Traducteur : Atlas Studios Éditeur : Atlas Studios
Le jour se levait à peine ; le soleil n’était pas encore apparu.
Ye Ping ouvrit les yeux.
Après une rapide toilette, il sortit.
De légers nuages et une brume légère flottaient entre les montagnes et les forêts, donnant au paysage des airs de paradis terrestre.
Le faible tintement d’une cloche apaisait l’esprit.
Ye Ping s’étira et ne put s’empêcher de marmonner :
« En entrant dans le temple ancien, le soleil se lève haut au-dessus de la forêt. »
« Le sentier sinueux mène à un lieu paisible, au cœur des bois, où se trouve la salle de méditation. »
« La lumière des montagnes réjouit les oiseaux, et le reflet de l’étang apaise le cœur. »
« Toute musique s’est tue ; seul le tintement des cloches résonne. »
C’était un poème intitulé « La salle de méditation derrière le monastère de la montagne ».
Le poème n’était pas très fidèle au paysage : il s’agissait d’un temple taoïste, pas d’un ancien monastère. Mais comme il n’y avait personne alentour, Ye Ping se laissa porter par l’inspiration.
Après s’être étiré, Ye Ping prit directement le chemin de la secte Qingyun Dao.
Il comptait se rendre au Pavillon des Sutras pour réviser ses connaissances en matière de cultivation immortelle.
La veille au soir, Ye Ping avait passé tout son temps à étudier les techniques de fabrication des pilules, le manuel secret que Xu Luochen lui avait donné.
Pourtant, à mesure qu’il avançait dans sa lecture, il comprit aussitôt qu’il ne pouvait pas encore raffiner de pilules.
Les techniques de fabrication des pilules exigeaient de posséder de l’énergie spirituelle pour les raffiner.
En recourant à l’énergie spirituelle, on pouvait obtenir des pilules spirituelles pures.
Autrement dit, il lui fallait toujours condenser ces pilules spirituelles pures, non toxiques, au moyen de sa propre énergie spirituelle et de sa volonté.
Ye Ping l’avait compris, mais comme il ne possédait aucune énergie spirituelle, il n’avait d’autre choix que de remettre cela à plus tard.
Pour l’heure, le plus important était d’approfondir ses connaissances sur la cultivation immortelle.
Dans la secte Qingyun Dao.
Les quelques grands pavillons étaient propres, impeccables, sobres et bien rangés, à l’opposé des temples taoïstes très répandus à l’extérieur.
C’était peut-être là le style des sectes secrètes retirées du monde.
Ses manches flottaient au vent.
Ye Ping admirait leur état d’esprit : en paix avec le monde, ils s’en remettaient au destin.
Tout semblait ordinaire, mais le Grand Dao recelait souvent une logique infinie dans les choses les plus simples.
Par exemple, pourquoi y avait-il toujours un bâtonnet d’encens dans le brûle-encens devant le hall principal ?
La secte Qingyun Dao n’avait-elle pas les moyens d’acheter de l’encens ?
C’était évidemment impossible.
La sincérité, c’était un cœur sincère. Avec un cœur sincère, un seul bâtonnet d’encens suffisait. Sans sincérité, même offrir une urne entière n’apportait pas la moindre chance supplémentaire.
Ye Ping contempla avec émotion le bâtonnet d’encens dans le brûle-encens.
Ce n’était qu’un petit bâtonnet, et pourtant il renfermait tant de sagesse.
C’était bel et bien une secte cachée.
Sans égale.
Il chassa ces pensées et entra dans le Pavillon des Sutras.
Le Pavillon des Sutras de la secte Qingyun Dao n’était pas très grand. Il comptait en tout quatre étagères, couvertes de manuels secrets.
Ye Ping se montra plutôt sage : il ne feuilleta pas les ouvrages au hasard. Il avançait aussi à pas légers.
Mais dès qu’il pénétra dans le Pavillon des Sutras et vit les manuels secrets sur les étagères, Ye Ping resta bouche bée.
« Technique de l’esprit primordial des dix dragons et des dix éléphants »
« Technique d’éveil de la pupille de la Voie immortelle »
« Développement parfait de la Vision suprême »
« Pouvoir mystique suprême du Vrai Dragon »
« Escrime de l’Empereur céleste »
« Technique mystique des 3 600 ouvertures immortelles »
« Trente-six pouvoirs mystiques célestes »
« Soixante-douze pouvoirs mystiques bouleversant la terre »
…
Au milieu du Pavillon des Sutras, Ye Ping était déjà stupéfait.
Il savait que la secte Qingyun Dao était une secte cachée, mais il n’aurait jamais imaginé qu’elle soit aussi redoutable.
Ye Ping savait que ces manuels secrets étaient impressionnants, même sans les avoir lus.
Pourtant, ce qui le stupéfiait, c’était qu’on les eût simplement posés sur les étagères.
Il n’y avait ni dispositif de sécurité ni formation défensive pour protéger le pavillon.
*C’est ça, une secte cachée ?*
*J’adore.*
Ye Ping était fébrile.
Il était vraiment surexcité.
Si quelqu’un osait prétendre qu’il ne s’agissait pas d’une secte retirée du monde, il le taillerait en pièces de son épée.
*Éveil de la pupille de la Voie immortelle ! Technique de l’esprit primordial ! Pouvoir mystique du Vrai Dragon ! Escrime de l’Empereur céleste ! Trente-six pouvoirs mystiques célestes !*
Ye Ping tremblait d’excitation.
C’était une surprise inespérée.
Toutefois, au bout d’un moment, il prit une grande inspiration et s’efforça de retrouver son calme.
« Ye Ping, ne t’emballe pas. Ce sont peut-être des manuels secrets suprêmes, mais tout le monde ne peut pas les apprendre. Calme-toi, calme-toi. »
Ye Ping inspira profondément à plusieurs reprises et finit par se ressaisir.
Il comprenait que, malgré le grand nombre de manuels secrets, la vraie question était de savoir s’il pouvait les étudier ou non.
Ce n’était pas parce qu’ils contenaient des enseignements qu’il pouvait tous les maîtriser.
En outre, que se passerait-il s’il s’attirait des ennuis en pratiquant ces techniques sans les conseils d’un maître ? Et si le Maître de secte et ses frères martiaux aînés lui en tenaient rigueur ?
À cette pensée, Ye Ping se calma considérablement.
*Je ne dois pas perdre la tête.*
*Oui, je ne dois pas perdre la tête.*
Il se répétait de ne pas s’emballer et de considérer tout cela comme des objets ordinaires, mais son excitation le submergeait.
Qui aurait pu rester calme devant des manuels secrets aussi impressionnants ?
Ceux du Pavillon des Sutras avaient convaincu Ye Ping, sans l’ombre d’un doute, que la secte Qingyun Dao était une secte cachée.
Pourtant, Ye Ping ne les lut pas.
Il préféra feuilleter d’autres livres et se renseigner sur le monde de la cultivation immortelle, avec des ouvrages comme « Chroniques de Qingzhou » ou « Récits étranges du royaume de Jin ».
Ces livres étaient épais et lourds.
Ye Ping fit preuve d’une grande patience et passa la journée entière au Pavillon des Sutras à les lire.
Il y resta quatorze heures.
Ye Ping passa quatorze heures à lire et acheva ainsi quarante-cinq recueils de récits étranges du Pavillon des Sutras.
Il se fit une idée générale de Qingzhou, du royaume de Jin et des sectes immortelles des dix royaumes : la puissance des sectes, le système des cours impériales, ainsi que diverses choses étranges.
« Je ne m’attendais pas à ce que, dans ce monde, la puissance de la cour impériale soit comparable à celle des sectes immortelles. »
Ye Ping marmonna pour lui-même.
D’après les textes, la cour impériale gouvernait le monde des mortels, tandis que les sectes immortelles vivaient à l’écart. Mais elles n’étaient pas soumises à la juridiction de la cour impériale et, en réalité, leur puissance lui était inférieure. De plus, dans certains domaines, elles devaient se plier à ses exigences.
Même si leurs relations étaient plutôt fondées sur la coopération, les cours impériales gardaient la haute main.
Cela avait du reste du sens. Dans le monde de la cultivation immortelle, certains membres des cours impériales pratiquaient forcément la cultivation. Avec une population aussi vaste, des experts puissants ne pouvaient manquer d’émerger ; et dès que les rouages de l’État se mettaient en marche, leur force devenait irrésistible.
Les sectes immortelles comptaient elles aussi des immortels sans pareils. Le problème, c’était que les sectes taoïstes se cachaient souvent des choses et gardaient jalousement leurs enseignements ancestraux. Certaines ne transmettaient même leur savoir qu’aux disciples de la lignée de succession. Dans les cours impériales, en revanche, quiconque s’efforçait d’apporter la gloire à l’État recevait des ressources en récompense.
Mais surtout, il y avait la gloire et les intérêts !
Le monde entier convoitait les avantages et les richesses.
Qui ne voudrait pas devenir roi ? Qui ne voudrait pas régner sur le monde entier ? Qui ne voudrait pas disposer d’un pouvoir immense et voir les gens s’écarter sur son passage ?
Bien sûr, certaines personnes se moquaient de la gloire et de la fortune, mais combien étaient-elles ?
C’était comme un vieillard de quatre-vingts ans qui tenterait de convaincre un jeune homme de ne pas courir après les beautés.
Évidemment, le vieillard ne courait plus après les femmes : il avait pris de l’âge. Mais, dans sa jeunesse, il avait certainement été volage et lubrique.
La beauté et la luxure ne tentaient peut-être pas les cultivateurs qui pratiquaient depuis des centaines, voire des milliers d’années.
Mais qu’en était-il du pouvoir ?
Que penser de l’autorité de commander un million de soldats d’un seul ordre ?
Que penser du trône qui permettait de régner sur des dizaines de milliers de personnes ?
Ainsi, la cour impériale était plus puissante que les sectes immortelles.
Ye Ping se figea soudain à cette pensée.
Peu après, il se sentit inexplicablement contrarié.
S’il l’avait su plus tôt, il n’aurait pas participé plus de cinquante fois aux Grands rassemblements de l’Ascension immortelle.
Il aurait simplement passé les examens impériaux et décroché la première place. Une fois entré à la cour impériale, il n’aurait pas eu à s’inquiéter de pouvoir pratiquer la cultivation immortelle.
*C’est la faute de ces romans en ligne. Ils dépeignent les cours impériales comme si elles étaient si mauvaises qu’ils m’ont vraiment induit en erreur.*
Pourtant, Ye Ping sentit bientôt que quelque chose clochait.
*Si je l’avais su plus tôt, n’aurais-je pas manqué cette secte immortelle cachée ?*
*C’est vrai !*
Ye Ping se rendit soudain compte d’un problème fondamental.
S’il n’avait pas été aussi ignorant, comment aurait-il pu rejoindre la secte Qingyun Dao ?
À cette pensée, le moral de Ye Ping remonta.
Un peu plus tard,
Ye Ping s’étira de nouveau.
Son regard se posa malgré lui sur un manuel secret.
« Technique mystique des 3 600 ouvertures immortelles »
À cet instant, une voix claire et cristalline retentit soudain.
« Petit frère martial, que fais-tu ici ? »
C’était une voix de femme.