Chapitre 138
Deuxième trimestre (1)
« Je suis fan── »
Dans la Ville des Tours, une villa de Hilton surplombait le célèbre paysage naturel de la plage « Hélios ».
En fait, ce n’était pas la mer, mais un aquarium ? Un bassin à poissons ? La famille Hilton en assurait l’entretien, mais Layla y imitait quand même la voix de quelqu’un.
« « Mila, vous êtes formidable. Je vous admire. Héhéhé. Oui. Respect── » »
Elle marmonna d’une voix aussi basse que possible, puis avala une grande gorgée de bière.
« Il m’a vraiment dit ça, hein ? Hmm. »
─ Félicitations. On dirait que le monde commence enfin à vous reconnaître.
Berrie, sa secrétaire artificielle, lui répondit. Layla était étalée sur le lit. (Jusqu’ici, ce personnage était traduit par Eri. L’auteur a donné deux noms différents à cette IA : 에리 et 벨리. Eri était son nom officiel, et Berrie celui que Layla lui donnait. Maintenant, Berrie semble être son nom officiel. Cela pourrait encore changer à l’avenir, gardez-le à l’esprit.)
« Pas vrai ? Je n’arrête pas de tout démolir ces derniers temps, alors je commençais à m’inquiéter… mais il y a des gens qui me reconnaissent, quand même~ »
Elle portait haut l’héritage de son père, héros et apôtre de la justice, mais son statut restait tout de même ambigu. Les dégâts matériels causés par les démolitions effectuées pour sauver des gens étaient considérables.
Jusqu’ici, le schéma était toujours le même : réduire le nombre de victimes au prix de dégâts matériels.
Du coup, les médias capitalistes de la Ville des Tours la détestaient cordialement. Ils allaient même jusqu’à prétendre qu’elle n’était pas une héroïne, mais un monstre.
Mais valait-il mieux que des gens meurent ou que de l’argent disparaisse ?
Layla n’avait aucun regret.
Parce qu’elle avait sauvé mille personnes au prix de cent millions de Ren.
« Mais j’ai tellement mal partout. Et mon costume est un peu déchiré. »
─ L’adversaire était excessivement puissant, mais je pense qu’une amélioration s’impose.
« C’était un Brute ? »
─ Oui.
Un Brute aveugle. Selon l’échelle de niveaux qui indique le degré de danger d’un monstre, il était carrément de rang dix.
« Ce n’était pas le vrai, si ? »
─ Exact. C’était un clone.
Le « Spectre » du Brute était particulièrement retors. Il pouvait diviser son corps en autant de morceaux qu’il le voulait et les envoyer aux quatre coins du monde. C’est pourquoi les gens du milieu, qui connaissaient bien le Brute, l’appelaient parfois le « travailleur à temps partiel ».
« Quelle était sa puissance ? »
─ On estime que le clone était à 25 %.
« Waouh… et je me suis fait battre alors qu’il n’était qu’à 25 %. »
Layla eut un petit coup de mou.
Quoi qu’il en soit, les recherches progressaient régulièrement. Le tissu de son costume allait pouvoir évoluer sans limite grâce à de meilleurs matériaux, de meilleurs enchantements et des pierres de mana plus puissantes pour l’alimenter.
« Oh, j’espère que la mine de pierres de mana de Kain va bientôt ouvrir~ »
Ding !
À cet instant, son smartphone sonna. Layla y jeta un coup d’œil. Ses yeux s’écarquillèrent.
[À votre service : je vais vous guider pour vos devoirs.]
C’était [À votre service], qu’elle attendait depuis tout ce temps !
« Waouh, enfin !!! »
Elle se leva d’un bond et se précipita vers la chaise.
« Je croyais que tu avais vraiment laissé tomber ! »
Layla n’avait pas fait un seul devoir de vacances.
Bien sûr, il n’y avait pas de devoirs au College Board, mais la famille Hilton en donnait. Ces vieux casse-pieds n’arrêtaient pas de lui en assigner.
─ Oui. Bon. Je vais me mettre au travail.
« Oui ! Bon travail, Berrie ! Merci, comme toujours ! »
La lueur du corps organique de Berrie, qui brillait dans l’aquarium, s’éteignit.
C’était une intelligence magique artificielle. Toutefois, contrairement aux IA des films, elle ne pouvait pas effectuer des calculs ultra-rapides à l’infini. Ce n’était pas un ordinateur, mais plutôt une personne très intelligente.
Le cœur des opérations de la famille Hilton, c’était elle : « Berrie ». Un héritage laissé par son père, que Layla avait achevé.
Enfin bref.
Layla ouvrit son carnet.
[À votre service : 1. Rédaction littéraire en Latinel.]
[À votre service : 2. Article sur la tendance actuelle des prix des pierres de mana.]
[À votre service : 3. Réflexions sur les précédentes élections sénatoriales de la Ville des Tours.]
[À votre service : 4. Enjeux des élections d’Edsilla…….]
[À votre service] fournissait chaque devoir demandé, parfaitement exécuté et adapté à son niveau.
« Bien, bien. C’est parfait…… »
Layla recopia tout avec entrain.
* * *
Veille de l’assemblée provisoire du College Board.
─ Je pense qu’on devrait installer notre base ici~
Un coin sauvage à la périphérie de la capitale d’Edsilla, une région montagneuse où l’on ne voyait que des arbres et de l’herbe à perte de vue.
« D’accord. »
Si j’avais choisi cet endroit, c’était tout simplement parce que Grawl le voulait.
Étonnamment, le radar du « Chasseur de trésors » s’était lui aussi déclenché.
Je ne savais pas encore pourquoi.
« Alors, trois cents mètres carrés, d’ici à là, ça suffira ? »
─ Si ça ne suffit pas, on pourra toujours agrandir sous terre.
« Donc, il suffit que j’achète le terrain ? »
─ Bien sûr~ Je suis le terrain~ Laisse-moi m’occuper de la construction~ Par contre, il me faut des matériaux et du carburant~ Des pierres de mana.
Je hochai la tête.
« Compris. Mais tu as réfléchi à ce qu’est mon ancien mana ? »
La magie de R-elix. J’avais utilisé par accident le pouvoir magique ancien qui m’avait été implanté, mais j’ignorais toujours ce que c’était.
─ Oui. Si je ne me trompe pas, l’ancien mana est lié au « Chasseur de trésors », non ?
« Exact. »
L’ancien mana était greffé à la racine de « R-elix : Chasseur de trésors ».
─ Alors, je pense qu’il s’agit de « Trésorisation ».
« Trésorisation ? »
─ Oui. Essaie de recréer cette chaîne, mais avec ton mana d’origine, pas avec l’ancien mana. Rappelle-toi la formule.
« Quoi…… »
Je fermai les yeux. La chaîne qui avait entravé le Brute pendant dix longues secondes. Une formule de niveau quatre reliant quatre formules magiques.
Je me remémorai la scène et la déployai.
Cling—.
Une chaîne jaillit de nulle part.
Elle était moins solide qu’avant.
Elle ne semblait pas « réelle ». Elle avait toujours cette fluidité caractéristique du mana. Bien sûr, même ainsi, ma magie l’avait améliorée.
« Ce n’est pas comme quand j’ai combattu le Brute. »
Après tout, un sort ordinaire de niveau quatre ne pouvait pas entraver le Brute.
─ Oui. Maintenant, essaie d’activer le R-elix.
Je fis ce qu’il disait et posai la main sur mon avant-bras droit. J’activai le mana.
Cling— !
L’ancien mana se manifesta naturellement sous la forme d’une chaîne d’un blanc pur.
Elle était parfaitement réelle.
En la touchant, je la sentais plus distinctement. Elle ne ressemblait pas à du mana. On aurait dit une véritable chaîne physique.
─ Cet ancien mana semble « trésoriser » la formule quand on active une formule qui sert d’outil. La chaîne, un sort ayant la forme d’un outil, a donc atteint des performances dignes d’un trésor.
« Hmm…… »
« Je ne crois pas que l’ancien mana ait été comme ça au départ. Il s’est plutôt adapté après avoir été relié à ton R-elix, le « Chasseur de trésors ». »
Ça pouvait s’avérer très utile.
Bien sûr, façonner un « outil » avec un sort était difficile, et avec nos deux pouvoirs réunis, une chaîne était tout ce qu’on pouvait faire. Mais même cette chaîne avait une grande valeur.
« Cet ancien mana continue de croître ? »
« Oui. Son volume augmente peu à peu. Pour l’instant, il équivaut à celui de 2,2 hommes adultes, environ ? »
« D’accord. »
Je caressai doucement la tête de Grawl.
« Beau travail. On achètera le terrain juste après mon passage à l’hôpital. »
C’était aujourd’hui que je devais recevoir un traitement au quark de mana du professeur Yu Hains.
« Oui~ »
Grawl, qui venait de répondre, détourna discrètement la tête. Puis, la main devant la bouche, il pouffa.
Il avait l’air un peu malicieux, mais, à cet instant, il était simplement adorable.
* * *
Le jour de l’assemblée provisoire du College Board.
[Prochain arrêt : terminus « Amanta », terminus « Amanta ».]
Je descendis à la gare.
Elle s’appelait « Amanta ». Dès que je sortis, le vent frais des hautes terres d’Edsilla m’accueillit.
D’ordinaire, c’était une région rurale où l’on ne croisait presque personne, à part des aventuriers, mais aujourd’hui, elle était bondée.
« Waouh, ça faisait longtemps. Comment allez-vous ? »
« On organise le deuxième trimestre ici. »
« On va à Planarium, c’est ça ? C’est ouvert ? Ce n’était pas une zone interdite, à l’origine ? »
Environ un millier de terminales participant au deuxième trimestre, leurs familles, les représentants de diverses entreprises et familles, des recruteurs, des journalistes, des reporters… Au total, quatre à cinq mille personnes s’étaient rassemblées.
Kain et Asher étaient bien sûr parmi eux. Ça me faisait étonnamment plaisir de les voir.
« Hé ! »
Je leur fis signe. Kain fronça légèrement les sourcils, mais leva la main à son tour, tandis qu’Asher eut un rire forcé.
« Oh, Shion. Ravi de te voir. Oups— »
Bientôt, la foule nous emporta. L’arrivée du deuxième train déversa d’un coup encore plus de monde.
Nous fûmes pratiquement poussés hors de la gare par cette vague humaine.
« … Le paysage est joli. »
À l’extérieur de la gare animée s’étendait une nature paisible.
Le panorama était dégagé : aucun bâtiment ne dépassait trois étages. Le paysage ressemblait surtout à un ranch ; au loin, une chaîne de montagnes s’élevait jusqu’au ciel. À son extrémité s’étendait un plateau enveloppé de nuages.
Le lieu où se déroulerait le deuxième trimestre du College Board : l’Académie Planarium, à 2 700 mètres d’altitude.
Autrement dit, il fallait maintenant gravir la montagne.
« … Ah. »
Je détestais grimper.
Je me mis tout de même en route. La foule de terminales qui gravissait la montagne offrait un spectacle saisissant.
Bien sûr, ce n’était pas une ascension ordinaire. Certains chevauchaient des bêtes sauvages ; d’autres étaient assis sur les épaules des golems qu’ils avaient créés.
J’étais jaloux.
Ça devait être tellement confortable.
Vroum—
Elise aussi avait lancé une planche volante propulsée par télékinésie. Elle dépassa les autres à toute allure.
Cette fille, malgré ses origines nobles d’Edsilla, n’hésitait pas à adopter la culture hip.
Je gravis la montagne à pied.
Pour info, le deuxième trimestre du College Board était un « camp » traditionnel. Il s’agissait de réunir en un seul endroit tous les terminales ayant survécu au premier trimestre.
Le lieu changeait chaque année, mais l’Académie Planarium était assez particulière. On ne pouvait s’y rendre qu’avec l’autorisation de l’Association magique.
Vroum—
Soudain, la planche volante d’Elise passa près de moi. Elle avançait tranquillement.
« … ? »
Qu’est-ce qui se passait ?
Je croyais qu’elle venait de me dépasser à toute allure.
Je m’étais trompé ?
Je poursuivis mon ascension sur le sentier.
À mesure que l’altitude augmentait, la densité du mana montait elle aussi. Ma respiration était un peu difficile, mais ça restait supportable.
Vroum—
La planche volante d’Elise passa encore près de moi, plus lentement que tout à l’heure.
Une impression de déjà-vu. Pourquoi continuait-elle à me dépasser puis à réapparaître ?
Perplexe, je me concentrai sur la montée. Je buvais une bouteille d’eau quand ça se reproduisit.
Vroum—
La planche volante d’Elise passa une nouvelle fois près de moi, cette fois en rampant presque.
Ce n’était ni une impression de déjà-vu ni une erreur.
« Mais qu’est-ce que… »
Je marmonnai dans ma barbe, et elle s’arrêta aussitôt. Elle se retourna comme si elle m’avait attendu, pencha la tête et rejeta ses cheveux en arrière.
« Tu m’as appelé ? »
« … Non. »
« Si. Tu as dit “hé”. » (뭐야 signifie essentiellement « quoi », mais l’expression « mais qu’est-ce que… » rend la phrase plus naturelle et montre qu’il marmonnait pour lui-même. 야, qui constitue la fin de 뭐야, signifie « hé ». Elle n’a entendu que la fin de son marmonnement.)
« Non…… Tu ne m’as pas dépassé trois fois ? »
« Tu as dû rêver. »
Elle gloussa d’un air détaché, ralentit sa planche volante et je gardai un pas régulier. Bientôt, nous marchions côte à côte.
Elise prit la parole.
« La densité du mana est élevée. On peut facilement voir des choses. »
Je n’étais pas totalement convaincu, mais je n’avais aucune raison de croire qu’elle faisait exprès de tourner autour de moi.
Elise jeta un coup d’œil à mes pieds.
« Tu veux que je te dépose ? »
« Non. »
« Si tu ne veux pas monter avec moi, je peux te prêter ma planche. »
Je lui fis signe de laisser tomber. À cette altitude, la forte densité de mana et le manque d’oxygène rendaient même la conversation difficile.
« Vas-y. »
« … »
Elise fit la moue. Sans rien ajouter, elle arracha quelques brins d’herbe à ses cheveux et me les lança avant de s’envoler.
Quel caractère.
──Bref.
Dix minutes plus tard.
« … J’aurais dû accepter. »
Je regrettai aussitôt ma décision.
* * *
L’Académie Planarium, située à 2 777 mètres d’altitude.
Les installations qui se dressaient au-dessus des nuages étaient aussi vastes que deux campus universitaires réunis. Il y avait des dortoirs, des bâtiments de cours, un terrain de sport, des salles de séminaire, une place et même un parc. Elle ne portait pas le nom d’« académie » pour rien.
Pourtant, curieusement, tous les bâtiments étaient vides.
L’atmosphère était donc un peu lugubre. On aurait dit que des entités non humaines rôdaient dans les parages.
──Tout le monde, veuillez vous rassembler sur le terrain de sport.
Le terrain de sport de Planarium.
Les organisateurs, dont Chedric, se tenaient déjà sur la scène, et les terminales s’étaient alignés de leur plein gré.
──Bienvenue. Voici l’Académie Planarium. Je suis Deloh, de l’Association des universités.
L’homme à la tribune était Deloh, un cadre de l’Association des universités.
──Le nombre de participants au deuxième trimestre du College Board s’élève exactement à 2 535.
Le nombre avait nettement diminué.
Ce n’était pas qu’il n’y avait personne, mais bon nombre d’entre eux avaient trouvé un emploi grâce à leurs seuls résultats du premier trimestre. Les roturiers, surtout les plus pauvres, avaient facilement cédé à la tentation.
──Aujourd’hui a lieu l’assemblée provisoire. Le début officiel est dans trois jours, mais vous pouvez rester ici jusque-là.
Je repérai Soliette, qui traînait dans le coin.
Elle bâillait, l’air épuisé, dans un coin. Elle avait dû jouer à Bethune toute la nuit.
──Pour commencer, je vais vous expliquer en quoi consiste le deuxième trimestre. Dans cet espace magique, vous devrez « gagner » vos propres notes.
Deloh désigna un côté du terrain de l’académie. Un bâtiment portait une enseigne : [Centre d’échange].
──Ces montagnes sont habitées par d’innombrables monstres. Il y a aussi de nombreuses tâches à accomplir. De plus, vous pourrez suivre des « cours » spéciaux dans l’espace magique, dans les différentes installations d’ici. Tous ces accomplissements peuvent être convertis en CP au centre d’échange.
Les accomplissements étaient convertis en CP. Ça voulait probablement dire qu’on pouvait obtenir des CP en capturant un monstre ou en accomplissant une tâche.
──Vous en apprendrez davantage au fil de votre séjour. Je vais maintenant vous exposer les principes fondamentaux de cet endroit, l’Académie Planarium.
Deloh leva un doigt.
──Premièrement : l’autosuffisance. Comme vous pouvez le constater, un logement vous est fourni.
Il tendit le bras. Un dortoir se dressait là. C’était une haute tour qui semblait reliée aux enfers, enveloppée d’un brouillard particulièrement épais.
──La nourriture venant de l’extérieur ne peut pas subsister ici, à l’Académie Planarium. Vous devrez donc « subvenir à vos besoins », en chassant ou en cueillant dans cet espace magique.
L’Académie Planarium était aussi appelée « le lieu où réside l’esprit ».
C’était un espace magique très particulier et unique sur le continent, qui deviendrait même un royaume magique plus tard.
Je le savais, car j’y étais déjà venu avant ma régression.
En fait, les aliments touchés par le monde extérieur se gâtaient en un instant.
──Deuxièmement : l’autonomie. En cas de danger, vous devrez vous sauver vous-mêmes dans cet espace magique.
J’entendis un bruissement à côté de moi. Je jetai un coup d’œil dans cette direction. Elise se tenait là, l’air de rien.
Quand était-elle arrivée ?
──Troisièmement : vous ne devez jamais perdre votre « carte d’étudiant », qui vous sera remise aujourd’hui. Si vous la perdez, vous risquez, dans le pire des cas, de « perdre votre chemin ». Bien sûr, le responsable restera au phare central pour veiller sur vous… mais les illusions d’ici sont dangereuses.
Deloh nous mit en garde.
──Bien. Maintenant, rendez-vous au poste de contrôle de l’entrée, au premier étage du dortoir, récupérez votre carte d’étudiant et choisissez votre chambre. Premier arrivé, premier servi. Une fois votre chambre choisie, elle sera à vous jusqu’à la fin du deuxième trimestre.
À peine eut-il fini de parler que…
Ffff !
Presque tous les terminales se précipitèrent vers le dortoir.
──Hé, poussez-vous !
──Quoi, hé ! Attendez-moi !
──« Il faut qu’on monte le plus haut possible ! »
C’était le chaos, mais je restai planté là. Elise s’arrêta alors qu’elle s’apprêtait à courir. Elle tourna simplement la tête vers moi.
« … Tu n’y vas pas ? Les étages supérieurs devraient être plus sûrs. »
Elise me posa la question d’un ton prudent. Elle me regardait, mais son esprit était déjà au dortoir.
« Ça m’est égal. »
« Il y a beaucoup d’âmes à Planarium. Les premier et deuxième étages vont en pâtir. »
On dirait que cette fille savait quel genre d’endroit était l’Académie Planarium.
« Dans ce cas, j’irai au premier étage. »
Je partis d’un pas tranquille.
« … Fais comme tu veux. Ne viens pas te plaindre si tu le regrettes après. »
Elise partit d’un air contrarié, puis revint sur ses pas.
« Hein, quoi ? »
« Tu es déjà en retard. Je vais au moins garder ma dignité. »
Elle croisa les bras en disant cela.