Chapitre 678
« Bon, bon. Nous sommes tous amis, inutile de nous cacher quoi que ce soit. Rexott, j’ai mes propres sources et mon propre réseau. J’ai déjà entendu parler de certaines recherches dont tu parles, avoua Rod. Le masque est enterré sous les racines. Tu peux envoyer tes hommes le récupérer et, en échange, tout est négociable. »
Le sourire d’Allen Hill s’effaça.
« À vrai dire, je n’ai pas découvert le masque là-bas. C’est la vérité. Quant à savoir où j’ai entendu la rumeur selon laquelle un masque se trouverait sous l’arbre… elle est très suspecte. Rod, nous sommes amis depuis longtemps. Tu sais que je n’ai jamais menti à mes amis et que je les aide toujours autant que possible ! Mais, sur ce sujet, je ne peux vraiment rien faire.
L’atmosphère du salon se refroidit.
Rod s’empressa de sourire pour détendre l’ambiance.
« Puisque tu insistes sur le fait qu’il n’est pas là, je te crois. La rumeur est peut-être le fruit d’un malentendu. »
« Voilà qui est mieux », sourit de nouveau Allen. « Je vous ferai visiter plus tard ma toute dernière station de traitement de l’eau. C’est sans aucun doute l’une des meilleures au monde ! Vous pourrez tous l’acheter directement auprès de moi, et je vous la vendrai à perte ! Après tout, nous sommes tous… »
« Si je suis venu ici, c’est uniquement pour le masque », intervint soudain une voix grave.
C’était Garen.
Lui qui n’avait pas prononcé un mot depuis le début venait de gâcher le moment d’Allen Hill. À travers son masque, il fixait ce dernier avec insistance.
Le sourire d’Allen se figea, et celui de Rod prit lui aussi un air gêné.
« Je t’ai dit que je n’avais aucun masque ici. Où as-tu entendu cette rumeur ? » Allen fronça les sourcils en dévisageant Garen, cherchant à distinguer le visage dissimulé sous son masque.
« Peu importe où je l’ai entendue. Ce qui compte, c’est que tu me remettes le masque. Je te devrai une faveur », dit doucement Garen. Sa voix était basse, mais elle dégageait une telle oppression que tous la trouvèrent d’une force écrasante.
« Je t’ai dit qu’il n’y avait pas de masque ici. Tu comprends le langage humain ? » Le visage d’Allen Hill s’assombrit aussitôt.
« Du calme, du calme ! » Rod tenta immédiatement de les apaiser tous les deux. « Nous sommes alliés, inutile d’envenimer les choses. »
« Puisque Rod est là, je vais lui faire cette faveur et te donner une autre chance », lança Garen, le regard glacial. « Remets-moi le masque. »
« Et sinon ? » Allen Hill se leva et arracha nonchalamment sa chemise, révélant ses muscles. Il repoussa Rod. « Comment oses-tu me menacer sur mon territoire ? »
« Fais-moi cette faveur. Du calme ! » cria enfin Rod. « Nous sommes tous alliés ! On ne peut pas s’asseoir et régler ça tranquillement ? »
Allen Hill se mit à rire froidement, ignorant les cris de Rod. Il s’avança droit vers Garen, s’arrêta devant lui et lui pointa le nez du doigt.
« Par égard pour Rod, toi, tu dégages ! Tout de suite ! Je passerai l’éponge sur tout ce qui m’a déplu ces dernières minutes. »
Garen se leva. Ils se dévisagèrent, les yeux dans les yeux. Il faisait à peu près la même taille qu’Allen Hill.
Boum !!
Soudain, une détonation semblable au tonnerre retentit.
Allen Hill, qui se tenait devant Garen, fut projeté comme un boulet de canon. Son corps s’écrasa contre le mur gauche de la villa et y resta encastré, les membres écartés.
Ah !
La servante poussa un cri. Rod en resta bouche bée, incapable de réagir. Alors qu’il s’apprêtait à s’approcher pour les empêcher de se quereller, Garen avait déjà lancé son bras droit à la vitesse de l’éclair et décoché un violent coup de poing. Son poing s’abattit sur Allen Hill comme une masse. La détonation qui s’ensuivit le fit trembler de la tête aux pieds, et ses oreilles bourdonnaient encore.
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Allen Hill gémit, se prit la tête et se dégagea du mur. L’attaque ne l’avait pas blessé.
Mais à peine avait-il retrouvé son équilibre que Garen le saisit par la tête et le fracassa de nouveau contre le mur.
Boum !!
Le mur de la villa fut traversé de part en part, laissant entrer la lumière du soleil.
« Tuez-le ! » hurla Allen Hill en se débattant. Il faisait tout son possible pour échapper à l’emprise de Garen, en vain. Sa force modifiée ne faisait pas le poids face à celle de Garen.
« Tuez-le !!! Su Lanjing !! » cria-t-il.
Garen le maintenait alors en l’air.
Boum.
Un faible coup de feu retentit.
Garen se retourna. La main qui tenait Allen Hill en l’air venait d’être touchée par une balle rouge sombre, qui semblait luire.
Une étincelle jaillit soudain, et la balle noire explosa.
Garen ne réagit pas à l’explosion et emporta Allen Hill en direction de l’endroit d’où les tirs étaient partis.
Les micro-explosions des balles ne lui faisaient absolument rien.
Rod avait déjà vu Garen montrer son effroyable puissance face à l’Académie de la Forêt du Phénix blanc, mais il n’en crut pas ses yeux en le voyant recommencer.
Allen Hill se tortilla dans la poigne de Garen comme une anguille, puis atterrit doucement sur le sol.
Une fois debout, il fixa Garen. Sa main droite enfla et sa peau se détacha étrangement en lambeaux, transformant sa main en un tentacule noir semblable à celui d’un calmar. Long de plusieurs mètres, il était aussi souple qu’un fouet et s’élança vers Garen.
Un liquide visqueux dégoulinait du tentacule et tombait sur le sol. Une fumée blanche s’éleva, tandis qu’une odeur de pourriture se répandait dans la pièce.
Clac !
Garen saisit le tentacule d’une main et tira de toutes ses forces, projetant Allen Hill au sol comme un poids lourd.
Boum !!!
Le plancher fut percé et un cratère se forma dans le ciment, tandis que des débris volaient dans toutes les directions.
« Pitié ! Pitié !!! » implora Allen Hill d’une voix encore assez claire. Une grande quantité de liquide rouge et blanc s’écoulait de son corps. Une partie éclaboussa même le mur, où le liquide creusa des trous de tailles diverses.
Garen s’arrêta et jeta Allen Hill dans un coin comme un chiffon.
Ce type avait subi une bioschirurgie qui l’avait transformé en une créature inhumaine. Pourtant, sa force ne dépassait guère deux points, soit environ une tonne de force. Ce qui le rendait terrifiant, c’était son liquide visqueux, doté d’un puissant pouvoir corrosif.
Même Garen, qui avait sept points de Vitalité, sentit sa main brûler lorsqu’il saisit le tentacule. C’était comme si d’innombrables petits vers s’enfonçaient sous sa peau ; la sensation était très désagréable.
Il essuya négligemment le liquide sur sa main. Il remarqua alors que la porte de la villa avait été enfoncée et qu’une foule d’armes mécaniques le mettait en joue. Des points rouges de fusils de précision couvraient même tout son corps.
« Réfléchis encore. Tes recherches ne m’intéressent pas. Remets-moi le masque et je laisserai tomber, par égard pour Rod », dit Garen en regardant Allen Hill qui tentait de se relever.
Il avait parfaitement maîtrisé ses gestes : le liquide n’avait touché personne autour d’eux. Seuls les meubles et le canapé en étaient maculés.
Toux, toux, toux…
Allen Hill toussait violemment, les yeux injectés de sang. Le choc subi par sa tête avait déchiré sa peau et révélé son crâne blanc. Un liquide blanc, apparemment encore plus corrosif, s’écoulait sans cesse du bord de ses lèvres.
« On s’arrête là pour aujourd’hui. »
Garen n’avait pas envie de chercher lui-même le masque ; il se tourna donc vers Rod.
Ce dernier était accablé. À l’origine, il comptait régler l’affaire à l’amiable et espérait pouvoir en discuter avec Garen afin d’obtenir les pleins pouvoirs dans cette affaire. Il n’aurait jamais cru que la situation tournerait ainsi.
« Allons-y », dit Garen en époussetant ses mains. Sa chemise était parfaitement propre, comme s’il ne s’était pas battu. Son costume noir était impeccable.
À l’inverse, le jean blanc d’Allen Hill était déchiré et couvert de saleté.
Ils franchirent la porte.
Une femme noire apparut soudain derrière Rod. Elle regarda Garen, puis Allen, étendu au sol, avant de suivre Rod sans un mot.
Les hommes armés près de la porte tenaient nerveusement en joue Garen, Rod et la femme. Certains étaient si tendus qu’ils déglutissaient, les doigts raides et tremblants.
Allen Hill, toujours à terre, entrouvrit discrètement la bouche et visa le dos de Garen. Sa langue verte, enroulée comme celle d’une grenouille, s’y trouvait. Il fixa Garen d’un regard mauvais.
Pfiou !
Une faible onde de choc fut projetée dans le dos de Garen.
Roaaar !
Garen tourna la tête. L’ombre du Dragon apparut dans un éclair, créant une onde de choc autour de lui. Comme le rugissement d’un monstre, elle repoussa la langue vert sombre qui fonçait vers son dos et la détourna vers le tableau accroché au mur.
Garen ricana en regardant Allen Hill, toujours à terre, puis franchit la porte principale. Rod et la femme le suivirent de près.
Les hommes armés près de la porte, terrifiés par le rugissement, s’effondrèrent au sol, les jambes tremblantes.
Allen Hill regarda le dos de Garen et tenta de se redresser, en vain : malgré tous ses efforts pour reprendre le contrôle de ses jambes, elles tremblaient violemment.
Il s’efforçait de réprimer sa peur, mais celle que le rugissement avait instillée en lui revenait sans cesse.
« Bon sang ! » Il frappa le sol et retomba.
Deux personnes descendirent du deuxième étage de la villa.
L’une était Mole, l’autre une femme. Tous deux portaient une chemise blanche et affichaient une expression horrifiée.
« Même mes balles sur mesure n’arrivent pas à percer sa peau… » La femme semblait avoir une trentaine d’années. Elle avait des traits ordinaires et le teint légèrement jaune. Elle venait manifestement de l’Est.
« Je reconnais ma défaite… » gémit Allen Hill, la voix douloureuse. « Roi Faucon de nuit… » Il s’efforçait tellement de réprimer sa peur qu’il ne remarqua pas que sa voix tremblait.
« On va vraiment le lui remettre comme ça ? Le masque a complètement fusionné avec les racines. Impossible de le retirer sans l’abîmer ! » Mole s’approcha pour aider Allen à se relever, le visage pâle.
« Donnez-le-lui ! Je ne veux plus jamais le revoir ! C’est un véritable fou… ! » Allen Hill ne se rendit pas compte qu’au fond de lui, il était si traumatisé qu’il ne pourrait jamais vaincre Garen. La force de cet homme ressemblait à un ballon qui se gonflait sans cesse, grossissant toujours davantage. Plus il y pensait, moins il avait envie de s’en mêler.
À son insu, Garen avait profondément ancré la peur dans son âme.