Chapitre 716
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 716 : Au ciel - 1
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Une aurore boréale descendit sur le ciel polaire.
Des rubans lumineux se donnèrent la main et dansèrent doucement. La danse des fées répandit dans le ciel une poussière de lumière jaune et bleue.
Les gens lui donnèrent le nom de la déesse de l’aube et contemplèrent son éclat divin, qui recouvrait le ciel comme un rideau. D’un point de vue scientifique, il s’agissait d’un phénomène lumineux causé par le vent solaire venu de loin, qui traversait l’atmosphère en diagonale.
Mais en quoi était-ce différent d’un dieu ?
Le rideau lumineux qui dansait au loin descendit lentement. L’aurore boréale s’approcha tant du sol que je craignis qu’elle ne le frôle, puis enveloppa doucement le Château de la Pleine Lune. Comme si elle l’avait étreint du bord de sa jupe.
On appelait le Dieu céleste notre parent, et il s’avérait que notre parent portait aussi des jupes. Je devrais respecter les goûts de Père…
Un instant.
Une aurore boréale ordinaire pouvait-elle recouvrir le Château de la Pleine Lune ? Les aurores apparaissaient-elles habituellement aussi près du sol ?
Bien sûr que non.
Je me précipitai au sommet du Château de la Pleine Lune. Comme je m’y attendais, les différentes couches d’aurore semblaient l’avoir coupé du reste du monde. Shei avait réussi à invoquer le Dieu céleste.
« Le Dieu céleste ? Tu as vraiment invoqué le Dieu céleste ? Si tu pensais que ça pouvait marcher, tu aurais au moins pu me prévenir… »
Alors que je m’adressais à Shei, je m’interrompis et tressaillis.
Shei me regardait en souriant calmement, telle une sainte.
Je lus aussitôt ses pensées. Rien n’avait particulièrement changé chez Shei. Elle restait la héroïne qui avait gardé le souvenir de treize régressions et cherchait à empêcher l’apocalypse. Ma lecture des pensées était toujours la même.
Mais quelque chose avait changé.
« Regarde, Hughes. J’ai invoqué le Dieu céleste ! C’est la première fois que j’y parviens vraiment ! »
« Comment pouvais-tu être sûre de réussir à invoquer le Dieu céleste alors que tu n’y étais jamais arrivée ? »
« Sûre ? Pas du tout. Mais comme je suis une Sainte Vierge, je me suis dit que je devrais bien pouvoir y arriver d’une manière ou d’une autre. »
« Tu prends ça bien à la légère… »
En observant Shei, toute excitée, je ressentis une étrange impression. Sa conscience et son intelligence n’avaient clairement pas changé, et pourtant, quelque chose chez elle était différent.
Cela ressemblait à ce qui se produisait lorsque la Frontière d’inversion céleste réagissait. Plus précisément, on aurait dit que la Frontière d’inversion céleste retenait un corps qui ne cessait d’essayer de s’échapper. Ma lecture des pensées me permettait de lire les esprits, pas les corps ; impossible donc de savoir ce qui avait changé.
« Voici l’escalier vers le ciel ! Viens par ici… Ah ! »
Shei, qui s’apprêtait à me guider, trébucha soudain et tomba.
Je ne voyais pas comment une maîtresse du qi, qui avait appris l’Art du qi aquatique et possédait la plus puissante technique de qigong de tous les temps, la Frontière d’inversion céleste, pouvait trébucher sur ses propres pieds.
Et pourtant, c’est ce qui arriva. Shei perdit l’équilibre et tomba vers moi. Je ne lus même pas ses pensées avant de la rattraper par réflexe.
On aurait dit que je l’avais prise dans mes bras.
« Hein ? »
Shei sursauta et se recula. C’était étrange. Avant, c’était elle qui me rentrait dedans, puis me repoussait. Maintenant, elle rougissait comme une jeune fille réservée.
« Ça va ? »
Les yeux de Shei s’écarquillèrent. Elle évita mon regard et marmonna : « O-oui. Ça va ? J’ai peut-être la tête qui tourne parce que j’utilise les Yeux aux Sept Couleurs depuis trop longtemps. »
« Repose-toi un peu. Je vais aller jeter un œil à l’intérieur. »
« Non. Je dois rester ici pour que tu puisses gravir l’escalier vers le ciel… Normalement, on ne peut y accéder que depuis le sommet de la Montagne sacrée Yulim, mais l’Œil céleste de la Roue tournante, le dernier héritage de l’Église de la Lumière, brille en permanence sur cet endroit… Sache seulement que ce que j’ai invoqué, ce n’est pas le Dieu céleste, mais son temple, qui n’existe pas dans ce monde… »
Shei débitait ses explications comme si elle cherchait à dissimuler son embarras, ce qui ne faisait qu’accroître ma méfiance.
Qu’est-ce qui se passait ?
Même en lisant ses souvenirs, je ne trouvai aucune information sur la manière dont elle avait invoqué le Dieu céleste. Dans les souvenirs de Shei, elle s’était contentée d’activer les Yeux aux Sept Couleurs et de fixer le ciel d’un air absent. Puis, à un moment donné, le Dieu céleste était descendu.
Elle avait probablement délibérément caché ce souvenir. L’anomalie actuelle de son corps était sans doute un effet secondaire de cette dissimulation. D’accord. Je comprenais qu’il y avait eu un effet secondaire.
Ce que je comprenais encore moins, c’étaient les émotions de Shei. Même si je la dévisageais ouvertement avec méfiance, elle s’agitait et guettait ma réaction.
« H-hum… Pourquoi tu me regardes comme ça ? J’ai quelque chose sur le visage ? »
« Je ne savais pas que tu étais aussi capable. Je te prenais pour la Sainte Vierge la plus incompétente de toutes. »
« Tais-toi. Je ne savais pas que le Roi de l’Humanité serait aussi faible et inutile que toi ! »
Sa réplique était bien celle de Shei. Peut-être que je me faisais des idées, mais…
« Si je n’avais pas été là, tu serais morte des dizaines de fois. Tu ne peux même pas me remercier ! Je viens encore d’invoquer le Dieu céleste pour toi, et tu ne prends toujours pas la peine de me remercier… »
Elle me jeta un coup d’œil et se tortilla en parlant. Elle voulait clairement entendre quelque chose. Je savais parfaitement quoi, mais, pour une raison ou une autre, je n’avais pas envie de le dire. Détournant les yeux, je répondis : « Tu m’avais promis de me montrer le Dieu céleste si je t’aidais dans ton travail. Si quoi que ce soit, tu as tenu cette promesse bien trop tard. Je me suis tué à la tâche en attendant. »
« …Tss. »
Il y avait quelque chose d’étrange. Nous étions devenus proches en voyageant ensemble, mais cette réaction était vraiment bizarre !
Elle cachait un souvenir, d’une manière dont elle-même n’avait pas conscience. Devais-je insister ? Je n’en étais pas sûr non plus. Shei savait manifestement que je pouvais lire les pensées. Si elle ne me montrait que ce qu’elle voulait que je voie, je n’avais d’autre choix que de me faire avoir.
« Je vais d’abord aller voir le Dieu céleste… Il ne va pas me foudroyer de sa colère divine, si ? »
« Hmph. Ça dépendra de ce que tu feras. »
« Tu viens avec moi ? »
« J’aimerais bien, mais je dois continuer à observer le Dieu céleste. Je dois rester ici. »
Il fallait donc que j’y aille seul. Ce n’était peut-être pas plus mal.
Devant Shei se dressait un escalier qui menait jusqu’à l’aurore lointaine. L’escalier vers le ciel. Sans piliers ni murs pour le soutenir, ses marches, façonnées dans la lumière, s’étiraient si haut qu’elles semblaient toucher le ciel.
Les gens avaient tort de prétendre qu’il fallait être bon pour aller au paradis. N’étais-je pas le premier à y mettre les pieds, moi qui avais commis tous les petits délits imaginables ? Enivré par ce sentiment de transgression, je gravis l’escalier en direction du ciel lointain.
Je traversai les rideaux d’aurore. Chaque fois que je soulevais une couche, le monde s’illuminait comme s’il avait été baigné de lumière. Bientôt, les nuages s’étendirent sous mes pieds, et de magnifiques piliers de pierre soutinrent le monde. Après avoir gravi l’escalier sans fin, j’en atteignis le terme.
Une immense porte dorée se dressait devant moi. Je tendis lentement la main. Avant que je puisse la toucher, la porte s’ouvrit dans un grondement sourd.
Alors, le ciel daigna me dévoiler son précieux visage.
L’espace était si vaste que je ne pouvais l’embrasser d’un seul regard. Des piliers imprégnés du nombre d’or soutenaient un toit aussi étendu que le ciel, tandis que des caractères inconnus étaient gravés sur les murs lointains, tels les éléments d’un paysage peint. Une douce clarté émanait de l’ensemble de la structure et dorait le monde.
Comment avait-on pu bâtir pareille construction en plein ciel ? C’était de la magie, non, un miracle. Cette vision aurait pu inspirer la foi à quelqu’un qui n’en avait aucune.
Mais ce n’était qu’un tour de magie.
Autrement dit, une tromperie.
Les murs et le sol étaient faits de nuages. Leur structure ressemblait aux escaliers de nuages que Shei avait créés avec Chanteciel. Leurs composants et leurs caractéristiques avaient été préservés ; seules leurs propriétés avaient changé. On pouvait les appeler des briques de nuage.
La lumière dorée qui scintillait provenait de la foudre. On avait étiré l’instant où l’éclair brillait de tout son éclat pour s’en servir comme éclairage. Les nuages utilisés comme briques faisaient à la fois office de source lumineuse et de lampes. C’était sans doute pour cela que le ciel entier brillait d’une lueur si douce.
Une tromperie d’une grandeur et d’une beauté écrasantes. Que cherchait-elle à dissimuler ?
« Il y a quelqu’un ? Le ciel est-il vide ? »
Le silence était tel que ma voix ne trouva aucun écho. Tandis que je poursuivais mon chemin, j’entendis au loin un hymne ténu.
[Notre Père, Dieu céleste, notre Père qui es aux cieux. Tu nous donnes encore aujourd’hui notre pain quotidien et tu nous pardonnes nos péchés ; ton nom est donc saint et glorieux.]
On aurait dit que des dizaines de milliers de voix chantaient en chœur. Cet hymne, tout entier imprégné de piété et de dévotion, recouvrait le monde sans fin.
Des échos innombrables ébranlèrent à la fois mon corps et mon esprit. Les êtres humains pouvaient être influencés par la seule présence d’une personne à leurs côtés. Alors, que se passait-il quand l’hymne de dizaines de milliers, voire de centaines de millions de personnes, résonnait en même temps ? Mon existence même s’estompa et se trouva ensevelie sous leurs voix. J’eus l’impression de devoir aussitôt me joindre au chœur et chanter avec elles.
Mais…
Je m’immobilisai et me concentrai sur ma lecture des pensées. Le son qui faisait trembler le monde s’éteignit peu à peu, ne laissant derrière lui que des esprits.
Il n’y avait aucun esprit dans ces voix. Ils avaient forcément déjà confié leur cœur à quelqu’un d’autre. Ayant remis leur âme au ciel et trouvé le repos et la paix, ils n’avaient pas besoin de moi.
Je n’avais donc aucune raison d’exaucer leurs souhaits non plus.
Je traversai les voix. Une note dissonante au milieu d’un chœur harmonieux. J’avais l’impression qu’un être comme moi aurait dû disparaître sur-le-champ, mais je traversai le ciel sans vergogne, seul.
Alors, une voix, plus claire que toutes les autres, se détacha du chœur.
[Roi de l’Humanité.]
À l’instant où je l’entendis, je compris instinctivement.
C’était un Dieu démoniaque.
Les nuages tourbillonnèrent. À la seule parole du Dieu démoniaque, les nuages et le vent réagirent. Les nuages s’assemblèrent lentement dans les airs et prirent forme humaine.
C’était probablement le premier Dieu démoniaque à avoir coopéré avec le Sanctuaire, et celui sur lequel ce ciel avait été fondé.
[Nous avons déposé nos corps dans ce ciel pour échapper à la barbarie. Pourquoi tiens-tu tant à nous retrouver ?]
Les nuages se transformèrent en un vieil homme à la longue barbe. Immense au point de remplir tout le ciel, il posa sur moi son regard sombre et profond.
« Parce que j’ai besoin de me servir de toi pour parvenir à mes fins. »
[Même en sachant que c’est de la barbarie ?]
« Je ne sais pas ce que tu entends par barbarie, mais si utiliser ton pouvoir en est une, alors oui. Je le ferai. »
[Ne le fais pas. Les humains ne doivent pas défier le cours du ciel et chercher à maîtriser le temps qu’il fait.]
« Pourquoi pas, Chiwoo ? »
Quand je prononçai son nom, le vieil homme de nuages tourbillonna en silence.
Chiwoo. Un ancien dieu qui aurait régné sur la pluie et le vent. Un immortel qui aurait lu le cours du ciel et vu l’avenir. Certains prétendaient qu’il n’était qu’un personnage fictif, inspiré d’un autre être, mais c’était faux.[1]
[Regarde.]
Vénéré comme un dieu, et autrefois véritablement dieu lui-même, il avait renoncé à cette position et s’était réfugié dans l’étreinte du Dieu céleste.
[Vois quelle tragédie survient lorsqu’un humain reçoit le pouvoir de maîtriser le temps qu’il fait.]
Il rassembla les nuages et les dispersa sur la terre. Les récoltes poussèrent avec vigueur et les gens nagèrent dans la joie. Le beau temps se maintint tout au long de l’automne. Sous les bienfaits du soleil, les céréales mûrirent, pleines et dorées.
Tout cela venait d’un seul homme.
Le pouvoir de Chiwoo.
Chiwoo avait autrefois dirigé le Bureau météorologique céleste. Il avait consacré sa vie à lire les traces des nuages et du vent, à deviner le cours du ciel. C’était avant que le Sanctuaire n’accède au pouvoir. Même les rois de toutes les nations respectaient le Bureau météorologique céleste, qui observait le temps et prévoyait le climat.
Parmi ses membres, Chiwoo avait maîtrisé le cours du ciel et touché à la volonté du firmament. Il avait reçu le nom de Chiwoo, qui signifiait « Maître de la pluie », parce qu’il maîtrisait la pluie et le vent. Chiwoo ne s’était jamais trompé.
Plus précisément, il faisait en sorte de ne jamais se tromper.
Il lisait le temps. Il percevait l’humeur des nuages, haletants tandis qu’ils escaladaient les crêtes, et observait deux vents se mêler pour engendrer la pluie et la foudre.
À ses yeux, le vent n’était pas différent d’un fleuve. Les vents déchaînés avaient chacun leur couleur, et lorsqu’ils s’entrechoquaient et se mélangeaient, ils produisaient toutes sortes de phénomènes.
Qui aurait pu savoir que les inondations, les sécheresses, la foudre et la pluie, que l’on croyait être la volonté du ciel, n’étaient que le résultat du mélange des vents ?
Chiwoo devint un Dieu démoniaque et réécrivit le cours du ciel. Il était véritablement un dieu. Il maîtrisait le climat, que l’on croyait autrefois régi par le cours du ciel ; qu’aurait-il pu être d’autre ?
Là où la sécheresse frappait, il faisait pleuvoir. Là où les inondations survenaient, il faisait briller le soleil. Tous révéraient Chiwoo.
Les rois et les seigneurs n’étaient plus nécessaires. Sous le ciel, eux aussi n’étaient que des humains. Chiwoo devint un être supérieur à tous les autres et régna sur le monde…
— Rends la pluie, chef du Bureau météorologique céleste.
Mais qu’en était-il de la vérité cachée derrière tout cela ?
— Le cours du ciel, déformé par le chef du Bureau météorologique céleste, reviendra sous la forme d’un fardeau karmique encore plus lourd.
Le temps se dérégla de plus en plus, et les changements prirent une ampleur toujours croissante. Le vent du sud-est, qui aurait dû souffler, disparut ; à sa place, une pluie torrentielle s’abattit durant sept jours et sept nuits. Il la détourna et l’envoya ailleurs, mais trois régions voisines furent alors frappées par une terrible sécheresse.
— Les gouttes de pluie que le chef du Bureau météorologique céleste a fait tomber sur la Forêt de la Branche d’Argent auraient dû s’écouler dans le lac Haeri. Quand le niveau du lac est passé sous sa cote habituelle, le Roi des Castors s’est empressé de rehausser le barrage. Plus il est haut, plus il risque de s’effondrer. Si ne serait-ce qu’un cours d’eau de plus s’y infiltre, le barrage cédera et balaiera trois nations.
Il était puissant, mais seul. Il ne pouvait ni lire les courants météorologiques qui traversaient tout le continent, ni tous les maîtriser à la fois. À cause de l’humidité qu’il avait attirée des années plus tôt, les neiges éternelles fondirent et s’écoulèrent au loin, tandis que les forêts et les champs, incapables de s’adapter aux brusques changements climatiques, dépérirent. Quand il tira de l’eau de la mer, un typhon gigantesque frappa le continent six mois plus tard.
À la moindre erreur de Chiwoo, des milliers de personnes mouraient de faim sans en comprendre la raison.
Chiwoo était un Dieu démoniaque, mais pas un dieu véritable. Une seule petite erreur pouvait tuer des milliers de personnes et assécher la terre. La restaurer exigeait un prix encore plus lourd, qui, lui aussi, reviendrait sous la forme d’un contrecoup futur.
Défie le cours du ciel, et une catastrophe plus terrible surviendra.
La Sainte Vierge Papillon vint trouver Chiwoo alors qu’il était accablé de chagrin. Elle maîtrisait le climat d’une autre manière que lui et lui montra une voie à suivre.
— Tu ne peux pas porter le péché d’avoir déformé le cours du ciel. Il est trop vaste, trop puissant.
Alors, la Sainte Vierge Papillon fit doucement battre ses ailes.
Ses gestes étaient insignifiants. Elle retira quelques branches du barrage construit par les castors et emporta ailleurs des graines de frêne pour les planter. Elle laissa un feu de forêt brûler durant trois jours, puis l’éteignit le dernier jour.
Le cours du ciel, qui avait été entravé, se remit à circuler et le monde retrouva son état normal. Le barrage s’effondra quelques jours plus tôt, les arbres qui avaient poussé redirigèrent le cours d’eau, et les nuages soulevés par le feu de forêt abreuvèrent le monde.
On aurait dit que le frémissement infime des ailes d’un papillon avait grandi peu à peu, jusqu’à bouleverser le monde. La Sainte Vierge Papillon remit à leur juste place toutes les conditions météorologiques que Chiwoo avait déformées.
Qu’importait qu’il eût dirigé le Bureau météorologique céleste ou qu’il fût Chiwoo ? C’était un pécheur qui avait failli détruire le monde, et il ne l’avait empêché qu’avec l’aide de la Sainte Vierge. Alors qu’il s’agenouillait devant elle, la Sainte Vierge Papillon lui tendit sa belle main.
— Pécheur qui as déformé le cours du ciel, confie ton Dieu démoniaque au Dieu céleste. Dans le Dieu céleste, tes péchés te seront pardonnés.
Chiwoo n’eut pas le choix. Il se réfugia dans l’étreinte du Dieu céleste.
Notes :
[1] Le nom de Chiwoo signifie ici « gouverner la pluie » et fait allusion à une figure légendaire de la tradition coréenne.
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