Chapitre 184
« Le Maître devrait passer par ici. »
La porte, peinte en noir, était ornée de motifs dorés.
C’était un passage réservé aux hauts fonctionnaires. J’ai suivi Nisled à l’intérieur et l’ascenseur s’est mis en marche.
Contrairement aux ascenseurs ordinaires, il n’y avait quasiment aucune vibration.
J’ai observé le paysage de Niflheimr à travers la vitre à l’arrière. Le troisième étage abritait les occupations de base, comme la production et la collecte. Des Héros travaillaient dans une installation de tri sur un côté de la place.
Le quatrième étage était le lieu de résidence du personnel de combat de base.
Ils étaient responsables des missions de combat mineures et de l’escorte du personnel de collecte du troisième étage vers les donjons hebdomadaires. À mesure que l’on montait dans les étages, les responsabilités, l’autorité et les avantages augmentaient.
Mais ce n’était pas une structure pyramidale.
La majorité du personnel de Niflheimr se trouvait dans les étages intermédiaires, du cinquième au huitième. C’était également quelque chose que j’avais organisé.
À partir du neuvième étage se trouvaient les officiers et le personnel administratif.
Ils étaient chargés de commander les batailles et de gérer les installations de Niflheimr. À partir du dixième étage, l’autorité augmentait encore davantage.
Dès le onzième étage, le nombre de membres du personnel diminuait radicalement.
400 au douzième étage.
90 au treizième étage.
Le treizième et dernier étage…
À vrai dire, il ne comptait que 5 membres.
Les lieutenants du groupe principal n’étaient que des membres temporaires.
La porte de l’ascenseur s’est ouverte. En levant les yeux, j’ai vu un ciel gris.
C’était le treizième étage.
Un étage circulaire.
Contrairement aux autres étages, vastes comme des villes, celui-ci n’était pas très spacieux.
Tout au plus, il avait la taille d’un petit village.
Le dernier étage de Niflheimr était divisé en cinq sections, chacune disposant de sa propre résidence.
« Est-ce Yurnet qui a créé ça ? »
J’ai pointé du doigt le château central.
C’était un bâtiment que je n’avais jamais vu auparavant.
« Oui. Il a été construit pour le Maître. »
« Ils ont fait les choses en grand. »
Sans être tape-à-l’œil, il brillait d’un poli noir.
À l’intérieur du château, il semblait y avoir une salle d’audience, celle où j’étais entré hier.
« Maître, par ici, s’il vous plaît. »
De la brume s’est formée sur le chemin de briques, puis s’est alignée en rang.
J’ai esquissé un sourire et j’ai suivi la brume. Elle menait au jardin de Yurnet.
« Je m’arrête ici. Prenez soin de vous. »
Nisled a incliné la tête.
Elle semblait devoir vaquer à d’autres occupations.
Je suis entré dans le jardin.
Yurnet attendait près de la table centrale.
« J’ai préparé un repas. »
Yurnet a souri et a frappé dans ses mains.
Divers pains et salades sont apparus sur la table.
« Je suis restée simple, mais j’espère que cela conviendra à votre goût. »
« C’est largement suffisant. »
J’ai pris un petit morceau de pain dans la corbeille.
S’il s’était agi d’un grand festin, j’aurais refusé.
Je me suis assis et j’ai grignoté le pain.
« Pourquoi m’avez-vous fait venir ? »
« J’ai entendu dire que vous alliez vous entraîner. »
« C’est exact. »
« Nous admirons votre détermination à devenir plus fort par vous-même. Mais… »
Yurnet a baissé les yeux.
« Je suis désolée, Maître. »
« Pourquoi donc ? »
« Nous comprenons très bien vos intentions. Mais il semble que vous ne nous fassiez pas confiance. »
Yurnet avait une expression mélancolique.
J’ai ri doucement. Je voyais où elle voulait en venir.
« Devenir plus fort est une bonne chose. Cependant, j’espère que vous pouvez compter un peu sur nous. C’est ce que vous voulez dire ? »
« Oui. Nous ne pouvons que vous observer depuis la ligne de touche… »
Yurnet a croisé les bras.
« Elle joue très bien la comédie. »
La moitié était probablement sincère.
J’ai ri et j’ai dit : « J’allais justement vous le demander. »
« Est-ce vraiment vrai ? »
« Pourquoi serais-je venu ici, sinon ? »
Si Niflheimr ne m’avait été d’aucune utilité, je serais resté à Townia. Il y a une raison à ma venue, au-delà de la simple recherche d’informations. J’ai poursuivi :
« Je ne vais pas compter sur vous pour tout. Mais j’espère que vous pourrez au moins m’aider. »
« Comment, comment pouvons-nous vous aider ? »
Yurnet s’est penchée en avant par-dessus la table.
Son visage s’est rapproché.
« Vous vous approchez trop. Reculez un peu. »
« … Je vous présente mes excuses pour ce comportement. »
Yurnet a redressé sa posture.
« Pour commencer, Maître, devrions-nous envoyer environ un million de gemmes à Townia ? »
Soupir.
« Vous posez sérieusement la question ? »
Même avec tout le soutien possible, je devrais finir par me débrouiller seul depuis les étages supérieurs. Je ne peux pas gâter Anytng.
« Le soutien à Townia est strictement interdit. Tout contact est également proscrit. Sauf ordre contraire de ma part, n’intervenez d’aucune manière. »
« À vos ordres. »
Yurnet s’est inclinée profondément.
« Quand on y réfléchit… »
Anytng est assez dépendante de moi.
Mais c’est un élément que je dois prendre en compte. Un minimum de soins est nécessaire, tout au moins.
« On se croirait à élever un élève de primaire. »
Après avoir clarifié mes pensées concernant Anytng, j’ai repris :
« Comme je l’ai mentionné, il s’agit de l’entraînement. »
« L’entraînement. »
« L’avancement de classe et les compétences. »
Il y avait une chose de plus à demander.
J’avais prévu d’en parler lorsque l’entraînement toucherait à sa fin.
« Si vous êtes partante. »
Yurnet m’a adressé un doux sourire.
« J’ai une idée en tête. »
Après avoir terminé le repas, j’ai quitté le jardin.
Yurnet s’est dirigée vers son bureau, disant qu’elle s’occuperait des affaires de Niflheimr.
C’était à l’origine une tâche que nous partagions. Elle allait être bien occupée à la gérer seule.
Si j’avais eu le temps, je l’aurais aidée, mais pour l’instant, je devais m’occuper de mes propres affaires.
J’ai marché le long du sentier.
Le paysage, rempli d’arbres et d’herbe, a commencé à changer progressivement.
Un terrain rocheux et aride.
Même le chemin sous mes pieds a disparu.
J’avais complètement pénétré sur le territoire de Yurnet.
Des rochers surgissaient un peu partout.
Certains étaient aussi petits qu’un mètre, tandis que d’autres dépassaient les dix mètres de haut. D’innombrables marques de lames étaient gravées sur les surfaces rocheuses.
« Mais en réalité, ce ne sont pas des rochers. »
Au premier coup d’œil, ils ressemblaient à des rochers, mais ils semblaient différents de près.
Des minerais gigantesques avec un éclat noir profond. On les appelait le Fer Noir. C’était plusieurs fois plus dur et plus tranchant que l’acier. Je connaissais bien cette zone.
« La Montagne de Fer. »
J’ai examiné le rocher de près.
Les marques de lames qui avaient tranché le Fer Noir comme du papier formaient une silhouette.
« C’est ce type qui a sculpté ça. »
Des sculptures sur les murs à l’intérieur du château.
Cela avait du sens. À part lui, il n’y avait personne d’autre à envisager.
Classé 3e à Niflheimr.
L’Épée Céleste, le propriétaire de Clau Solas.
(N/T : Clau Solas : Claidheamh Soluis ou l’Épée de Lumière : est un objet récurrent dans de nombreux contes folkloriques irlandais et gaéliques écossais.)
Son talent était écrasant, au point que j’avais un jour suspecté qu’il s’agissait d’un personnage buggé.
« Ridgion. »
« J’attendais. »
Derrière la montagne de fer fendue en deux.
Un jeune homme à l’air froid est sorti.
Je traduis actuellement les romans suivants : Pick Me Up! | A Frontline Soldier Awakened as a Gamer In The War! | The 100th Regression of the Max-Level Player. Si vous souhaitez me soutenir et lire plus de chapitres, abonnez-vous à mon Patreon !