Chapitre 135
Chapitre 134. Es-tu fou ? Pourquoi ne pas les rencontrer ? (2)
C’était le meilleur Arcana de l’histoire.
À tel point que l’on pouvait se demander si une telle chose pourrait jamais se reproduire.
Tout d’abord, le niveau de la compétition elle-même était tout simplement spectaculaire.
Pas moins de trois personnes ayant atteint le stade de 7 étoiles sont apparues.
Patrick Schneider, Garcia Reynardo, Cierion Baisus Yusef.
Les noms de ces trois-là resteraient gravés dans l’histoire.
En dehors d’eux, il y avait d’autres puissances redoutables.
Riman Ciera, qui maniait cinq Armes d’Âme.
Antorius Denar, qui a fait preuve de la puissance prodigieuse des miracles.
En vérité, il y avait beaucoup de grands personnages.
Des individus puissants qui n’auraient pas démérité en remportant n’importe quel Arcana précédent sont apparus et se sont affrontés.
Et le vainqueur d’une compétition d’un tel niveau fut une personne totalement inattendue.
Depuis combien de temps un vainqueur de l’Arcana n’était-il pas issu de l’une des trois grandes puissances ?
L’attention du public était focalisée sur ce nouvel exploit.
Et le nom du vainqueur, Patrick Schneider, s’est rapidement répandu sur tout le continent, attirant tous les regards.
* * *
Haidel Falcon Magellan, le roi du Royaume de Magellan.
Il se rongeait les ongles en déclarant :
« Ce maudit Patrick Schneider… »
Combien s’était-il préparé pour cet Arcana ?
Il avait investi une somme colossale du budget royal pour assurer le succès de l’organisation de la compétition, et avait même autorisé son talentueux fils Jayton à consommer le dernier Sang de Dragon restant.
Mais le résultat fut l’élimination de son fils dès le premier tour.
Le roi Haidel, qui avait assisté à la scène en personne, avait failli s’évanouir et tomber à la renverse en écumant de rage.
S’il n’avait tenu qu’à lui, il aurait attrapé Patrick pour le rouer de coups immédiatement, mais approcher un représentant d’un autre pays pendant l’Arcana était strictement interdit.
Finalement, il avait dû serrer les dents et attendre la fin de la compétition…
« Dire que ce fou furieux est un chevalier 7 étoiles. »
Il avait même surpassé le petit-fils du Saint de l’Épée, lui aussi au niveau 7 étoiles, pour remporter le titre.
De plus, l’escrime phénoménale dont il avait fait preuve lors de la finale restait inoubliable.
Qu’était-ce donc que cela ?
Est-il seulement possible pour un humain d’accomplir une telle chose avec une épée ?
« Duc Landerdo. »
« Je vous écoute, Votre Majesté. »
« Si vous deviez combattre ce jeune punk nommé Patrick, pourriez-vous gagner ? »
À ces mots, le duc Landerdo ferma la bouche.
Le duc Landerdo était le chevalier le plus puissant du Royaume de Magellan, ayant atteint le niveau de maître 7 étoiles.
Mais s’il devait répondre de ses chances de victoire face à Patrick…
« Il faudrait que j’essaie pour le savoir. »
« Kkeueung. »
Le meilleur chevalier du royaume ne pouvait donner de réponse définitive quant à sa capacité à gérer un jeune punk.
Pour le roi Haidel, qui planifiait sa vengeance dès la fin de la compétition, la situation était incroyablement frustrante.
À ce moment-là, le chambellan en chef à ses côtés prit la parole.
« Votre Majesté, il serait préférable de prendre du recul et d’observer la situation pendant quelque temps. »
« Vous me suggérez, moi, roi d’un pays, de reculer face à un simple jeune punk ? »
« En ce moment, Patrick Schneider n’est plus un simple jeune punk. De nombreuses personnes à travers tout le continent ont les yeux rivés sur lui. »
« Eum… »
« Surtout, la Tour de la Vérité et les Elfes d’Evergreen semblent être très actifs. »
« Des elfes ? Pourquoi les elfes interviendraient-ils ? »
Il comprenait pour la Tour de la Vérité.
Il était plausible que ces curieux voient leur désir de recherche attisé par l’étrange escrime de Patrick.
Mais les elfes ?
C’était totalement inattendu.
« Nous ignorons la raison, mais depuis quelque temps, des rapports indiquent que les elfes contactent activement la délégation du Royaume d’Atronia. »
« Ces reclus… Pourquoi ? »
« Ce qui est certain, c’est que l’attention est désormais focalisée sur Patrick Schneider. Si vous le touchez imprudemment, les critiques pleuvront de tout le continent. »
« Huuuuu… »
Finalement, le roi Haidel poussa un long soupir et s’affaissa sur son trône.
« Ce n’est pas possible. Ce n’est pas possible… »
En pensant à son fils, enfermé dans sa chambre sans vouloir en sortir, des sentiments de pitié et de colère montèrent en lui.
Mais en réalité, il n’y avait aucun moyen de se venger.
Le jeune punk qu’il pensait pouvoir écraser facilement était devenu une figure bien plus importante que prévu.
* * *
« Jeune Maître Schneider, je suis le Comte Doon Mana du Royaume de Magellan. »
« C’est un honneur de vous rencontrer, Comte. »
« Hahaha. C’est un honneur pour moi de voir le vainqueur de l’Arcana. »
« J’ai simplement eu de la chance. »
« Hahaha. Vous êtes modeste, en plus. Ah ! Ce n’est rien de spécial, mais c’est un cadeau. »
« Je l’accepte avec gratitude, Comte. »
Patrick s’assit et conversa avec le comte pendant une dizaine de minutes.
La conversation tourna autour du pot, mais au final, ce que le comte voulait dire était évident.
« Qu’en pensez-vous ? Ce n’est pas parce que c’est ma fille, mais c’est une enfant vraiment jolie et gentille. »
« Je suis désolé, Comte. Je souhaite encore me consacrer à la voie de l’épée. J’apprécie l’offre, mais je n’ai aucune intention de me marier pour le moment. »
« Hahaha, un épéiste qui a atteint l’état suprême à seulement seize ans dit encore qu’il lui manque quelque chose ? »
« Je suis embarrassé. Ce n’est qu’un résultat obtenu à force de travail. J’ai encore un long chemin à parcourir. »
« Hahahaha. »
Pour quiconque l’observait, il semblait être un jeune homme très simple, gentil et sincère, ne désirant que se consacrer diligemment à la voie de l’épée.
« C’est… C’est problématique s’il est aussi peu ambitieux. »
Le comte continua de tenter Patrick avec diverses conditions après cela, mais la réaction de Patrick restait toujours la même.
Finalement, un peu plus tard…
Le comte repartit avec une expression pleine de regrets et dit :
« Je pars aujourd’hui. Mais s’il vous plaît, n’oubliez pas mon offre. Je vous accueillerai à tout moment. »
« Je le garderai au fond de mon cœur. »
Patrick s’inclina poliment.
Le comte regarda Patrick et pensa :
« Quel jeune homme bien élevé. Avoir à la fois le talent et l’humilité. Un tel jeune homme est rare. »
Et juste après avoir quitté la pièce avec son air contrit…
« Ehehehe. Qui a dit qu’il n’y avait pas de prix en argent à l’Arcana ? Ils prennent si bien soin de moi. »
Patrick, qui déchira immédiatement l’emballage du cadeau, était très satisfait de la statue coûteuse qu’il contenait.
« Voyons voir. La décoration ici ressemble à un rubis, et est-ce une perle en dessous ? Le matériau est du marbre, mais la sculpture est délicate, c’est donc un chef-d’œuvre. Keeeuh… Ça doit valoir au moins 50 pièces d’or. »
Patrick expertisait désormais les objets avec habileté.
Il déplaça précipitamment le cadeau dans une autre pièce, où s’entassaient déjà des piles de présents onéreux.
Patrick contemplait le trésor avec une expression extatique, tandis que ses compagnons le regardaient avec pitié.
« Aîné Alex. »
« Quoi ? »
« C’est lui le champion de l’Arcana, n’est-ce pas ? »
« C’est exact. »
« Le monde est pourri. »
« Je pensais exactement la même chose. »
Après avoir remporté l’Arcana.
Beaucoup de gens voulaient rencontrer Patrick.
Ses compagnons pensaient que Patrick, qui détestait les choses ennuyeuses, refuserait ces rencontres d’un seul mot, mais…
[Es-tu fou ? Pourquoi ne pas les rencontrer ?]
Patrick bondit et commença à planifier ses rendez-vous pour qu’ils ne se chevauchent pas avec ceux qui voulaient le voir.
Ses compagnons étaient perplexes en regardant Patrick organiser méticuleusement ses rendez-vous avec un papier et un stylo.
Pourquoi faisait-il cela ?
La question trouva rapidement sa réponse.
« Uhehehe, gagner de l’argent, c’est le meilleur~♪. Pigeons, rassemblez-vous~♪ Offrez-moi votre argent~♪ »
Dire que ce bâtard était un Grand Maître dans sa vie précédente.
* * *
Ces derniers jours, Patrick avait constamment rencontré des invités et converti l’honneur de sa victoire à l’Arcana en argent.
Avec autant d’habileté que s’il l’avait déjà fait plusieurs fois auparavant.
Les pigeons, ignorant quel genre de personne était Patrick, étaient aveuglés par l’aura du champion de l’Arcana et chevalier 7 étoiles, et lui offraient des cadeaux coûteux.
Devant cette scène tragique, Alex et ses autres compagnons se lamentaient, réalisant que la justice dans ce monde était morte.
« Enfin, puisqu’il ne dépouille pas les nobles de notre pays, d’une certaine manière, n’est-ce pas une forme de gain de devises étrangères ? »
« C’est vrai. »
« Si on voit les choses sous le meilleur angle, on peut le voir comme ça… Attends une minute ? »
Une pensée inquiétante traversa soudain l’esprit d’Alex.
« Qu’est-ce qui ne va pas, aîné ? »
« Penses-tu que ce qu’il fait maintenant va vraiment s’arrêter là ? »
« Oui ? Ah ! Pas possible… »
« Ne pourrait-il pas faire la même chose une fois de retour au royaume ? Il est le champion de l’Arcana et un 7 étoiles, n’est-ce pas ? »
C’était tout à fait possible.
Surtout que le Royaume d’Atronia était imprégné d’un sentiment de défaite et d’infériorité pour n’avoir remporté aucun match à l’Arcana, non ?
Si un vainqueur émergeait dans une telle situation, l’effet d’entraînement serait inimaginable.
« … Ô Yupinel. »
Patrick se concentrait diligemment sur son travail de collecte jour après jour.
Il évitait les rencontres avec les gros bonnets et se concentrait sur des réunions intensives avec des nobles qui ne poseraient pas de problème s’il les ignorait plus tard.
Et la richesse de Patrick grandissait en conséquence.
« Uhehehehehehehe. »
Puis, un jour…
« Patrick, tu as un invité. »
« Hein ? Le prochain invité est dans 30 minutes. »
« Ils sont venus sans rendez-vous. »
« Quelle impolitesse. Qui est-ce ? »
« Le Saint de l’Épée. »
« Dis-lui de s’en aller. »
« …… »
Isabella fixa Patrick avec une expression boudeuse, comme pour dire : « Est-ce que ça a seulement du sens ? »
Patrick se gratta la tête et dit :
« Aish, d’accord. Dis-lui d’entrer pour l’instant. Je vais devoir faire vite. »
Cette personne était probablement la seule à traiter le grand Saint de l’Épée comme une sangsue encombrante.
Un instant plus tard, le Saint de l’Épée entra devant Patrick.
Mais il n’était pas venu seul.
« Hahaha. C’est bon de vous revoir, Schneider-gun. »
« Le sentiment est partagé, Jeune Maître Schneider. »
Le Saint de l’Épée était venu voir Patrick avec son petit-fils, Garcia.
Patrick regarda les deux, grand-père et petit-fils, avec une expression boudeuse et dit :
« Pourquoi êtes-vous venus en duo ? Je suis occupé comme pas possible. »
« Je suis venu parce que j’ai quelque chose à dire. »
« Je ne prends pas de disciples. »
« Keuheum, pas en tant que disciple, mais que diriez-vous d’être des compagnons qui échangent leurs arts de l’épée ? »
« Échanger ? »
« Oui. Une relation où nous compensons les lacunes de l’autre et aspirons à un état supérieur. »
Regardez ce vieil homme sans vergogne.
Patrick croisa les bras et renifla.
« Pensez-vous toujours avoir quelque chose à m’apprendre ? »
« …… »
Le Saint de l’Épée tourna la tête avec une expression gênée.
« Vous êtes trop dur avec un vieil homme. »
« Je suis aussi assez vieux… Enfin non, mais que voulez-vous que je fasse ? »
« Tsk. »
Le Saint de l’Épée fit claquer sa langue et pensa :
« C’est dommage. Quel dommage. »
Il avait vu de près la technique de volonté et d’intention que Patrick avait montrée en finale.
Il avait dégainé son épée et s’était jeté vers les neuf dragons féroces pour sauver la vie de son petit-fils.
Il savait donc.
Le talent de Patrick n’était en rien inférieur au sien.
Non, en fait…
« Hahaha. D’où sort un tel monstre ? »
« Ne devriez-vous pas garder ça pour vous ? »
« Hein ? Ai-je dit cela à voix haute ? »
« Oui. Au grand déplaisir du monstre qui vous écoute. »
« Hahahahahaha. »
« Vous êtes drôle… »
Patrick dit avec indifférence :
« Je suis occupé. Si vous n’avez pas d’affaire importante, veuillez partir maintenant. »
« J’ai une affaire. Tout d’abord… Keuheum, Garcia. »
« Oui. »
Aux mots de son grand-père, Garcia se leva brusquement.
Puis, il passa devant Patrick et se dirigea vers Alex, qui était derrière lui.
Et alors…
« Sir Alex Rowensky. Je m’excuse. J’ai été impoli auparavant. »
« Jeune Maître Reynardo. »
« S’il vous plaît, acceptez mes excuses. »
Alex était sincèrement décontenancé.
Il n’aurait jamais pensé que ce Garcia s’excuserait auprès de lui.
Et si poliment, la tête inclinée.
À lui qui était troublé, Patrick dit :
« Que fais-tu ? Si tu reçois des excuses, tu devrais répondre. »
« Euh… Keuheum. »
Alex s’éclaircit la gorge, redressa sa posture et dit :
« J’accepte vos excuses. Alors, s’il vous plaît, relevez la tête. »
« Merci. »
Garcia releva la tête.
Et au moment où Alex croisa le regard de Garcia, il sut.
« Il a grandi. »
Le niveau d’Alex était inférieur à celui de Garcia.
Il était donc difficile pour lui de savoir si le niveau de Garcia avait augmenté ou diminué.
Mais pourtant, il pouvait le dire d’un coup d’œil.
Que ce soit en tant qu’épéiste ou en tant que personne, le Garcia actuel avait définitivement grandi plus que lorsqu’il s’était battu contre lui.
« Le monde est si égoïste. Bon sang… »
Un type talentueux était devenu encore plus talentueux.
C’était de quoi mettre en colère, mais…
« Oublions le passé maintenant. »
« Merci. Mais je pense que ce sera difficile pour moi pendant un moment. J’ai beaucoup de gens à qui m’excuser de la même manière quand je retournerai dans mon pays… »
« Hahaha. »
Pour une raison quelconque, Alex se sentait bien.
L’objectif était devenu plus élevé.
Mais au lieu du désespoir, un sentiment de compétitivité surgit.
« Un jour, moi aussi… »
Ainsi, une mauvaise relation fut résolue.