Chapitre 37
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Traducteur : Hydrogen B
Éditeur : Hydrogen B
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Chapitre 37 : Le château souterrain
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Ces gens n’avaient ni la volonté de s’améliorer ni le moindre sens du danger. Même après que je leur eus tout expliqué, ils se contentèrent de lâcher un « Hé » et d’accepter la situation. Une frustration étouffante, que seuls ceux qui avaient déjà essayé d’enseigner quelque chose à quelqu’un pouvaient comprendre, m’étreignit la poitrine.
Personne ne ressentait rien ?
Alors, la régresseuse, qui se tenait là, les bras croisés, prit enfin la parole. Oh, qu’allait-elle me demander ?
« Pourquoi nous dire tout ça ? »
Hélas… Ce n’était pas une question, mais un interrogatoire. Rien d’étonnant de la part de quelqu’un atteint de paranoïa terminale.
Je ne pris même pas la peine de cacher ma déception.
« Tu n’es pas contente, même quand je te raconte tout ? »
« Bien sûr que non. Tartare est une installation classifiée de niveau 5. Les informations sur la structure d’une installation classifiée de l’État militaire devraient être classées à un niveau équivalent au minimum. Pourtant, tu racontes tout ça à des gens comme nous, qui n’avons aucune habilitation de sécurité. C’est une fuite qui concerne cinq niveaux de classification. Pourquoi ? »
Elle râlait même quand je lui disais les choses. Comment pouvait-on vivre en soupçonnant tout et tout le monde ? Elle aurait dû accueillir la nouvelle comme la vampire, avec un « Waouh, c’est fascinant ! »
La régresseuse avait l’air de ne pas vouloir lâcher l’affaire sans explication valable. Je décidai de ne leur donner qu’une partie de la raison.
« Parce que vous devez le savoir pour vous sentir concernés. »
« Nous sentir concernés ? »
« Exactement. Vous savez que la Résistance a attaqué hier, non ? »
« Et alors ? »
Elle venait vraiment de me répondre : « Et alors ? » La colère montant en moi, je hurlai à la régresseuse :
« Je suis le seul à utiliser cet endroit ? Le seul à le protéger ? J’ai l’impression d’être le seul à faire quoi que ce soit. Mais si vous vivez ici aussi, faites un peu attention ! Le sol est littéralement sur le point de s’effondrer sous nos pieds, et vous, vous traînez dans vos chambres ! Qu’est-ce que vous fichez ? »
Une fois qu’ils comprendraient que le sol sous leurs pieds pouvait s’écrouler d’un instant à l’autre, ils ressentiraient forcément l’urgence de la situation et essaieraient d’empêcher ça.
« Le seul à être allé chercher la caisse de ravitaillement, c’était moi. Le seul à avoir repéré la Résistance à l’avance, c’était moi. Le seul à avoir arrêté leur plan, c’était moi ! J’ai tout pris en charge. J’ai tout fait tout seul ! »
« C’est ton travail, non ? »
« Survivre, c’est le travail de tout le monde ! Si je ne vous sauve pas, vous allez juste mourir ? »
« Tu m’as sauvée, moi ? »
« Tu le sais très bien ! Tu sais ce que les membres de la Résistance qui se sont infiltrés hier préparaient ? Regarde ! »
Je m’avançai vers le tableau, effaçai du doigt les deux extrémités de Tartare, puis traçai une ligne au milieu avec la craie.
« Là ! L’autre côté ! Et le milieu ! Ils comptaient placer trois bombes ici et les faire exploser en même temps, pour couper Tartare en deux et le précipiter dans le vide ! »
Quand je frappai une fois le tableau, le Tartare dessiné trembla et libéra un nuage de poussière de craie. À partir des extrémités brisées, Tartare, qui tenait jusque-là en équilibre avec une délicatesse extrême, commença à basculer. Pour une structure gigantesque dont l’équilibre était rompu, son propre poids devenait le pire ennemi. Et puis il y avait l’explosion en son centre, enfoncée comme un coin.
La régresseuse laissa échapper un léger hoquet en voyant le résultat.
« Ah. »
« Tartare… C’est donc comme ça qu’il s’est effondré ? »
Tartare ne tiendrait pas. Il se fendrait nettement en deux et tomberait dans les profondeurs. C’était ainsi que le Tartare de mon dessin avait trouvé sa fin.
Je frappai le tableau à plusieurs reprises. La régresseuse sortit de ses pensées.
« Oui ? Le sol juste sous vos pieds a failli finir comme ça ! Pourtant, vous êtes tous restés tranquillement assis, et vous n’êtes venus que quand tout était terminé ! Si je ne les avais pas arrêtés, nous serions tous devenus des âmes perdues dans l’Abîme, moi compris ! J’ai tort ou raison ? »
Même la régresseuse, qui gardait les bras croisés dans une posture défensive, dut enfin l’admettre. Elle les décroisa doucement, détourna les yeux et marmonna :
« …Tu as raison. »
« Alors, tu m’es reconnaissante ou pas ? »
« Reconnaissante… ce n’est pas tout à fait le mot. Tu l’as fait aussi pour te sauver toi-même. »
Regardez-la s’accrocher à sa fierté jusqu’au bout. Elle ne pouvait pas prononcer un seul mot de remerciement ?
« Waouh. Quelqu’un était ravi qu’un intrus débarque parce que ça lui faisait un partenaire d’entraînement. Comment tu peux penser comme ça ? »
« ?! C-comment tu as… »
« Comment je le sais ? Tu croyais que je ne le remarquerais pas ? Quelqu’un en équipement militaire est allé tout droit au premier étage, puis, un peu plus tard, la stagiaire Shei est ressortie avec sa tête. Tu aurais pu la lui trancher d’un seul coup avec tes capacités. Alors pourquoi tu es restée là à échanger des coups avec lui ? »
« J-je manque d’expérience en combat réel. »
« Te voilà à risquer ta vie parce que tu manques d’expérience au combat. Pendant ce temps, les autres intrus plaçaient des bombes ! C’est cette insouciance qui a provoqué la crise ! Si Tartare est toujours en sécurité, c’est uniquement parce que j’ai réagi à temps ! »
Tout ce que je disais était exact. La régresseuse essaya de chipoter par réflexe, mais elle eut beau chercher, elle ne trouva pas la moindre faille. Elle claqua la langue et finit par céder :
« Tss, très bien. La prochaine fois, j’interviendrai. »
« Parfait ! N’oublie pas ! »
D’après un souvenir que la régresseuse avait brièvement évoqué, au moins quelques personnes de plus s’infiltreraient ici à l’avenir. L’une d’elles était sans doute assez impressionnante pour participer à la destruction du monde.
Et c’était à moi de les arrêter ? Pas question. Non seulement c’était impossible, mais je n’en avais pas envie. J’avais déjà dû risquer ma vie pour capturer Kanisen et les autres membres de la Résistance. Pourquoi devrais-je affronter quelque chose d’encore pire ?
« À partir de maintenant, débrouillez-vous avec tous ceux qui débarqueront ici. Ne remettez pas ça à plus tard en pensant que quelqu’un d’autre s’en chargera ! La première personne à les repérer s’en occupe ! Compris ? »
Si j’avais été seul ici, ça aurait été une autre histoire. Mais il y avait la régresseuse et la Progenitrice vampire. Pourquoi le travail devrait-il me revenir ? Les plus forts devraient s’occuper des tâches qui exigent de la force. Voilà une influence positive !
« Si quelqu’un de mal intentionné débarque la prochaine fois, je ne lèverai pas le petit doigt contre le prochain intrus ! »
Bien. J’avais maintenant une excuse crédible pour m’enfuir à l’arrivée du prochain intrus. Ouf. Une carte « sortez-moi de cette situation sans me critiquer ». J’avais gagné quelque chose de précieux. La prochaine fois que quelqu’un débarquerait, je n’aurais qu’à étaler les membres de l’immortel et faire le mort.
Alors que je préparais ma fuite, la vampire pencha la tête.
« Ne fais-tu pas trop d’histoires pour ce qui s’est passé hier ? »
« F-faire des histoires ? »
Depuis quand appelait-on ça faire des histoires, alors que nos vies ne tenaient qu’à un fil ? J’étais tellement stupéfait que j’en restai bouche bée, mais la vampire en rajouta :
« N’as-tu pas réglé sans difficulté tout ce qui s’est passé hier ? Tu as tout nettoyé aussi proprement que si tu t’étais rincé la bouche après un repas, et pourtant, tu as encore tant à dire. »
« Rincé la bouche ? »
Elle croyait que j’avais facilement maîtrisé les membres de la Résistance ?
Être surestimé, c’était agréable. Mais dès qu’on s’en servait pour me refiler du travail supplémentaire, cela devenait un maudit carcan. Je m’empressai d’agiter les mains.
« Non, je t’en prie, ne me fais pas confiance ! Contrairement à toi, je suis une personne ordinaire qui n’a qu’une seule vie ! Je ne peux pas m’en tirer indemne après avoir pris une balle comme la stagiaire Tyrkanzyaka, et je n’ai pas d’outils étranges comme la stagiaire Shei ! Je ne peux compter que sur ce seul corps ! »
« Oui. Et avec ce seul corps, n’as-tu pas vaincu trois personnes ? Sans verser une seule goutte de sang. »
« Qu’est-ce que ça change, trois ? Deux n’étaient que des suiveurs, et l’autre n’avait rien de spécial non plus ! Ils n’étaient pas dangereux ! Je ne suis pas si impressionnant ! »
« Ton dernier adversaire était bel et bien un chevalier. Tu l’as maîtrisé et immobilisé sans la moindre blessure. Quand j’ai senti sa mort, la seule plaie qu’il portait était celle que tu lui avais infligée pour l’achever. »
« Non, c’était… »
« D’ailleurs, n’es-tu pas supérieur à Shei ? Ceux qui sont plus forts et occupent une position plus élevée doivent naturellement assumer davantage de responsabilités. »
Ça n’allait pas.
La vampire était convaincue que j’étais supérieur à la régresseuse !
La vampire, qui ne connaissait rien au monde moderne, accueillait avec une facilité remarquable les informations et les idées qui lui venaient de l’extérieur. Si je lui disais que le toit du quartier général de l’État militaire s’était fendu et qu’un gigantesque golem arcanique était apparu avant de s’envoler dans le ciel, elle me croirait. Comme un poussin fraîchement éclos qui découvrait le monde.
« Si tu portes le titre d’instructeur, tu devrais prendre les devants et montrer la voie. Ceux qui servent l’État ne devraient-ils pas guider le peuple depuis le front ? »
Elle était même incapable de renoncer à ses vieilles habitudes et me faisait la leçon en s’appuyant sur cette conclusion !
Ce n’était pas grave s’ils me prenaient pour quelqu’un de fort. Je l’avais voulu, dans une certaine mesure. Mais qu’ils me surestiment à ce point devenait dangereux.
Ils m’en voudraient quand ils découvriraient la vérité, et s’ils ne la découvraient pas, ils me pousseraient dans une situation où je risquais de mourir.
Plus on grimpait haut, plus la chute était dangereuse. Que faire ? Il était temps de dégonfler un peu tout ça.
Au moins, la régresseuse avait du bon sens. Elle n’allait pas tarder à comprendre, non ?
« Il a vaincu un chevalier sans se blesser ? À mains nues, en plus ?… Est-ce que j’en serais capable ? Non, pas dans mon état actuel, alors que mon corps n’a pas fini de se développer. Tss, je déteste l’admettre, mais… il semble plus fort que moi. Pour l’instant. »
Ne me juge pas seulement sur ce que les autres racontent ! S’il te plaît, regarde-moi combattre de tes propres yeux avant de décider ! Si tu détestes l’admettre, vérifie-le donc avec ces deux yeux-là !
Tss. Si je restais ici plus longtemps, j’allais finir par protéger la régresseuse. Pas le choix. Évasion d’urgence.
Je levai les ongles et les fis crisser contre le tableau.
À ce bruit qui donnait la chair de poule, la régresseuse grimaça, la vampire fronça les sourcils et Azzy, qui dormait sur le ventre au fond de la salle, poussa un jappement et se redressa d’un bond.
Technique secrète : le grincement sur tableau.
Une technique qui coupait court à une conversation désagréable et permettait d’échapper à une situation délicate grâce à un bruit atroce. Attirant l’attention de tout le monde avec cet art interdit, je m’écriai :
« Alors, on fera chacun son tour. Cette fois, c’est moi qui ai réglé le problème, non ? Si un autre méchant se pointe la prochaine fois, l’un de vous s’en chargera ! C’est tout… ! »
« Ouaf ! Ouaf ouaf ! Ouaf ! »
Cette fois, Azzy se mit à aboyer furieusement contre moi. Qu’est-ce qui lui prenait encore ?
« Grrr ! Ouaf ! Ouaf ouaf ! »
À ce que je compris, elle était furieuse parce que j’avais fait grincer le tableau alors qu’elle dormait.
L’ouïe d’un chien était des dizaines de fois plus fine que celle d’un humain, et Azzy, le Roi des Chiens, entendait même un murmure venant de l’autre côté de Tartare. Azzy était un peu idiote et avait appris à laisser passer les bruits sans importance, sans y prêter attention. Mais si je murmurais « sale clébard » quelque part dans Tartare, elle l’entendait où qu’elle se trouve, dressait la queue et montrait les crocs.
Une attaque sonore était donc extrêmement efficace contre ce genre de chien. En y réfléchissant, je me sentis un peu coupable. À peu près autant que pour un seul poil de chien.
J’étais un humain. Je ne pouvais pas courber l’échine devant un chien. La tête haute, je lançai un regard noir à Azzy.
« Qui t’a dit de dormir pendant le cours ? Et puis quoi encore, tu grattouillais le béton avec tes griffes. Un humain a bien le droit de grincer un peu sur un tableau. Qu’est-ce que tu vas faire ? Te rebeller ? »
« Grrr ! Ouaf ! »
Ça voulait dire qu’elle allait le faire.
Ridicule. Un chien qui se rebelle contre un humain ? Quelle insolence. J’allais lui montrer clairement la différence entre les humains et les chiens.
Je levai les deux mains vers Azzy et lui adressai un sourire maladroit.
« Maintenant que j’y pense, je me sens un peu coupable. On fait la paix ? »
Les humains savaient faire ce que les chiens ne pouvaient pas : parler et trouver un compromis. Je tentai de négocier avec le chien.
Ce fut un échec total.
« Ouaf ! »
La rébellion du bétail fut si soudaine que je n’eus pas le temps de réagir. Azzy traversa la salle de classe d’un bond. Avant même que je m’en rende compte, elle m’avait attrapé par les épaules et je roulais par terre avec elle. Quand je repris mes esprits, elle m’avait plaqué au sol, assise à califourchon sur moi.
Elle ne semblait pas vouloir m’attaquer. Elle n’avait pas sorti les griffes et se contentait de m’écraser, mais cela suffisait à m’empêcher de bouger. J’avais l’impression que des pieux de fer m’écrasaient les épaules.
Comment tout le monde pouvait-il me croire fort, alors que je ressemblais à ça tous les jours ? Ils devaient tous être aveugles.
Je ne pouvais quand même pas les laisser me voir perdre contre un chien. C’était une question de fierté humaine.
Coincé sous Azzy, je déclarai : « Le cours est terminé pour aujourd’hui. Bien, tout le monde, retournez dans vos quartiers. »
La vampire prit son ombrelle et s’assit sur le bord du cercueil. Comme d’habitude, le cercueil d’un noir d’encre s’éleva dans les airs et s’envola vers la porte, avec la vampire à son bord.
« Fort bien. C’était divertissant. »
« Je ne cherchais pas à te divertir. Sors, maintenant. Je vais donner une leçon à ce chiot. »
Je soutins un instant le regard d’Azzy. Ses yeux débordaient de mécontentement. Cette créature effrontée osait s’en prendre à sa supérieure pour un simple grincement sur tableau. J’allais lui apprendre les bonnes manières.
La régresseuse, qui s’apprêtait à sortir derrière la vampire, s’arrêta. Son regard passa d’Azzy à moi.
« Ils vont se battre ? Si je les vois se battre pour de bon, je pourrai me faire une idée de leur force. Hmm. Je pourrais peut-être regarder. »
« Qu’est-ce que tu fais ? Tu veux regarder ? Si tu ne comptes pas m’aider à faire descendre ce chien de là, sors. »
Alors que je lui faisais signe de partir, toujours allongé par terre, la régresseuse ravala un grognement et détourna la tête.
« Comme prévu, il reste sur ses gardes. Il ne compte pas montrer toute sa force. »
Tu te trompes. Je n’avais aucune force à montrer. Il n’y avait rien à voir, alors va-t’en.
Comme je lui faisais de nouveau signe de partir, la régresseuse ravala un soupir et se retourna.
« Très bien. Réglez ça entre vous. »
La régresseuse se retourna sans émotion et se dirigea vers l’extérieur. La lourde porte métallique se referma dans un fracas sourd.
Un instant de silence.
Puis une pensée me parvint d’au-delà de la porte.
« Ces yeux qui voient tout. Des yeux verts… »
« Quand je te dis de partir, stagiaire Shei, ça ne veut pas dire que tu peux sortir pour regarder depuis l’extérieur. Espionner n’est pas une bonne habitude, alors dépêche-toi avant de devenir encore plus pitoyable ! »
La régresseuse sursauta, puis utilisa un truc du genre Pas du vent et détala dans le couloir sans faire un bruit.
« C-ce n’est pas une fuite. Voilà, je fais semblant de ne pas être là pour saisir une occasion plus sûre plus tard. Un pas en arrière pour en faire deux en avant. »
Faire semblant de quoi ? Je pouvais tout entendre. Depuis qu’elle avait goûté à la facilité que lui procurait sa régression, elle n’arrivait plus à s’en passer.
Bref, Azzy était désormais la seule à mes côtés, les crocs découverts tandis qu’elle me maintenait au sol. Comme je l’avais ignorée si longtemps, elle grognait avec encore plus de férocité.
« Tout le monde est parti ? »
« Grrrrr. »
« Hmm. On dirait bien. »
Après m’être assuré que je n’entendais plus aucune pensée, je croisai le regard d’Azzy, qui me fixait droit dans les yeux.
Avec plus de sincérité et de détermination que jamais, je dis : « Je suis désolé, Azzy. Je ne recommencerai plus. »
« Grrr. »
« Allez, ne sois pas fâchée. J’ai oublié que tu étais là. Je ne savais pas que tu détestais autant le grincement sur tableau. »
« Ouaf ! »
« Là, là. Gentille fille, gentille fille. Petit chiot. Petit chiot. Gentil petit chiot qui ne se fâche pas. »
« Ouaf, ouaf ! »
« Tu sais que je t’aime, hein ? Allez, je vais te caresser. Enlève ta patte. »
« Ouaf ! »
Azzy retira la patte avant qui m’écrasait l’épaule, puis se retourna brusquement. Ses oreilles frémissantes semblaient m’indiquer le côté qu’elle voulait que je caresse. Quelle petite tyran.
En grognant, je me redressai, installai Azzy sur mes cuisses et lui caressai les cheveux en bataille. Il ne me fallut que quelques passages de la main pour que son visage se détende complètement et qu’elle se mette à produire de petits bruits joyeux.
« Pfiou. La vie. »
« Ouaf ! »
« Je dis que j’ai de la chance de partager ma vie avec un chiot comme toi. »
« Ouaf ouaf ! »
Enfin, je disais ça, mais si je devais choisir le meilleur spécimen parmi ceux qui restaient à Tartare, ce serait Azzy.
Ce n’était pas une question de l’aimer ou non. C’était une question de rentabilité.
Où pourrais-je trouver quelque chose d’aussi stupide, mais dont le rendement soit aussi évident ? Même si je la contrariais un peu, il me suffisait de lui murmurer quelques mots doux, de l’installer sur mes genoux et de la caresser pour qu’elle se calme. Elle était tellement plus facile à gérer que la vampire ou la régresseuse.
Je lui cuisinais à manger, je la promenais et je jouais avec elle. Mais ce n’était pas bien grave.
Elle râlait aussi beaucoup et aboyait dès que les choses ne tournaient pas à son goût. Mais ce n’était pas bien grave.
Quand il s’agissait de combattre des humains, elle ne m’était d’aucune aide. Mais ce n’était pas bien grave.
…Attends.
Et si cette idiote qui aboie était en fait la plus inutile de tous ?
J’avais tout de même déjà trop investi en elle pour abandonner. Ravala nt mes larmes, je levai un doigt et ajoutai une journée de frais d’entretien à ce tas de poils, exemple parfait de coût irrécupérable.
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