Chapitre 85
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 85 : Vrai travailleur, faux instructeur
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« Hughes. Cet homme est un travailleur pénal affecté à Tartare. Après son arrestation d’urgence pour avoir parié dans le treizième district d’Amitenggrad, il a été condamné aux travaux pénaux à Tartare. »
Tyr, qui savait déjà qu’il était un travailleur pénal, se raidit de surprise et jeta un coup d’œil à Shei. Heureusement, celle-ci ne leva pas aussitôt les yeux au ciel pour se précipiter sur lui.
Elle se contenta de plisser les yeux et de laisser échapper un léger bourdonnement par le nez.
« … Je vois. Ça explique bien des choses. »
Shei nourrissait plus d’un doute à son sujet.
Ses nombreux talents, dont l’origine lui était totalement inconnue. Son attitude bien trop désinvolte et amicale pour un officier de l’État militaire. Cette étrange façon de se mêler avec enthousiasme des affaires privées tout en faisant comme si le travail officiel ne le concernait pas.
Il n’avait fait que débiter des paroles mielleuses sans donner son nom ni son grade, et sans rédiger le moindre rapport. Il était à des années-lumière d’un instructeur ordinaire.
Mais surtout, si l’on faisait abstraction du sauvetage de Tyrkanzyaka… rien n’avait moins de sens que de lui rendre son cœur.
Si l’État militaire avait su comment restaurer le cœur de la Progenitrice, il aurait tenté de la contrôler en le prenant en otage, plutôt que de le lui rendre. C’était ça, la logique de l’État militaire.
Ses actes n’avaient rien eu de ceux de l’État militaire. Voilà pourquoi Shei avait cherché à découvrir ses véritables intentions.
Mais chaque fois que j’essayais, il m’échappait comme un vieux serpent. Impossible d’en avoir le cœur net !
L’État militaire cherchait à uniformiser toute la création, humains compris. Un homme aussi chaotique que lui ne pouvait pas être instructeur. Il allait à l’encontre de son idéologie même.
Il était bien plus logique qu’il s’agisse d’un criminel aux capacités étranges et surnaturelles, qu’on avait dû enfermer à Tartare…
« Attendez. Un travailleur pénal ? Pas un criminel destiné à être emprisonné à Tartare ? »
Les travailleurs pénaux et les prisonniers étaient deux choses bien différentes. Les prisonniers étaient détenus et entièrement privés de liberté, tandis que les travailleurs pénaux expiaient leurs crimes en servant dans un établissement désigné et en y effectuant toutes sortes de besognes. Leurs délits étaient relativement mineurs, et leur vie ressemblait à celle de simples ouvriers.
Pas un instructeur.
Pas un dangereux criminel qui méritait Tartare.
Juste un petit délinquant ?
Et en plus de ça…
« On l’a envoyé ici pour une histoire de jeu ? »
« Exactement. Un parasite à la hauteur de son statut pourri de citoyen de niveau zéro. Au lieu de gagner honnêtement sa vie, il courait après la fortune facile. »
Callis ne prit pas la peine de dissimuler son mépris.
Tyr, qui s’était contentée d’observer attentivement la situation, se hérissa devant cette attitude et prit sa défense.
« Un parasite à cause d’une partie de cartes ? Vous y allez fort. »
Callis répondit aussitôt, comme si elle avait préparé sa réplique à l’avance.
« Bien sûr, il n’aurait pas été envoyé à Tartare pour ça seulement. Mais après avoir interrogé séparément les cinq personnes impliquées dans la partie, nous avons appris qu’il jouait régulièrement et entraînait des gens honnêtes dans ses parties. »
« Le jeu n’est qu’un jeu. En quoi jouer peut-il être un crime ? »
« Surtout, les quatre autres ont tous affirmé qu’il avait manifestement triché. Ce jour-là, il aurait remporté quatre-vingt-dix pour cent des parties. »
Tyr s’interrompit.
Même pour un joueur exceptionnel, un taux de victoire de quatre-vingt-dix pour cent était anormal. Tyr, qui connaissait pourtant bien peu le monde, le comprenait.
Sa réplique manqua cette fois d’assurance.
« … Peut-être que les quatre autres étaient simplement incompétents. »
« Après avoir perdu encore et encore, ils étaient tellement frustrés qu’ils se sont alliés pour la dernière partie. Malgré ça, ils n’ont pas réussi à le battre. C’est là qu’ils en ont eu la certitude. »
« … S’allier pour tricher, ce n’est pas très glorieux non plus… »
Même Tyr, qui éprouvait de la sympathie pour lui, ne parvint plus à le défendre et laissa sa phrase en suspens.
Après l’avoir réfutée de fond en comble, Callis éleva la voix, pleine d’assurance.
« Ceux qui n’ont plus rien à perdre invoquent leur situation pour justifier leurs crimes. L’État militaire ne tolère pas cela. Pour éviter que l’on mette la loi militaire à l’épreuve en implorant notre compassion, même les délits insignifiants des citoyens de niveau zéro doivent être punis, à titre d’avertissement pour tous ! »
Callis releva la tête et cria :
« Hughes, citoyen de niveau zéro ! Vous avez peut-être mené une vie de paresse jusqu’à présent, mais c’est terminé. Votre supérieur est arrivé. Sortez immédiatement et faites état de votre situation ! Dans le cas contraire, vous serez puni pour manquement à vos obligations ! »
Sa voix tonitruante résonna dans Tartare, mais rien ne lui répondit. Tyr s’avança à sa place.
« Il ne peut pas répondre. Il a perdu la mémoire et il est devenu à moitié idiot. »
« Il a perdu la mémoire ? »
Callis ricana avec mépris.
« La perte de mémoire est-elle une excuse pour négliger ses devoirs ? Certainement pas. Sinon, il suffirait de tuer quelqu’un, de prétendre avoir perdu la mémoire et l’on serait déclaré innocent. »
« Il ne s’agit pas de se détourner de ce qui s’est passé, mais d’être incapable de faire ce qui doit être fait. Ce sont deux choses entièrement différentes, aussi différentes que le passé et l’avenir. »
Tyr parlait doucement, mais ses mots avaient la sévérité d’un reproche à l’ancienne. Callis resta muette, incapable de répondre. Tyr ramassa avec précaution l’herbe de mana, puis s’éloigna.
« Ces provisions sont pour lui. Quand il aura retrouvé la raison, je l’écouterai. »
Alors qu’elle s’apprêtait à entrer dans Tartare avec l’herbe de mana, Tyr s’arrêta brusquement et demanda : « Attendez. Vous avez dit qu’il s’appelait Hughes ? »
« Exactement. Il y a un problème ? »
« … Vous êtes sûre de ne pas vous tromper ? »
« Avant d’être affectée à Tartare, j’ai lu tous les documents contenant les renseignements personnels des pensionnaires. Il n’y a aucun doute possible. »
Tyr prit un air gêné. Shei renifla, comme si elle s’y était attendue.
« Tu vois ? Je t’avais dit que ses réponses étaient bizarres. Dès le début, cette histoire de haricots n’avait aucun sens. »
« … On peut le lui demander directement. Pour l’instant, l’important, c’est de réveiller Hyu. »
« Allons-y ensemble. J’ai aussi des questions à poser à ce salaud. »
Les yeux de Shei brûlaient tandis qu’elle parlait.
« J’ai enfin une piste… Il ne pourra plus m’échapper… ! »
Tyr ne pouvait pas le lui reprocher. De toute façon, c’était une épreuve qu’il devait endurer. Tout ce que Tyr pouvait lui garantir, c’était qu’il resterait en sécurité.
Tyr et Shei reprirent côte à côte le chemin de sa chambre, sans toujours connaître le nom de l’homme.
Callis était l’officière modèle de l’État militaire, mais, comme tout être humain, elle tenait à sa vie. Elle était venue à Tartare sur ordre et avait même entendu dire qu’elle risquait d’y mourir… Mais elle ne voulait pas crever comme un chien.
Voilà pourquoi la soif de sang de Shei l’avait terrifiée au point de lui couper le souffle.
« La Progenitrice, c’est une chose, mais lui représente une menace presque du niveau d’un officier général… Il libère sa soif de sang dès notre première rencontre. »
La Progenitrice était célèbre depuis des siècles, une créature comparable à une catastrophe naturelle.
Fallait-il affronter un typhon pour le vaincre ? Fallait-il tenir bon sous la foudre ?
Il suffisait de baisser la tête jusqu’à ce que le typhon passe, puis de s’abriter dans un endroit bas en attendant que la foudre cesse.
Fidèle à ce qu’on attendait d’une vampire ayant vécu des siècles, la Progenitrice se montrait indifférente à tout et ne se souciait guère des bouleversements du monde autour d’elle. Lorsque l’État militaire avait transporté son cercueil de sommeil dans l’Abîme, elle ne s’était pas opposée à eux.
L’histoire était bien connue jusque dans l’État militaire. Elle avait seulement demandé une fois où on l’emmenait et, lorsque le soldat chargé de la transporter avait répondu sans y penser que c’était dans l’Abîme, elle avait murmuré : « Alors, je ne pourrai pas y voir le ciel », avant de se taire à nouveau.
Tant qu’on ne touchait pas à son point sensible — en priant le Dieu céleste devant elle, par exemple —, elle ne représentait pas un grand danger. Elle pouvait même devenir une alliée.
« Le problème, c’est l’élément imprévisible. »
Shei était classée niveau trois, mais lui était un colosse inconnu, dont l’identité et les origines restaient obscures.
Un individu si dangereux qu’il avait fallu que Partlaxion, la Lance absolue et l’un des Six Généraux de l’État militaire, intervienne en personne pour le maîtriser.
Rien d’agréable à avoir un monstre à ses côtés, capable de vous tuer à tout instant.
La seule consolation, c’était que le travailleur pénal envoyé avant elle, leur cobaye, n’avait pas encore viré au rouge sang.
Un petit délinquant avait survécu ; Callis, l’élite de l’État militaire, devait donc pouvoir en faire autant.
« … Je ne sais pas ce qui a pu le rendre idiot, mais… »
Callis poussa un profond soupir et retira sa casquette de service. Elle était fière de son sang-froid, mais son corps, lui, ne mentait pas. Une goutte de sueur glissa dans son cou, sous ses cheveux courts.
« Ma mission, c’est de survivre, puis de faire mon rapport. »
Shei ayant détruit tous les golems, ils n’avaient pas pu recueillir suffisamment d’informations sur l’intérieur de Tartare. Son supérieur, qui aurait dû venir à l’origine, l’avait envoyée à sa place. Elle devait partir en éclaireuse, récolter des renseignements et, si un danger se présentait, en faire elle-même l’expérience avant les autres.
Callis savait qu’elle n’était pas mieux lotie que le travailleur pénal envoyé avant elle, mais elle n’avait pas le choix.
C’était pour cela qu’elle avait surpassé d’innombrables officiers et obtenu le grade de lieutenant-colonel.
« Rendons sa grandeur à l’humanité. »
En se remémorant leur vœu le plus cher, elle raffermit sa résolution.
* * *
Le quatrième étage de Tartare était réservé aux travailleurs pénaux. On y trouvait les lieux où ils devaient travailler, comme la cafétéria et la blanchisserie, ainsi que les dortoirs où ils se reposaient après avoir terminé leur journée.
En se dirigeant vers l’une de ces chambres, Shei demanda : « À bien y penser, ce type logeait dans une chambre de travailleur pénal ? Il vivait dans un endroit pareil ? »
« Tu ne savais même pas où Hyu logeait depuis tout ce temps ? »
« Je ne connaissais même pas son nom. Comment veux-tu que je sache où il logeait ? »
Tyr réprimanda Shei, qui regardait les alentours avec curiosité.
« Tu ne fais vraiment attention à rien. Vous avez passé tant de temps ensemble. »
« Hein ? Franchement, toi non plus, tu ne le savais pas avant de retrouver ton cœur. »
« … Hum. »
Tyr n’ajouta rien et ouvrit la porte de sa chambre.
Il était toujours assis sur le lit, le regard perdu dans le vide. Quand la porte s’ouvrit, il tourna un instant la tête dans cette direction, mais ce n’était qu’une réaction à un stimulus.
Il répondait aux questions et réagissait aux gestes des autres, mais n’agissait jamais de son propre chef. Il ne s’était pas encore retrouvé, pourtant Tyr l’accueillit avec la même chaleur qu’à l’accoutumée.
« Hyu, comment vas-tu ? »
La chambre exiguë du dortoir des travailleurs pénaux semblait pleine avec deux personnes de plus. Tyr la traversa et s’assit à ses côtés.
Adossée au chambranle, Shei marmonna : « Ça me donne des frissons quand j’y pense. Même sans avoir conscience de lui-même, il nous a donné un pseudonyme. »
« Il devait avoir une raison. Tiens, Hyu. Regarde. Voilà ce qu’il te fallait… »
Tyr sortit du paquet une cigarette d’herbe de mana roulée dans du papier. Puis elle se rendit soudain compte qu’elle ne savait pas comment s’en servir.
Pour une vampire née immunisée aux maladies, aux poisons et aux drogues, ce petit rouleau de tabac long comme un doigt était un objet incompréhensible. Tyr le tenait maladroitement, sans savoir quoi en faire.
« Comment s’utilise cette chose… ? Ce bâton, je veux dire… Ça ne se mange pas, on dirait… »
Quelle était la façon la plus courante d’utiliser un long bâton ?
D’après l’expérience de Tyr, il n’y en avait qu’une.
Elle leva la cigarette d’herbe de mana et lui en donna une petite tape sur l’épaule.
« Hé ! Reprends tes esprits ! »
Elle ne le frappait même pas à la tête, seulement à l’épaule. Et le coup n’avait aucune force. Même s’il n’avait pas perdu la mémoire, il n’aurait sans doute pas réagi à une tape pareille.
La scène était si puérile que Shei, abasourdie, ne put que remuer les lèvres en silence pendant plusieurs secondes.
« … Ce n’est pas comme ça qu’on s’en sert. Et même si c’était le cas, qu’est-ce que tu espérais obtenir en lui tapotant si doucement l’épaule ? »
« Alors, comment faut-il faire ? Il n’y a pas d’autre moyen, si ? »
« Ça se fume… Ah, à quoi bon t’expliquer ? Mets-lui d’abord la cigarette dans la main. »
Tyr approcha timidement l’herbe de mana de sa main.
Il réagit.
Dès que l’herbe de mana toucha sa paume, sa main tressaillit par réflexe. Ses doigts se replièrent d’instinct et saisirent la cigarette. Lentement, il la porta à son nez et la renifla, comme pour en vérifier la qualité.
« Ça y est. »
Tyr n’avait pas besoin que Shei le lui dise. Elle garda le silence et observa ses gestes.
La façon dont il tenait la cigarette lui était naturelle, comme si elle avait fait partie de lui depuis toujours.
Il leva un doigt et fit apparaître une flamme à l’aide d’une formule magique élémentaire. Quand il effleura du bout de l’ongle la pointe de l’herbe de mana, la flamme coulant le long de son doigt, un feu rouge perça à travers.
Au cœur de l’obscurité, la flamme tapie au fond grandit, puis déborda bientôt de son énergie et teinta le monde de rouge.
« Shei ? Hyu l’a allumée. On ne devrait pas l’arrêter ? »
« Non, c’est comme ça qu’on fume l’herbe de mana. Vois ça comme une sorte de bougie parfumée. »
Une crémation tardive commença pour les feuilles mortes. Ceux qui prétendaient avoir vu l’âme d’un être humain la décrivaient tous différemment ; mais l’âme des feuilles de tabac n’avait qu’une seule forme : un serpent gris rayé de bandes verticales, qui s’enroulait dans les airs en montant.
Le fumeur dévoué accueillit cette âme avec révérence. Le serpent s’enroula autour de ce qui était invisible, emplissant le monde de ses couleurs et de son parfum.
Lorsque la fumée fut suffisamment montée, il tint la cigarette entre deux doigts, selon une vieille coutume, puis la porta doucement à ses lèvres.
Ses gestes coulaient aussi naturellement que l’eau. Shei devina clairement la suite.
Elle hocha la tête.
« Ah, je comprends. C’est ça qu’il cherchait à faire ? »
Shei avait appris une technique de qigong appelée Frontière d’inversion céleste ; elle comprit donc immédiatement ses gestes.
Le principe fondamental de la Frontière d’inversion céleste consistait à graver des mouvements dans son corps. Celui-ci réagissait avant l’esprit, ce qui permettait de conserver son équilibre physique et mental en toute circonstance.
Pour contrer les attaques mentales, la Frontière d’inversion céleste privilégiait une technique corporelle semblable à ce qu’il faisait en cet instant.
« La fumée qui monte ressemble à de l’encens. Ce parfum serait un rituel pour retrouver la raison ? »
« La fumée de l’herbe de mana brûlée a sûrement aussi un effet, mais ce n’est qu’une partie du procédé. Ce qu’il fait, c’est une forme d’autosuggestion. Il tente de raviver les souvenirs de son esprit grâce à ceux de son corps. »
De la flamme qu’il avait fait naître par magie jusqu’au moment où il porta la cigarette à ses lèvres et inspira.
La suite de gestes était bien trop fluide pour être celle de quelqu’un qui avait perdu la mémoire. Il avait manifestement trouvé la méthode la plus efficace après l’avoir répétée des milliers, voire des dizaines de milliers de fois, puis l’avait gravée dans son corps.
« Ce sont des gestes que son corps a appris en fumant de l’herbe de mana des centaines ou des milliers de fois. Ils sont restés enfouis dans son subconscient ; même après s’être perdu lui-même, son corps les a reproduits tout seul. Il s’en sert pour stimuler son moi endormi. »
« Alors Hyu va vraiment se réveiller ? »
« Oui. Il l’a souligné dans son message, donc ça doit être certain. »
Avec le temps, la cigarette rapetissa. À ce stade, elle servait d’horloge, mesurant le temps à mesure qu’elle se consumait. La pièce se remplit d’une fumée âcre et, lorsque la braise qui avait consumé plus de la moitié de la cigarette se mit à lui brûler les doigts,
Il la posa sur le bureau.
« Enfin ! »
Sous le regard impatient de Tyr, il…
« Kof ! Kof ! »
Toussa bruyamment, puis continua de fixer le vide, les yeux embrumés.
Tyr s’écria, trahie :
« Ça ne va pas du tout ! »
« Hein ? C’est étrange. Ce n’était pas ça ? Est-ce une autre sorte d’herbe de mana ? Non, à voir comment il l’a fumée, ça semble être la bonne… »
Pendant que Shei examinait l’herbe de mana, Tyr balaya la pièce du regard. Elle aperçut alors une petite sonnette sur le bureau.
« Pour commencer, je ne l’ai jamais vu mettre de l’encens dans sa bouche ! Ce n’est pas dans mes souvenirs ; comment son corps pourrait-il s’en rappeler ? »
« C’est parce qu’on ne trouve pas de cigarettes dans l’Abîme… Il devait pouvoir en fumer à la surface… »
« Il faudrait peut-être un autre déclencheur ? Très bien. L’encens est allumé, alors je vais sonner cette clochette. »
« Hein ? Cette sonnette sert à appeler Azzy… »
Shei tenta de l’arrêter, en vain. Désespérée au point de s’accrocher à n’importe quelle solution, Tyr fit sonner la clochette. Ding, ding. Elle tinta, puis, quelques secondes plus tard,
« Ouaf, ouaf ! »
Un chien aboya au loin. Azzy avait réagi à la clochette et dévalait le couloir en courant vers eux.
Le cri d’une bête résonnait au rythme de ses quatre pattes.
Elle accourait alors que ce n’était même pas l’heure de manger… Était-elle remarquablement bien dressée ou simplement gloutonne ?
Je me tournai vers Azzy avec un soupir, comme toujours, et l’appelai.
« Azzy. À table ! »
Notes :
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