Chapitre 86
Chapitre 85. C'est ma première fois avec la royauté (3)
Le lendemain.
« L'épée descend. Concentre-toi, concentre-toi. »
« Uuuuuuuuh… »
Aujourd'hui encore, Matthew était entre les mains de Patrick et subissait un entraînement infernal.
Il tenait une épée en posture du cavalier, et de lourds poids étaient suspendus tout le long de la lame.
Dans cet état, Patrick était allongé nonchalamment sur le côté, surveillant la posture de Matthew.
« Fais attention à ton centre. L'épée semble lourde parce que tu n'utilises que la force de ton bras. Essaie de la tenir en étant conscient de l'équilibre de tout ton corps. Elle n'est pas lourde du tout, n'est-ce pas ? »
« Uuuuuuuuh… »
Matthew essayait de toutes ses forces de mettre en pratique les paroles de Patrick.
Il contracta le bas de son corps et, en se concentrant sur les muscles du tronc qui partaient de ses jambes, il maintint désespérément la charge.
En voyant Matthew s'entraîner, trempé de sueur, les autres étudiants de première année commentèrent.
« Tsk tsk tsk, c'est vraiment pitoyable maintenant. »
« Je sais, n'est-ce pas ? »
« Je ne comprends pas pourquoi il fait cet entraînement absurde. »
Du point de vue des autres élèves de première année, l'entraînement que Patrick imposait à Matthew ne ressemblait à rien d'autre qu'à du simple harcèlement.
Un chevalier ne devrait-il pas manier l'épée pour améliorer sa maîtrise ou se concentrer sur la Bénédiction d'Aura pour augmenter sa réserve d'aura ?
De la musculation ?
Selon leur bon sens, c'était une méthode d'entraînement ignorante, réservée aux soldats incapables d'utiliser la Bénédiction d'Aura.
« Laissez-les tranquilles. Il veut le faire lui-même. »
« C'est vrai, et les professeurs n'interviennent pas non plus. »
Alors que les première année discutaient ainsi, une personne marcha d'un pas assuré vers Patrick et Matthew.
D'habitude, quand ces deux-là s'entraînaient, personne ne les approchait, mais cette fois, quelqu'un s'avançait sans hésitation.
« Patrick Schneider. »
« Hein ? … Qu'est-ce qui vous amène ici ? Princesse. »
Ce n'était nulle autre qu'Isabella.
Alors que Patrick se redressait de sa position avachie pour parler, Isabella déclara.
« Senior. »
« … Qu'y a-t-il ? »
« Au sein de l'Académie, vous devriez m'appeler Senior, pas Princesse. »
« Ah, vraiment ? Je ne savais pas. »
« …… »
« Alors, quel est le problème ? Senior ? »
À la question de Patrick, Isabella répondit.
« Je veux refaire un duel. »
« Un duel ? »
« Oui. Parce que… »
« Non. »
Patrick coupa la parole à Isabella comme s'il n'y avait rien de plus à entendre.
Puis il se rallongea sur le côté, soutenant sa tête avec son bras, et dit.
« Si vous avez dit ce que vous aviez à dire, veuillez partir. Hé, ta posture. L'épée descend. Si elle descend encore plus, ta vie descendra avec elle. »
« Uwaaaaaaaah… »
Matthew, sentant le danger que « ce type pourrait vraiment le faire », souleva l'épée de toutes ses forces.
Tout son corps tremblait, mais il n'abandonna pas jusqu'au bout.
En voyant cela, Isabella fut momentanément impressionnée, pensant qu'il faisait preuve d'une grande ténacité.
Mais le problème en ce moment n'était pas lui, c'était Patrick.
« Patrick Schneider. »
« Quoi ? »
« Bats-toi avec moi. »
« Non. »
« … S'il vous plaît. »
« Non. »
« Et si je vous l'ordonne au nom de la royauté ? »
« N'avez-vous pas dit que vous étiez une senior, pas une princesse, à l'intérieur de l'Académie ? »
« …… »
Pendant un instant, Isabella regretta de lui avoir appris cela.
Voyant que Patrick ne la regardait même pas pendant qu'ils parlaient, Isabella commença à réfléchir à la manière de persuader ce junior.
« Je vous le demande sincèrement. S'il vous plaît, faites un duel avec moi. »
« J'ai dit non. »
« Je vous en supplie. S'il vous plaît, accordez à cette humble personne vos enseignements. »
« Allez voir les professeurs. Pourquoi demandez-vous cela à un junior ? »
« Ne soyez pas comme ça… »
Isabella suppliait à plusieurs reprises, et Patrick refusait sèchement comme s'il était agacé.
Et les autres étudiants de première année étaient totalement choqués par le spectacle qu'offraient ces deux-là.
« Quoi… qu'est-ce qui se passe en ce moment ? »
« Est-ce un rêve ? »
« Si c'est un rêve, c'est un cauchemar. Mon Dieu, cette princesse Isabella… »
Pour les première année, Isabella était un objet d'admiration et d'envie.
Son apparence magnifique et son charisme froid.
Son talent, suffisant pour être la meilleure étudiante parmi les troisième année, et son statut de princesse du royaume.
Même au sein de l'Académie, où se rassemblait principalement la haute société du royaume, elle était une présence qui brillait encore plus fort.
Il n'y avait probablement pas un seul élève de première année qui n'avait pas imaginé une douce romance avec elle dans ses fantasmes. Une telle personne était…
« S'il vous plaît, je vous en supplie. Juste une fois, ça suffit. »
« Ah, j'ai dit non. Vous croyez que je ne sais pas qu'une fois devient deux fois, puis trois fois ? »
« Ne soyez pas comme ça… »
« Je ne le ferai pas. J'ai dit que je ne le ferai pas. S'il vous plaît, allez là-bas. »
Elle suppliait sincèrement Patrick.
Pour couronner le tout, Patrick refusait en disant que c'était ennuyeux.
« Ce type, il nage dans le bonheur… »
« Wow, c'est vraiment trop. Trop. »
« Pourquoi la Princesse… pour un type comme ça… »
Les autres première année regardaient Patrick avec des yeux pleins de jalousie et d'envie.
S'ils avaient été à la place de Patrick, ils auraient accordé tout ce que la princesse Isabella voulait.
Mais qu'était-ce que cela ?
Cette attitude sèche et même grossière…
« Maudit bâtard. »
« Puisses-tu t'étouffer avec ta nourriture. »
« Puisses-tu recevoir des fientes d'oiseaux sur la tête dans la rue. »
« Puisses-tu être impuissant lors de ta première nuit. »
Ce jour-là, Patrick se fit des ennemis parmi la plupart des étudiants de première année.
« Tsk, comme une sangsue… »
Patrick claqua la langue et grommela.
La raison pour laquelle Patrick grommelait ainsi était Isabella, qui le poursuivait inlassablement ces derniers temps pour demander une revanche.
Elle était si persistante et tenace qu'elle ne valait pas mieux qu'une sangsue.
« Tsk, si j'avais su que cela arriverait, j'aurais dû lui donner une bonne raclée lors du duel du premier jour. »
S'il l'avait battue au point qu'elle n'ose même plus penser à une revanche, elle ne s'accrocherait pas à lui avec autant d'insistance.
Mais que pouvait-il faire ?
C'était la royauté, après tout, alors il ne pouvait pas simplement faire d'elle un sacrifice pour le Poing de la Chaîne de l'Enfer Infini, n'est-ce pas ?
« Non. Est-ce que je devrais juste le faire ? »
À Patrick, qui contemplait de telles choses, April dit alors qu'elle lui versait du thé.
« Si elle est trop gênante, voulez-vous que je m'en occupe ? »
« Tu es plus téméraire que je ne le pensais. »
« …… ? »
Même Patrick avait une certaine réticence à l'idée de frapper la royauté.
Mais dans le cas d'April, elle n'aurait aucune hésitation, qu'il s'agisse de la royauté ou de la famille impériale, pour le bien de Patrick.
« Je te le dis pour l'instant, ne le fais pas. Si c'était quelque chose qui pouvait être résolu en la battant, je l'aurais fait depuis longtemps. »
« Compris. »
« Tsk, si je la laisse tranquille, elle finira probablement par abandonner d'elle-même. Au fait, si tu as le temps, fais une course pour moi. »
« Je vous écoute, Jeune Maître. »
« Va voir Red et vérifie si la soie provenant du fief est terminée, et s'il y a quelque chose de prêt, même un échantillon, dis-lui de l'apporter. »
« Oui. Compris. »
« Ce n'est pas une tâche facile. Mais d'une certaine manière, je sens que Mère aurait réussi. »
Bientôt, il y aurait un test d'évaluation de niveau.
Après ce test, Matthew a dit qu'il retournerait chez lui pendant un moment, et Patrick prévoyait de suivre Matthew à ce moment-là.
Là-bas, il rencontrerait le père de Matthew et aurait une discussion commerciale en bonne et due forme.
« Peu importe la qualité du produit que vous fabriquez, s'il n'y a aucun moyen de le vendre, ce n'est que des ennuis. »
Il n'y avait aucun doute sur la valeur commerciale de la soie.
Tant que le produit était fabriqué correctement, c'était un article suffisamment compétitif.
Cependant, Patrick le savait aussi.
Fabriquer un bon produit n'était que le début, comme faire ses premiers pas dans le monde des affaires.
À quoi sert de fabriquer un bon produit ?
Si le monde ne reconnaît pas la valeur de ce produit, personne ne paiera pour l'obtenir.
Surtout dans le cas d'un nouveau produit qui n'existe pas sur le marché actuel, il n'est pas exagéré de dire que la promotion de la valeur de ce produit représente plus de la moitié du travail.
Et après la promotion, un réseau de distribution capable de vendre le produit aussi largement que possible à un prix élevé est également nécessaire.
« Dans ma vie passée, j'ai beaucoup souffert parce que je ne le savais pas. »
Dans sa vie passée, Patrick avait réussi à importer un nouvel ingrédient médicinal appelé ginseng rouge depuis un pays lointain de l'Est.
Mais il n'avait pas pu vendre ce ginseng rouge correctement et avait fini par subir une perte énorme à la place.
Même s'il s'agissait d'un excellent ingrédient médicinal dont les effets étaient reconnus par les médecins de la Porte des Mille Herbes, célèbres pour leurs compétences médicales dans le Jianghu.
À cette époque, Patrick avait réalisé.
L'idée de gagner de l'argent en vendant vaguement un bon produit à un prix élevé était une pensée très naïve.
Les tartes au boulanger.
Les affaires devraient être laissées aux marchands.
La guilde marchande Elbador serait un partenaire commercial sans faille.
« Huhuhu. Hehehehe…. Kekekekekeke…. Une fois que ce sera réglé, je serai allongé sur un coussin d'argent, non, un lit d'argent. Khahahahahahaha ! »
« Vous voilà. »
« Whoa, tu m'as fait peur ! »
Patrick, qui était en train de déployer ses ailes du bonheur, fut surpris.
Et Isabella, qui s'était approchée à un moment donné, regarda Patrick et dit.
« Duel avec moi. »
« Ah, j'ai dit non. »
« Si vous ne le faites pas, je resterai collée à vous jusqu'à ce que vous disiez oui. »
« Senior, êtes-vous une sorte de sangsue ? J'ai dit non, n'est-ce pas ? »
« Faites-le, c'est tout. »
« Non. Je ne le ferai pas. »
« S'il vous plaît, nous l'avons déjà fait une fois, n'est-ce pas ? »
« Ah, c'était avant. Je ne veux pas maintenant. »
« Ne soyez pas comme ça, faites-le. Juste une fois. »
« Vous n'écoutez vraiment pas ! »
Patrick se leva d'un bond et commença à s'enfuir, et Isabella courut après lui, le suppliant de le faire.
Et cette scène fut vue par de nombreuses personnes à l'Académie et donna lieu à un très gros malentendu.
« Hé, tu as entendu la rumeur ? »
« Quelle rumeur ? »
« J'ai entendu dire que la princesse Isabella, de la troisième année de la Faculté des Chevaliers, courtise passionnément un première année ? »
« Vraiment ? »
« Ah, j'ai entendu ça aussi. Ils disent qu'elle n'arrête pas de le poursuivre en disant : "Fais-le. Fais-le." »
« "Fais-le" ? Faire quoi ? »
« Eh bien…. Qu'est-ce que ça pourrait être ? »
En fait, un certain acte qui pourrait facilement se produire entre un jeune homme et une jeune femme tombés amoureux l'un de l'autre leur vint à l'esprit. C'était le cas, mais…
« Non, pas possible. »
« C'est de la princesse Isabella dont on parle. »
« N'est-elle pas célèbre dans le royaume comme la princesse folle des épées ? »
« C'est vrai. C'est vrai. »
Ils essayèrent d'effacer la possibilité qui leur venait à l'esprit.
Quoi qu'il arrive, ils ne voulaient pas penser que la princesse Isabella, qu'on pourrait appeler la fleur du royaume, était tombée amoureuse d'un noble local dont ils n'avaient jamais entendu parler et qu'elle avait franchi cette ligne. Mais à ce moment-là…
« Arrête-toi là, Patrick. »
« Tu crois que je vais m'arrêter juste parce que tu le dis ? »
« S'il te plaît, arrête-toi ! J'ai dit faisons-le juste une fois. »
« Tu crois que je ne sais pas qu'une fois devient deux fois, puis trois fois !? »
« Alors fais-le, c'est tout ! »
« Ah, j'ai dit non ! »
Patrick s'enfuyant et la princesse Isabella courant après lui, le suppliant constamment : « Faisons-le. »
Les étudiants de l'Académie regardaient la scène, la bouche bée.
Cette scène, peu importe comment ils la tournaient dans leur tête…
« Pas possible…. Pas possible… ? »
« Non, mais quand même…. Non…. Mais quand même… »
« Comment est-ce possible ? La Princesse…. Cette princesse Isabella… »
« Le monde est mort. Bon sang. »
Ils devinrent convaincus de la rumeur.
Ayant été témoins de la scène de leurs propres yeux, comment pouvaient-ils encore la nier ?
Et ainsi, la rumeur grossit comme une boule de neige et se répandit largement dans toute l'Académie.
La princesse Isabella courtise passionnément Patrick Schneider, un étudiant transféré en première année.
Les deux sont déjà dans une relation profonde.
On dit qu'ils ont l'intention de s'enfuir si le royaume ne donne pas son approbation.
C'est ainsi que sont les rumeurs, n'est-ce pas ?
Elles se propagent rapidement, mais dans le processus, elles se gonflent et changent de forme à volonté.
Pour devenir plus sensationnelles.
La rumeur qui s'est propagée ainsi a fini par atteindre le niveau où l'on disait qu'il y avait un enfant caché entre Patrick et Isabella, et cette rumeur a atteint les oreilles de quelqu'un.
CRAC !
« Ce bâtard…. Je gardais mes distances parce qu'on jouait au chat et à la souris, et il n'a pas pu attendre et a eu une aventure ? »