« Tu ne m'as pas entendu, gamin ? » demanda Jacob en marchant vers le petit garçon qui semblait pétrifié sur place.
L'enfant eut un hoquet et tenta de s'enfuir à nouveau, mais il ne fut pas assez rapide. Jacob le saisit par le col et le souleva, ses petites jambes s'agitant avec toute la force qu'il pouvait rassembler.
« Voyons un peu ce que tu as là », dit Jacob en lui arrachant son sac.
« Non... s'il vous plaît ! » cria presque le garçon. « C'est pour ma mère, je vous en supplie, ne le prenez pas, monsieur », ajouta-t-il en commençant à sangloter.
Jacob observa le garçon, plus attentivement cette fois. Il était petit et sale, des traces de larmes coulant sur son visage. Il le reposa et s'accroupit.
« Dis-moi, gamin. Comment t'appelles-tu ? » demanda-t-il.
Le garçon se frotta lentement les yeux, essayant d'essuyer ses larmes. « E—Eren », parvint-il à dire.
« Eren, hein ? Je maintiens ma position, Eren : voler est mal. Tu ne devrais voler personne, quoi qu'il arrive. Les gens travaillent dur pour obtenir ces choses, et toi, tu arrives et tu les leur dérobes... Dis-moi, est-ce que c'est juste ? »
Le garçon continua de sangloter : « Je suis désolé monsieur, je ne suis pas une mauvaise personne, je vous le promets... c'est juste que... ma maman est malade, elle n'a pas mangé depuis un moment. Je ne veux pas qu'elle meure », dit-il en levant les yeux vers Jacob, le visage en désordre.
Jacob étudia le garçon un instant. Dans sa vie passée, il connaissait très bien les enfants de ce genre qui étaient d'excellents acteurs.
Ils pleuraient toutes les larmes de leur corps pour un mensonge. Il ne se laissait pas berner facilement.
« Eren. Emmène-moi voir ta mère », dit Jacob au petit garçon. S'il mentait vraiment, il ne serait sûrement pas allé jusqu'à engager une femme pour jouer la malade au lit, et certainement pas dans un délai aussi court.
Le garçon regarda Jacob avec une expression confuse. Il s'essuya les yeux et demanda : « Monsieur, allez-vous l'arrêter ? »
« L'arrêter... non ! Quoi ? » Jacob fronça les sourcils. « Est-ce que j'ai l'air d'un de ces officiers, gamin ? »
« Eh bien... un peu. »
Jacob ricana : « Emmène-moi, c'est tout. Tu verras bien quand nous y serons. »
Ils traversèrent quelques ruelles sombres et arrivèrent devant une petite porte en bois, une porte qui semblait ne pas avoir été changée depuis des décennies.
Le garçon ouvrit la porte lentement, révélant une pièce faiblement éclairée où Jacob distinguait à peine l'intérieur. Il baissa la tête pour franchir le cadre de la porte et remarqua immédiatement une femme allongée sur le lit. Elle gémissait doucement, comme si elle souffrait.
Elle n'était pas vieille, elle semblait avoir le même âge que sa mère. Elle avait de longs cheveux bruns, et ses pommettes ainsi que ses clavicules étaient très saillantes.
Jacob secoua la tête. Il savait désormais qu'Eren ne mentait pas.
« Mère, je suis rentré », annonça Eren alors qu'ils entraient tous deux dans la petite pièce. « Je t'ai apporté à manger du marché. »
La seule réponse qu'il obtint fut un sifflement provenant de sa gorge.
« Elle est trop faible pour parler, mais je m'en fiche. Une fois qu'elle ira mieux, elle parlera à nouveau », dit Eren.
Jacob regarda la femme avec pitié, puis observa la pièce. Il n'y avait rien de particulièrement remarquable. C'était un petit espace, pas même un quart de sa propre chambre. La situation lui rappelait sa vie passée, quand lui et sa mère vivaient dans une misère noire. Il fit la promesse silencieuse de ne jamais vivre ainsi, même s'il s'agissait d'une mise en scène.
« Oh, et regarde, maman, j'ai amené un ami. Il s'appelle... comment vous appelez-vous, monsieur, si cela ne vous dérange pas ? »
« Jacob, je m'appelle Jacob », répondit enfin Jacob en se présentant.
« Eren, je vais essayer quelque chose, et je veux que tu me promettes que si ça marche, tu n'en parleras à personne », dit Jacob en lançant un regard sérieux au garçon.
« Tant que ça aide ma maman, monsieur. Pas un mot de ma part », répondit Eren en mimant un geste de fermeture éclair sur ses lèvres.
« Malin, le gamin. »
Jacob regarda alors la femme et, d'une simple pensée, fit apparaître l'interface de son système.
« Système. »
<Oui Hôte, comment puis-je vous aider ?>
« Analyse soigneusement cette femme devant moi, dis-moi ce qui ne va pas chez elle et s'il est possible de la guérir. »
<Affirmatif>
<Analyse en cours 1%...25%...50%...75%...100%>
<Analyse terminée>
<Le sujet est atteint de la Peste Sombre>
<Les symptômes incluent une perte d'appétit, une perte de la parole, une perte de l'ouïe, une cécité temporaire, un manque de mobilité, une perte des fonctions cognitives, une constipation sévère et une douleur atroce. Après trois semaines, le sujet décédera>
« Eren, depuis combien de temps ta mère est-elle malade ? »
« Ça fait deux semaines maintenant, monsieur », répondit Eren, ignorant ce que faisait Jacob.
Jacob détourna à nouveau son regard : « Système, quel est le remède contre la Peste Sombre ? »
<La Peste Sombre ne peut être guérie qu'avec l'Élixir d'Alvira, fabriqué à partir de l'Herbe d'Alvira, qui confère une pureté totale contre les ténèbres>
« Élixir d'Alvira, puis-je utiliser ma capacité d'Alchimie pour raffiner l'herbe d'Alvira en élixir ? »
<Oui Hôte>
« Maintenant, où puis-je trouver l'Herbe d'Alvira ? » réfléchit Jacob en se caressant le menton un instant.
<À ce jour, vous avez 5000 Herbes d'Alvira stockées dans votre espace de stockage Infini. Selon les directives du Régulateur, elles ont été placées là comme mesure pour vous soigner au cas où vous seriez un jour atteint par la Peste Sombre>
« Oh, comme c'est pratique ! »
« Quoi... que faites-vous, monsieur ? » demanda Eren, surpris par l'exclamation soudaine de Jacob.
« Tu verras », répondit Jacob en lui souriant.
« Système, raffine ces herbes et produis cinq élixirs. »
<Raffinage des herbes 1%...10%...20%...30%...40%...50%...60%...70%...80%...90%...100%>
<Vous avez produit avec succès 5000 Élixirs d'Alvira>
<Le talent d'Alchimie a augmenté de cinq niveaux>
Jacob sortit prudemment de son espace de stockage cinq flacons compte-gouttes infusés de cristal contenant un liquide bleu et les posa sur une petite table.
La mâchoire d'Eren se décrocha en voyant l'adolescent aux cheveux blancs sortir ces flacons de nulle part.
Jacob saisit l'un des flacons, redressa la mère d'Eren et lui fit avaler le liquide bleu.
« Monsieur, qu'avez-vous fait ? Que va-t-il se passer maintenant ? » demanda Eren, les larmes aux yeux.
« Eh bien, j'ai créé une potion de soin et je la lui ai donnée. Ce n'était rien de spécial, vraiment. Ça devrait faire effet dans environ... »
La femme toussa bruyamment, encore et encore, ses yeux s'ouvrirent, elle se tint la poitrine, se tourna sur le côté et vomit un liquide sombre sur le sol.
« ...voilà », dit Jacob en souriant.
« Mère... » dit Eren en se jetant sur la femme, l'étreignant très fort.
« Eren ! Mon fils ! » s'exclama-t-elle en sanglotant.
« Je n'aurais jamais pensé te revoir. »
Tous deux pleurèrent de joie pendant un moment.
« Merci infiniment, monsieur, je... » Eren se tourna pour remercier Jacob, mais il avait disparu.
Il s'était volatilisé aussi vite qu'il était apparu. Le garçon eut l'air si confus qu'il murmura pour lui-même : « Où est-il passé ? »
« Qu'est-ce qu'il y a, Eren ? » demanda sa mère.
« Il y avait un homme ici juste à l'instant, c'est lui qui vous a guérie. »
« Oh... »
« Oui, oui, il a utilisé ceci », Eren alla là où les quatre flacons d'Élixir restants étaient posés sur la table et trouva un sac en cuir à côté.
Il l'ouvrit prudemment, ses yeux s'écarquillant sous l'éclat doré qui en émanait.
Jacob leur avait laissé dix mille pièces d'or dans un sac avant de disparaître.
Eren courut à l'extérieur de la maison mais ne trouva personne. Il leva simplement les yeux vers le ciel et murmura : « Je vous retrouverai et je vous remercierai moi-même un jour, monsieur. »
Jacob était déjà de retour sur les routes principales, une seule pensée en tête.
« Il faut que je rentre à la maison d'hôtes rapidement, avant de devoir affronter la colère de Xenia. »