Chapitre 4
5 jours plus tard…
« Pourquoi elle n'a pas appelé ?! » Ben était assis sur son lit, le visage enfoui dans ses mains. Il pensait s'en être sorti. Il pensait avoir une chance de vivre. Mais il venait de découvrir qu'il avait été bien trop naïf !
« Cette Ligne Divine était en fait une condamnation à mort ! »
Il s'était laissé bercer par un faux sentiment de sécurité. Ben s'était dit que puisque la ligne avait fonctionné, tout irait bien avec Penelope. Au lieu de ça, la mort se rapprochait inexorablement, comme un train lancé à pleine vitesse.
Au cours de la semaine passée, il avait commencé les cours. Les premiers jours s'étaient bien passés. Il attendait l'appel de Penelope tout en se concentrant sur ses études. Puis, chaque jour qui passait lui volait un peu plus de sommeil à mesure que la réalité le rattrapait. Ses yeux étaient cernés, son teint était devenu livide et il était en nage en permanence. Il avait une tête de déterré !
Mais à quoi pouvait-il s'attendre, lui qui était dans le couloir de la mort ? Elle n'avait pas appelé et il n'avait plus aucune carte en main. Il ne lui restait plus de Points PUA et il était totalement démuni sans eux. Il n'avait aucun charme. Il ne parlait pas grec. Quand il essayait de parler à une fille, il arrivait à peine à aligner trois mots en anglais !
« C'est la fin. Qu'est-ce que je suis censé faire ? Je n'ai plus aucun cheat du système de drague. Comment je suis censé devenir un pro de la drague, bordel ? » Submergé par la déprime, Ben s'allongea sur son lit.
Quelques instants plus tard, il se redressa d'un bond. « Attends… un pro de la drague. Ce n'est pas un terme inventé par le système. Ça existe vraiment. Même si je lui ai ri au nez, est-ce que mon idiot de cousin Antonio ne se faisait pas appeler comme ça la dernière fois qu'on s'est parlé ? »
Ben se leva et fit les cent pas dans sa chambre. « C'est ridicule de compter sur ce bouffon… mais quelle autre option j'ai ? » Ben attrapa son téléphone et appela son cousin.
*Dring* *Dring*
« Yo cousin, quoi de neuf ? » répondit Antonio.
« Antonio ! Il faut que tu m'aides ! »
Son cousin parut surpris. « Qu'est-ce qui se passe ? T'as été kidnappé ? »
« Pire ! Écoute, il faut que je te voie ! T'es où ? »
Ben récupéra l'adresse d'Antonio, attrapa sa carte de métro et fila hors du dortoir.
***
À l'intérieur d'un Starbucks dans Midtown, la porte d'entrée vola en éclats. Quelqu'un entra à une telle vitesse que les employés crurent voir Bip Bip le dessin animé. Ils furent soulagés de voir qu'il s'agissait d'un ado de petite taille, avant d'être à nouveau perturbés en voyant ses cheveux bruns : ils étaient coiffés avec une permanente atroce.
Ils ne se détendirent que lorsqu'ils se rappelèrent que New York était rempli de spécimens en tout genre.
Ben scanna le café avant de courir vers une table au fond. Là, assis, se trouvait un jeune homme à la peau bronzée et aux cheveux rasés de près. Il était maigre et de taille moyenne, mais il balayait la salle d'un regard d'une arrogance sans bornes, comme s'il était un jeune noble d'une lignée ancienne. En attendant, il buvait de l'eau parce qu'il ne voulait pas dépenser 2 dollars pour un café.
En arrivant à la table, Ben lui saisit les mains. « Antonio, j'ai besoin de ton aide ! »
« … Cousin, calme-toi d'abord. Dis-moi ce qui est arrivé. »
Ben ne savait pas quoi dire. « Est-ce que je lui raconte qu'une voix a surgi dans ma tête et me force à séduire des femmes ? Il va me faire interner. » Il devait trouver autre chose, alors il prit quelques secondes pour rassembler ses idées.
« C'est comme ça. Je dois séduire des femmes ! » Ben ne trouva aucune bonne raison, alors il passa directement à l'essentiel.
Antonio l'examina. Les yeux de Ben étaient injectés de sang, plus rouges que les fesses d'un diable. Il transpirait à grosses gouttes, ses mains tremblaient et il haletait sans pouvoir s'arrêter. Antonio plissa les yeux, puis hocha la tête, pensant avoir compris.
« Ah, c'est donc ça, la fameuse dalle… » Antonio crut que Ben était devenu fou à force d'être puceau. « Ok. Je comprends. »
Ben enchaîna. « Tu m'as dit que tu connaissais un maître de la drague, c'est ça ? Il faut que je le rencontre ! »
« … Woah, doucement cousin. Tu devrais commencer petit, laisse-moi te montrer les bases d'abord. Tu commences à faire n'importe quoi, là. »
« J'ai pas le temps de jouer dans la cour des petits ! Il faut que je parle à un vrai maître tout de suite ! » Ben ne disait pas qu'Antonio était inutile, il le pensait juste très fort.
Antonio regarda son cousin : petit, grassouillet, des fringues ridicules, et une coupe de cheveux encore pire. « Ça va demander un boulot monstre. M'enfin… ce type appréciera peut-être un cas désespéré comme celui-là. » Il prit une décision. « Ok, attends. Je passe un coup de fil. » Il se leva et sortit pour appeler sa connaissance.
Quelques minutes plus tard, Antonio revint et s'assit. Ben le fixait comme si c'était un chirurgien venant annoncer les résultats de l'opération de sa mère.
« Il a dit qu'il te verrait… à une condition. »
« Dis-la ! »
Antonio ne voulait pas le dire. *Tousse* « Un th*ng… *****. » Il ne réussit qu'à marmonner.
« Quoi ? Parle plus fort ! »
Antonio déglutit. « Il a dit… que tu devais… porter un string. »
…
« Quoi ? » Ben demanda confirmation.
« Un string… Porte-en un si tu veux le rencontrer. »
« Ce type est un maître de la drague ou un violeur pervers ? »
… Antonio ne savait pas trop comment justifier ça non plus. « Écoute, il a dit qu'il devait tester le courage de chaque élève potentiel. Si t'as pas le courage de porter un string, alors t'as pas ce qu'il faut et ça serait une perte de temps de te rencontrer. C'est ce qu'il a dit. »
Ben serra les dents, prêt à jeter sa dignité aux toilettes. Et puis merde ! S'il échouait, on le mettrait dans un cercueil. Ils pourraient bien l'enterrer en string, il s'en foutait. Au moins, l'enterrement serait mémorable. « Fait chier !
Ok, je le porterai ! »
Les deux cousins se dirigèrent vers un grand magasin bon marché. Ben entra et fit une séance de shopping qui allait probablement nécessiter une vraie thérapie par la suite.
Une employée passa par là et vit Ben en train de fouiller dans le rayon des sous-vêtements féminins. « Il doit chercher un cadeau pour sa copine », pensa-t-elle en s'approchant pour lui proposer son aide. Après un pas, elle s'arrêta net. Elle regarda Ben en train de comparer plusieurs strings contre sa taille, essayant de deviner laquelle lui irait…
C'était clair maintenant. Le string était pour lui. Ben remarqua sa présence et leurs regards se croisèrent…
Une seconde plus tard, ils firent tous les deux demi-tour et partirent dans des directions opposées.
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