Chapitre 228
Chapitre 227. Il était plus fort que moi (3)
Ce n'était pas qu'il n'avait pas anticipé une telle situation.
En fait, depuis qu'il avait indirectement fait l'expérience de la Calamité Ambulante à la Tour de la Vérité, il gardait leur existence dans un coin de sa tête.
C'est pourquoi il avait modifié ses objectifs.
Il avait décidé de mener ses activités de pionnier avec prudence, afin d'éviter autant que possible de se heurter à ceux qu'on appelait les Apôtres de Kallaron.
À 100 kilomètres à l'est du fief de Schneider.
La raison pour laquelle il avait établi la ville pionnière à cet endroit précis était d'éviter de provoquer ces êtres appelés les Apôtres de Kallaron. Cependant…
« Même après avoir pris de telles précautions, ça finit quand même comme ça ? »
Patrick croisa les bras et ferma les yeux.
Tout le monde observait Patrick en silence.
Et peu de temps après.
« Sages. »
« Parle. »
« Avec notre puissance militaire actuelle, il serait impossible d'affronter un Apôtre de Kallaron, n'est-ce pas ? »
« Je pense que tu le sais mieux que quiconque. »
« Oui. Eh bien, c'est vrai. »
Bien qu'il s'agît d'un monde virtuel, Patrick était le seul à avoir combattu un Apôtre de Kallaron.
Il n'y avait donc pas besoin de demander à qui que ce soit.
Il savait mieux que personne ce qu'il fallait faire.
« Nous allons évacuer la ville et battre en retraite. »
« Patrick. »
« Tu prévois d'abandonner tout ça ? »
« Jeune Maître. »
Beaucoup de gens s'y opposèrent.
En ce moment même, la ville pionnière d'Ava était en plein développement.
L'infrastructure était presque terminée, et si les terres agricoles récupérées dans le bassin de la rivière Moana commençaient à être exploitées sérieusement, cela apporterait une récolte massive dès l'année prochaine.
Et pour accomplir tout cela, chacun ici avait versé du sang et de la sueur et avait travaillé dur.
Patrick disait maintenant d'abandonner tous ces fruits et de battre en retraite.
« Jeune Maître. Voulez-vous dire que nous devrions simplement battre en retraite sans même essayer quoi que ce soit ? »
« Oui. »
Sanson parla, comme s'il était frustré.
« Pourquoi agissez-vous si peu comme vous-même, Jeune Maître ? Peu importe ce que c'est, n'est-ce pas à vous de dire que si vous lui donnez juste une raclée, tout sera résolu ? »
« Eh bien, si on y réfléchit normalement, c'est vrai. Mais voyez-vous, Sanson. »
« Quoi donc ? »
« Je ne dis ça que lorsque l'adversaire est plus faible que moi. »
« ……? ! »
Sanson était sous le choc.
En interprétant ce que Patrick venait de dire, cela signifiait…
« J'ai fait l'expérience de ces choses appelées les Apôtres de Kallaron à la Tour de la Vérité. Et je ne le dis que maintenant, mais… »
Patrick parla, attirant l'attention de tous.
« Il était plus fort que moi. »
Cette seule phrase suffisait.
C'était une raison suffisante pour que Patrick décide de battre en retraite.
* * *
Il y avait trois raisons pour lesquelles Patrick avait construit une voie navigable sur la rivière Moana.
La première était de faciliter la logistique entre le fief de Schneider et la ville pionnière d'Ava.
La deuxième était de chasser les monstres du bassin de la rivière Moana et de sécuriser une zone à utiliser comme terre agricole.
Et la troisième, et dernière raison.
Dans l'éventualité d'une situation sur un million, c'était pour transporter les gens vers un endroit sûr aussi rapidement que possible.
Et cette troisième raison prenait maintenant tout son sens.
« Veuillez embarquer dans l'ordre. Dans l'ordre ! »
« Il y a assez de bateaux. Le prochain bateau arrivera tout de suite, alors ne poussez pas et veuillez attendre. »
« Partez ! Dites-leur d'amener le prochain bateau rapidement ! »
Les gens battaient en retraite rapidement par bateau, comme une marée descendante.
Les gens étaient tristes d'abandonner la ville qu'ils avaient travaillé si dur à construire et de battre en retraite, mais ils suivaient tout de même docilement les instructions.
C'était mieux que de mourir, après tout.
Bien sûr, tout le monde n'était pas comme ça.
« Maman, Papa, où allons-nous ? »
« …Nous devons rentrer à la maison. »
« Mais notre maison est ici ? Notre école et nos amis sont ici aussi ? »
La mère tenait la main de son enfant, une expression troublée sur le visage alors que l'enfant ne comprenait pas ce qui se passait.
Elle ne savait pas comment expliquer ce fait à son enfant. À ce moment-là, l'homme qui semblait être le père expliqua la situation de manière concise.
« Un monstre dangereux est arrivé, alors nous devons nous enfuir. Allons donc dans un endroit sûr, et quand ce sera à nouveau sûr, nous reviendrons. »
« Vraiment ? On pourra revenir plus tard ? »
« …… »
Le père ferma la bouche.
Il ne savait pas comment expliquer.
Il regarda la ville pionnière d'Ava avec des yeux pleins de tristesse.
« Dire que nous devons quitter cet endroit… »
Affamé à cause d'une mauvaise récolte, il avait quitté sa ville natale et s'était installé dans le fief de Schneider.
Quitter sa ville natale avec toute sa famille n'était pas une décision facile, mais il n'avait pas eu le choix pour survivre.
Comme c'était une ville qui se développait rapidement, il avait pu trouver un emploi, mais comme il avait laissé tout ce qu'il possédait derrière lui, il ne savait pas s'il lui faudrait des décennies pour s'installer à nouveau.
Pour lui, la ville pionnière d'Ava était un espoir.
Pour les premiers colons, le simple fait de déménager dans la ville leur permettait d'obtenir un logement gratuitement et un emploi dans la construction de la ville.
On lui avait dit qu'il recevrait des terres agricoles après seulement trois ans, et surtout, l'exemption d'impôt de cinq ans était le facteur le plus important.
En tant que chef de famille responsable des siens, il avait pris une décision face à cette offre alléchante.
S'il tenait bon pendant cinq ans, il pourrait s'installer durablement.
Pour lui, qui était prêt à souffrir pendant plus d'une décennie, ou peut-être pour le reste de sa vie, c'était un espoir.
Une chance de s'installer comme un résident à part entière et d'offrir à ses enfants un environnement qui ne manquait de rien, même s'il n'était pas luxueux.
La migration vers la ville pionnière qu'il avait décidée.
Après être arrivé ici, il se disait chaque jour :
Qu'il avait pris une très bonne décision.
La résidence donnée à sa famille était une unité dans un immeuble de cinq étages, mais comme c'était un bâtiment nouvellement construit, il n'y avait aucun inconvénient.
Il y avait assez d'emplois, et les salaires étaient suffisants.
Quand il avait envoyé son enfant à l'école que le Jeune Maître avait construite pour l'éducation de base des enfants, il était si heureux que des larmes lui étaient montées aux yeux.
En regardant la ville se développer jour après jour, il ressentait une fierté, pensant : « Je contribue au développement de cette ville. »
Espoir, bonheur, paix….
Tout ce qu'il avait souhaité toute sa vie était ici.
Il avait considéré cette ville comme sa deuxième patrie et avait juré d'y vivre, en suant et en travaillant, pour le reste de sa vie. Cependant….
« Bon sang… »
Il serra les poings fermement.
Des larmes montèrent à ses yeux.
Il savait qu'il ne devait pas montrer de faiblesse en tant que chef de famille, mais…
Dans la réalité où l'espoir qu'il avait construit et le bonheur quotidien qu'il pensait voir durer toute une vie s'effondraient, il n'était qu'un être humain ordinaire.
Et il n'était pas le seul à ressentir cela.
Les autres personnes autour de lui avaient toutes des expressions sombres, partageant le même sentiment.
* * *
Sur le mur extérieur du côté portuaire du fief de Schneider.
« …C'est nul. »
Là, Patrick buvait de l'alcool directement à la bouteille.
Dans ses yeux, il pouvait voir les réfugiés monter à bord des bateaux.
Le chef de famille versant des larmes d'impuissance.
Une mère apaisant un enfant qui faisait un caprice, ne voulant pas partir.
Même les personnes âgées, qui avaient du mal à se déplacer, se forçaient à avancer avec des baluchons dans les mains….
Tout cela énervait Patrick.
« XX, putain de fils de… »
C'étaient des gens qui vivaient avec l'espoir d'une nouvelle vie dans cette ville pionnière.
Le fait qu'il ne puisse pas protéger leur quotidien irritait Patrick.
Ne pas pouvoir protéger les gens parce qu'il manquait de puissance.
C'était la cinquième chose que Patrick détestait.
Comme il le disait toujours, à partir des chiffres simples, ce n'était pas une blague.
Patrick, dont la colère avait atteint son paroxysme.
Mais pourtant, Patrick endurait.
S'il n'avait tenu qu'à lui, il aurait voulu dégainer son épée tout de suite et courir vers l'ennemi qui menaçait cette ville. Cependant….
[Essaie de vivre avec un peu de réflexion. Ré-flexion !]
[Laisse-moi juste te fendre le crâne une fois. Toi, humain, je suis curieux de savoir si tu as la même chose là-dedans que les autres.]
[Frère, es-tu fou ?]
[Tu es… eh bien…. sans espoir.]
« Je sais. Je sais, bande d'abrutis ! »
Hurla Patrick.
Il savait. Il savait que la situation était très différente de ses jours en tant que Grand Maître Dragon Radieux dans sa vie passée.
Le Grand Maître Dragon Radieux Jin Cheon.
Il avait acquis sa renommée pour ses actions qui semblaient être de l'imprudence faite homme, mais en fait, la raison pour laquelle il pouvait agir si imprudemment était parce qu'il était un homme du Jianghu.
« En y repensant maintenant, ces jours étaient insouciants et bons. »
Le Patrick actuel n'était pas un homme du Jianghu.
Il était l'héritier de la famille qui dirigeait le fief de Schneider.
Au début, il ne savait pas ce que cela signifiait.
Mais après être allé à l'Académie et avoir appris un peu sur le monde, et avoir acquis de l'expérience du monde à travers son voyage d'entraînement de chevalier, il avait compris.
Le poids d'être l'héritier d'une famille noble.
En réalisant ce point, un sens des responsabilités, différent en nature de celui qu'il avait lorsqu'il agissait en tant qu'artiste martial du Jianghu, pesait sur ses épaules.
« C'est différent. C'est différent, je vous le dis. »
Pour le dire de manière extrême, même si la Secte des Dragons Jumeaux devait tomber, cela n'aurait pas d'impact majeur sur la vie des gens ordinaires.
Bien sûr, il y aurait une certaine confusion dans la structure de pouvoir entre les guildes marchandes impliquées et les sectes voisines, mais cela se calmerait bientôt.
Une autre secte prendrait une position similaire et remplirait ce rôle.
Ce n'était pas très différent même pour Shaolin, qui était appelé le Taishan et le Beidou du Jianghu.
Shaolin tombe ?
Ce serait un incident majeur.
Limité au monde martial du Jianghu, c'est-à-dire.
Mais du point de vue des gens ordinaires vivant leur vie, ce serait un sujet brûlant pendant un moment, mais ils pourraient continuer à vivre, en pensant simplement « alors c'est arrivé ».
Fondamentalement, le Jianghu était un monde séparé, isolé des Plaines Centrales.
Mais la famille Schneider était différente.
Si cette famille tombe, la vie de tous ceux qui vivent sur cette terre deviendra misérable.
La plupart des résidents du fief mourraient.
Les survivants perdraient également tout et deviendraient des réfugiés, devant errer vers d'autres fiefs pour mendier de la nourriture.
C'était le poids qu'un noble responsable d'un fief devait porter.
« Ugh…. Cette vie noble, maintenant que je la vis vraiment, ce n'est pas aussi génial que je le pensais. »
Mais que pouvait-il faire ?
Même si c'était sa deuxième vie, un humain ne pouvait pas choisir où et comment il naissait.
À la fin, même Patrick ne pouvait pas simplement charger selon son tempérament.
« Hooo…. Endurons. Pour l'instant, je dois endurer. Ce… qui était-ce ? Il y avait un roi étrange qui dormait sur du bois de chauffage et aimait tellement le fiel qu'il le suçait. Endurons comme lui. »
C'est « Wòxīnchángdǎn », espèce d'abruti.
Et il ne le faisait pas parce qu'il aimait ça.
« Je dois endurer. Je dois endurer. »
Patrick se contrôla.
Même si la Mort Hâtive détruit la ville après que tous les citoyens aient évacué, il doit endurer.
Il endurerait pour l'instant, puis construirait une nouvelle ville pionnière dans une zone plus basse.
Bien que l'argent investi dans la construction de cette ville soit tout perdu, il devait quand même endurer. Il devait endurer….
« Aaargh…. Dire que je dois endurer de voir mon argent s'envoler. Combien d'argent ai-je mis dans cette ville ! »
Ah, cela semblait être la partie la plus exaspérante.
« Mon argeeeeeeent ! »
* * *
Les résidents de la ville pionnière d'Ava battirent en retraite en douceur vers l'arrière.
C'était grâce à l'ordre de Patrick de donner la priorité aux gens plutôt qu'à toute fourniture pour la retraite.
En conséquence, un endroit devint plus occupé.
C'était le fief de Schneider.
Comme les réfugiés de la ville pionnière affluaient tous en même temps, il devint soudainement occupé de les protéger.
Celui qui commandait ce travail était le Baron Schneider.
« Mon seigneur, il semble que nous manquerons de résidences temporaires. »
« Donnez la priorité aux enfants et aux personnes âgées pour le logement. Et si nous en manquons, laissez-les rester dans les chambres du manoir du seigneur. »
« Mon seigneur. Si le Jeune Maître l'apprend… »
À Chandler, qui parlait avec une expression troublée, le Baron Schneider sourit faiblement et dit.
« Je suis toujours le seigneur pour le moment. »
« Euh… ça… »
Alors que le majordome stagiaire Chandler hésitait encore, le majordome Lawrence, qui regardait de côté, beugla.
« N'avez-vous pas entendu l'ordre du seigneur ? ! »
« Mes excuses. Je suivrai votre ordre. »
Chandler cria précipitamment, inclina la tête et partit.
À cela, Lawrence fronça les sourcils avec mécontentement et dit.
« Mes excuses. Je lui ferai une réprimande sévère plus tard. »
« Hahaha. Ne faites pas ça. Lawrence. Ne comprenez-vous pas la position de Chandler ? »
« Comment pourrais-je comprendre ? »
« Hahaha… »
Contrairement au Baron Schneider qui riait sans souci, le sourcil froncé de Lawrence ne s'apaisa pas.
Le véritable pouvoir dans le fief de Schneider était déjà Patrick.
Il n'y avait personne qui ne le savait pas.
Cependant.
« Même ainsi. Prioriser le Jeune Maître sur le seigneur est une chose inacceptable. »
Le vieux majordome Lawrence, qui avait consacré toute sa vie au fief de Schneider, dit fermement.
Il n'y avait aucun doute sur la capacité de Patrick.
Mais, non, plutôt à cause de cela, en tant que quelqu'un qui avait été loyal à la famille Schneider toute sa vie, il devait maintenir la structure de la famille correctement.
Ce n'est qu'alors, quand Patrick hériterait de la famille à l'avenir, que la hiérarchie ne serait-elle pas établie en douceur ?
Tant que la personne détenant le sceau de la famille était Jaycall Schneider, son seigneur devait être le Baron Schneider.
Naturellement, l'objet de la loyauté des serviteurs de la famille devait être le même.
« Tsk, les jeunes sont trop ignorants de leur place. »
« Hahaha. Ça peut arriver. »
Le Baron Schneider rit.
En fait, même s'il disait cela, Lawrence était aussi quelqu'un qui se souciait de Patrick plus que quiconque.
Il l'avait personnellement éduqué depuis qu'il était enfant et l'avait élevé pratiquement comme son propre petit-fils.
Et Patrick pensait aussi à Lawrence d'une manière spéciale.
Le bâton de haute qualité que Lawrence tenait dans sa main maintenant était un cadeau personnel de Patrick.
C'était un article de haute qualité qu'un noble décent utiliserait, mais quand il avait vu le majordome Lawrence utiliser un bâton, il l'avait personnellement acheté et offert.
Les gens disaient que son fils était violent et brutal, mais le Baron Schneider savait.
Qu'il était un fils avec un cœur chaleureux qui se souciait de son propre peuple.
« Il semble que ça ira même sans moi maintenant. Non, il pourrait être préférable que je ne sois pas là. »
Les jeunes du fief espéraient secrètement que Patrick hériterait rapidement du fief.
Le Baron Schneider avait décidé de céder la position de seigneur dès que son fils aurait obtenu son diplôme de l'Académie.
Bien qu'il semblait y avoir un léger problème maintenant, son fils le surmonterait bien.
Tout ce qu'il avait à faire était de protéger cette position jusque-là et de la céder.
« Ce sera probablement le dernier devoir que je peux accomplir en tant que seigneur. »
Et juste au moment où il était sur le point de se concentrer à nouveau sur les documents….
Un soldat courut précipitamment dans le bureau du fief de Schneider, ouvrit la porte et cria.
« Mon seigneur. C'est une urgence. »
« Qu'est-ce que c'est ? »
L'expression du Baron Schneider se durcit.
Son expérience de la protection de ce fief pendant longtemps lui disait.
La plupart du temps, quand les soldats arrivaient en courant si précipitamment sans même une salutation, ce n'était pas de bonnes nouvelles. Et….
« C'est une ruée de monstres. »
« …… »
« …… »
Les visages du Baron Schneider et du majordome Lawrence se durcirent en même temps. Et le soldat continua son rapport avec un visage pâle.
« Nous avons confirmé qu'une légion de monstres d'une échelle non identifiable avance vers le fief. Nous devons réagir rapidement. »
Le stylo tenu dans la main du Baron Schneider se brisa. Et il se leva immédiatement et cria.
« Mobilisez toute la force militaire du fief immédiatement. Nous devons protéger le fief ! »
« Oui, monsieur ! »
Une crise sans précédent approchait donc du fief de Schneider.