« Qui est là... Oh, Jacob ! Quelle agréable surprise. » Alaric s'éclaircit la gorge ; le garçon n'était jamais venu dans son bureau auparavant.
« Alors, c'est donc lui, le génie dont tout le monde parle », pensa Savant tandis que Jacob s'avançait vers la table d'un pas lent et gracieux, une démarche bien peu adaptée à un enfant de dix ans.
« J'ai surpris votre discussion avec votre invité et j'ai pensé à intervenir ; après tout, il s'agit de moi », dit Jacob en se tenant aux côtés de son grand-père, ses yeux bleu vif fixés intensément sur le chef de secte.
« Eh bien Jacob, notre invité est Savant Hardin, le chef de la secte la plus puissante du monde », répondit Alaric en guise d'introduction, les sourcils froncés un instant avant de se détendre.
« Ravi de te rencontrer, Jacob », dit Savant.
« Tout le plaisir est pour moi. »
« Son assurance... elle ne correspond pas à son âge. Je me demande ce que je pourrais apprendre d'autre sur lui », songea Savant, les yeux plissés, observant le garçon avec attention.
« Alors... » commença Jacob, « si des décisions me concernant sont prises, j'aimerais les entendre. »
« Tu sembles bien confiant pour ton âge. Comprends-tu ce qui se discute ici ? » lui demanda Savant.
« Bien sûr que je comprends. Corrigez-moi si je me trompe, mais vous essayez de convaincre mon grand-père de me confier à votre secte, n'est-ce pas ? »
Alaric regarda le garçon, stupéfait par une telle manière de parler ; selon lui, aucun enfant ne devrait faire preuve d'une telle maturité. Il fixa le garçon un instant, puis éclata de rire.
« Ho ho ho ! Voilà un vrai Ironfell, je savais que tu avais ça en toi, fiston ! » Il rugit en tapotant le dos de Jacob, reculant sa chaise comme pour dire : « Vas-y, gère ça. »
Jacob regarda son grand-père, sourit timidement, puis se tourna vers l'autre homme.
« J'y ai réfléchi, et si vous voulez vraiment que je rejoigne votre secte, j'ai une proposition », lui dit Jacob.
« Et quelle est ta proposition ? »
« Je rejoindrai votre secte à mes dix-huit ans, mais je ne vivrai pas dans votre enceinte. J'aurai la liberté d'aller où je veux, et je n'intégrerai votre secte que sous un pseudonyme. »
« ... »
Un silence tomba dans la pièce.
Savant regarda Alaric, puis le garçon, puis de nouveau Alaric.
« Gamin, comprends-tu les exigences que tu imposes ? » demanda Savant en plissant les yeux, concentré sur Jacob.
« Oui, je comprends, et je ne compte pas changer d'avis. »
« Che ! » Savant manqua de jurer. Il regarda Alaric, qui haussa les épaules en disant : « Tu as entendu le garçon. »
Après un bref moment de réflexion, Savant répondit : « Je suis prêt à accepter ton offre, mais avant cela, je devrai constater ta puissance par moi-même, pour voir si tu es bien ce que l'on dit. »
Jacob s'attendait à moitié à ce que l'homme lui demande pourquoi il voulait un pseudonyme, mais il ne le fit pas. Jacob garda donc ses raisons pour lui ; en vérité, la seule raison pour laquelle il voulait rejoindre la secte sous une autre identité était que, toute sa vie, on l'avait traité comme quelqu'un doté d'une puissance immense, respecté et craint. Il voulait goûter à la vie d'un roturier, ne serait-ce que pour un court instant.
« Et comment comptez-vous faire cela ? Vous voulez faire un duel avec moi ? »
« Un duel avec moi ? Oh non, j'enverrai l'un des génies de ma secte. Si tu peux le battre, alors j'accepterai ton offre », répondit Savant en riant de la question du garçon.
« Et si je ne gagne pas ? »
« Tu connais déjà la réponse. »
Jacob hocha la tête et regarda l'homme se lever lentement.
« Eh bien, puisque nous en avons terminé, attends-toi à son arrivée dans la semaine. » Savant se dirigea vers la porte et saisit la poignée. « J'espère que tu ne me décevras pas, Jacob Ironfell. »
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Dès que Savant fut parti, Jacob se retrouva en silence avec son grand-père, qui se tourna immédiatement vers lui pour lui faire face.
« Gamin ! La façon dont tu as parlé à l'instant... es-tu sûr de n'avoir que dix ans ? » Alaric le regarda, ses larges mains agrippant les épaules du garçon.
« Désolé de t'avoir interrompu, grand-père, j'ai juste entendu la conversation et je n'ai pas pu m'empêcher de dire quelque chose. »
« Eh bien, je ne suis pas fâché, gamin ! De toute façon, je commençais à manquer de choses à dire à ce vieux sport. » Alaric rit.
Alaric était un homme endurci par d'innombrables batailles ; il avait vu tant de guerres et portait tant de cicatrices pour le prouver. Maintenant qu'il approchait de la fin de son voyage, il ferait tout son possible pour éviter le moindre conflit, surtout si cela signifiait protéger le clan et son héritage.
« Tu as intérêt à gagner ce combat, gamin, je compte sur toi. »
« Nous verrons bien », répondit Jacob, et ils éclatèrent tous deux de rire.
<Ding !>
<Vous avez éveillé une classe : Classe Marchand>
<Vous avez débloqué une compétence : Don de la parole>
<Niveau de compétence : 1>
<Description>
- Les mots de l'Hôte sont imprégnés de force spirituelle, de Qi et d'intention, lui permettant d'influencer par la force les pensées, les actions et les perceptions des autres.
<Force spirituelle requise : 3000>
<Un usage excessif peut endommager les cordes vocales et l'âme de l'hôte>
« Donc, en gros, j'ai une technique de parole maudite », songea Jacob, un sourire en coin étirant ses lèvres.
Il réfléchit un instant à l'apparence du génie qu'il allait bientôt affronter, se demandant s'il aurait le même âge et la même taille que lui, mais il écarta rapidement ces pensées ; il ne laisserait rien le déstabiliser.
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Un jeune garçon se trouvait dans une petite pièce, loin à l'extrémité nord du continent, dans un lieu appelé la Chaîne du Ciel du Nord ; c'est là que se situait l'enceinte de la secte du Macabre Volant. Il était assis en position du lotus, les yeux fermés, la respiration contrôlée ; il cultivait ici depuis cinq heures.
Zaheer était l'un des rares génies exceptionnellement doués sur lesquels le Macabre avait jeté son dévolu ; il vivait, s'entraînait et combattait avec eux depuis le jour de sa naissance.
« Zaheer ! » appela une petite fille de pas plus de quatre ans, interrompant sa séance.
« Oui, Jasmine », répondit calmement le garçon.
« Zaheer, Zaheer, c'est presque l'heure du déjeuner ! » La fillette courut vers lui, tirant sur sa chemise.
« D'accord, d'accord, allons te chercher à manger », soupira Zaheer en se levant lentement et en tapotant la tête de la petite fille.
« Yay ! »
« Que voudrais-tu manger, Jasmine ? »
« Hum... » Jasmine se gratta la tête, ne sachant que répondre.
« Tu sais quoi ? Et si on prenait des raviolis ? »
« Yay, yay, des raviolis ! »
Zaheer rit en tenant la main de Jasmine, l'emmenant hors de la pièce.