Chapitre 73
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 73 : Le dilemme de l’homoncule — suite
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Dans la salle d’entraînement du quatrième étage de Tartare, la régresseuse s’apprêtait à ressusciter l’immortel.
Même un immortel incapable de mourir ne pouvait résister à la malédiction qui rongeait son corps, ici, où son lien avec la Terre Mère avait été rompu. Peut-être le golem cadavérique immortel qui avait englouti des dizaines de villages autrefois allait-il réapparaître.
On ignorait toujours d’où venaient tous ces cadavres, mais laisser l’immortel en l’état simplement pour résoudre ce mystère n’était pas envisageable.
La régresseuse décida donc d’utiliser ses objets de soin, de lever la malédiction qui dévorait le bras de l’immortel et de restaurer son corps.
« Si j’interviens et que l’immortel se réveille maintenant, l’histoire s’écartera de son cours originel… Mais tout est déjà assez embrouillé comme ça. Savoir comment l’immortel a été maudit me suffit. »
Découvrir que l’immortel et la vampire étaient liés de cette façon constituait déjà un énorme progrès.
Elle aurait pu creuser la question davantage si elle l’avait voulu…
Mais, dans les circonstances actuelles, une autre question occupait l’esprit de la régresseuse.
« Qu’est-ce qu’il est, au juste ? »
La question ne quittait pas son esprit, même tandis qu’elle préparait, selon la recette que le Sage guérisseur lui avait enseignée dans sa boucle précédente, une précieuse potion de soin contenant des feuilles de l’Arbre-Monde.
« Il cache forcément quelque chose. Il a repoussé Chanteciel, percé mon déguisement à jour et esquivé les attaques de Finlay comme si c’était un jeu. Rien de tout ça ne relève d’une compétence ordinaire. Mais… »
Son instinct lui disait qu’il y avait quelque chose chez lui. Quelque chose qu’elle, malgré tout ce qu’elle avait vu au fil de treize régressions, ignorait encore.
Mais…
« Comment dire… Pourquoi est-ce que je ne ressens aucune pression de sa part ? À première vue, il a juste l’air d’un faible ! »
Une seconde. Pause.
Un faible ? Même si c’était vrai, était-elle obligée de le formuler ainsi ?
« Il court lentement. Parfois, ses réflexes sont si rapides qu’ils me donnent la chair de poule, mais ses mouvements restent assez lents pour me faire bailler ! Il n’a pas l’air particulièrement fort non plus. Je ne l’ai jamais vu manier une épée. Même avec le bras droit de l’immortel, il se contentait de donner de petites estocades, comme avec une rapière. Il ne l’a même pas brandi correctement ! »
Hein ? Quand j’ai collé une beigne à Finlay à la fin, j’y suis vraiment allé de toutes mes forces. Je lui ai même cassé une dent.
Elle venait de voir le meilleur coup de ma vie et elle trouvait quand même que je ne l’avais pas brandi correctement ?
« Raaah. Cette curiosité va me rendre folle. Si je pouvais juste l’affronter une fois, je crois que je comprendrais ! Ou si j’avais simplement l’occasion d’examiner son corps nu ! »
À quoi pouvait-elle bien penser toute la journée ?
Avant que ses pensées ne prennent une tournure encore plus étrange, je n’y tins plus. Je dévalai le couloir et ouvris la porte à la volée.
« Stagiaire Shei. Tu es prête ? »
« Hein ? Oui, plus ou moins. »
La régresseuse répondit d’un ton distrait et m’examina de la tête aux pieds. Ses yeux se plissèrent, comme si elle espérait percer mes vêtements à force de les fixer.
« Une chemise réglementaire… Hmm. Comme prévu, on ne voit pas du tout son corps à travers le haut… Maudit État militaire. Leurs tenues sont inutilement bien conçues. »
Franchement, elle devrait être reconnaissante que le reste du monde ne puisse pas lire dans les pensées. Autrement, elle aurait été la première à se faire enfermer quelque part. Je laissais seulement passer parce que j’étais assez magnanime pour lire ses pensées et passer à autre chose…
« L’œil qui voit à travers ne me montre que les os quand je l’utilise sur les gens… L’œil qui regarde d’en haut ne voit pas ce qui est couvert… Alors, il ne me reste qu’à utiliser l’œil qui voit au loin pour l’espionner quand il se change ou se lave… »
Non, oublions ça. Ça non plus, je ne pouvais pas laisser passer.
Ça n’allait pas du tout. Il fallait que j’administre une petite thérapie de choc à cette régresseuse voyeuse avant que ses pensées ne partent dans l’espace.
Je criai à la régresseuse, qui continuait de me dévisager.
« Stagiaire Shei ! »
« Hein ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui te prend ? »
Après l’avoir interpellée, je croisai aussitôt les bras en X sur ma poitrine, détournai timidement le regard et déclarai :
« Euh… Enfin. Tu pourrais éviter de me regarder comme ça ? C’est gênant. Rien que ton regard me donne l’impression d’être sale. »
La tête de la régresseuse se figea. Ce flot d’informations laissa un instant sa raison paralysée.
« …C’est quoi, ces conneries ? Pourquoi il rougit ? Et cette pose bizarre ? Quoi ? Gêné ? Il se sent sali par mon regard ? Je voulais juste mater son corps. Hein ? Attends. Est-ce que je le regardais de façon trop évidente… »
Après avoir rassemblé les informations éparses et relié mes paroles à la situation, la régresseuse comprit enfin ce que je voulais dire et explosa :
« Quelles absurdités tu racontes ?! »
« Tu étais en train de mater mon corps ! De la tête aux pieds, avec ce regard lubrique qui disait que tu voulais me déshabiller si tu le pouvais ! »
« Je ne te regardais pas avec un regard lubrique ! »
« Donc, tu voulais vraiment me déshabiller ? Tout le monde ! Regardez par ici ! La stagiaire Shei essaie de me déshabiller ! »
« Hé ! »
Comme je partis soudain en courant tout en criant, la régresseuse se lança à ma poursuite par réflexe, tel un chat chassant une souris, sans même comprendre tout à fait ce qui se passait.
« Attends ! Arrête ! »
« Non ! N’approche pas ! À l’aide ! »
« Arrête de dire des choses qui vont prêter à confusion ! »
« Aaaah ! »
Comme je n’arrêtais pas de crier, la régresseuse serra les dents, me rattrapa et empoigna Chanteciel.
« Ça ne va pas ! D’abord, je vais trancher l’air pour empêcher le son de sortir, ensuite je m’occuperai de lui ! »
Quelle fourberie. Elle voulait recourir à la force alors que je menais une campagne d’opinion publique parfaitement honnête et équitable.
Si elle dégainait son épée, j’étais fichu. En pleine course, je m’arrêtai brusquement et pivotai à moitié. La régresseuse, qui s’apprêtait à trancher l’air et avait failli me rentrer dedans, s’immobilisa à son tour en toute hâte.
« Allons, ne réagis pas aussi vivement à une plaisanterie, stagiaire Shei. Je pourrais croire que tu le pensais vraiment. »
« …Quoi ? D’où ça sort ? »
« Tu n’essayais pas vraiment de mater un corps aussi minable que le mien, si ? Tu as quand même un minimum de morale. »
« Euh… oui. »
« Même si tu aimes beaucoup les hommes. »
« Pas du tout !! »
La régresseuse cria. J’inclinai la tête et lui demandai :
« Hein ? Tu n’as pas dit que tu aimais les hommes, la dernière fois ? Tu as même lavé Azzy en disant ça. »
La régresseuse s’était enfermée sans le vouloir dans un personnage étrange et n’arrivait pas à le nier. Elle préféra donc se justifier.
« Non, ce n’est pas ce que je voulais dire ! Je ne t’aime pas, toi ! Pour moi, tu es… ! Oui ! Tu ne vaux pas mieux qu’une cuvette de toilettes ! »
« …C’est suggestif, de plusieurs façons. »
« Ce n’est pas ce que je voulais dire ! Je veux dire que tu es dégoûtant ! Bon sang, comment je pourrais le dire ?! »
« Un passant ? Ça donnerait l’impression que je m’intéresse à lui ! Un caillou sur la route ? Il n’y a pas de cailloux dans l’Abîme ! »
« Euh, je ne crois pas que la comparaison que tu choisis ait la moindre importance. »
« Bref, tu n’es rien d’important ! »
« Oui, oui. On retourne à la salle d’entraînement ? Il faut ressusciter Rashy, à qui nous sommes redevables pour nous avoir prêté ce bras. »
« Nous ? C’est toi qui l’as utilisé ! »
J’apaisai la régresseuse furibonde et retournai dans la salle d’entraînement.
Ce ne fut qu’alors qu’elle remarqua la potion de soin qui bouillonnait dans l’immense chaudron et se rappela ce qu’elle comptait faire.
« Ah, oui ! Où est le bras droit de l’immortel ? »
« Le voilà. »
Je lui tendis la boîte remplie de morceaux de chair rassemblés. La régresseuse en vérifia le contenu et grimaça.
« Beurk. C’est horrible. C’est peut-être le premier immortel au monde à finir dans cet état. »
« Il peut se régénérer, non ? »
« Si. Une fois la malédiction levée, le reste se rattachera tout seul, à condition qu’on lui fournisse de l’essence terrestre… Mais je ne sais pas combien de temps ça prendra. »
La régresseuse posa la boîte près du chaudron, puis regarda soudain autour d’elle.
« Où est Tyrkanzyaka ? Elle n’avait pas dit qu’elle allait venir chercher ça ? »
« La stagiaire Tyrkanzyaka est retournée à l’armurerie souterraine. »
« Vraiment ? Elle est fatiguée ? J’imagine que ça se comprend. »
« Et, stagiaire Shei, j’aurais une faveur à te demander. »
Le mot « faveur » sembla la dérouter.
« Toi ? Qu’est-ce qu’il y a ? »
« Tiens. »
Je lui tendis le mot que j’avais préparé.
« Je vais m’absenter un petit moment. Lis ça pendant que je ne suis pas là. »
Avant même que j’aie fini ma phrase, la régresseuse avait déjà déplié le mot et lu la première ligne. Elle balaya du regard le papier puis moi, l’air légèrement embarrassé, avant de se plaindre :
« Tu parles trop lentement. Tu aurais dû me prévenir avant que je le lise. »
« Tu ne serais pas plutôt trop impatiente ? Enfin, il n’y a rien d’important là-dedans. Maintenant que tu l’as ouvert, autant le lire. »
« Quoi ? Je pensais que ce serait quelque chose d’extrêmement important, puisqu’il m’a tendu un mot. »
La régresseuse me lança un regard boudeur et lut l’autre moitié.
« Donne trois repas par jour à Azzy. Régénère l’immortel. Et surtout, ne jamais ouvrir la porte de l’armurerie souterraine avant que quelqu’un en sorte… ? »
Le mot s’arrêtait là. La régresseuse le fit voleter dans sa main et me demanda :
« Que signifie la dernière phrase ? »
« Ah, exactement ce qu’elle dit. Un rituel extrêmement important va avoir lieu là-dedans, alors tu ne dois jamais ouvrir la porte ni intervenir. »
« …Tu as dit que Tyrkanzyaka était là, en ce moment. »
« Oui. »
« Quel rituel ? »
« Un rituel de résurrection du cœur. »
« Qui l’accomplit ? »
« Moi. »
Hmm. La régresseuse hocha faiblement la tête, puis prit aussitôt un air sévère et me pressa de questions.
« Qu’est-ce que tu mijotes ? »
Comme prévu, elle n’allait pas laisser tomber. Je m’y étais attendu.
Je savais que la régresseuse allait de toute façon intervenir. Elle n’allait pas nous laisser seuls, la vampire et moi, dans un endroit isolé.
De plus, comme je ne pouvais pas me permettre d’être interrompu pendant le rituel, il me fallait quelqu’un pour empêcher les autres de s’approcher.
Il était essentiel de convaincre la régresseuse.
Je n’avais pas le choix. Je baissai la voix et me lançai :
« Stagiaire Shei. Que ferais-tu si je te disais que je vais faire rebattre le cœur de la stagiaire Tyrkanzyaka ? »
« Je te traiterais d’escroc, espèce d’escroc. »
Comme prévu, la régresseuse le fit remarquer sans tarder.
« À cause du dilemme ? »
« …Pourquoi demander si tu le sais déjà ? Toi aussi, tu le sais. Tous les vampires sont des homoncules. C’est le type d’homoncules le plus célèbre au monde : ils utilisent le sang de la Progenitrice à la place d’un cœur arrêté pour forcer leur corps à continuer de bouger malgré leur mort. »
« Et c’est pour ça qu’ils sont soumis à diverses restrictions. Ils ne peuvent pas désobéir au Seigneur du Sang et ne peuvent pratiquer d’autre magie que la magie du sang. »
La réponse me vint naturellement. La régresseuse me regarda, perplexe, et poursuivit ses questions.
« Tu savais tout ça et tu as quand même fait cette proposition à Tyrkanzyaka ? Tu es sérieux ou tu plaisantes ? Je ne comprends vraiment plus ce que tu cherches. »
« Je souhaite sincèrement que la stagiaire Tyrkanzyaka ressuscite. »
« C’est exactement cette attitude que je ne comprends pas. Comment veux-tu que je te croie ? »
« …Mais jusqu’ici, il a régulièrement touché le cœur de Tyrkanzyaka sans jamais lui faire quoi que ce soit. Il nous a même prévenues du danger et l’a protégée de Finlay… Il n’a probablement pas de mauvaises intentions. Sinon, il aurait agi avant Finlay. »
Elle restait sur ses gardes, peut-être par nature, mais malgré tout, sa méfiance envers moi s’était atténuée. Le fait d’avoir combattu Finlay ensemble avait sans doute joué en ma faveur.
La régresseuse abandonna son hostilité et me raconta ce qu’elle savait.
D’une façon ambiguë, comme si elle ne savait pas si elle cherchait à me convaincre ou si elle se contentait de m’informer.
« Dès que tu triomphes de la mort par la magie… c’est fini. Il est impossible de revenir en arrière. Quand s’achève le mystère qui recoud une vie, ce corps rencontre la mort qui l’attendait… Il tombe en poussière avant même d’avoir le temps de guérir ou de ressusciter. Parce qu’on ne peut jamais se sauver soi-même grâce à la magie d’autrui… »
« Oui. C’est exactement ça. »
Elle l’avait dit pour insister sur l’impossibilité de la chose, mais la stagiaire Shei avait soulevé un point intéressant.
C’était là que se trouvait l’indice.
« Le dilemme de l’homoncule contient cette vérité : on ne peut jamais se sauver soi-même grâce à la magie d’autrui. »
« …Pourquoi tu dis quelque chose que tout le monde sait ? »
« Comme dans tous les vieux dictons, la mise en garde dissimule un conseil. »
« Ça ne dit pas plutôt qu’il faut faire attention à la magie ? »
« Ha ha. Non. Si la stagiaire Shei était aussi simplette que ça, à quoi serviraient les dilemmes et les proverbes ? »
« …Tu cherches la bagarre ? »
Bien sûr que non. Je perdrais.
Je levai un doigt pour souligner mon propos.
« On ne peut pas se sauver soi-même grâce à la magie d’autrui. Autrement dit, la seule personne capable de te sauver, c’est toi. »
« C’est évident. »
« Je vais t’en dire une autre. »
Je levai un deuxième doigt et souris avec décontraction.
« Parmi tous les vampires, il en est un qui n’est pas un homoncule. Quelqu’un qui a ramené un corps mourant à la vie par sa propre force, et non grâce au pouvoir d’un autre. Qui cela peut-il bien être ? »
Elle ne savait pas tout, mais la régresseuse savait exploiter même les connaissances qui lui étaient étrangères.
Au fil de treize régressions, elle avait accumulé une quantité inimaginable d’informations. Elle avait ainsi pris l’habitude d’accepter même les renseignements difficiles à croire, pour peu qu’ils aient du sens.
« Le premier vampire, la Progenitrice Tyrkanzyaka ? »
Exact. Voilà ta récompense. J’applaudis la régresseuse, qui avait trouvé la bonne réponse.
« Très bien. C’est ça. »
« Si elle a fait bouger son propre corps quand la mort est venue la chercher, alors elle pourrait peut-être à nouveau se ressusciter elle-même… ? Ce n’est certainement pas impossible. Même si son pouvoir lui revient, il reste le sien… »
La régresseuse ne marmonna pas longtemps. Après avoir calculé un moment, le visage sombre, elle finit par fermer les yeux et secouer la tête.
« Mais si ce n’est pas impossible, c’est si difficile que ça frôle l’impossible. Même si son pouvoir lui revient, l’endroit où il doit retourner a disparu il y a douze siècles. Et le pouvoir de Tyrkanzyaka, c’est la magie du sang. Elle s’en est servie pour s’approprier d’innombrables choses, les contrôler et les dominer. Tyrkanzyaka a tant brouillé la frontière entre elle et le monde qu’elle peut s’arracher le cœur sans le moindre problème… »
La mort, c’était l’amincissement de la frontière entre soi et le monde.
La Progenitrice Tyrkanzyaka était l’être vivant le plus proche de la mort sans être encore morte.
La Reine de Sang avait répandu son sang à travers le monde entier, multipliant les siens et régnant sur tout ce qu’il touchait. Aucun être vivant ne s’était jamais rapproché autant de la mort conceptuelle.
C’était pourquoi la Progenitrice devait parcourir une distance plus grande que n’importe quel autre être au monde pour retrouver la vie.
« Ça ne marchera pas. »
Même quelqu’un qui n’était pas revenu après avoir assisté à la fin du monde serait naturellement devenu pessimiste dans ces circonstances. Pratiquement impossible : c’était ainsi que tout le monde voyait ce projet.
Mais moi ?
« Je vais essayer. Alors, monte la garde devant la porte pendant ce temps. Ne laisse entrer personne. »
« …Vas-y, essaie. »
La régresseuse s’apprêtait à accepter quand une question lui vint à l’esprit.
« Au fait, comment tu sais tout ça ? »
« Je n’y avais même pas pensé, et un simple instructeur de l’État militaire, qui n’est même pas mage, le sait… ? »
Pourquoi se croyait-elle au centre du monde ? Ce n’était pas parce qu’elle ignorait quelque chose que personne ne le savait.
Quelle âme prisonnière de la vallée de l’ignorance. J’allais lui remettre les idées en place.
Me rappelant le passé, je pris l’expression la plus insupportable dont je me souvenais. Puis je reniflai et me grattai la tempe.
« Eh bien, c’est le genre de chose que seul le meilleur élève de toute l’académie militaire de premier cycle peut savoir. Un diplômé de l’école primaire pourrait mourir, revenir à la vie et se faire battre à mort une nouvelle fois sans jamais l’apprendre. »
« Hé ! »
Comme prévu, la régresseuse se mit aussitôt en colère, si bien que je pris la fuite en toute hâte. Accrochée au chaudron, elle se contenta de gronder sans me poursuivre.
Ça devrait suffire à lui faire comprendre. Je lui fis signe en quittant la salle d’entraînement par la porte de derrière.
« Ça prendra un jour ou deux. Occupe-toi de tout d’ici là. Ah, et ne fixe pas trop le mot ! »
« Tss. Dépêche-toi de finir ! »
Après avoir refermé la porte de la salle d’entraînement, je me dirigeai vers l’armurerie souterraine où la vampire m’attendait.
* * *
« Si Finlay était venu dans la boucle précédente, aurait-il réussi ou échoué ? À partir de maintenant, je m’aventure complètement en terrain inconnu… Mais Finlay et l’instructeur se sont opposés. Comme une guerre a fini par éclater ensuite, l’instructeur a probablement échoué. Hmph. Je me disais bien qu’il n’avait pas l’air fiable. »
« Alors, sa tentative de ressusciter Tyrkanzyaka est une solution qu’il a trouvée après s’être senti menacé par l’arrivée de Finlay ? C’est probablement impossible… Mais ça ne représente pas zéro pour cent. Il y a une chance. »
« Si, malgré les faibles chances, c’est vraiment possible… Alors je pourrai convaincre Tyrkanzyaka un peu plus tôt dans la prochaine boucle. Je vais lui faire confiance et observer. »
« …Au fait, qu’est-ce qu’il voulait dire par “ne fixe pas trop le mot” ? Il raconte encore des choses incompréhensibles. Hein ? Des empreintes ? »
« …Ne me dites pas que ce salaud… ! »
« L’œil qui voit la profondeur. Quand je m’en sers pour observer les empreintes, un texte caché apparaît. Pourquoi se donner autant de mal pour quelque chose d’aussi inutile… ? Bon sang. Je vais lire ça d’abord. »
« Ne va pas au réfectoire, ne me touche pas sans précaution même si quelque chose semble anormal chez moi ensuite et, si des provisions arrivent par hasard, utilise-les pour toi… ? »
« Quoi ? Qu’est-ce qu’il prépare, au juste ? »
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