Chapitre 259
De l’argent, des connaissances et un totem suffisamment puissant. Il lui fallait remplir ces trois conditions, sans quoi il courrait un immense danger dans le chaos à venir.
Assis dans le car, Garen ressassait ses pensées, mais ne parvenait toujours pas à échafauder le moindre plan.
Logiquement, les Trois Grands Héros étaient extrêmement puissants. S’il pouvait hériter des connaissances de l’un d’eux, son niveau s’élèverait très haut. Cependant, un doute habitait Garen
De l’argent, des connaissances et un totem suffisamment puissant. Il lui fallait remplir ces trois conditions, sans quoi il courrait un immense danger dans le chaos à venir.
Assis dans le car, Garen ressassait ses pensées, mais ne parvenait toujours pas à échafauder le moindre plan.
Logiquement, les Trois Grands Héros étaient extrêmement puissants. S’il pouvait hériter des connaissances de l’un d’eux, son niveau s’élèverait très haut. Cependant, un doute habitait Garen.
« Même si les Héros étaient aussi puissants, ce ne serait qu’une imitation ; ils ne dépasseraient jamais le niveau des généraux. Mes capacités pourraient-elles rivaliser avec leur talent ? » Malgré tout, il gardait une lueur d’espoir en ses propres capacités.
À mesure que la silhouette du papillon se rapprochait dans sa vision, Garen ne parvenait toujours pas à se calmer. Il décida d’attendre que sa capacité mûrisse avant de mettre au point un plan.
Il avait déjà constaté les effets terrifiants de cette capacité avec l’arme secrète. On ne pouvait assurément pas la ranger parmi les forces ordinaires.
Une fois calmé, Garen sortit un petit carnet, en ouvrit la première page et y nota quelques questions et réflexions. Ce serait le point de départ de ses préparatifs pour son futur Totem central. Il s’efforça donc d’imaginer un type de totem qui lui conviendrait, ainsi que les conditions nécessaires pour l’obtenir.
De temps à autre, il bavardait avec les deux personnes assises devant lui ou discutait avec les deux couples.
Le car avançait lentement, avec une stabilité remarquable. La guide semblait fatiguée d’avoir tant parlé ; elle s’assit donc et but une gorgée à sa bouteille pour s’humecter la gorge.
« Regardez ! Un cerf noir ! » s’écria un enfant en pointant le doigt vers l’extérieur du car.
« Il y a vraiment encore des cerfs noirs ! » « Qu’il est beau ! » « C’est un faon ? »
Les touristes commencèrent à s’agiter.
Garen tourna la tête vers la droite pour regarder. Dans la prairie, à côté du car, se tenait un faon à peu près aussi grand qu’un homme. Il n’avait pas de bois et son corps était mince et élancé. Il baissait la tête pour brouter, puis la relevait parfois, intrigué, afin d’observer le car de touristes ; ses oreilles frémissaient légèrement. Il était très mignon.
Fou…
Une brise passa en faisant bruisser les feuilles, puis son souffle se propagea dans la forêt.
Le faon noir s’élança brusquement dans les bois et disparut en un instant.
« Comme il est mignon », s’exclama la jeune fille assise en face de Garen. « Si seulement on pouvait en élever… » Elle marmonna ces mots, le visage empreint de nostalgie.
Elle sortit ensuite une petite bouteille de son sac, but un peu d’eau et ne dit plus un mot.
Pourtant, Garen plissa les yeux, comme s’il venait de comprendre quelque chose. Il se concentra et tourna brusquement la tête vers la lisière, de l’autre côté de la forêt.
« Quelque chose cloche… »
Dans la forêt.
Deux jeunes filles vêtues de robes vert jade étaient accroupies sur une branche, observant en silence le chemin qui traversait les bois et les deux cars de tourisme qui avançaient lentement.
Celle de gauche avait une vingtaine d’années, une silhouette élancée, des traits bien dessinés et une peau presque translucide. Deux épaulières noires couvraient ses épaules. Deux carquois ornés de plumes blanches pendaient à sa taille ; on aurait dit un magnifique martin-pêcheur posé sur une immense branche.
« Vera, tu es sûre que la personne se trouve dans l’un des cars ? » demanda-t-elle à l’autre jeune fille, d’apparence banale.
Cette dernière était un peu plus petite et avait des traits quelconques. Une cicatrice rouge sang lui barrait l’arête du nez, lui donnant un air féroce.
« Je les suis depuis près d’une demi-heure ; il ne devrait pas y avoir d’erreur. Notre cible est l’homme assis au dernier rang du premier car », répondit Vera à voix basse. « Cette fois, notre grande sœur a ordonné que nous menions la mission à bien. La réputation de l’Ombre verte en dépend, nous n’avons pas droit à l’erreur. »
« Je sais », acquiesça la première jeune fille. « J’étais censée être en vacances, mais on m’a rappelée plus tôt. Bon, allons-y. »
« D’accord. » Ce chapitre a été copié de NovelPing sans autorisation.
Toutes deux accroupies sur la branche, elles tirèrent simultanément une flèche de leur carquois. Elles retournèrent leurs avant-bras gauches ; les protège-bras émirent quelques claquements secs et se transformèrent en arcs courts.
« Dzi… Dzi… »
Ces deux sons provenaient des cordes des arcs. Deux flèches à plumes blanches, décochées depuis des angles différents, visaient l’arrière du premier car.
Les longues flèches fines étaient d’un jaune bois. Une gravure bien distincte y figurait : Martin-pêcheur.
« Fais attention. Cena doit être entourée de quelques experts de niveau général », murmura Vera. « Ensuite, tout dépendra de toi, Tracy. »
« Laisse-moi faire », répondit la première en hochant la tête. « On va les tuer d’un seul coup. Cette flèche a été imprégnée d’une puissance extraordinaire et elle est inestimable… »
Ce n’est qu’alors que Vera remarqua la petite boule de métal argenté fixée à la pointe de la flèche posée sur l’arc de Tracy. Une sorte de motif y était gravé. L’objet était d’une finesse remarquable.
« Tu as vraiment utilisé… »
« Chut… » Tracy parut quelque peu réticente. « Même si elle était de niveau maître, elle mourrait à coup sûr. »
Assis sur son siège, Garen sentit un frisson lui parcourir le dos sans savoir pourquoi.
Il balaya les alentours du regard, mais ne remarqua rien d’anormal.
Tout en bougeant à peine les yeux, il tendit le bras droit vers la boîte près de sa jambe et tâtonna lentement à la recherche de la canne posée en diagonale dessus.
Au moment où il la saisit, il aperçut du coin de l’œil une silhouette blanche qui filait dans sa direction, pareille à un oiseau.
« Quel joli oiseau blanc… » La jeune fille assise en face de lui avait, elle aussi, remarqué la silhouette. Elle parut soudain surprise et sa phrase s’interrompit.
« Attention ! » Les pupilles de Garen se contractèrent et il se baissa vivement.
Cling !
Une flèche blanche passa aussitôt au-dessus de sa tête et se ficha dans une planche de bois du car. La pointe enfoncée dans le bois émit un son qui évoquait une corrosion. En moins de deux secondes, une large tache vert sombre apparut sur le bois pâle, dégageant une odeur aigre et une fumée verdâtre.
Tout le car resta d’abord figé de stupeur, puis ce fut le chaos.
Ahhh !!!
Les passagers du car poussèrent des cris de panique.
La jeune fille assise en face de Garen se tassa aussitôt en boule, le dos contre la paroi du car.
Le pasteur se couvrit également la tête, de peur qu’elle ne se retrouve dans la ligne de tir.
Garen esquiva la flèche et se releva, tournant son regard vers l’endroit d’où elle avait été tirée. Au loin, dans la forêt, deux silhouettes humaines vêtues de vert se repliaient à toute vitesse.
Cling !
Soudain, il sentit derrière lui, en diagonale, un danger d’une intensité extraordinaire.
Garen sentit sa peau se hérisser et des frissons lui parcoururent le dos.
Sans prendre le temps de réfléchir, il se rua dehors. Dans un craquement, le car trembla légèrement ; Garen défonça la planche sur le côté et sauta par la fenêtre. Il roula plusieurs fois au sol avant de s’immobiliser.
Boum !!
L’arrière du car explosa.
Garen ne se retourna pas. Le dos tourné au car, il vit une lueur rouge se refléter sur l’herbe autour de lui ; une vague de chaleur brûlante déferla dans sa direction.
Cling, cling, cling !!!
Trois autres sifflements perçants retentirent. Retrouvez les dernières mises à jour sur NovelPing.
Garen poussa puissamment sur le sol. Deux petits cratères se formèrent dans l’herbe, et il esquiva les trois flèches à plumes blanches en un éclair.
Boum !
La dernière flèche explosa soudain à l’endroit où il se trouvait un instant plus tôt, formant une boule de feu rouge cramoisi. Le sol et l’herbe furent instantanément carbonisés, tandis qu’une étrange fumée rouge s’élevait.
Tssss…
Garen ressentit une douleur dans le dos. En y portant la main, il ne trouva que des morceaux de tissu brûlé. Une sensation de brûlure cuisante lui parcourait le dos ; il était manifestement blessé.
Il roula alors loin de l’endroit où il se trouvait et s’enfonça dans la forêt dense.
« C’est quoi, ces flèches ? Quelle puissance terrifiante ! » s’exclama-t-il, surpris et furieux. « Même ma Technique de la Statue divine, pourtant si défensive, n’a pas réussi à me protéger. »
Il se déplaça rapidement dans la forêt, tout en restant sur ses gardes et en cherchant la moindre trace des deux personnes. La Technique de la Statue divine était pleinement activée ; une vaste aura de qi se déployait en lui et rayonnait dans toutes les directions, formant une lueur blanc et or imperceptible aux gens ordinaires.
Bientôt, son aura couvrit un rayon de plus de deux cents mètres dans la forêt.
Garen ferma légèrement les yeux. Son corps se dilata imperceptiblement tandis qu’il observait les alentours, tel un léopard.
Soudain, il pivota sur le côté. Une flèche blanche siffla près de lui.
« Tu crois pouvoir t’enfuir ? » La silhouette verte qu’il apercevait se repliait. Il bondit dans un élan de puissance, imprimant d’autres traces dans le sol tandis qu’il se précipitait vers la provenance de la flèche.
Au loin, dans la forêt, les deux silhouettes vertes se faufilaient à toute vitesse entre les arbres, comme des singes prenant appui sur les branches.
« Tracy, il nous rattrape ! » cria Vera en se retournant, les sourcils froncés.
« Quelle vitesse… Intéressant. » Tracy eut un rire froid. La silhouette fonçait à toute allure, mais sa respiration était si calme qu’on aurait dit qu’il se tenait immobile sur une estrade. « Je ne m’attendais pas à ce que toutes ces flèches ne le tuent pas. On dirait que cet expert qui protège Acacia en se faisant passer pour lui est bien la cible. Il doit chercher à attirer les ennemis pour les éliminer d’un seul coup. Leur plan était bien conçu, dommage qu’ils soient tombés sur moi. »
« J’ai utilisé deux Flèches de fumée rouge, mais elles ne lui ont pas fait le moindre mal. J’estime qu’il est de niveau maître ; nous allons donc devoir le “traiter” comme il se doit. »
Tracy eut un rire sournois. Son bras droit laissa une légère image rémanente lorsqu’elle tira quatre flèches de son carquois, les plaça toutes sur son arc court et banda la corde.
Dzi… La corde se tendit aussitôt, formant presque un arc de cercle complet.
Cling, cling, cling, cling !
Quatre sifflements perçants retentirent ; les flèches se fichèrent dans quatre troncs différents, dessinant un grand arc.
Cling, cling, cling, cling !
Quatre autres Flèches de fumée rouge furent tirées dans quatre autres arbres, dessinant un second grand arc. Les deux arcs se rejoignirent pour former un cercle, d’une symétrie étrange.
« L’Embuscade de fumée rouge. Puisque tu veux réduire la distance, je vais te laisser faire. » Tracy s’arrêta et renonça à fuir. « Vera, va-t’en. Attends les résultats à l’extérieur du cercle. »
« D’accord. » Vera bondit dans la forêt.
Bam !
Vera recula brusquement, comme repoussée par un champ de force. Ses deux jambes tracèrent des sillons dans le sol et, dans un « bam », elle s’écrasa contre un arbre.
Garen pénétra lentement dans cette partie de la forêt et s’immobilisa à distance, le regard fixé sur Tracy. Il examina leur tenue.
« Qui êtes-vous ? » Sa voix était grave. Il regarda Vera, appuyée contre l’arbre, qui avait encaissé l’une de ses Paumes de jade rouge. Elle n’avait craché qu’un peu de sang et ne semblait pas gravement blessée. Elle pouvait encore se battre.
« Pour un simple mortel, tu as résisté à deux Flèches de fumée rouge. Impressionnant. » L’expression de Tracy redevint calme. Elle jeta un coup d’œil à Garen, puis éclata de rire.
Elle sortit soudain une plaque de fer noir et la brandit devant Garen.
« Maintenant, réponds : où est Acacia ? Amène-le-moi docilement, puis brise-toi les deux bras en signe de sincère repentir. Sinon, cela ne me dérangera pas de te tuer ici. » Elle réfléchit un instant. « Au fait, de quelle école viens-tu ? Tes arts martiaux m’intéressent beaucoup. Fais-moi aussi une copie de tous tes manuels d’arts martiaux. »
« ? » Garen la dévisagea, perplexe, comme s’il regardait une idiote. Cette femme n’avait aucune idée de ce qu’elle racontait. Avec une simple plaque de fer, elle voulait qu’il se rende, se brise les bras et lui donne gratuitement ses arts martiaux ? Elle avait trop lu de romans, ou quoi ?