Chapitre 1 014
Il devait en choisir une qui lui convenait au mieux et coûtait moins de mille points.
Ses options étaient limitées. Comme Garen avait tendance à privilégier les techniques offensives, la meilleure défense consistait à ne pas se défendre du tout. En fait, il lui suffisait de tuer ses ennemis : se défendre n’aurait aucun sens si personne ne l’attaquait.
Telle était sa philosophie. Depuis qu’il suivait la voie des Techniques secrètes et des Coups meurtriers, il s’était habitué à ce style et avait donc pris goût à affronter ses adversaires de front. Pourtant, le combat précédent avait clairement montré que son Coup meurtrier n’était pas assez puissant.
C’était celle-ci !
Une technique offensive apparut sous les yeux de Garen.
« Lame démoniaque : technique de glace de niveau cinq. Coût : 1 000 points. »
Les techniques de cette catégorie visaient en apparence à protéger et à entraîner le corps. En réalité, elles étaient bien inférieures à la Technique de la Neige écarlate. Aussi, malgré leur appellation, il aurait été plus juste de les qualifier de Coups meurtriers. Il s’agissait d’un ensemble de Coups meurtriers.
Il fallait distinguer les techniques des compétences. Des Coups meurtriers exécutés avec des compétences différentes produisaient des résultats différents. De même, une technique de sabre alimentée par un qi intérieur différent avait des effets différents.
Ces Coups meurtriers pouvaient s’appuyer sur la Technique de la Neige écarlate.
La Lame démoniaque était un Coup meurtrier simple, conçu pour tuer. À son apogée, elle atteignait le niveau d’une Nouvelle Lune de la Résonance. C’était la puissance brute obtenue une fois la technique maîtrisée. Mais sa particularité ne résidait pas dans sa force : elle permettait de porter trois coups successifs en très peu de temps. De plus, la puissance et la portée doublaient à chaque coup. En enchaînant les trois, il pouvait déployer trois fois sa puissance, jusqu’à plusieurs centaines de mètres. Naturellement, les conditions d’activation étaient très strictes.
Garen étudia en détail les conditions d’activation.
Cette technique éprouvait fortement les capacités physiques de son utilisateur, qui subissait une blessure interne à chaque coup. C’était pourquoi les Machinistes énergétiques de niveau Résonance n’osaient pas entraîner ces Coups meurtriers.
Garen consulta le système d’information pour en savoir davantage sur cette technique de sabre. Puis, il l’acheta sans difficulté.
Le système indiquait que cette technique avait tué trois Machinistes énergétiques de niveau Résonance. Ils avaient porté deux coups en une heure, ce qui les avait privés de presque toute leur énergie spirituelle et avait entraîné leur mort. Sa puissance était donc redoutable.
Mais Garen avait une grande confiance en sa Vitalité et en sa capacité de récupération ; il ne s’en inquiétait guère.
Malheureusement, en parcourant les autres marques, il découvrit des méthodes d’entraînement particulières pour le jeu de jambes, de simples techniques stimulant le potentiel, ainsi que des techniques semblables à celles de son époque tyrannique. Il y en avait même pour modifier son apparence ou améliorer sa vue. Tous les Coups meurtriers les plus puissants étaient classés ici.
« Il est temps de rentrer. Dommage que je n’aie pas beaucoup de points… » soupira Garen.
Mais les Coups meurtriers de la Lame démoniaque devraient lui être bien utiles.
Quelques jours plus tard…
Une silhouette traversa la forêt à toute allure. C’était un immense python rouge, épais comme un bras. Le serpent ne cessait de darder sa langue en fixant froidement un homme en robe blanche qui se tenait non loin de là.
Fss…
Les joues du python rouge gonflèrent. Après avoir aspiré une grande bouffée d’air, il cracha une épaisse fumée noire, puis fonça à toute vitesse sur l’homme en robe blanche.
Fschlak !
Une vive lueur jaillit de l’épée dégainée. Enveloppée de fumée noire, elle s’abattit sur celle du python rouge.
En un éclair, le python rouge fut tranché en deux et son sang forma une mare poisseuse. Le Champ énergétique invisible de l’homme repoussa les gouttes de sang, lui évitant d’être éclaboussé.
Garen, satisfait, contempla le python rouge coupé en deux.
« Le python rouge, organisme muté de niveau cinq, fera de bons protège-bras pour les jambes et les épaules. Sa viande est délicieuse et très nourrissante. »
« Frère aîné Garen, est-ce ici que nous allons nous installer ? » Bainster apparut derrière lui, accompagné de Hillco. Tous deux semblaient sur leurs gardes. Après tout, la zone était réputée terrifiante et peuplée d’organismes dangereux de niveau cinq. Un simple insecte pouvait les tuer : ils n’étaient que des Machinistes énergétiques de niveau deux.
Alors qu’ils sortaient de la forêt, deux autres Méchas humanoïdes entièrement rouges surgirent derrière eux. Leurs cockpits transparents laissaient voir deux magnifiques jumelles assises à l’intérieur.
« Nous avons fouillé les environs. Ce python rouge, que Votre Altesse a tué, était la dernière menace. » La voix claire d’une femme retentit depuis l’un des méchas.
« Très bien. Nous allons nous entraîner ici », répondit Garen en hochant la tête. Après avoir rendu l’Anneau spatial à Aine, celle-ci avait tenté de le lui offrir, mais il avait refusé. Comprenant qu’il n’avait aucun pilote pour le protéger, elle avait décidé de lui confier les deux pilotes jumelles. Ces sœurs étaient des pilotes de niveau cinq tout ce qu’il y avait de plus classiques. Elles avaient l’air d’être adolescentes, mais avaient en réalité une vingtaine d’années : un médicament qui prolongeait la vie avait figé leur apparence. Sous l’effet du remède, elles avaient conservé leur allure juvénile et menue.
« Petit Un, Petit Deux, allez installer un camp de fortune et tracer une ligne de répulsion pour éloigner les créatures », ordonna Garen.
« Compris. » Les deux méchas partirent chacun de leur côté.
De leur côté, Bainster et Hillco libérèrent respectivement une libellule noire et un serpent blanc, qui patrouillèrent rapidement dans les environs.
Garen secoua la tête en les voyant. De simples Machinistes énergétiques de niveau deux, ils ne lui seraient pas d’une grande aide dans cette zone.
« Vous devriez rentrer et vous occuper de mes Loups noirs des cimes enneigées. C’est trop dangereux ici, et vous n’êtes pas encore de taille à affronter ce qui vous attend. »
« Je suppose qu’on n’a pas le choix… » Bainster et Hillco savaient bien qu’ils ne faisaient que lui mettre des bâtons dans les roues en restant là. En plus, ils ne pourraient pas progresser.
Hillco soupira, assise dans son fauteuil roulant électrique. Son handicap l’obligeait à mobiliser sa Volonté pour déplacer son corps, ce qui venait encore compliquer les choses.
« Et si… Hillco restait ici ? Pour réchauffer le lit du patron ? Héhéhé ! » Bainster se mit à rire d’un air étrange en voyant la déception de Hillco.
Comparées à Hillco, les jumelles étaient tout aussi belles, mais elles n’avaient pas son élégance. Celle de Hillco était forte et inébranlable, tandis que son physique était à l’opposé : une peau douce et soyeuse, et une silhouette élancée.
Son handicap ralentissait ses gestes, mais cela la rendait justement attirante aux yeux de ceux qui avaient ce genre de fétichisme. Elle ne pourrait certainement pas repousser quiconque voudrait coucher avec elle : l’autre n’aurait qu’à la ballotter sur le lit comme une poupée de chiffon.
Une femme de cette qualité était une perle rare dans la société. À la Cime enneigée, nombreux étaient ceux qui avaient tenté de mettre la main sur Hillco. Sans la protection de Garen, elle serait peut-être déjà devenue l’esclave sexuelle de quelqu’un.
Hillco baissa la tête et ne répondit rien aux paroles de Bainster. Ses cheveux bruns, attachés en queue de cheval, retombaient le long de son cou. Elle pouvait ressembler à la gentille fille d’à côté, mais c’était en réalité une femme forte et déterminée.
« Rentrez. C’est trop dangereux pour vous de rester ici. » Garen soupira en repensant à l’expression de Celine. Cela faisait plusieurs mois qu’ils n’avaient pas pris contact, et il envisageait de faire venir Celine et les autres pour vivre avec lui, une fois qu’il se serait établi comme disciple à trois cœurs. D’après les rumeurs, un disciple à trois cœurs avait le droit de posséder son propre territoire.
À terme, après avoir atteint le Niveau Hérité, il devrait retourner dans la Région du Tableau noir pour se venger du Parti du Déluge noir. Pour l’instant, il était encore trop faible.
« Bon… Puisque tu as déjà deux chauffes-lit, Hillco ne sert à rien ici, de toute façon. On n’a pas besoin d’elle. » Bainster se mit à grommeler : il savait déjà que Hillco était folle de Garen. Visitez novelping.com pour lire le chapitre entier.
À vrai dire, Garen n’était pas mal du tout et avait un beau physique. Il occupait une position sociale élevée et avait de belles perspectives d’avenir en tant qu’élite douée. Il pourrait fort bien devenir une figure d’autorité puissante au sein de la Secte de la Neige écarlate, et Hillco ne ferait pas une compagne à sa hauteur. Elle ne supporterait pas non plus la pression ni les responsabilités imposées par les supérieurs. En cas de conflit entre eux, elle pourrait devenir le talon d’Achille de Garen et causer sa perte.
Même si Garen et Hillco éprouvaient des sentiments l’un pour l’autre, leur histoire ne finirait ni par une relation durable ni même par un mariage.
Le visage de Hillco blêmit. Elle n’était pas une ingénue qui passait son temps à rêvasser, mais voir ses rêves et ses idéaux réduits en miettes lui faisait mal, comme elle ne l’avait plus ressenti depuis longtemps.
« Rentre et repose-toi bien », la réconforta Bainster, qui comprenait ce que ressentait sa meilleure amie. Il savait aussi que le fossé entre le rang social de Garen et celui de Hillco était immense : Garen était un homme exceptionnellement doué, tandis que Hillco n’avait que son corps.
Pourtant, dans cette situation, il espérait que Garen serait un coureur de jupons. Même une simple aventure lui laisserait un beau souvenir, et peut-être même un enfant. Cela donnerait un peu d’espoir à Hillco, qui n’avait ni proches ni famille.
Ils montèrent à bord du Vaisseau volant pour quitter la forêt.
Sur ordre de Garen, Petit Un les conduisit tous deux jusqu’au portail, puis les renvoya directement au Pic du Loup noir.
La neige tombait toujours sur le Pic du Loup noir, sur la Planète Naga.
Une fois descendus du Vaisseau volant, ils firent leurs adieux à Petit Un.
« Je m’en vais », déclara soudain Hillco. « C’est la première fois que je tombe amoureuse de quelqu’un. Ce serait dommage de laisser ce sentiment durer sans qu’il en sorte rien. »
Bainster se sentit impuissant.
« Où comptes-tu aller ? » Comme ils vivaient sous la protection de Garen, les ressources dont ils disposaient étaient bien meilleures que celles d’un disciple ordinaire. Il leur serait très facile de trouver une cachette, de changer de nom et de mener une vie tranquille.
« Je ne sais pas. Peut-être que je quitterai la Planète Naga et retournerai dans mon pays natal. » Hillco joua avec sa frange en répondant d’un ton hésitant. « Tu viendras me voir quand tu auras le temps. »
Bainster réfléchit un instant avant de répondre.
« Je viendrai. »
Il regarda Hillco, comme s’il avait encore quelque chose à lui dire, mais hésitait.
« Dis-moi si tu as besoin d’aide. Je peux régler les petits problèmes, et je suis sûr que le frère aîné Garen interviendra si c’est grave. »
Hillco soupira.
« Dis, Bainster, qu’est-ce qui se passerait si je décidais de suivre la même voie malgré tout ? »
Bainster lui adressa un sourire impuissant.
Le résultat ? Garen les laisserait derrière lui, car ils ne pourraient pas suivre son rythme. Peut-être deviendraient-ils un jour de hauts responsables sous ses ordres. Ils mèneraient une vie luxueuse, mais ce n’était sans doute pas ce que voulait Hillco…
« À moins que tu renonces à toute identité sociale pour devenir simplement sa maîtresse. »