Chapitre 104
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Traducteur/éditeur : Chen
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◈ Ma petite amie est revenue sous la forme d’une dragonne ◈
Chapitre 104 : Des cornes m’ont poussé sur la tête
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« Des cornes ? »
À la vue des cornes immatérielles qui émergeaient de la tête de Minjun, Rokan fut stupéfait.
Voir des cornes pousser soudainement sur la tête de quelqu’un était déjà suffisamment choquant.
Mais ce n’était pas tout.
« Ces cornes… elles ne ressemblent pas à celles que j’ai vues autrefois ? »
Dans le passé, Rokan avait consulté des archives réservées au Seigneur des dragons et y avait vu des traces de cornes semblables à celles qui poussaient sur la tête de Minjun.
Voilà pourquoi il était si choqué.
« C’est inquiétant. »
Minjun savait-il que ces cornes étaient apparues ? Si oui, quand et comment avaient-elles poussé ?
Et comment avait-il pu terminer ce double donjon tout seul ?
Rokan avait mille questions à lui poser.
Mais, pour l’instant, il devait d’abord vérifier l’état de Minjun.
« Ça va ? »
« Je suis un peu… fatigué. »
Il avait les yeux mi-clos. Il n’aurait pas été étonnant qu’il s’effondre sur-le-champ.
« Tant mieux. »
À part son air épuisé, Minjun était en très bon état.
Surtout si l’on tenait compte du fait qu’il avait terminé seul un double donjon de rang S.
L’aura qui émanait de lui était quelque peu instable et son corps était couvert de petites blessures.
Elles guériraient néanmoins avec de la magie de guérison et une demi-journée de repos.
« Allons d’abord dans mon repaire. Je vais vous aider. »
Tout en aidant Minjun à marcher, Rokan tourna discrètement la tête pour examiner ses cornes.
Celles qui avaient surgi de la tête de Minjun quelques instants plus tôt s’effaçaient peu à peu.
Et lorsqu’ils sortirent de la Porte pour rejoindre le repaire de Rokan, il n’en restait plus la moindre trace, comme si elles n’avaient jamais existé.
* * *
Je crois que j’ai perdu le fil de mes souvenirs à un moment donné.
Je me rappelais très clairement avoir vaincu le monstre qui avait pris l’apparence de Sia et être sorti par la sortie.
Mais quand j’ouvris les yeux et regardai autour de moi, je me trouvais dans le repaire de Rokan.
J’étais allongé dans un lit moelleux, avec une bouteille de potion à côté.
Vu les circonstances, je m’étais sûrement évanoui après avoir trop utilisé mes pouvoirs, et Rokan m’avait amené ici.
« Combien de temps a passé, au juste… ? »
Je cherchais mon téléphone pour vérifier l’heure quand la porte s’ouvrit.
C’était Rokan.
« Tu es réveillé. Tu te sens bien ? »
« Je suis un peu raide… mais ça va. »
« Bien. Tant mieux. »
Rokan sortit une bouteille de potion de son espace de stockage et me la tendit. J’avais la gorge sèche ; dès que je la pris, je la bus d’une traite.
La potion aidant, mon esprit, encore un peu embrumé, s’éclaircit.
« Euh, Rokan. Vous avez vu mon téléphone ? »
« Il est là. »
Rokan prit mon téléphone dans le tiroir de la table de chevet. Dès que je le récupérai, je vérifiai l’heure.
Il était 17 h 05.
J’étais entré dans la Porte un peu après onze heures du matin. Seules six heures s’étaient donc écoulées.
C’est du moins ce que je crus, jusqu’à ce que je remarque que la date avait changé.
Autrement dit, près de trente heures s’étaient écoulées depuis mon entrée dans cette Porte de rang S.
Vu tout le temps que j’avais passé dans cette tour, j’aurais pu croire que moins de temps s’était écoulé que prévu.
Mais ce n’était pas le plus important.
Sia et moi devions aller voir mes parents aujourd’hui.
« Qu’est-ce que je vais faire… ? »
« Maintenant que tu le dis, c’était le jour où tu devais rencontrer tes parents avec Shasha. »
Sia et moi avions tous les deux attendu ce moment avec impatience.
Nous avions eu du mal à trouver une date, alors je ne pouvais m’empêcher de m’en vouloir d’avoir gâché nos plans.
« Shasha a prévenu tes parents et reporté la rencontre d’une semaine. »
J’avais de la chance que la rencontre n’ait été repoussée que d’une semaine, mais je n’arrivais pas à me débarrasser de mon malaise.
Quelque chose que nous attendions avec impatience avait été reporté sans prévenir.
Je songeais justement à contacter Sia quand…
« Shasha m’a demandé de la prévenir quand tu te réveillerais. Tu lui manques beaucoup. »
Rokan avait évoqué Sia au moment idéal.
À bien y réfléchir, cela faisait exactement une semaine que je ne l’avais pas vue. Je pouvais donc la retrouver sans problème.
Je demandai à Rokan de la prévenir, et il la contacta aussitôt.
À peine l’eut-il appelée que…
Sia apparut, comme si elle venait de se téléporter directement depuis son repaire. Elle accourut et m’enlaça aussitôt.
« Oppaaaa ! »
En entendant la voix de Sia et en voyant son visage, je sentis les larmes me monter aux yeux.
Le faux visage de Sia, qui m’avait tourmenté dans la Porte, me revint soudain à l’esprit.
La vraie Sia se tenait devant moi et m’appelait avec tant de tendresse. Peu à peu, ma tension retomba et, soulagé, je fondis en larmes.
En me voyant pleurer, Sia fut surprise et essuya mes larmes.
« Ça va, oppa. Tout va bien. »
« C’est vraiment toi, Sia. La vraie Sia… »
« Oui. C’est moi, oppa. »
Je serrai Sia dans mes bras plus longtemps que d’habitude.
D’ordinaire, c’était elle qui refusait de me lâcher, mais cette fois, les rôles étaient inversés.
Je la gardai longtemps contre moi avant de finir par la relâcher.
La tenir ainsi me donnait l’impression d’être enfin revenu dans mon monde.
Quand j’eus retrouvé mon calme, Sia s’assit près de moi et prit doucement ma main.
« Grand-père m’a raconté ce qui s’est passé. Mais il ne m’a pas dit ce qui s’était passé dans ce double donjon. »
« Tu peux nous raconter, maintenant ? »
Il faudrait bien que je leur en parle un jour ou l’autre.
Mais…
« … »
Je n’arrivais pas à parler.
C’était difficile d’en parler devant Sia, et le simple fait de me rappeler ces souvenirs me faisait mal.
« … Oppa ? »
Comme je ne répondais pas, Sia me regarda d’un air inquiet.
Son expression se confondit avec celle que m’avait adressée la fausse Sia dans le double donjon, et je fermai les yeux de toutes mes forces.
« Qu’est-ce que… Qu’est-ce qui s’est passé là-bas ? »
Je n’étais pas dans mon état normal et la main de Sia tremblait légèrement dans la mienne.
Rokan lui tapota le dos, puis me murmura doucement :
« Tu as besoin de temps, on dirait. Ne te force pas. Tu nous raconteras quand tu seras prêt. »
Rokan et Sia faisaient attention à moi parce que je me comportais différemment de d’habitude.
« Ouf. »
C’était vraiment difficile d’en parler, mais il faudrait bien que je le fasse tôt ou tard.
Je n’avais qu’à encaisser le choc maintenant ou plus tard.
Et puisque je devais de toute façon y faire face, autant le faire tout de suite.
« Ça va. Je vais vous raconter. »
Je commençai par les succubes.
Le visage de Sia s’assombrit à la mention des succubes, mais quand je lui expliquai que je n’avais pas succombé à leurs tentations et que j’avais passé cette épreuve, son expression tendue se détendit peu à peu.
Mais, peu après, son expression changea de nouveau.
On aurait dit qu’elle me demandait : « Alors, qu’est-ce qui t’a mis dans cet état ? »
Après avoir rapidement raconté la suite, j’allai droit au plus important.
« Rokan, qu’est-ce qu’il y avait au dernier étage ? »
« Un labyrinthe qui avait l’air plutôt pénible. Je n’avais pas le temps de le résoudre si je voulais te secourir, alors je l’ai traversé en force. »
« … »
Il avait traversé de force un labyrinthe conçu pour être résolu par la réflexion.
Le double donjon semblait tout de même changer de structure selon le challenger.
Plus j’y pensais, moins la structure de cette Porte avait de sens.
Est-ce que toutes les Portes de rang S et plus étaient comme ça ?
« … On dirait que la tienne était différente. »
Rokan comprit aussitôt mes pensées à ce bref silence.
« Oui. J’aurais préféré tomber sur un labyrinthe. »
Avec un soupir amer, je leur racontai ce qui s’était passé au dernier étage.
« Le monstre là-bas pouvait lire les souvenirs. »
Je leur expliquai comment il avait reproduit avec une précision saisissante ce qui s’était passé dans la Porte un an plus tôt, et comment il avait tenté de me briser psychologiquement en exploitant mon traumatisme.
Enfin, je leur racontai comment j’avais surmonté cette épreuve et terminé le donjon.
Tout en parlant, j’observai les réactions de Sia et de Rokan.
Sia n’arrêtait pas de s’agiter les doigts en m’écoutant, visiblement bouleversée. Rokan, lui, m’écoutait sérieusement sans laisser paraître la moindre émotion.
Quand mon long récit prit fin…
Sia me serra silencieusement dans ses bras.
Elle ne dit rien, mais je pouvais sentir tout l’amour qu’elle avait pour moi.
Quand notre longue étreinte prit fin, Rokan prit la parole.
« Merci. Et je suis désolé. »
« J’aurais dû choisir la Porte avec plus de prudence. »
Il avait prévu que des monstres comme Cerbère puissent apparaître, mais il n’avait pas envisagé qu’un double donjon aussi étrange puisse se former.
C’était ce que Rokan voulait dire.
Mais, bien sûr, je n’avais pas l’intention de lui en vouloir.
Les Portes étaient comme ça, après tout.
« Non. On n’a pas eu de chance, c’est tout. Vous ne l’avez pas fait exprès, Rokan. »
Au bout du compte, j’étais revenu vivant. C’était tout ce qui comptait, non ?
Je souris autant que possible pour rassurer Rokan, mais il semblait toujours inquiet.
« La prochaine fois qu’on entrera ensemble dans une Porte, je préparerai des contre-mesures. »
« Vous n’avez pas besoin de vous sentir aussi coupable. On ne peut rien contre une catastrophe naturelle. »
Les rôles s’étaient en quelque sorte inversés : c’était moi qui réconfortais Rokan.
« Oui, oui. »
Son inquiétude finit peut-être par s’apaiser, car Rokan esquissa enfin un léger sourire.
Puis il tendit la main dans le vide et ouvrit son espace de stockage.
« Maintenant que nous avons terminé la Porte, occupons-nous de ce qu’il reste à faire. »
Rokan commença à sortir des objets qui semblaient précieux au premier coup d’œil.
« Le butin. »
« Tout ça… ça vient de là-bas ? »
Tout avait été si chaotique que je ne me rappelais rien de ce qui s’était passé juste avant que je quitte la Porte.
Je me souvenais vaguement d’avoir rencontré Rokan près de la sortie et de lui avoir parlé, mais impossible de me rappeler notre conversation.
Naturellement, je ne me souvenais pas non plus de ce qui se trouvait près de la sortie.
« Oui. Tout ça se trouvait au sommet de la tour. J’ai tout ramassé en partant. »
Rokan disposa soigneusement les objets sortis de son espace de stockage.
Comme on pouvait s’y attendre d’un butin provenant d’une Porte de rang S, tous les objets semblaient précieux.
Il y avait des joyaux qui se vendraient certainement très cher, toutes sortes d’armes, dont des épées, des accessoires, des artefacts en or et bien d’autres choses encore.
Si je vendais tout ça, j’en tirerais probablement au moins quelques centaines de millions de wons.
Rokan prit quelques artefacts en or parmi les objets exposés.
Puis il déclara :
« Le reste est à toi. »
Il me céda tout le butin restant.
« Je peux vraiment tout accepter… ? »
Si l’on se basait uniquement sur notre contribution à la réussite de la Porte, Rokan aurait dû prendre au moins la moitié… non, plus des deux tiers.
Mais quand je le lui demandai prudemment, Rokan laissa échapper un petit rire amusé.
« Je n’y suis pas allé pour récupérer du butin. Ça me suffit. »
Rokan me remit généreusement le butin, et Sia s’accroupit pour l’examiner.
Je parcourus les objets avec elle, tout en jetant de temps à autre un coup d’œil à ses réactions. Ses yeux brillaient ; il y avait donc quelque chose qui lui plaisait.
« Si quelque chose te plaît, tu peux le prendre. »
« Mais non, ça va. Tu as gagné ce butin après avoir tant travaillé. »
Je lui avais dit qu’elle pouvait en choisir un, mais Sia agita la main en affirmant que ça allait.
« Comment peux-tu dire ça ? Tu m’as déjà tellement donné que je me demande sans arrêt comment te rendre la pareille. Alors, s’il y a quelque chose qui te plaît, choisis-le. Non, je t’en prie. »
« Si tu le prends comme ça, oppa… »
Après tout ce que je lui avais dit, Sia fit mine de n’avoir pas le choix et prit un bâton serti d’une petite pierre précieuse ainsi qu’un bracelet.
À voir son sourire jusqu’aux oreilles, elle devait les convoiter depuis le moment où elle les avait aperçus.
Elle était tellement mignonne.
Tandis que Sia et moi étions assis devant le butin à échanger quelques mots tendres, Rokan vint tranquillement s’asseoir en face de moi.
« Minjun. J’aimerais te poser une question. »
« Oui ? »
« Quand tu es sorti après avoir terminé le double donjon, j’ai vu des cornes pousser sur ta tête. Tu sais comment elles sont apparues ? »
« Des cornes ? »
Surpris, je palpai ma tête.
Mais je ne sentis rien, et encore moins des cornes.
« Des cornes m’avaient poussé sur la tête… ? »
Je n’avais aucune idée de ce que ces cornes pouvaient bien signifier.
Mais…
« Il s’est bien passé quelque chose d’étrange. »
Quand ce monstre avait essayé de me tromper, n’avais-je pas entendu une voix inconnue résonner en moi ?
« C’était étrange, comme si j’étais dans le corps de quelqu’un d’autre plutôt que dans le mien. »
J’avais ressenti cette étrangeté, mais je ne me rappelais pas avoir senti des cornes pousser sur ma tête.
« … Tu ne t’en souviens pas ? »
Quand je répondis avec incertitude, Rokan eut l’air profondément décontenancé.
Il n’avait pas pu se tromper ni plaisanter.
Ça voulait dire que des cornes m’avaient vraiment poussé sur la tête.
« Ce serait possible… ? »
J’ouvris ma fenêtre de statut, saisi par une intuition.
« Qu’est-ce que c’est encore que ça… ? »
Une compétence que je n’avais jamais vue auparavant attira mon attention.
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