Chapitre 128
Chapitre 127. Ça s'appelle un échec ! (1)
4e tour de l'Arcana.
Il restait sept participants, l'un d'eux devait donc avancer grâce à un exempt.
Après une réunion, les organisateurs du tournoi décidèrent que Garcia, le plus sérieux prétendant au titre, bénéficierait de cet exempt.
« Ça veut dire que le petit-fils du Saint de l'Épée est exempté deux fois ? »
« On dirait bien. »
« Purée, c'est pratique d'avoir un puissant protecteur. »
« De quoi tu parles ? C'est le favori, de toute façon, ils le font juste passer au tour suivant. »
« N'empêche, deux exemptions, ça fait beaucoup, non ? »
« S'il gagne comme ça, il va y avoir beaucoup de critiques après. »
Bien qu'un débat ait éclaté parmi les spectateurs observant le tournoi, les concurrents eux-mêmes ne semblaient pas s'en soucier outre mesure.
Les sept personnes restantes étaient toutes des individus forts, confiants dans leurs propres capacités.
C'est ainsi que le premier match du 4e tour commença.
Le premier à entrer en lice fut Antorius, le seul représentant restant de la Théocratie Sacrée.
Son adversaire était un guerrier elfe vêtu de noir de la tête aux pieds.
L'issue de ce duel était bien trop évidente.
Le style de combat des Elfes, basé sur la rapidité et le lancer de couteaux, était bien trop faible face à un Paladin doté d'une défense solide.
De plus, face à quelqu'un comme Antorius...
« Oh, Yupinel ! »
À son cri puissant, un éclat doré jaillit comme s'il allait exploser.
L'Elfe ne put même pas s'approcher à cause de la pression de cette puissance et tenta de riposter en lançant des couteaux à distance, mais...
« Eh bien ? »
« Ça ne sert à rien. »
« Le tirage est vraiment mauvais. »
Les couteaux lancés par l'Elfe furent repoussés par la pression de l'énergie divine et ne purent même pas atteindre Antorius.
Antorius, qui se contentait d'émettre fermement son énergie divine sans même adopter une posture de combat.
Il parla sans même dégainer son épée.
« Tant que la protection de la déesse existe, tes attaques ne m'atteindront pas. »
« …… »
« Résident de la forêt. Devons-nous poursuivre ce concours plus longtemps ? »
À la question de savoir s'il comptait continuer ce match perdu d'avance, le guerrier elfe jeta un coup d'œil sur le côté, puis leva promptement la main et déclara :
« J'abandonne. »
« Antorius Denar est le vainqueur ! »
L'arbitre déclara immédiatement la victoire d'Antorius.
Antorius fit un léger signe de tête à son adversaire, puis rétracta son énergie divine et descendit de l'arène.
« Waouh... Comme on pouvait s'y attendre de la Théocratie Sacrée... »
« Il n'a même pas dégainé son épée. »
« Comment peut-il émettre une telle énergie divine à son âge ? »
Le public admirait la puissance écrasante d'Antorius.
Patrick, lui, regarda le guerrier elfe avec une expression légèrement déçue et dit :
« Dommage. Je voulais voir un vrai combat. »
« Je te le fais pas dire. Ils disent que c'est le plus jeune candidat Paladin, mais il montre rarement ses capacités. »
Aux mots d'Alex, Patrick eut un sourire en coin et répondit :
« Je parle de l'autre côté, pas de ce gamin. »
« L'Elfe ? »
« Ouais. Il cache ses compétences si bien que ça m'intrigue un peu. »
« Tu veux dire qu'il n'a pas tout donné ? »
« Évidemment. Il n'a pas utilisé d'arc et il n'a pas fait appel aux esprits, n'est-ce pas ? »
L'arc et les esprits.
Deux indices qui symbolisaient la puissance des Elfes.
C'étaient les premières spécialités qui venaient à l'esprit en pensant aux Elfes, au point que même Patrick, un noble d'une campagne reculée, était au courant.
Mais l'arc n'était pas une arme appropriée pour l'Arcana, et quant aux esprits...
« Pourquoi ne les a-t-il pas utilisés ? »
Il n'y avait aucune raison de ne pas utiliser les arts spirituels.
Pourtant, aucun des Elfes ayant participé à l'Arcana n'avait utilisé d'arts spirituels.
À cela, Alex hocha la tête vers Patrick et dit :
« Peut-être que l'Arcana ne signifie pas grand-chose pour ces Elfes. »
« Alors pourquoi sont-ils venus ? »
« Je l'ignore aussi. »
Patrick répondit avec une expression boudeuse :
« À quoi sers-tu, Aîné ? »
« Tu ne sais rien non plus... »
« Je ne sais peut-être rien, mais toi tu devrais savoir, Aîné. Tu es un Aîné, non ? »
« Espèce de petit profiteur. »
Il n'est un Aîné que quand ça l'arrange.
Alors qu'il s'apprêtait à réprimander davantage Alex, qui s'était affalé, le concurrent suivant monta sur scène.
« Owen Batista, avancez ! »
Le premier à apparaître fut un représentant de l'Empire Venator.
L'Empire Venator était le seul pays à avoir encore deux représentants au 4e tour.
L'un était le prétendant au titre, Garcia.
Et l'autre était cet homme.
Un physique une tête plus grand que la moyenne, un corps massivement musclé que même l'armure ne pouvait dissimuler.
Un géant aux avant-bras de la taille de la tête d'une femme moyenne.
C'était l'épéiste de niveau 5 étoiles de l'Empire, Owen Batista.
Et l'arme qu'il portait était...
« Une hache de combat ? Il n'utilisait pas une épée à l'origine ? »
« Il a dû changer. »
« Pourquoi ? »
« Je ne sais pas. Pourquoi le ferait-il ? J'ai bien une petite idée, cela dit... »
Patrick n'avait pas fini sa phrase que l'arbitre appela le nom du concurrent adverse.
« Cierion Baisus Yusef, avancez ! »
À cet appel, Cierion monta de l'autre côté, portant son épée à deux mains bizarrement large.
« C'est arrivé exactement comme je l'espérais. »
Aux mots de Patrick, Alex hocha également la tête :
« En effet, ils font une bonne paire. »
« Les organisateurs ont dû penser la même chose en les faisant s'affronter. »
Cierion, qui avait progressé en balayant ses adversaires avec sa gigantesque épée à deux mains.
Les organisateurs avaient opposé Cierion à un chevalier en armure lourde du même type.
« Ooooh… »
« C'est une belle image. »
« Un combat de force contre force ? »
Grâce à cela, les gradins s'animèrent immédiatement.
La simple apparition des deux hommes attira les regards curieux du public.
Cierion, qui monta en faisant tournoyer légèrement son épée géante.
Et Owen, qui lui faisait face, semblait lui aussi ne pas être en reste en termes de force au premier coup d'œil.
Non, en termes de physique pur, Owen était écrasant.
Cierion avait aussi une carrure robuste, mais debout face à Owen, il paraissait petit.
Se faisant face, Owen sourit et dit :
« C'est un plaisir de rencontrer un camarade qui suit la même voie, Prince Cierion. »
« La même voie ? »
« C'est ça. Pour un homme, tout ne tourne-t-il pas autour de la force et de la puissance physique ? »
En disant cela, Owen contracta son avant-bras, exhibant ses muscles saillants.
Cierion eut un sourire en coin :
« Tu sembles confiant dans ta force physique. »
« C'est vrai. Je serai différent de ceux qui s'envolaient comme des insectes quand je les frappais. »
« Ah oui ? »
« Exactement. J'ai apporté ce compagnon pour avoir un vrai concours de force avec toi. »
Owen caressa sa hache de combat géante et ajouta :
« C'est une arme trop grossière pour l'Arcana, mais je me suis dit que tu ne refuserais pas un concours de force, alors je l'ai prise. »
Cierion ne répondit pas aux paroles d'Owen.
Au lieu de cela, il eut un sourire narquois et appela l'arbitre à côté de lui.
« Arbitre. »
« Oui ? »
« Commencez vite, c'est tout. »
« Ah... très bien. »
Owen fut légèrement décontenancé.
Il avait fait preuve de bonne volonté à sa manière, mais il ne s'attendait pas à ce que son adversaire réagisse de façon aussi ouvertement désagréable.
Quoi qu'il en soit, Cierion lui tourna le dos et retourna à sa place.
Et alors que les concurrents étaient en position, l'arbitre ordonna :
« Commencez ! »
Simultanément au signal, Owen saisit fermement sa hache de combat à deux mains.
Son arme bien-aimée, bien plus grande qu'une hache de combat classique, devrait être capable de gérer cette étrange épée à deux mains...
« Hmm ? »
Un instant, le front d'Owen se fronça.
Son adversaire, Cierion, venait de commettre un acte étrange.
Crac.
Il avait planté violemment son épée à deux mains dans le sol.
Et à mains nues, il s'avança vers Owen, pas après pas.
Devant cet acte bizarre, tant son adversaire Owen que le public furent très déconcertés.
« Quoi ? Que tente-t-il de faire ? »
« Est-il fou ? »
« Pourquoi tout le monde est comme ça à l'Arcana cette année ? »
Parmi les murmures du public, seul Patrick eut un sourire en coin :
« Il est furieux. »
« Hein ? À quel sujet ? »
« Quand on te défie sur ton propre terrain, tu n'as pas envie d'écraser ton adversaire si misérablement qu'il regrette d'être né ? »
« Non, pas moi. »
« Tu irais jusque-là ? »
« Es-tu seulement humain ? »
« Pire qu'un démon. »
Face à la condamnation unanime de ses compagnons, Patrick déclara :
« Hé, honnêtement, vous êtes tous d'accord, non ? Dites-moi franchement. Hein ? »
« …… »
« Hein ? Vraiment pas ? »
« …… »
« C'était moi le bizarre, par hasard ? »
Pas bizarre, mais maléfique.
Patrick, un instant confus, reprit rapidement contenance et dit :
« Enfin, peu importe, ce prince nommé Cierion est furieux. Il a décidé de donner une leçon à ce gamin qui vient le défier sur son terrain. »
« Alors, selon toi, la force de ce Prince Cierion est bien supérieure ? »
Aux mots d'Alex, Patrick gloussa :
« Regarde. Tu comprendras vite. »
Cierion marcha droit vers Owen sans hésiter.
Il s'était approché sans défense à une distance où il aurait pu être coupé en deux en un instant si son adversaire avait balancé son arme.
« Que signifie cela ? »
Cria Owen, le visage rouge de honte.
À cela, Cierion répondit :
« Qu'est-ce que tu fais ? »
« …… »
« Tu vas juste regarder ? »
« Keuk… »
Finalement, Owen balança sa hache de combat.
Attaquer un adversaire sans défense allait à l'encontre de sa conscience, mais c'était un match, et c'était quelque chose que son adversaire avait cherché.
Il lui ferait payer le prix pour avoir insulté l'honneur d'un chevalier.
Woooooosh !
Sur cette pensée, sa hache de combat vola vers Cierion sans hésitation.
Et...
Thwaaaack !
Le bruit d'un choc retentit.
Les spectateurs, imaginant une scène macabre, détournèrent instinctivement le regard.
Mais le résultat révélé était complètement différent de leur imagination.
« Ut… »
Cierion avait attrapé le manche de la hache de combat de son adversaire à mains nues.
Rien que cela était surprenant, mais ce n'était pas la fin.
Dans cette position, Cierion dit :
« Tu disais être confiant dans ta force ? »
« Keuk... toi ? »
« Vas-y, essaie. »
Aux mots de Cierion, le visage d'Owen devint rouge.
« Ne le regrette pas ! »
Et de tout le corps d'Owen, une aura explosa.
Une aura concentrée sur le renforcement de son propre corps plutôt que sur son arme.
Quand cela rencontra ses muscles, entraînés encore et encore, cela produisit un effet incroyable.
Owen avait même déjà battu un troll à mort à mains nues.
Il était déterminé à balancer sa hache de combat de toutes ses forces et à envoyer son adversaire valser.
Mais...
« Uut... heuup… »
« Qu'est-ce que tu fais ? »
« Keeeeeeuuuuuh… »
« C'est ça, tes efforts ? »
Même en entendant les moqueries de Cierion, Owen n'avait aucune marge de manœuvre pour répliquer.
« P-pas possible. »
Malgré toute sa force, l'adversaire ne bougeait pas d'un pouce.
Au premier coup d'œil, l'adversaire semblait plus petit que lui, mais la hache de combat tenue dans sa main ne bougeait absolument pas.
Comme si elle était coincée dans un rocher géant.
« Comment est-ce possible ? »
« La Chute des Mille Livres. Pas mal. Il l'utilise avec beaucoup d'habileté. »
Patrick comprenait parfaitement la situation.
Contrairement à Owen, qui essayait juste d'envoyer son adversaire voler en utilisant uniquement sa force musculaire renforcée, Cierion utilisait sa force avec un objectif clair.
Un centre de gravité légèrement abaissé.
Des jambes inébranlables comme enracinées dans la terre.
Il ajoutait du poids à la nature de son aura.
C'était ce qu'on appelait la Chute des Mille Livres.
En fait, ce n'était pas surprenant.
Dans les Plaines Centrales, la Chute des Mille Livres était une technique que quiconque manipulait un peu le ki pouvait utiliser dès qu'il dépassait le niveau de second rang.
Ils pouvaient même le faire sans l'avoir apprise.
Dans un sens large, ce n'était qu'une façon d'opérer le ki qui était une extension de la Posture du cavalier.
Ce n'était pas difficile à utiliser avec un peu de savoir-faire.
Donc, il n'était pas étrange pour un chevalier de ce monde de l'utiliser.
Mais l'utiliser si naturellement était quelque chose d'assez louable, même aux yeux de Patrick.
« Était-ce de l'effort ? Ou du talent ? Dans tous les cas, il est impressionnant. »
Il l'observait depuis le match précédent, mais ce Prince Cierion n'était pas une personne ordinaire.
« Un concours de force ? C'est déjà sans intérêt. »
C'était quelque chose d'impossible dès le départ.
« Keeeeeuuung ! »
« Bon sang, c'est tellement humiliant… »
Owen, qui était désemparé face à Cierion qui ne bougeait pas malgré toute la force qu'il y mettait, finit par lâcher prise d'une main et tenta de frapper Cierion au visage.
À ce stade, il se fichait du concours de force ou de quoi que ce soit ; il voulait juste porter un coup sur ce visage suffisant.
Mais...
Thwaaack !
Même cela échoua.
Cierion attrapa légèrement le poing d'Owen avec sa main, puis exerça une pression sur la main qui tenait son poing.
Squeeeze !
« Kuaaaak ! »
Owen hurla en sentant les os du dos de sa main être broyés avec le gantelet qu'il portait.
Et Cierion lui dit :
« Laisse-moi te corriger sur deux points. »
« Qu-quoi… »
« Si tu comptes montrer ta force à ce niveau, laisse tomber. Tu en es loin. »
« Keuk… »
« Et une chose de plus. »
Les yeux de Cierion devinrent féroces.
« Moi, Cierion Baisus Yusef, je ne marcherai jamais sur la même voie que les déchets de l'ouest. »
« Quoi... Kuaaaak ! »
Maintenant, les os broyés du dos de sa main faisaient saillie.
Le sang coulait de la manche du gantelet d'Owen, et il s'agenouilla, incapable de surmonter la douleur.
« L... Le vainqueur, Cierion Baisus Yusef. »
L'arbitre déclara précipitamment le vainqueur, et ce n'est qu'alors que Cierion lâcha le poing de son adversaire.
Quand il lâcha prise, une empreinte de main claire, pressée dans le gantelet d'acier, resta visible.
À Owen, qui souffrait continuellement de l'acier qui s'enfonçait, Cierion dit :
« Souviens-toi bien de ça, déchet. »
Un instant, Owen s'étouffa et tenta de répliquer, mais...
« Ut… ? »
À ce moment, il croisa le regard de Cierion.
Le regard froid et méprisant d'un être doté d'une supériorité absolue en force qui le dominait.
Submergé, Owen ne put même pas répliquer pour son honneur et dut détourner le regard.
« Hmph. »
Cierion regarda Owen comme s'il était insignifiant, puis lui tourna le dos.