Chapitre 54
WeTried Translations
Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>
Chapitre 54 : Déclaration de silence
──────
Le lendemain.
Comme je m’étais réveillé au beau milieu de la nuit et que j’avais à peine dormi, je ne sortis du lit qu’une fois qu’Azzy commença à s’impatienter. Pour la calmer, je dus lui préparer un petit-déjeuner copieux dès le matin.
Après avoir vidé mon bol, je descendais tranquillement quand j’entendis soudain un cri qui semblait venir d’en bas. Je me penchai pour voir ce qui se passait et aperçus Finlay, l’intrus de la veille, face à la régresseuse.
Non, « face à face » était bien trop faible pour décrire la scène.
Le bras droit de Finlay gisait déjà sous l’épée de la régresseuse.
« Tss, tss. On dit que les vieilles habitudes ont la vie dure. »
Franchement. Elle n’avait pas réussi à se défaire de sa vieille habitude et avait encore coupé un bras. Je bâillai à m’en décrocher la mâchoire en m’approchant d’eux.
« Bâillement. Stagiaire Shei, pourquoi as-tu encore coupé le bras de quelqu’un ? »
Finlay tenait son moignon et me lança un regard noir.
« Encore ? Ça veut dire que ce garçon se promène d’habitude en coupant les bras des gens ? Ça m’étonnerait ! »
La réalité dépassait souvent l’imagination. Dans mon cas, toutefois, je n’en étais resté qu’à la tentative.
À ma remarque, la fabricante d’estropiés fronça les sourcils et se justifia.
« Ce n’était pas ma faute. Quelqu’un que je n’avais jamais vu est arrivé, m’a regardée et a tendu la main vers moi. »
« Il voulait probablement te serrer la main. Tu as juré de transformer tous ceux qui te tendent la main en candidats à la prothèse ? Pourquoi tu continues à couper des bras ? Tu les collectionnes, par hasard ? »
« Je ne couperais pas la main de quelqu’un juste parce qu’il veut me serrer la main. Pour qui me prends-tu, une folle ? »
« Ah, comment as-tu deviné ? »
Le regard de la régresseuse me piqua. Si ses yeux avaient pu lancer des rayons, j’aurais eu le bras coupé. Je cachai les miens derrière mon dos et m’empressai d’ajouter :
« Non, sérieusement. La stagiaire Shei a aussi essayé de me couper le bras. Les gens normaux se saluent quand ils se rencontrent. Ils ne brandissent pas leur épée pour vous trancher un bras. »
« Je ne l’ai pas fait sans raison. Qu’est-ce que ce vampire a dit, déjà ? Il m’a demandé pourquoi une simple humaine avait du Sang véritable, puis il a tendu la main vers ma poitrine. »
« Ah. »
Je compris alors ce qui s’était passé.
Finlay avait dû sentir l’aura du sang de la noble Progenitrice et errer au rez-de-chaussée de la prison. Puis il avait croisé la régresseuse et s’était mis en colère, lui demandant pourquoi une simple humaine possédait ce sang.
Naturellement, la régresseuse au caractère bien trempé n’allait pas le laisser approcher sans réagir. Elle avait brandi son épée et lui avait coupé le bras ; le visiteur indésirable, terrorisé, avait serré son moignon et en était arrivé là.
C’était tout à fait plausible. Une fois la situation comprise, je hochai la tête.
« Malgré tout, c’est l’invité de la stagiaire Tyrkanzyaka. »
« J’y ai pensé, alors je me suis arrêtée avant de lui couper la tête. De toute façon, ça ne le tuerait pas. »
Quelle personne horrible. Elle ne l’avait pas tué parce que ça ne l’aurait pas tué ? C’était quoi, cette excuse ?
En citoyen modèle et bienveillant, je ramassai le bras tombé à terre et le rapportai à l’intrus. Quand les deux plaies se rapprochèrent, le sang s’étira entre elles comme attiré par des aimants, puis les ressouda. Son bras retrouvé, Finlay le caressa et recula en titubant.
« Quoi… quoi ? Il discute normalement avec un monstre pareil… ! »
Après s’être fait couper un bras, il se méfiait énormément. Ce n’était pourtant pas si grave.
Non, c’était normal de se méfier. Il y avait eu tant de gens étranges ces derniers temps que j’en avais perdu le sens des réalités. Chaque fois que j’allais à la cafétéria, je voyais tous les jours les membres de l’immortel ; et après avoir tripoté le cœur du vampire qui passait tous les jours, mon bon sens commençait à se détraquer.
Reprends-toi. À ce rythme, j’allais devenir complètement anormal.
Je me ressaisis et pris la parole d’un ton raisonnable.
« Quoi qu’il en soit, faites attention à l’avenir. Vous avez de la chance que votre adversaire soit un vampire. Si c’était un humain ordinaire, vous ne pourriez pas lui remettre le bras comme ça. »
« Je ne ferais pas ça si mon adversaire était un humain ordinaire. »
« Pardon ? Je n’ai pas bien entendu. Vous dites que vous avez essayé de me couper le bras parce que je ne suis pas humain ? »
« J’ai dit “ordinaire”. Comment peut-on qualifier d’ordinaire quelqu’un qui repousse du doigt une épée invisible ? »
En entendant cela, Finlay me dévisagea, horrifié.
« Il a repoussé ce coup d’épée du doigt ? Lui, qui a l’air si ordinaire ? C’est impossible. Alors, il ne mentait pas quand il disait être le seigneur de Tartare ! »
Ce n’était pas voulu, mais les malentendus s’accumulaient à vue d’œil. La peur emplissait peu à peu le regard que Finlay posait sur moi.
… Pour une raison ou une autre, je trouvais ça plutôt amusant.
Un homme qui se pavanait comme un noble de la nuit traitait un prestidigitateur des rues avec une telle déférence. Quand est-ce que j’aurais de nouveau droit à ce genre d’égards ?
C’était aussi amusant que d’empiler des pierres de formes différentes en marchant. Pas mal.
Voyons voir… Qu’est-ce que je pourrais encore ajouter à la pile ?
C’est alors qu’Azzy, qui avait mangé à sa faim et s’approchait d’un pas nonchalant, repéra l’inconnu devant elle. Son sourire s’effaça et elle se mit à grogner.
Finlay sursauta en sentant soudain cette hostilité approcher derrière lui.
« Qu’est-ce que c’est ? Cette sensation inquiétante… »
Finlay se retourna. Il se retrouva face à Azzy, le Roi des Chiens, qui montrait les dents — un spectacle plutôt rare.
Les joues d’Azzy tressaillirent, comme si quelque chose la dérangeait. Elle le fixa intensément et s’approcha lentement.
Le poil d’Azzy se hérissa, tout comme le nôtre. Le grondement de la bête exerçait une pression écrasante qui paralysait le corps. Finlay, qui le reçut de plein fouet, était terrorisé.
« Grrr. »
« Une femme-bête ? Pourquoi une femme-bête me montre-t-elle les dents ? Et surtout, qu’est-ce que c’est que cette peur plus primitive qui fait trembler mon sang… »
Le corps de Finlay tremblait, tandis que le grondement d’Azzy se faisait plus menaçant.
Azzy venait à peine de remuer la patte, prête à bondir à tout instant, que je criai :
« Hé, Azzy ! Laisse-le tranquille et viens ici ! »
À ma voix, Azzy tourna brusquement la tête vers moi. Tout en continuant de jeter des regards méfiants à Finlay, elle s’écarta de lui jusqu’à me rejoindre. Elle se colla à moi et désigna Finlay, comme si elle le dénonçait.
« Ouaf. Ouaf ouaf. Ça sent le sang. Lui. Ce truc. »
Il semblait que tous les vampires en dessous de la Progenitrice dégageaient une légère odeur de sang. Du point de vue d’Azzy, il devait ressembler à un cadavre ambulant.
Avec un odorat plusieurs fois plus développé que celui d’un humain, Azzy était forcément plus sensible à cette odeur. Elle était sur le qui-vive et le fixait d’un air menaçant. Si je n’étais pas intervenu, elle aurait peut-être mis Finlay en pièces.
Je grattouillai Azzy sous le menton et lui dis :
« Je sais. Je sais aussi qu’il n’est pas humain. Il est juste venu nous rendre visite. »
« Ouaf ouaf. Ouaf. Je ne joue pas avec lui. »
« Lui non plus n’a probablement pas envie de jouer avec toi, alors prends sur toi. »
Un malentendu parfait venait de se présenter. Puisque j’allais de toute façon montrer à Finlay qui était au sommet de la hiérarchie ici, autant en rajouter un peu.
Je jetai un coup d’œil à Finlay et appuyai délibérément sur certains mots.
« Le Roi des Chiens devrait se tenir avec un peu de dignité. Qu’est-ce que tu feras si tu réagis comme ça au moindre vaurien ? »
« Le Roi des Chiens ! »
Finlay en resta bouche bée en comprenant qui était Azzy.
« Est-ce vraiment le Roi des Chiens ? Le Roi des Bêtes le plus proche de l’humanité, qui a autrefois pris son parti et chassé les êtres inhumains ? Et il traite le Roi des Chiens comme un animal de compagnie… ! Cet homme n’a vraiment rien d’ordinaire ! »
Il se trompait sur quelque chose, mais les chiens étaient des animaux de compagnie, dans le fond. Même un chien de chasse féroce faisait le mignon devant son maître. Le Roi des Chiens restait un chien, donc un animal de compagnie.
Il y avait des chiens qui n’étaient pas des animaux de compagnie ? Nous avions décidé d’appeler ça des loups.
Quoi qu’il en soit, peut-être à cause de mon attitude désinvolte, Azzy se désintéressa bientôt de Finlay et s’accrocha à moi.
« Ouaf. Qu’est-ce qu’on fait aujourd’hui ? On mange ? On joue à la balle ? À un autre jeu ? »
« Non. Je ne jouerai pas aujourd’hui non plus. J’ai du travail. »
« Ouaf ! »
Héhé. J’avais suffisamment empilé les malentendus. Finlay était désormais complètement dompté et n’oserait plus résister. Une épéiste qui coupait un bras en un seul échange, le Roi des Chiens, ennemi naturel des vampires, et moi, qui les maîtrisais tous les deux à ma guise.
Il ne pourrait plus ignorer ce que je lui dirais, pas vrai ? Chacun de mes gestes le ferait trembler, et il obéirait au doigt et à l’œil.
J’étais déjà trop paresseux pour travailler, et voilà que je venais de trouver un bon esclave vampire. J’allais le faire travailler jusqu’à la dernière goutte de son sang.
C’est alors que cela se produisit.
« Vous étiez donc tous réunis ici. »
Une présence sombre franchit la porte. Un cercueil noir comme la nuit avançait, porté par des volutes d’obscurité, tandis que la vampire assise dessus comme dans un palanquin s’approchait lentement.
Je retins Azzy, qui s’apprêtait à s’agacer de nouveau, et saluai la vampire.
« Ah, bonjour. Vous êtes debout tôt, aujourd’hui. »
« Oui. Cela tombe bien. Puisque vous êtes tous réunis, je n’aurai pas besoin de vous chercher un par un. »
La vampire observa tout le monde depuis son cercueil, puis releva le menton et joignit les mains. Tous se turent un instant et tournèrent les yeux vers elle.
Du plus petit de ses gestes à la façon dont son regard accordait la même attention à chacun, tout captait l’intérêt. Quiconque croisait ses yeux s’oubliait un instant pour la regarder. On aurait dit qu’elle savait depuis sa naissance comment attirer l’attention. Était-ce un charisme inné ? Même sans calculer soigneusement ses gestes, elle imposait discrètement sa présence.
Comme un encens dont on ne remarquait pas tout de suite le parfum, mais qu’on finissait par sentir.
Comme une musique qui vous faisait vous arrêter pour l’écouter, même en pleine conversation.
La présence de la vampire était ténue ; pourtant, avant même qu’on s’en rende compte, elle avait envahi la pièce. Lorsqu’ils le remarquaient enfin, tous avaient les yeux rivés sur ses lèvres et ses gestes.
« Ouaf ouaf ? On ne joue pas ? »
Comme je le disais toujours, Azzy n’était pas une personne. C’était une chienne.
Quoi qu’il en soit, la vampire, qui avait capté l’attention de tous, entrouvrit les lèvres et prit la parole.
« Pour qu’une parole soit largement entendue, il faut de nombreux auditeurs. Finlay, écoute-moi. Je vais te donner ma réponse au sujet de la requête que tu m’as présentée hier. »
Sa voix n’avait rien de différent de d’habitude, pas plus que son ton. Pourtant, les paroles de la vampire résonnaient désormais comme un édit royal.
Finlay tomba à genoux, profondément ému.
« Oui ! Ce misérable Finlay est infiniment honoré d’entendre de vive voix les ordres de la Progenitrice. Je vous écoute ! »
Tandis que la régresseuse et moi retenions notre souffle en l’observant, la vampire baissa les yeux vers Finlay et déclara :
« Hier, tu m’as demandé de t’autoriser à faire la guerre. Voici ma réponse. »
« Quelle qu’elle soit, je vous obéirai avec joie ! »
« Je garderai le silence. »
Finlay ne manifesta aucune déception et ne laissa échapper aucun soupir. Il inclina simplement la tête et accepta sa réponse.
Il avait dû venir ici en espérant une glorieuse guerre sainte. Dans le meilleur des cas, il imaginait remonter à la surface aux côtés de la Progenitrice ; dans le pire, il se perdrait dans l’Abîme. Finlay avait plongé dans l’Abîme en acceptant le pire, dans l’espoir d’obtenir le meilleur.
Pourtant, même après que cet espoir eut volé en éclats, Finlay ne paraissait nullement déçu.
Bien au contraire :
« J’obéirai ! Merci de m’avoir donné une réponse ! »
Il était simplement ému d’avoir obtenu une réponse.
Les vampires de rang inférieur n’avaient pas besoin qu’on les persuade ou qu’on tienne compte de leur avis. Comme aucun fleuve ne remontait son cours, un serviteur n’avait rien à offrir au Seigneur du Sang. Il ne pouvait présenter une requête que si on lui demandait son avis.
« Pour honorer les efforts que tu as faits en venant jusqu’ici, je vais t’expliquer un peu plus en détail. »
La vampire jeta un coup d’œil à la régresseuse et à moi, puis ajouta quelques mots d’explication. Je compris qu’elle ne disait pas cela pour Finlay, mais pour nous.
« Je n’ai jamais interdit à cet enfant, Valdamir, de faire la guerre. Depuis le début, je n’ai jamais imposé ma volonté à mes enfants. La guerre leur appartient entièrement ; ils la décident eux-mêmes. Je suis une figure déjà effacée de l’histoire. À moins qu’ils n’aient besoin de moi, je ne me manifesterai pas pour devenir moi-même un symbole. »
« J’obéis. »
« Par conséquent, même si tous les préparatifs sont achevés, je ne serai pas la première à me manifester pour prôner une guerre sanglante. Telle est ma volonté. »
« J’obéis. »
« Alors, retourne à la surface. Ce n’est pas un endroit pour toi. »
Un ordre absolu.
Pourtant, Finlay, qui n’avait cessé de s’incliner et d’acquiescer, adopta cette fois une autre attitude.
« Pardonnez-moi, Progenitrice. Je ne peux obéir à cet ordre. »
« Pourquoi ? »
Il était impossible qu’un vampire refuse un ordre de la Progenitrice. Par conséquent, si un serviteur disait qu’il ne pouvait pas obéir, ce n’était pas une question de volonté.
C’était une question de capacité.
Aussi, au lieu de réprimander Finlay, la vampire lui en demanda-t-elle la raison. Finlay frappa le sol du front et s’écria :
« Pardonnez-moi ! Mais cela dépasse ma volonté. Je n’ai aucun moyen de quitter l’Abîme ! Ce stupide serviteur ne peut donc pas obéir à l’ordre de la Progenitrice. Je vous en prie, tuez-moi ! »
« Aucun moyen de partir… ? Tu n’en avais pas préparé un ? »
« Je n’en ai jamais eu, pour commencer ! »
« Tout le monde sait qu’il est plus difficile de remonter que de descendre, mais venir sans même préparer son retour à la surface ? Je commence à me demander ce qui s’est passé dehors pour qu’il vienne me chercher dans l’Abîme sans avoir la moindre chance de repartir. »
La vampire y réfléchit longuement, mais cela ne suffisait pas à répondre à sa question. Sa curiosité grandissait. Pourtant, elle avait déjà pris sa décision et, craignant que d’autres questions ne la fassent vaciller, elle n’insista pas.
« Reste tranquille. Ce territoire appartient à l’État militaire, et quelqu’un a été envoyé ici pour en assurer la gestion. Cette personne peut te faire sortir. Voyons voir. »
Son regard se tourna alors vers moi. La vampire me désigna et s’adressa à moi sur un ton qui tenait presque de l’ordre.
« Instructeur. Finlay n’a probablement pas commis de crime qui justifierait sa présence ici. Il est arrivé par erreur, par accident. Je souhaite que vous le rameniez à la surface. »
Hein ? Moi ?
Attendez. Quoi ? Elle voulait que je renvoie cet intrus sain et sauf là-haut ?
Moi ?
« Pardon ? Moi ? »
« À qui d’autre pourrais-je m’adresser ici ? »
La vampire me regarda comme si c’était évident. Je croisai son regard et sentis une sueur froide me couler dans le dos.
Instructeur ou pas.
J’étais prisonnier, moi aussi, vous savez ?
« Si l’État militaire est le maître des lieux, il doit certainement connaître un moyen d’en sortir. Je vous demande de le faire pour Finlay. »
Si je connaissais un moyen de sortir, j’aurais essayé avant tout le monde. Je serais encore coincé ici, sinon ?
« Je suis la Progenitrice Tyrkanzyaka. Je suis le dernier vestige des calamités nommées d’après Kanjaka, le monstre qui dévorera le monde. De célèbres chevaliers ont versé leur sang devant moi, et d’innombrables héros ont péri en cherchant à s’emparer de mon cou. Bien que je sois tombée et que j’aie confié mon corps à l’Abîme, mes actes ne sont pas devenus insignifiants pour autant. »
« Tombée ? Progenitrice, c’est impossible ! Tous les vampires de la surface vous révèrent. Je vous en prie, ne dites pas de telles choses… ! »
Pourquoi me demandait-elle ça, à moi ? Je me retrouvais de plus en plus acculé.
Et surtout, il était vraiment venu sans avoir prévu de repartir ?
Dans ce cas, il n’y avait eu aucune raison d’épargner cet intrus.
« … Vous ne répondez pas. Est-ce difficile ? Si c’est vraiment impossible, je vous le demanderai comme une faveur personnelle. Je vous en prie, ramenez-le à la surface. »
Je ne pouvais pas répondre, car je n’avais pas les moyens d’accéder à sa demande. Sentant le danger et l’esprit tournant en rond, la vampire prit mon silence pour un refus et baissa la voix.
« Si vous refusez, j’ai l’intention de ramener Finlay moi-même à la surface. L’Abîme a beau être infini, le temps dont je dispose l’est tout autant. Les ténèbres sont mon domaine ; si je continue à remonter, j’atteindrai forcément la surface. Mais si je ramène Finlay là-haut, je ne pense pas revenir ici. »
Finlay releva soudain la tête, et le visage de la régresseuse se figea de stupeur. Ses paroles ne pouvaient signifier qu’une chose.
Elle irait à la surface et ne reviendrait pas.
Autrement dit, si je n’accédais pas à sa demande, elle s’évaderait de la prison.
Ça sentait mauvais.
Notes de bas de page :
Rejoignez notre Discord : <a href="https://dsc.gg/wetried" rel="noopener noreferrer nofollow">https://dsc.gg/wetried</a>