Chapitre 282
[Castrology].
Une boutique de tirage de cartes à l’allure plutôt sophistiquée.
« Je m’apprête à sortir un album et j’ai du mal à choisir le morceau phare. »
Je vis Benjamin, qui était entré en client.
C’était bien Benjamin.
Le chanteur qui guérissait les cœurs. Un professionnel qui savait mêler sa magie à sa voix avec douceur.
C’était déjà une véritable star avant même ma régression. J’écoutais moi aussi souvent ses chansons.
« … »
Le turban enfoncé sur la tête, je promenai mon regard entre Benjamin et son manager.
Franchement, c’était fascinant. L’industrie du divertissement m’avait toujours paru un monde lointain, à l’époque comme aujourd’hui.
« …Vous voulez que je vous les fasse écouter ? »
Benjamin sortit son CD en posant la question.
« Inutile. »
Je tendis la main pour l’arrêter.
Ce serait bien plus mystique de deviner sans écouter les chansons.
« Un morceau phare, donc… Vous voulez que je choisisse le titre le plus brillant de l’album ? »
« Ah, oui. Ça ne vous dérange pas de ne pas les écouter ? Voici la liste des morceaux de mon album. »
Benjamin me tendit un petit bout de papier. Je parcourus la liste des titres.
Onze chansons en tout.
Plus de la moitié ne m’étaient pas familières, mais deux d’entre elles étaient assurément célèbres.
« Alors, comment se passe le tirage de cartes ? »
« Sssss… »
« Bon sang, vous m’avez fait peur. »
Je produisis un drôle de son avec ma bouche et tirai une carte de nulle part. Elle était rouge.
Le « Tirage de carte » de Bethune.
« Ouah. »
Benjamin et son manager tressaillirent de surprise.
Je fis nonchalamment tournoyer la carte, puis, d’un claquement de doigts, la transformai en fumée. Benjamin eut un petit rire.
« Quoi, c’est de la magie ? »
« Celle-ci. »
Je désignai l’une des chansons. Benjamin ouvrit de grands yeux.
« Brahms… »
Son manager aussi avait l’air plutôt surpris.
Bien sûr, le titre phare que Benjamin et sa maison de disques avaient envisagé devait être « Brahms ».
En réalité, c’était bien cette chanson qui était sortie comme morceau phare.
« Alors, mage, vous dites de faire de “Brahms” le morceau phare ? »
« Écartez-le. »
« …Pardon ? »
Benjamin me regarda, déconcerté.
« L’écarter ? »
« Cette chanson porte malheur. »
Malheur.
« Brahms » susciterait un engouement explosif pendant une semaine, avant de se retrouver au cœur d’une controverse pour plagiat. Et il s’agirait bel et bien d’un plagiat avéré.
« Des âmes différentes y sont enfermées. »
« Qu’est-ce que ça veut dire… ? »
Flop.
Je tirai une autre carte. Elle était bleue.
Cette fois, je désignai un autre morceau.
« Celui-là. »
« …“Yesterday” ? »
« Yesterday ». Sa mélodie semblait plus simple et monotone que celle de « Brahms », mais c’était justement pour cette raison qu’elle deviendrait un succès continental.
« Pourtant, on dirait que vous comptez l’écarter. »
Mais « Yesterday » ne figurait pas dans l’album actuel.
C’était la chanson que Benjamin avait sortie après l’échec cuisant de « Brahms ». Il l’avait gardée sous le coude, aussi discret qu’une souris morte, avant de la faire paraître tout à coup.
« … »
Benjamin se tourna rapidement vers son manager, l’air soupçonneux, comme s’il lui demandait : « Tu lui as dit ? » Celui-ci secoua vivement la tête.
Benjamin prit la parole.
« Oui. Elle est trop calme et ne correspond pas vraiment au concept de l’album… Nous pensons la retirer. »
« Gardez-la. Elle commencera peut-être sans faire de bruit, mais elle finira sans aucun doute par rayonner. »
Mon assurance laissa Benjamin désemparé.
…
Sur le chemin du retour vers la maison de disques, dans la Mercedes de luxe, Benjamin se gratta la nuque.
« Il a des pouvoirs psychiques, ou quoi ? Comment a-t-il su qu’on comptait retirer “Yesterday” ? Tu ne lui en as vraiment pas parlé ? »
« Absolument pas. C’est Benjamin qui a trouvé l’endroit, après tout. »
« C’est vrai. »
Personne n’était au courant, et c’était une boutique de voyance où il était tombé par hasard en discutant avec un influenceur félin.
« Ne t’en fais pas trop. On y est allés pour s’amuser. De toute façon, à la maison, la plupart des gens préfèrent “Brahms”. »
« Ouais. Maintenant, je me sens encore plus mal à l’aise d’y être allé. »
Benjamin claqua la langue, agacé.
« Qu’est-ce qu’il voulait dire par “des âmes différentes y sont enfermées” ? »
Des âmes différentes. Des âmes différentes.
Il se repassa les paroles du voyant dans la tête, quand une idée lui traversa soudain l’esprit.
Les compositeurs employaient parfois le mot « âme » pour parler de leur travail. L’âme du compositeur imprégnait son œuvre, quelque chose comme ça.
Alors, l’expression « des âmes différentes y sont enfermées » pouvait signifier…
« Ce serait du plagiat ? »
« Du plagiat ? »
« Oui. Le compositeur de “Brahms”, c’est Velot, non ? »
« Oui. »
Un compositeur célèbre.
C’était pour ça qu’ils n’avaient pas vérifié s’il y avait plagiat, autrement dit s’ils avaient cherché des compositions existantes qui lui ressemblaient.
« Vérifions quand même, au cas où. Voyons s’il existe des chansons similaires. Et… »
Bien sûr, un voyant n’était qu’un voyant. Même si la magie faisait d’immenses progrès, prédire l’avenir d’une personne restait impossible.
Alors, le croire ou non était une question de choix, mais…
« Ne retirons pas “Yesterday”. »
Le président et les producteurs voulaient écarter cette composition de Benjamin pour préserver la cohérence de l’album.
Ajouter ou retirer une chanson ne changerait pas tout l’album.
« Alors, qu’est-ce que tu en as pensé ? »
Pendant ce temps, dans un cinéma réputé de la capitale d’Edsilla…
Riley, qui avait fini son pop-corn et son soda, les posa sur l’étagère à déchets et lui posa la question. À côté d’elle, le docteur Killian eut un mince sourire.
« Ah, c’était divertissant. »
« Il y avait des erreurs historiques ? »
Riley s’enquit de l’exactitude du film. Après tout, c’était un film d’espionnage mêlant magie et science.
Killian se gratta la joue.
« Peut-être… Pour être honnête, je ne pense pas vraiment à ce genre de choses. Ça gâche l’immersion. »
« Ah bon ? »
« Oui. Mais si je devais relever quelque chose, la conception du circuit de transmission magique était tirée par les cheveux. Un circuit qui transmettrait la magie sans aucune perte, c’est impossible. Et puis, le processus de calcul de ce coefficient… »
Bien qu’il prétendît ne pas s’attarder sur ce genre de détails, il se lança dans un monologue de près de trois mille caractères.
Riley resta abasourdie par son discours.
« …Ah, je vois. Bien sûr. J’ai eu des réflexions similaires. »
« Oui, exactement. C’est toujours agréable de discuter avec quelqu’un comme vous, Riley. »
Il suffisait que Riley soit un tant soit peu d’accord avec lui pour que Killian s’en réjouisse.
Quel homme facile à contenter.
Ou alors, c’est moi qui lui facilite la tâche ?
Alors que Riley se félicitait sans raison, histoire de flatter son amour-propre…
« …Hein ? »
Elle croisa quelqu’un dans la rue.
Un homme blond aux yeux dorés. Un Chaser prometteur de l’Agence du renseignement.
La rumeur voulait qu’il soit en tête des candidats au poste d’équilibreur.
« Monsieur Shion ? »
Shion Ascal hocha la tête en direction de Riley, puis de Killian.
Riley eut un rire gêné.
« Quelle coïncidence, hein ? »
« Oui. Enchanté. Vous devez être le docteur Killian, je présume ? »
« Oh, vous le connaissez ? »
« Bien sûr. Il travaille dans le secteur crucial de l’intelligence artificielle. »
Shion tendit la main à Killian, qui la lui serra.
« Vous êtes en rendez-vous ? »
À la question de Shion, Riley afficha un sourire étrange.
« Euh… C’est mon invité. J’essaie d’apprendre à le connaître. »
Shion dévisagea Killian, étudiant son visage comme s’il cherchait à le disséquer.
« Ne le scrutez pas trop. C’est un atout précieux. »
« …Oui, je le sais. Sur ce, je vous laisse. »
Shion tourna les talons d’un air détaché. Killian le regarda s’éloigner, puis demanda :
« Ce monsieur est un Chaser ? »
« Oui. C’est un Chaser. »
Riley poursuivit à voix basse :
« Pour Libra, c’est la personne la plus fiable… »
Les exploits et les capacités de Shion Ascal étaient éblouissants. Son dévouement absolu à Libra était connu non seulement dans le Jardin aérien et parmi les descendants directs, mais aussi des anciens.
« Mais s’il était dans le camp adverse… »
Riley regarda Killian.
« Ce serait probablement un désastre. »
Shion Ascal était aussi une personne d’intérêt pour Vancheon. Riley, espionne de Vancheon, s’appliquait à transmettre des informations afin d’éviter que les chemins de Vancheon et de Shion Ascal ne se croisent, dans l’espoir de limiter les affrontements.
Son obsession, sa loyauté presque fanatique, feraient de lui un adversaire redoutable pour Vancheon.
« …Je vois. »
Killian marmonna d’un ton un peu amer. Ils continuèrent à discuter en marchant et finirent par arriver au parking.
« Ne vous inquiétez pas. Comme je l’ai dit, si vous êtes du côté de Libra, personne n’est plus fiable que lui. »
Riley appuya fermement sur sa clé de voiture. Bip-bip ! Elle s’installa au volant de sa voiture de luxe tape-à-l’œil.
« Montez. Je vous dépose. »
…
Résidence universitaire de l’Université nationale d’Edsilla
« Tu as bien travaillé. »
Je félicitai Grawl en le caressant à son retour.
— Oh, ce n’est pas difficile du tout. C’est amusant de faire semblant d’être humain.
À l’instant, Grawl s’était infiltré dans la poupée d’Akane et avait fait semblant d’être Killian. Il avait été très convaincant.
« …Faire semblant d’être humain ? »
— Oui.
Grawl, le chat noir, bâilla, s’étira et agita la queue. Je lui dis :
« Toi aussi, tu es humain. »
…Vraiment ?
Grawl ouvrit de grands yeux, stupéfait.
« Pour moi, être humain, ce n’est pas grand-chose. Il suffit de communiquer normalement en société et d’y mener une vie sociale. »
Grawl. Pour l’instant, c’était un chat, mais sur les réseaux sociaux et sur Internet, c’était un influenceur plutôt célèbre, parfois un philanthrope qui versait ses revenus à des œuvres caritatives et, surtout, un brave type.
« Tu communiques bien avec moi. Tu sais te débrouiller en société. Tu ne causes pas de problèmes. Et tu es gentil. »
Grawl se lécha les babines avec satisfaction, puis ajouta :
— Et mignon ?
« …Bref. C’est suffisant pour être considéré comme humain. »
Dans le passé, Grawl était devenu un monstre.
Sans doute à cause de son identité. De la confusion née de ce qu’il se trouvait entre le monstre et l’humain, au cœur même de son existence.
« Cette fois, c’est moi qui vais mourir. »
Je resterai à ses côtés. Pas dans une relation de maître à serviteur où l’un donne des ordres et l’autre obéit, mais simplement comme un ami.
— Oui !
« …Alors, voilà. »
Je posai la main sur le dos de Grawl.
« Même si je meurs, toi, essaie de vivre. »
…
Le visage de Grawl se durcit un instant.
« Commençons dès maintenant à préparer ton indépendance. Tu connais mon état. »
Grawl plissa les yeux et gronda doucement.
— Tu as dit qu’il te restait encore huit ans.
« Encore. »
— Ne parle pas de choses aussi lointaines. Concentre-toi sur le présent. Qui sait ? On inventera peut-être une technologie extraordinaire.
« …C’est vrai. »
Je laissai échapper un petit rire.
« Peut-être. Alors, essayons de vivre jusqu’à cinquante ans pile. Mais il faut que tu deviennes indépendant avant ça, quoi qu’il arrive. »
— Pourquoi ?
« Moi aussi, j’ai envie de profiter un peu de la vie. N’être qu’un seul corps, c’est gênant. »
Partager la vue, communiquer par télépathie… Je pouvais bloquer tout ça quand je le voulais, mais malgré tout, n’être qu’un seul corps avait ses inconvénients.
…Qu’est-ce que tu comptes faire ? Tu as trouvé une petite amie ? C’est la rousse, la blonde ou la fille aux cheveux bleus ?
Grawl me posa la question d’un ton soupçonneux.
« La ferme. »
— Aïe !
Je lui tapotai le bout du nez du doigt.
Drring-drring…
À cet instant, mon téléphone Libra sonna. C’était Zia.
Hum. Hum.
Je me raclai la gorge d’une fausse toux avant de répondre.
« Allô ? »
…Oui. Shion.
« Oui. Qu’est-ce qu’il y a ? »
— Le rassemblement annuel de Libra… approche.
« Ah, c’est vrai. »
Le rassemblement annuel de Libra.
Une fois
C’est un
— Pour
par an, les membres de la famille Libra se réunissaient. Pas seulement les descendants directs, mais aussi les anciens. C’était un événement très important, auquel les descendants directs étaient obligés d’assister.
ma protection… je t’ai choisi.
Ce jour-là, seuls les membres de la famille Libra étaient admis, mais les descendants directs pouvaient choisir un garde du corps.
— Ça te convient… ?
« Bien sûr, c’est un honneur. Lady Johanna sera donc présente aussi. »
— Oui… Elle va sûrement me tourmenter… Elle le fait toujours pendant les rassemblements annuels… Ça me stresse.
« Te tourmenter, tu dis… »
Une bonne idée me vint soudain à l’esprit.
Un plan pour empêcher Johanna de tourmenter Zia et, pour moi, l’occasion de progresser un peu.
« Laisse-moi faire. Je veillerai à ce que Lady Johanna ne puisse pas t’embêter. »
Autrement dit, le plan consistait à monter une opération des plus classiques.
Le Jardin aérien de Libra.
Johanna avait été très occupée ces derniers temps. Le casino royal, les grands magasins, l’espace magique, les projets de ville nouvelle, et ainsi de suite… Elle s’occupait personnellement de tout.
À peine sortie de l’hôpital, elle s’était jetée dans une frénésie de travail, comme si quelque chose avait éveillé son intérêt.
« Vous avez encore très bien travaillé pendant la réunion d’aujourd’hui. »
La construction de la ville nouvelle d’Edsilla. C’était le projet dans lequel Johanna s’était investie ces derniers temps.
Les riches voulaient un endroit où vivre comme des riches ; elle créait donc un quartier résidentiel parfait, qu’elle comptait leur proposer, avec des grands magasins, des hôtels, des piscines, des terrains de golf et des complexes de villégiature.
Elle y investissait tout l’argent qu’elle avait amassé.
« Quel est le prochain rendez-vous ? »
Johanna posa la question à Victor.
« Le Jardin aérien. »
« …Le Jardin aérien ? »
« Oui. Le rassemblement familial a lieu le lendemain. »
« Bon sang. »
Johanna se mordit la lèvre.
Le rassemblement familial, le rendez-vous qu’elle détestait le plus. Retrouver Jade, Derek, Zia et les autres était déjà assez merdique, mais devoir rencontrer les anciens était dix-huit fois pire.
« C’est déjà le jour ? »
« Oui. Nous partons immédiatement. »
« … »
Johanna s’affaissa en silence dans son fauteuil et pressa ses tempes douloureuses.
Tousse…
Soudain, une toux sèche résonna à ses oreilles.
Ploc, ploc…
Elle vit des gouttes de sang tomber sur le sol sablonneux.
Ce n’était pas une simple toux sanglante. Un morceau qui ressemblait à un caillot était sorti de sa bouche.
Depuis, Johanna n’arrivait pas à chasser cette scène de ses pensées.
Elle la hantait.
Qu’elle ait vu quelqu’un mourir, découvert un cadavre ou même tué quelqu’un de ses propres mains…
Jamais elle ne s’était sentie aussi irritée.
De quelle blessure souffrait Shion Ascal ?
Et pourquoi travaillait-il tous les jours sans jamais prendre un seul jour de congé ?
Elle n’arrivait pas à s’en empêcher d’y penser.
C’était agaçant.
Elle avait mis fin à sa fausse hospitalisation, mais elle allait peut-être devoir se faire hospitaliser pour de vrai, maintenant.
« …J’étouffe. »
Ce professeur avait raison.
Elle devait prendre ses distances avec ce salaud de Shion Ascal.
Se rapprocher de lui, rester près de lui, ça ne lui apportait rien de bon.
La meilleure solution, c’était de s’éloigner de lui…
« Nous sommes arrivés. »
« Allons-y. »
Entre-temps, ils étaient arrivés au Jardin aérien.
Johanna prit l’ascenseur réservé aux descendants directs et entra dans le manoir de la section zéro.
« Vous voilà arrivée. »
Les domestiques la saluèrent.
« Les autres ? »
Elle s’enquit de la présence des autres descendants directs.
« Seigneur Jade est dans le jardin, et Seigneur Derek est occupé dans son bureau. »
« Il y en a une autre. »
« Lady Zia est dans sa chambre. »
Zia était dans sa chambre.
Johanna entra dans le manoir. Ses pas étaient lourds et déterminés : toc, toc, toc.
« Où est-elle ? »
Elle avait l’habitude de tourmenter Zia à chaque rassemblement annuel. Bien sûr, elle comptait recommencer aujourd’hui.
Zia était le punching-ball idéal pour évacuer son stress.
[Zia]
« Hé ! »
Devant la chambre de Zia, elle ouvrit la porte à la volée comme elle en avait l’habitude.
« … »
Johanna s’arrêta net. Toutes ses pensées s’évanouirent.
Zia n’était pas là.
À sa place se tenait Shion Ascal.
Mais il était à moitié nu.
Autrement dit, il avait retiré sa chemise.
« … »
Sans s’en rendre compte, Johanna le détailla de la tête aux pieds.
Son corps était ferme, merveilleusement sculpté. Pas un gramme de graisse en trop, pas la moindre trace de superflu.
Mais sa poitrine était marquée de cicatrices. Plusieurs blessures par balle y avaient laissé leur empreinte.
— Boum.
Soudain, son cœur se mit à battre violemment. Les battements étaient si forts qu’ils lui faisaient mal.
Johanna déglutit. Pour cacher son trouble, elle attrapa quelque chose qui ressemblait à une arme.
« Qu’est-ce que vous faites ici ? »
Shion Ascal s’inclina poliment.
« Je vous prie de m’excuser. J’étais en train de me changer pour enfiler ma tenue de garde du corps. »
« Pourquoi vous changez-vous dans la chambre de Zia… »
La réponse lui vint soudain.
Ce salaud devait être le garde du corps de Zia.
« La jeune maîtresse m’a demandé de me changer ici. »
« Je vois. »
Johanna ressortit précipitamment et claqua la porte.
« Non… »
Dans un état second, elle s’adossa au mur et vérifia son état.
« … »
Son corps était brûlant, la sueur lui coulait dessus, son cœur battait à tout rompre, et l’image de Shion, à l’instant, s’était gravée dans sa rétine comme un tableau.
Sa silhouette était parfaitement sculptée.
« Bon sang. »
Johanna, le visage crispé de frustration, regarda ce qu’elle avait attrapé sans même s’en rendre compte. C’était une trousse.
« Pourquoi… »
Elle passa ses doigts dans ses cheveux en bataille. Ils étaient humides de sueur. Une chaleur étrange envahissait tout son corps.
Johanna se hâta de s’éloigner.
Elle voulait rafraîchir son corps soudain en surchauffe, fuir cet endroit au plus vite…