Chapitre 361
Joyeux Noël à tous mes lecteurs !
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On dit que toute chose a une fin, et cette fin était arrivée pour la famille de James. Pas la mafia, pas l'organisation criminelle, pas tout ce merdier construit autour de lui, mais la vraie… la vraie famille.
Rafael était mort, puis James avait démoli leur père avant d'envoyer cette garce cupide se faire torturer par Ferucci… à bien y réfléchir, James avait en quelque sorte massacré tout le monde à sa manière… et Erika était aussi dans le lot.
Elle avait tout vécu, et elle s'était effondrée, ce qui était compréhensible. C'est pourquoi le lendemain, tout était beaucoup plus calme ; tous deux comprenaient que, même s'il s'agissait de leur famille, ils avaient suivi leurs propres chemins. Il se trouvait aussi que James s'était réveillé avec les seins de Bella en plein visage. Elle s'était glissée dans le lit pendant la nuit, avait doucement poussé Charlotte pour prendre sa place et, évidemment, se réveiller avec ça sous le nez n'était pas franchement désagréable.
Pourtant, ce qui suivit fut simple, mais profondément significatif.
James et Erika sortirent et s'assirent dans le jardin.
On aurait dit que la vie elle-même appelait ce moment, comme si un Dieu les observait d'en haut et le souhaitait aussi… le soleil qui brillait sur eux, le vent léger, la douceur de l'air. C'était comme si deux existences rebelles, deux réalités et atmosphères différentes les entouraient. L'une était l'obscurité qui endurait tout, engloutissant tout sur son passage, tandis que l'autre était la lumière qui se défendait et avait lentement trouvé le courage de briser l'équilibre… et tous deux le savaient sans dire un mot.
Ils restèrent simplement là, écoutant le bruissement des feuilles et les sons lointains d'un monde qui continuait d'avancer, quels que soient les monstres ou les miracles qui l'habitaient. Erika entoura sa tasse de ses mains, sentant la chaleur imprégner ses doigts, tandis que James se penchait en arrière, les yeux clos, laissant le soleil le réchauffer.
Pendant une seconde, tout sembla aller pour le mieux, simplement à être là, sans mots, en silence, laissant le moment parler de lui-même. On pouvait voir leurs deux mondes dériver silencieusement l'un de l'autre, tout en restant connectés.
James était allongé, les yeux fermés, une main posée sur sa canne, tandis qu'Erika serrait sa tasse en fixant le vide, réfléchissant à ce qu'elle pourrait dire, peut-être à la façon de dire adieu à son seul enfant encore en vie… mais elle ne dit rien. C'était suffisant.
C'était suffisant de le voir, de voir les cicatrices, la canne, les pilules qu'il prenait et prend encore pour la douleur et la dépression enfouies au plus profond de lui… elle savait tout. Et pourtant, il restait en lui un faible rayon de soleil, le souvenir fugace d'un moment où il était enfant, profitant simplement du grand air, l'enfant qui était heureux, qui jouait avec son petit frère… cet enfant avait disparu, et avec lui, l'innocence qu'il portait autrefois.
« Un beau pays, n'est-ce pas ? » James finit par briser le silence, toujours assis là, les yeux fermés. Il ne voulait pas la regarder, ne voulait pas regarder sa mère, ne voulait pas voir ces yeux à nouveau.
« C'est vrai… J'aime être ici, loin de la douleur… mais en même temps assez proche pour la ressentir encore. »
La façon dont elle l'avait dit signifiait tout. Cela donnait à James quelque chose d'important auquel se raccrocher : elle n'allait pas s'enfuir par peur, non. Elle voulait rester assez près pour ressentir la douleur, pas seulement celle de son propre passé, mais celle de James lui-même. Assez près pour se soucier de lui, pour peut-être discuter une fois ou deux, pour être présente, pour tout ressentir.
« Alors profite-en, Maman. Profite de chaque instant. Je te soutiendrai pour tout ce dont tu as besoin », dit James en ouvrant enfin les yeux… et il vit quelque chose qu'il n'avait pas prévu.
Un sourire.
Un sourire sur le visage d'Erika qui était indescriptible. Il n'avait jamais vu un sourire aussi douloureux et, en même temps, aussi chaleureux.
« Merci, James. » Sa voix était basse. « Je veux juste un foyer douillet, c'est tout, rien de plus. »
« Tu mérites tout », lui répondit immédiatement James. « …et je te donnerai tout. Alors cherche une maison, et je te l'achèterai. » Il se leva lentement, s'appuyant sur sa canne, et commença à marcher vers elle, mais avant qu'il ne puisse l'atteindre, Erika se leva, car elle avait vu la douleur dans les yeux de James, avait vu le tressaillement, et savait qu'il n'avait pas pris ses antidouleurs une fois de plus.
« S'il te plaît… ne te torture plus », murmura-t-elle en le serrant fort dans ses bras.
« Je ne le ferai plus », répondit James en la serrant tout aussi fort. Leur étreinte n'était pas seulement physique, elle était longue, et bien que leurs mots fussent rares, elle était pleine d'émotions indicibles.
Elle était pleine d'amour.
Un amour qui avait survécu à la douleur, à la souffrance, à tout. Et même maintenant, il était toujours là, pas aussi intense qu'avant, pas aussi dévorant, mais il demeurait. L'amour serait toujours le fil conducteur entre eux, entre une mère et son fils, et cette longue étreinte en disait encore plus long.
« Je peux y aller ? »
« Non. »
« Pourquoi pas ? »
« Parce que je l'ai dit. »
« Tu n'es pas mon père. »
« Ni James. » Les mots de Mike avaient peut-être été un peu trop durs envers Charlotte, mais il était sur le point de craquer alors qu'elle essayait de courir vers Erika et James pour interrompre leur moment.
« Si, c'est mon père ! » cria-t-elle, et Mike le remarqua, ses yeux brûlant de ce feu propre aux Lucian.
« Beau-père », corrigea-t-il.
« Vrai père ! » hurla-t-elle, et dans sa frustration, elle donna littéralement un coup de poing à Mike, mais cela lui fit plus mal qu'à lui, le gilet pare-balles absorbant l'impact.
« Qu'est-ce que vous faites, tous les deux ? » demanda Bella, en intervenant et en voyant Charlotte enchaîner les coups de poing sur le ventre de Mike, ce qui ressemblait plus à un massage qu'à une tentative de lui faire du mal.
Pour répondre à Bella, il se contenta de faire un signe de tête vers l'extérieur, et elle comprit immédiatement ce qui se passait… elle s'y attendait, Erika lui en ayant parlé auparavant. Bella avait fait de son mieux pour la convaincre de rester avec James, d'être près de lui en tant que mère, car l'abandonner ne ferait qu'accroître la douleur.
Mais en les voyant s'étreindre en silence, elle fut heureuse… que cela soit enfin arrivé. Qu'enfin, aucun des deux n'ait besoin de faire semblant… et qu'ils puissent rester les Bellini… pour toujours.