Chapitre 1 216
Ce type était une véritable bombe à retardement. Si l’Anneau spirituel venait à exploser, non seulement il se retrouverait sans rien, mais son propre Anneau spirituel risquait aussi d’être endommagé.
Garen savait donc qu’il devait agir avec prudence.
« Il existe une autre méthode : engloutir l’Anneau spirituel dans son ensemble. Ce serait la méthode la plus rapide, mais aussi la plus dangereuse. L’Anneau spirituel naturel ne possède aucune conscience capable de le contrôler, tandis que le mien est conscient et peut procéder à l’engloutissement. C’est comme deux armées : l’une compte dix mille hommes errants sans chef, l’autre seulement deux mille, mais elle a un commandant compétent. Avec la bonne stratégie, l’engloutissement devrait être possible. Il ne faut surtout pas qu’il y ait la moindre interruption, sinon les deux Anneaux spirituels exploseront en même temps. Tous mes efforts de ces dernières générations seraient réduits à néant. »
À l’aide de l’Empreinte de machine énergétique, Garen estima grossièrement le temps nécessaire : environ quarante-cinq jours.
« Autrement dit, c’est le risque que je dois prendre… »
Le regard posé sur le Lecteur d’esprit, Garen prit sa décision.
« Dans ce cas, je dois couper court à tout problème et absorber l’Anneau spirituel. »
La seule personne de ce monde qui pouvait le menacer était le Tueur. Comme il n’allait pas absorber l’Anneau spirituel tout de suite, Garen s’assit en tailleur à côté du Lecteur d’esprit et absorba une partie de la puissance spirituelle que celui-ci dégageait.
Même en en absorbant si peu, Garen sentit clairement son corps se renforcer.
Une énergie sans limites déferlait et ondulait dans son corps. Garen ferma lentement les yeux pour savourer la sensation agréable de la puissance spirituelle qui s’engouffrait en lui.
Même inconscient, le Lecteur d’esprit pâlit.
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« Négociez avec Garen dès maintenant et faites-lui relâcher le Lecteur d’esprit. Les Quatre Grands Piliers ne sont pas destinés à être monopolisés par un pays ou un parti. Il n’en a tout simplement pas le droit ! Personne ne le peut !!
Le siège administratif suprême de la Fédération noire — le bâtiment du Colosse de pierre.
Dans les étages supérieurs de l’édifice noir sculpté à l’image d’un géant, plusieurs orateurs débattaient avec véhémence.
« Le seigneur Drapeau militaire a été assassiné et il ne nous reste plus que le Drapeau de bataille comme combattant le plus puissant. La Fédération noire a perdu un général de classe mondiale et ne peut se permettre d’autres pertes ! Sinon, la sécurité nationale sera menacée », déclara solennellement l’un des orateurs, représentant la région du Nord.
« Mais ne pas venger cet affront serait une humiliation nationale ! » lança froidement un autre.
« Plus que quiconque, nous aimerions que le Maître d’épée Garen nous le livre. Mais de quel moyen de pression disposons-nous pour l’y contraindre ? Voilà la question. » Le plus haut dirigeant de la Fédération noire était un homme noir à la peau hâlée. Il se tenait les mains croisées dans le dos et portait les cheveux noirs jusqu’aux épaules. Sa carrure imposante lui donnait une allure dure et inflexible.
« Nous pouvons recourir à la politique d’importation pour restreindre les exportations de Slann et frapper son commerce.
— Nous pouvons déployer des forces de sécurité dans la région et y établir une base afin d’imposer un blocus militaire.
— Qu’en pensez-vous, Drapeau de bataille ? » demanda le dirigeant suprême en se tournant vers celui-ci, qui gardait le silence.
Le Drapeau de bataille réfléchit un instant, mettant de l’ordre dans ses idées avant de prendre la parole.
« Slann n’est pas un bloc monolithique. La capture du Lecteur d’esprit ne lui apporte aucun avantage concret. Je pense que des menaces suffiront à contraindre Garen à nous le livrer. »
« En effet. Vulture n’est qu’une organisation subalterne du service de sécurité nationale de Slann. Comparée à notre équipe des opérations spéciales, elle n’a guère voix au chapitre. C’est faisable », acquiesça le dirigeant suprême.
« Alors, qui se chargera de mettre ce plan à exécution ?
— Moi, répondit le Drapeau de bataille d’une voix grave. Cette affaire a commencé avec notre équipe des opérations spéciales ; elle doit aussi se terminer avec nous.
— Le nouveau Drapeau militaire a-t-il été élu ?
— Oui. Le Roi Tonnerre a été désigné pour occuper le poste de Drapeau militaire, répondit le Drapeau de bataille.
— Le Roi Tonnerre… Très bien. » Le dirigeant suprême et les autres orateurs se turent à l’évocation de ce nom.
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« Quoi ? Le Lecteur d’esprit a été capturé ?! Et c’est le Ministre Garen qui a fait ça ?! » s’exclama Yuria.
Face à la mystérieuse femme qui se tenait devant lui, il se rappela l’avoir croisée à quelques reprises. Il savait qu’elle accompagnait le Lecteur d’esprit, mais il n’aurait jamais imaginé que cette rencontre lui apprendrait une nouvelle aussi grave.
Il avait vu le Lecteur d’esprit plus tôt dans la journée et apprenait maintenant cette nouvelle cauchemardesque, en soirée.
Il avait parcouru des kilomètres jusqu’à la Capitale de l’Océan, car il ne parvenait pas à retrouver la trace de sa sœur et de sa mère et voulait demander au Lecteur d’esprit de l’aider grâce à ses pouvoirs. Celui-ci avait accepté sans hésiter. Même s’ils ne se connaissaient pas depuis longtemps, Yuria avait senti qu’il était sincère.
Il avait compris que le frère Lecteur d’esprit n’était pas un mauvais homme. C’était simplement un homme ordinaire dont le destin avait bouleversé la vie.
« Je suis venue dans l’espoir que vous puissiez contacter le Maître d’épée. Quel est son objectif ? Vous avez été son disciple ; vous devez bien connaître son caractère », répondit gravement la femme.
« Le Ministre… » Yuria n’arrivait pas à cerner la personnalité de Garen. À présent qu’il y repensait, il lui semblait que celui-ci avait toujours été enfoui sous des couches et des couches de brouillard, impossible à déchiffrer.
Le premier génie depuis plus de trois mille ans ? L’être le plus puissant dans le maniement de l’épée et les arts martiaux ? Le premier expert de Slann ?
On lui avait attribué titre après titre. Mais en faisant abstraction de ces appellations flatteuses et de ses exploits glorifiés, Yuria se rendit soudain compte qu’en réalité, il n’avait jamais su qui était Garen.
« Il… reste toujours calme, comme si rien ne pouvait le troubler. Quand il agit, il est toujours sûr de lui et ne s’embarrasse pas de futilités. » Yuria sentit que la situation lui échappait. « Le Ministre doit avoir ses raisons d’avoir capturé le Lecteur d’esprit. Personne ne peut le faire changer d’avis ni l’arrêter. »
« Y a-t-il une chance de découvrir l’objectif du Maître d’épée ? » La femme semblait inquiète.
Yuria avait rencontré le Lecteur d’esprit à quelques reprises et le jugeait pitoyable, prisonnier du destin. Ils pouvaient être considérés comme des amis, et voilà que son ami avait été capturé par son maître. Il en avait gros sur le cœur.
« Je vais essayer, mais je ne peux rien promettre », répondit-il après réflexion.
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« Seigneur Tueur ! Vous seul pouvez régler cette affaire. »
À bord d’un sous-marin, dans les profondeurs de l’océan.
Un portrait flou accompagné de sons se reflétait sur un écran de verre transparent.
Il n’y avait qu’une seule personne à bord. Le Tueur était assis seul devant l’écran, une longue faucille noire à la main. C’était la dernière-née des technologies d’armement, qu’il avait réussi à se procurer. Elle lui permettait d’exploiter quatre-vingts pour cent de ses capacités.
« Le Maître d’épée est puissant, dit le Tueur sans se laisser émouvoir. La rémunération que vous proposez ne suffit pas.
— Je sais qu’elle ne suffit pas, répondit doucement la personne à l’écran. Mais c’est un ordre de Qin.
— Qin ? » Le visage du Tueur changea. Lui qui se tenait jusqu’alors avachi se redressa. « Vous en êtes sûr ?
— La confirmation écrite vous parviendra bientôt. Au plus tard ce soir », répondit le portrait.
« Quand est-ce que je pars ? » demanda le Tueur sans détour.
« Dans une semaine, mercredi à midi. Vous devrez vous déguiser pour approcher le Maître d’épée. Soyez prudent, il est toujours sur ses gardes.
— Je sais », acquiesça le Tueur.
« Comparé à il y a un an, le Maître d’épée est plus puissant !
Le Tueur resta silencieux. Les yeux clos, il s’apprêtait à se reposer.
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« Qu’est-ce qui t’amène ? » demanda doucement Garen en regardant Yuria, assis devant lui. « As-tu des nouvelles de Xiaojie et de Light Path ? »
Tous deux étaient assis dans une pièce, de part et d’autre d’une table basse. Quelqu’un leur avait servi du thé.
Yuria affichait une expression embarrassée.
« Non, pas encore.
— J’ai entendu dire que tu avais capturé le Lecteur d’esprit, alors je… »
« Le Lecteur d’esprit va bien, sourit Garen. Il a de bons repas et de bonnes boissons. À part le fait qu’il ne peut pas sortir, il a accès à toute la base et à tout ce dont il a besoin. Pourquoi ? Tu veux emprunter ses pouvoirs ? »
Yuria n’arrivait pas à le dire à voix haute. Il baissa la tête et feignit de prendre une gorgée de thé. L’emprunt n’était qu’un prétexte. En vérité, il voulait savoir si le Lecteur d’esprit allait bien. Après tout, ils étaient amis.
« Je suppose que c’est possible », répondit Garen sans refuser. Maintenant que le Lecteur d’esprit était assigné à résidence, Garen lui-même subissait une forte pression. Au moins, il comprenait à présent pourquoi les autres pays, organisations et forces préféraient surveiller plutôt que d’arrêter.
« Le Lecteur d’esprit semble connaître beaucoup de secrets. On pourrait obtenir de lui quantité d’informations précieuses. Seulement…
— Seulement quoi ?
— C’est juste que ton affaire pourrait être un peu compliquée », répondit lentement Garen, pesant ses mots.
« Compliquée ? » Yuria s’agita quelque peu. Il savait que Garen avait dû découvrir de nouveaux éléments pour parler ainsi.
Garen avait effectivement appris de nouvelles choses, des renseignements qui l’avaient lui-même choqué. Il regarda Yuria, assis devant lui. Il ne savait pas par où commencer.
« Ces informations me viennent du Lecteur d’esprit. Je n’aurais jamais cru que la vérité serait… Je ne t’en ai donc pas parlé…
— Seigneur, le Renard à neuf queues et les autres sont arrivés », fit entendre la voix du Scorpion à deux queues dans l’oreillette dissimulée de Garen.
Garen interrompit ce qu’il allait dire à Yuria. « Attends un peu, ton maître, le Renard à neuf queues, est arrivé. »
Yuria se calma et acquiesça. Sa pomme d’Adam tressauta tandis qu’il réprimait ses émotions et se levait.
« Je vais vous laisser.
— Hum.
Garen hocha la tête.
Il savait pourquoi le Renard à neuf queues venait le voir.
Le Lecteur d’esprit possédait le Sigil sacré d’origine des Quatre Grands Piliers. C’était aussi celui que beaucoup de transmigrateurs convoitaient le plus : le pouvoir de lire dans les pensées. Kong Xinxue en faisait partie. Leur but devait donc être de reproduire le Sigil sacré du Lecteur d’esprit.
« La reproduction du Sigil sacré doit reposer sur une technique d’extraction des Sigils sacrés. Si je parvenais à la maîtriser, je pourrais peut-être séparer l’Anneau spirituel naturel et l’absorber complètement », supposa Garen.
En repensant aux quelques Cristaux d’âme qu’il avait absorbés plus tôt, il eut vaguement l’impression que son hypothèse était juste.
Peu après, le serveur emporta le thé et leur apporta du café.
Le Renard à neuf queues, Kong Xinxue, Li Hua et deux autres transmigrateurs entrèrent dans la pièce d’un pas assuré. Chacun lança à Garen un regard empreint de sentiments mêlés.
« Bienvenue.
Garen sourit et se leva.