pour discuter ? Si c’est le cas, ça ne me dérange pas du tout, tu sais. »
« Ah, non, euh, je suis là pour des munitions. »
« C’est vrai ? Je pensais que tu en avais acheté assez la dernière fois pour ton nouvel équipement. Tu as fait une requête d’extermination de monstres pour te familiariser avec ta nouvelle combinaison augmentée ou quelque chose du genre, et tu en as consommé beaucoup ? »
« Eh, ah, eh bien, euh, des choses sont arrivées, tu vois. »
« C’est ça ? Dans ce cas, l’habituel te convient ? »
« Non, euh, j’aurais peut-être besoin d’autres choses aussi... »
Akira semblait un peu effrayé en passant sa commande. Shizuka l’écoutait calmement, mais intérieurement, elle était assez surprise. Elle ne pensait pas qu’il aurait besoin d’une nouvelle cartouche de réparation pour sa combinaison augmentée, d’un remplacement pour la balle perforante anti-champ de force qu’il avait achetée comme porte-bonheur, ainsi que de balles et de cartouches d’énergie suffisantes pour une bataille normale, et ce, si rapidement.
Shizuka fronça légèrement les sourcils et dit :
« Je suis désolée, mais je ne peux pas te fournir la cartouche de réparation immédiatement. C’est un article assez coûteux, donc je ne l’ai pas en stock dans ma boutique. Mais si tu en as besoin de toute urgence, je passerai une commande express... »
Akira secoua la tête, confus.
« Ah, c’est bon ! Je n’en ai pas besoin si urgemment. Je me disais juste que je devais en acheter pendant que j’ai l’argent et l’occasion, tant que j’y pense. »
« Très bien. Dans ce cas, je passerai une commande normale pour la cartouche de réparation. Tu peux prendre le reste sans problème. Tu achètes pas mal de choses cette fois-ci, alors si tu es venu avec ton véhicule, peux-tu l’amener à l’arrière de la boutique ? »
Shizuka sourit en disant cela, ce à quoi Akira répondit avec embarras :
« Ah, euh, euh... D’accord. »
Akira s’affaissa légèrement comme s’il avait abandonné et sortit pour amener son véhicule à l’arrière de la boutique.
Akira chargeait ses munitions et ses autres fournitures dans son véhicule. Shizuka, qui l’observait, lui demanda alors nonchalamment :
« Dis, Akira, ce véhicule est un modèle de location, n’est-ce pas ? Qu’en est-il de celui que tu avais pris chez moi ? Tu l’as envoyé en réparation ou quelque chose comme ça ? »
Akira s’arrêta et évita de regarder Shizuka dans les yeux en répondant :
« Non, en fait, euh... Je suis désolé, je ne peux plus utiliser celui-là... »
« Qu’est-ce que tu veux dire par là... ? »
« Euh, des choses sont arrivées. »
Akira ne mentait pas ; le véhicule qu’il avait acheté à Shizuka n’était plus utilisable. Mais cela s’était produit il y a quelques batailles déjà. Pour être plus précis, ce véhicule avait été détruit lorsqu’Akira avait combattu ce monstre à prime. Il pensait en acheter un similaire bientôt, ou un meilleur, pour s’en servir d’excuse afin de remplacer celui qu’il avait reçu de Shizuka, mais avant cela, son nouveau véhicule avait lui aussi été détruit juste après, emportant avec lui toutes les munitions et les médicaments qu’il contenait. C’était pour cette raison qu’il achetait de nouvelles fournitures aujourd’hui.
À en juger par la réaction d’Akira, Shizuka pensa qu’il ressemblait à un petit garçon effrayé à l’idée de dire la vérité. Et lorsqu’elle devina la raison, elle dit à Akira, comme pour le calmer :
« Dis, Akira, à propos de la dernière fois. Est-ce que tu détestes Elena et Sara maintenant après ce qui s’est passé ? Si c’est le cas, je ne te forcerai pas à te réconcilier avec elles, mais j’espère que tu comprendras qu’Elena et Sara n’ont pas agi par malveillance. Elles étaient juste inquiètes pour toi, même si ça ne t’a peut-être pas plu. »
Akira pensait qu’il allait se faire gronder pour avoir perdu son véhicule. C’est pourquoi il fut légèrement surpris lorsque Shizuka aborda le sujet ; il secoua la tête avec confusion et dit :
« Pas du tout. Pour être honnête, je crains même que Sara-san et Elena-san ne me détestent maintenant, car j’ai eu l’impression d’être assez impoli alors qu’elles essayaient seulement de m’arrêter parce qu’elles s’inquiétaient pour moi. Et comme elles l’ont dit, ça n’en valait vraiment pas la peine... J’ai peut-être été un peu trop émotif à ce moment-là. Je sais que je peux être un peu têtu parfois, même s’il est peut-être trop tard pour le dire maintenant... »
Akira semblait abattu et paraissait se sentir mal pour ce qu’il avait fait. Shizuka, en voyant cela, lui sourit pour lui remonter le moral.
« Je ne sais pas ce qui est arrivé pour que tu perdes ton véhicule, mais je suis contente que tu ailles bien. Tu es blessé ? »
« Ah, pas du tout, je vais bien. »
« Alors c’est tout ce qui compte. Prends bien soin de toi. Je dirai au moins à Elena et Sara que tu n’es pas si contrarié par la dernière fois. Tu avais l’air un peu effrayé en entrant, après tout, donc je parie que tu te sens mal à l’aise de venir dans ma boutique maintenant. »
Shizuka eut un sourire amer en disant cela, et Akira lui répondit avec un sourire tout aussi amer.
« Je suis désolé et merci. »
« Ne t’en fais pas, je m’assurerai de les prévenir. Ne t’inquiète pas, elles ne sont pas en colère contre toi. Donc tout ira bien. »
Akira parut visiblement soulagé. En voyant cela, Shizuka sourit joyeusement et dit :
« Mais quand même, je suis vraiment contente que ton amitié avec Elena et Sara ne soit pas rompue. Si vous étiez en mauvais termes, ce serait gênant pour vous deux de venir dans cette boutique et cela nuirait à mon chiffre d’affaires. »
Shizuka sourit en disant cela, et Akira lui rendit son sourire.
Après qu’Akira eut chargé toutes ses nouvelles munitions et ses autres fournitures dans son véhicule, il rentra directement chez lui. Shizuka le salua avec un sourire, mais une fois qu’Akira fut hors de vue, son sourire s’assombrit légèrement.
« Ça n’en valait pas la peine, hein... »
Shizuka avait remarqué qu’Akira avait tué Alna.
Akira semblait un peu plein de regrets lorsqu’il avait dit que cela n’en valait pas la peine. Shizuka pariait que ce devait être la raison pour laquelle Akira avait perdu son véhicule et était venu ici aujourd’hui pour acheter des fournitures. Elena et Sara avaient essayé de l’arrêter, et Shizuka elle-même lui avait dit d’y réfléchir sérieusement, mais malgré cela, il était quand même allé tuer ce pickpocket. À en juger par sa réaction la dernière fois, Shizuka pensait qu’il était peu probable qu’ils trouvent une solution pacifique à cette affaire. Cette fois, il avait retrouvé son calme au point de pouvoir dire qu’il avait peut-être été un peu têtu à l’époque. Ce qui rendait probable le fait qu’il ait retrouvé son calme après avoir tué ce pickpocket.
Si c’était vraiment le cas, cela expliquerait pourquoi Akira semblait un peu effrayé en entrant dans la boutique. Il avait ignoré les avertissements de ses proches pour aller tuer ce pickpocket, donc il devait se sentir mal à l’aise de les rencontrer maintenant. Ou du moins, c’est ce que l’intuition de Shizuka lui soufflait.
À partir de cette supposition, Shizuka réfléchit. Bien qu’elle n’éprouvât aucune sympathie pour le pickpocket qu’Akira avait tué, elle se sentait triste pour Akira, qui l’avait tué. Akira était devenu assez fort pour acheter un équipement de 400 millions d’Aurum, et même après avoir acquis une telle puissance, le danger et la perte potentiels liés au meurtre de ce pickpocket n’avaient pu l’en empêcher.
La puissance apporte normalement une certaine marge de manœuvre et de tolérance. Mais la puissance qu’Akira avait acquise ne suffisait pas à lui offrir assez de recul pour laisser tomber l’affaire avec le pickpocket. L’esprit d’Akira était toujours bloqué comme s’il vivait encore dans les bidonvilles.
Shizuka se sentit triste en pensant à la force dont Akira avait besoin pour pouvoir simplement rire de ce genre de situation, et au nombre de fois où on lui avait rappelé sa faiblesse au point qu’il aspirait inconsciemment à plus de puissance.
« ...Je suppose que, pour l’instant, je dois le faire savoir à Sara et Elena dès que possible, hein. »
Se morfondre ne changerait rien. Afin de passer à autre chose pour son propre bien, ainsi que pour celui d’Elena et de Sara, Shizuka décida qu’elle devait leur annoncer, avec le sourire, que leur dernière conversation avec Akira n’avait rien d’inquiétant. Shizuka pensa cela alors qu’elle retournait à sa boutique avec un léger sourire.
—*—*—*—
Yatsubayashi disposait à la fois d’une salle d’expérimentation et d’une salle de traitement dans sa clinique. Il traitait les gens qui venaient dans sa clinique soit dans la salle d’expérimentation, soit dans l’autre pièce, selon la somme qu’ils pouvaient lui payer. Et comme sa clinique se trouvait dans les bidonvilles, la plupart des gens qui s’y rendaient étaient envoyés dans la salle d’expérimentation.
Il y avait aussi une autre pièce dans sa clinique, une salle spéciale où les gens ne pouvaient pas entrer par hasard. Ce n’était ni une salle d’expérimentation, ni une salle de traitement. À l’intérieur de cette grande pièce, toutes sortes d’appareils mystérieux étaient alignés. Au milieu de la pièce se trouvait un lit, et Tiol était assis dessus.
Tiol regardait simplement devant lui avec un regard vide, comme s’il rêvassait. Bien que ses mains et ses jambes fussent attachées avec de l’acier épais, il ne semblait pas du tout s’en soucier. Il était juste assis là, l’esprit absent.
Il n’y avait pas de fenêtre dans cette pièce. Les murs étaient insonorisés, donc aucun son ne pouvait entrer, et comme Tiol restait assis là en silence, la pièce était incroyablement silencieuse. Dans cette pièce isolée, Tiol regarda soudainement vers la porte. C’est alors que la porte s’ouvrit et que Yatsubayashi entra.
« Je suis là avec ta nourriture. »
Lorsque Yatsubayashi entra dans la pièce avec la nourriture, Tiol avait déjà repris son regard vide tourné vers l’avant.
Yatsubayashi s’assit devant Tiol et utilisa la fourchette métallique pour le nourrir. Lorsqu’il le fit, Tiol ouvrit la bouche et dévora la nourriture, en même temps que la fourchette métallique.
Yatsubayashi regarda la fourchette qui avait perdu sa tête et marmonna :
« Je suppose que cela signifie que c’est encore un échec, hein. »
Lorsque Yatsubayashi tendit à nouveau la fourchette décapitée à Tiol, celui-ci commença à manger la fourchette également. Après cela, il mangea aussi la nourriture que Yatsubayashi avait apportée, ainsi que l’assiette métallique qui avait servi à la transporter. Yatsubayashi tint soigneusement l’assiette pour ne pas se faire manger la main et la retira rapidement lorsque Tiol eut fini l’assiette aussi.
Une fois qu’il eut fini de manger, Tiol fixa Yatsubayashi. Bien qu’il regardât correctement Yatsubayashi, il n’y avait aucune émotion dans son regard ; c’était comme s’il regardait simplement quelque chose près de lui. Même lorsque Yatsubayashi essuya la bouche de Tiol, celui-ci ne montra aucune réaction.
Yatsubayashi fronça les sourcils et parut assez déçu.
« Eh bien, c’est encore un échec, c’est certain. J’étais pourtant sûr que ce serait un succès. Ses blessures sont parfaitement guéries et il ne semble pas y avoir d’effets secondaires physiques néfastes. Mais je suppose que le médicament a affecté son cerveau, hein ? Je suppose que cela signifie que je devrais tout recalculer, en commençant par son effet sur le cerveau. Ou est-ce que je n’ai pas complètement éliminé les nanomachines et qu’elles l’affectent encore ? Je n’ai aucune réponse, je suppose que je vais continuer à l’observer pour le moment. »
Yatsubayashi soupira. Il se leva ensuite et se dirigea vers la porte. Avant d’atteindre la poignée, il regarda Tiol.
« Tiol-kun, c’est toi qui m’as dit que ça ne te dérangeait pas de participer à mon expérience tant que je te guérissais. J’ai fait de mon mieux, alors ne m’en veux pas, d’accord ? À demain, donc. »
Yatsubayashi se contenta de dire cela et quitta la pièce avec un sourire. Les lits de patients de sa clinique étaient remplis après tout le tumulte de la veille. Il ne pouvait pas les ignorer pour le simple plaisir de récolter de l’argent pour sa propre expérience, alors il était très occupé ce jour-là. À cause de cela, il ne pouvait pas passer son temps à observer Tiol.
Tiol fut une fois de plus laissé seul dans la pièce. Le silence était revenu, et Tiol regardait à nouveau devant lui avec un regard vide, sans rien dire. Soudain, il regarda les menottes à ses mains, ouvrit grand la bouche et sectionna ces menottes d’un coup de dents.
—*—*—*—
Tomejima s’arrachait les cheveux, au sens figuré bien sûr, dans son bureau du quartier inférieur. C’est alors que Colbert entra ; Tomejima le regarda immédiatement et dit :
« Comment ça s’est passé ?! »
Colbert regarda le visage désespéré de Tomejima et secoua légèrement la tête.
« J’ai mené mon enquête, mais rien n’en est ressorti. Je n’ai pas pu les trouver ni les contacter. Ils pourraient tout aussi bien être déjà morts. »
« Bon sang, encore une fois, hein !! »
Tomejima baissa à nouveau la tête, un léger désespoir se mêlant à son visage extrêmement tourmenté.
« Calme-toi, est-ce vraiment si grave ? »
« Ça fait déjà 10 personnes, tu sais ? On a pratiquement perdu 10 crédits de personnes !! Tu penses qu’on perd combien d’argent en ce moment, à ton avis ?! »
Colbert avait reçu pour mission de Tomejima de recouvrer certaines dettes. Ses cibles étaient des Hunters et d’anciens Hunters. Comme ce genre de personnes a tendance à causer des problèmes, Tomejima avait demandé à Colbert, qui était lui-même un Hunter, de récupérer leurs dettes.
Mais ces gens avaient disparu maintenant. Bien que, pour être plus précis, Tomejima et Colbert avaient une petite idée de l’endroit où ils étaient allés. Ils avaient très probablement été tués lors de cette bataille entre la famille Ezont et Haurias l’autre jour. Leurs corps étaient peut-être même mélangés à l’un de ces innombrables cadavres éparpillés dans la base de la famille Ezont.
Colbert additionna légèrement toutes les dettes que ces personnes avaient et fronça les sourcils.
« Leurs dettes n’atteignent même pas 1 milliard, pourtant. Tu n’acceptes pas d’habitude ce genre de crédits, tu sais. »
« J’ai vraiment besoin d’argent en ce moment, peu importe la somme... »
« Hmm ? Je ne me souviens pas que ton entreprise soit dans une si mauvaise situation, pourtant. »
Le visage de Tomejima se contracta.
« ...J’ai fait quelques paris sur cette bataille, tu sais. »
« Eh bien, c’est plutôt malheureux, alors. »
Colbert comprit la raison pour laquelle Tomejima semblait si abattu et lui adressa un sourire ironique.
La famille Ezont et Haurias avaient extorqué beaucoup d’argent aux entreprises sous leur contrôle pour alimenter leur combat ; ils avaient également contracté un gros prêt auprès de sociétés de crédit comme celle de Tomejima, promettant de rembourser cet argent avec intérêts une fois qu’ils auraient gagné. Ils avaient aussi promis d’autres avantages une fois qu’ils auraient pris le contrôle total du quartier inférieur après avoir écrasé l’autre camp. C’est ainsi qu’ils avaient à moitié menacé ces entreprises pour qu’elles leur prêtent de l’argent.
Certes, cela rapporterait beaucoup d’argent à ces entreprises si la famille Ezont ou Haurias gagnait le conflit. Mais avec deux camps presque aussi puissants l’un que l’autre, il était difficile de prédire qui gagnerait. Sans compter que s’ils ne prêtaient pas leur argent au groupe qui finirait par gagner, cela causerait beaucoup de problèmes à ces entreprises par la suite ; ils n’avaient donc pas d’autre choix que de miser sur l’un d’eux. C’était le genre de pari qu’ils faisaient.
À cause de cela, certaines entreprises refusèrent de parier. Elles choisirent de prêter une petite somme d’argent aux deux camps ; bien qu’elles perdraient une partie de leur argent à la fin du combat, elles pourraient au moins garder de bonnes relations avec le camp vainqueur. Beaucoup d’entreprises adoptèrent cette approche, et Tomejima était l’une d’entre elles.
Certaines des personnes qui avaient décidé de placer leur argent des deux côtés avaient des liens avec Viola. Viola leur avait dit de continuer à prêter de l’argent aux deux camps pour s’assurer que le conflit se transforme en une bataille à grande échelle. Grâce à cela, Haurias et la famille Ezont furent capables de déployer beaucoup de combinaisons motorisées lors de cette bataille. Comme Viola l’avait prédit, avec autant d’argent investi pour alimenter ce combat, cela s’était effectivement transformé en une bataille à grande échelle.
À cause de cela, les deux gangs subirent de lourdes pertes, au point qu’ils étaient pratiquement finis. Ainsi, ceux qui avaient misé sur les deux camps perdirent beaucoup d’argent à cause de ce résultat. On pourrait dire qu’ils furent aussi les victimes des agissements de Viola.
Colbert essaya de remonter le moral de Tomejima.
« Très bien, très bien, ça me causerait aussi des ennuis si ton entreprise faisait faillite. Je vais aller les chercher à nouveau. Mais n’en attends pas trop, d’accord ? Si on a de la chance, on pourra au moins retrouver leurs cadavres. »
« Ouais, je compte sur toi. Et aussi, prends tout ce que tu peux. »
« Juste pour que tu saches, ce ne sera pas gratuit, d’accord ? »
« Ça dépendra de ton résultat. »
Tomejima avait toujours la tête basse alors qu’il faisait un léger signe de la main à Colbert. Colbert eut un sourire ironique et quitta la pièce.
—*—*—*—
Sheryl était assise dans l’une des pièces de son gang, Viola était assise en face d’elle. Bien qu’elle souriât, Sheryl semblait légèrement agacée, car elle n’avait pas une bonne impression de la personne en face d’elle. Viola était légèrement amusée par cela, elle se contenta de lui rendre son sourire en l’ignorant.
« C’est bon de savoir que tu vas bien, alors comment va ta blessure ? »
« Je me suis déjà fait soigner, donc ce n’est pas un problème du tout. »
« Je vois. Eh bien, nous serons sous ta responsabilité à partir de maintenant. »
« De même, je serai aussi sous ta responsabilité, patronne. »
Tout comme elle l’avait promis à Akira, Viola était venue ici pour aider le gang de Sheryl. Bien qu’elle prît essentiellement le commandement du gang, elle décida de travailler sous les ordres de Sheryl. C’est pourquoi elle appelait Sheryl « patronne ».
Bien que ce ne fût qu’en apparence, avec cela, Sheryl avait à la fois Akira, qui était une personne dangereuse et instable, et Viola, qui était une personne très malveillante, sous sa coupe. Une telle rumeur s’était déjà répandue, ce qui poussa tous les gangs aux alentours à se concentrer sur le sien. Mais bien sûr, c’était Viola qui avait répandu cette rumeur.
Sheryl regarda Viola avec un regard sévère.
« Laisse-moi te prévenir, cependant : Akira m’a demandé de te surveiller. Il m’a même dit que j’étais autorisée à te tuer si je le voulais. Et même si c’était impossible pour moi, il m’a dit de lui donner une raison de te tuer et il le ferait lui-même. Alors assure-toi de ne rien tenter de bizarre. »
Sheryl déclara clairement qu’elle pouvait facilement décider de la vie ou de la mort de Viola ; elle fit aussi cela pour évacuer sa colère contre elle. Si Viola avait semblé un peu décontenancée après cela, cela aurait aidé Sheryl à se sentir mieux. Mais cela n’arriva pas.
« Tu peux laisser tomber le titre honorifique. Nous allons travailler ensemble pendant longtemps, après tout, alors oublie les titres. »
Viola sourit nonchalamment en disant cela. Elle poussa ensuite un objet ressemblant à un livre vers Sheryl.
« Qu’est-ce que c’est ? »
« Mon travail est d’aider ce gang. Donc c’est par là que je commence. C’est une liste de tes ressources et dettes actuelles. »
Sheryl prit le livre, confuse, et commença à le lire.
« J’aurais pu t’envoyer les données que tu aurais pu lire avec un terminal d’information, mais j’ai pensé que tu aurais une meilleure compréhension si c’était présenté sous forme de documents comme celui-ci. Et ne t’inquiète pas, je t’enverrai aussi les données plus tard. »
Alors que Sheryl commençait à lire et à comprendre le contenu du livre, son visage commença à pâlir.
« Tu pourrais penser que c’est assez grave, mais c’est déjà basé sur un calcul assez naïf, tu sais ? Après tout, il n’y a pas d’intérêts et pas de date limite pour rembourser. Si tu montres ça à l’une de ces sociétés de crédit, je suis sûre qu’elles riraient de toi. »
Le livre contenait une liste détaillée de l’argent que le gang de Sheryl devait à Akira pour avoir soutenu son gang, gardé sa boutique, entraîné Erio et les autres enfants, sauvé Sheryl, et il y avait encore beaucoup d’autres faveurs que le gang avait reçues d’Akira. Cela montrait combien le gang de Sheryl devait à Akira en termes simples d’argent. Si on l’interprétait de manière négative, on pourrait dire que le gang était lourdement endetté envers Akira.
« Je sais que les gens disent souvent qu’il n’y a rien de plus cher que ce qui est gratuit, mais malheureusement, beaucoup de gens ne comprennent pas combien ils doivent aux autres à cause de cela. Donc j’ai traduit cela en argent pour te rappeler combien tu dois à Akira. Je suis sûre qu’il y a beaucoup de gens dans le gang qui ne comprennent pas tout à fait cela, ah, mais bien sûr, ce n’est pas ton cas, n’est-ce pas ? Je parle des autres enfants ici. »
Sheryl fit de son mieux pour afficher un visage calme alors qu’elle marmonnait le montant total d’une voix légèrement tremblante.
« ... 3 milliards et 800 millions d’Aurum, hein ? »
La plus grosse dette venait du jour où Akira avait sauvé Sheryl. Cela avait coûté à Sheryl 1 milliard d’Aurum. Sheryl n’avait pas assez d’informations pour décider si ce chiffre était correctement calculé ou non.
« Si tu as le moindre doute, tu peux me le dire. Je clarifierai immédiatement. »
Viola sourit nonchalamment ; à l’inverse, Sheryl était à peine capable de lui rendre son sourire tout en la fixant. Même si elle trouvait que certains enregistrements n’étaient pas correctement calculés, dire à Viola de réduire le chiffre signifiait aussi accorder moins de valeur à Akira. Sheryl ne pouvait pas se permettre de faire cela, et elle comprenait bien que Viola le savait aussi lorsqu’elle l’avait provoquée.
« Ah, au fait, j’ai envoyé ces données à Akira. J’enverrai aussi les nouvelles données si nous voulons faire des révisions, alors ne t’inquiète pas pour ça. »
Sheryl parut surprise pendant une fraction de seconde. Mais sa colère montante fit se raidir son visage. Sa main se serra en un poing alors qu’elle serrait les dents.
Bien que Sheryl eût dit qu’elle avait le dernier mot sur la vie ou la mort de Viola, avec cet échange, tout cela n’avait plus aucun sens. Viola était là pour aider le gang de Sheryl à cause de l’accord qu’elle avait avec Akira. Son travail ici était d’aider Akira à obtenir plus d’avantages de tous les investissements qu’il avait faits dans le gang de Sheryl.
Donc, en gros, pour que Sheryl puisse tuer Viola, elle devait trouver une raison qui dépassait le profit que Viola apportait à Akira. Si elle demandait à Akira de tuer Viola, cela pourrait même être interprété comme lui demander de jeter 3,8 milliards d’Aurum par les fenêtres. Sheryl ne voulait même pas imaginer comment Akira réagirait si elle disait cela.
Sheryl sourit froidement. Elle ne pouvait pas cacher sa colère, alors son expression était calme et froide.
« ...Je vois. »
Sheryl remarqua le changement en elle dû à sa colère. Sa colère, qui flamboyait comme si elle était sur le point d’exploser, fut remplacée par une rage extrêmement froide.
Elle s’inclina ensuite poliment devant Viola.
« Je sais que je manque d’expérience sur beaucoup d’aspects en ce qui concerne la gestion d’un gang. Mais je ferai de mon mieux, je serai sous ta responsabilité. »
Sheryl sourit froidement, elle prit la résolution d’apprendre tout ce qu’il fallait pour ne plus avoir besoin de Viola.
« Bien sûr, faisons de notre mieux ensemble à partir de maintenant. »
Viola sourit de manière inquiétante. C’était comme si elle disait que Sheryl ne serait pas capable de le faire, et cela fut parfaitement transmis à Sheryl.
Sheryl et Viola continuèrent à parler dans cette pièce. Non loin de là, Carol discutait avec les autres enfants en attendant Viola. Carol possédait une beauté qui attirait les gens, une silhouette qui accentuait encore davantage sa beauté, et une combinaison augmentée manifestement conçue pour attirer le sexe opposé. Avec ces trois facteurs réunis, elle attirait beaucoup d’attention au sein du gang.
Carol souriait de manière invitante aux jeunes garçons qui avaient plus ou moins le même âge qu’Akira, et confirma qu’Akira était bel et bien un cas particulier. Elle récoltait des informations sur Akira et remarqua que la plupart des jeunes garçons se concentraient sur le décolleté visible à travers la grande ouverture de sa combinaison augmentée ; elle pensa alors que cela aurait été génial si Akira était aussi simple.
Comme Carol avait une beauté que l’on ne trouvait que chez les femmes mûres, aucune autre fille du gang ne pouvait l’égaler. Grâce à cela, elle attirait vraiment l’attention des garçons du gang. Même Erio ne put résister indéfiniment à l’attraction de la poitrine de Carol, son regard dérivant vers celle-ci, mais au moment où il remarqua qu’Alicia le regardait, il ne put s’empêcher d’être confus et fit de son mieux pour s’excuser auprès d’elle.
Carol utilisait les garçons du gang de Sheryl pour confirmer sa capacité de séduction, puis elle remarqua Colbert entrant dans la pièce où elle se trouvait.
Colbert remarqua aussi immédiatement Carol et fronça les sourcils.
« Bon sang, c’est plutôt froid de ta part de me regarder comme ça. »
« Tu ne connais même pas ta mauvaise réputation, hein ? »
« Mauvaise réputation ? Juste pour que tu saches, beaucoup de mes clients me donnent de bonnes critiques, d’accord ? »
« Je sais que tu t’entends souvent avec cette Viola, et cela suffit en soi à être une mauvaise nouvelle. Je ne dirai rien de mal sur toi ou quoi que ce soit. Mais juste pour te prévenir, tu devrais t’abstenir de te mêler de ce gang, ça ne te vaudra qu’un aller simple pour l’au-delà, tu sais. »
« Oh là là, je ne ferais pas quelque chose comme ça, n’est-ce pas ? »
Entre l’avertissement de Colbert et la séduction de Carol, la plupart des garçons prirent le parti de Carol. Carol sourit et Colbert soupira d’exaspération.
« Alors, Colbert, pourquoi es-tu ici ? »
« J’ai une petite requête à demander au gang de Sheryl... Eh bien, en gros, ça a quelque chose à voir avec Viola. »
Colbert savait qu’Akira était derrière le gang de Sheryl. Bien qu’il ne voulût pas s’impliquer avec Akira si possible, il était quand même venu demander au gang de Sheryl d’effectuer un travail pour lui. C’était simplement parce que Viola lui avait dit de le faire.
Bien que Colbert se méfiât de Viola, il ne pouvait pas se permettre de couper les ponts avec elle. Carol comprit à quel point son amie était dangereuse et sourit, amusée.
—*—*—*—
Akira chevauchait sa moto à travers les terres désolées. Il se dirigeait vers les ruines de Kuzusuhara. Il reprenait enfin son activité de Hunter après avoir terminé tous ses préparatifs.
La moto n’était pas une moto de location. Bien que les ruines de Kuzusuhara ne fussent pas des ruines inexplorées, il aurait été dangereux pour lui d’y aller avec une moto de location, car cela laisserait une trace de son itinéraire dans la moto.
Akira avait acheté cette moto parce qu’Alpha le lui avait suggéré. C’était une moto assez imposante conçue pour les Hunters. Elle avait deux bras attachés à l’arrière qui étaient connectés au dispositif de contrôle de la moto. Akira avait équipé ces bras de son minigun DVTS et de son lance-grenades automatique A4WM. Le blindage de son corps était fait de la même armure à champ de force que son manteau, et il était également contrôlé par le dispositif de contrôle de la moto. Comme d’habitude, Alpha avait le contrôle total de ce dispositif.
Akira chevauchait joyeusement sa nouvelle moto tout en traversant les terres désolées, mais une question lui vint soudain à l’esprit.
« Alpha, bien qu’il soit peut-être trop tard pour que je demande ça, était-il vraiment important que je dépense autant d’argent pour cette moto ? »
« Oui. Alors arrête de remettre ça en question, d’accord ? Il y a beaucoup d’endroits dans la partie intérieure des ruines de Kuzusuhara où tu ne peux pas emmener ton véhicule, tu sais. Donc c’est mieux d’y aller à moto, même si c’est effectivement une moto assez chère pour ton budget actuel. »
Akira avait épuisé presque tout son argent pour acheter cette moto. Il avait même dû utiliser ses économies d’urgence pour cela. Grâce à cela, oublie la cartouche de réparation de sa combinaison augmentée, il pourrait même ne pas être capable de payer son loyer du mois prochain. Il avait hésité au début, mais comme Alpha avait dit qu’il serait dangereux d’y aller avec son véhicule, il avait fini par acheter cette moto.
« La dernière fois que j’ai eu aussi peu d’argent, c’était à l’époque où j’allais chercher des reliques pour pouvoir payer le loyer de la chambre du lendemain, hein ? Je dois m’assurer de rentrer à la maison avec des reliques cette fois-ci. Ça ira, n’est-ce pas ? »
Akira jeta un coup d’œil à Alpha qui flottait à côté de la moto en marche. Elle sourit avec assurance et dit :
« Bien sûr, laisse-moi faire. »
Akira sourit légèrement. Pour le moment, il n’avait pas d’autre option que de faire confiance à ce sourire confiant d’Alpha.
« Très bien, eh bien, j’avais dit que je te ferais confiance pour cette affaire de toute façon. »
« Oui, c’est ça ! »
Akira et Alpha se sourirent légèrement alors qu’Akira se dirigeait tout droit vers les ruines de Kuzusuhara.