Chapitre 6 427
« Quelle audace ! »
De nombreuses épées se braquèrent aussitôt sur Song Yun, mais elle resta droite et intrépide, le regard froid.
« Ça suffit ! » tonna la maîtresse du Palais sacré de l’Épée céleste, visiblement mécontente.
Les membres du Palais sacré de l’Épée céleste rengainèrent précipitamment leurs épées.
« Il est normal que les jeunes se chamaillent. Ce n’est qu’une dispute, pas une bagarre. Vous ne trouvez pas excessif que les anciens s’en mêlent ? » La maîtresse du Palais sacré de l’Épée céleste lança un regard furieux aux anciens.
Les membres du Palais sacré de l’Épée céleste ne répondirent pas, mais baissèrent la tête par déférence envers leur maîtresse.
« Wang Qiang, Song Yun, nous sommes tous amis. Vous ne devriez pas dire ce genre de choses », réprimanda Chu Feng.
Wang Qiang sourit sans répondre.
« Ce n’était qu’une plaisanterie. Je suis sûre que tu ne m’en veux pas », fit remarquer Song Yun.
« Sommes-nous assez proches pour que tu plaisantes avec moi ? Je n’aime pas que les autres se moquent de moi », répliqua froidement Tianjian Canhua.
« Quel dommage. J’aime justement plaisanter », répondit Song Yun.
Sentant que l’atmosphère tournait mal, Chu Feng s’interposa rapidement : « Mademoiselle Canhua, j’ai étudié l’héritage qui se trouve ici, et nous pourrions le réveiller ensemble. Voulez-vous m’accompagner ? »
« Je veux bien essayer. » Tianjian Canhua se montra bien plus polie en s’adressant à Chu Feng.
« Alors, allons-y. »
Chu Feng se dirigea vers la stèle en forme d’épée.
Tianjian Canhua le suivit, mais resta à bonne distance derrière lui. Elle avait déjà envisagé de renoncer à l’héritage, mais, une fois entrée dans le domaine, la situation ne lui parut plus aussi désespérée. Elle décida donc de tenter sa chance.
Elle n’était toutefois toujours pas sûre d’elle.
Elle comprit que l’épreuve se déclencherait dès qu’on entrerait dans un certain périmètre autour de la stèle. Comme elle ignorait ce qui l’attendait, elle préféra garder ses distances et laisser Chu Feng tâter le terrain.
Weng !
À mesure que Chu Feng s’approchait de la stèle, des runes semblables à des éclairs apparurent à sa surface. Il s’arrêta aussitôt, forma un sceau de la main et ferma les yeux pour se préparer à l’épreuve.
« Oh. C-c-cette dernière stèle est effectivement différente des précédentes », dit Wang Qiang.
Même l’aura dégagée par la dernière étoile était déjà bien plus puissante que celle des étoiles précédentes.
Tianjian Canhua observa attentivement le visage de Chu Feng. Ce ne fut qu’après avoir constaté son calme qu’elle osa s’approcher.
Mais à peine fut-elle arrivée à côté de Chu Feng que son visage se déforma d’horreur. De l’énergie se déversa à toute vitesse dans son corps, lui donnant l’impression que sa tête et son âme allaient éclater. Elle fut contrainte de faire demi-tour et de battre aussitôt en retraite.
« Chu Feng, tu es plus compatible avec l’héritage. Je ne vais pas te le disputer. »
Tianjian Canhua retourna auprès des membres du Palais sacré de l’Épée céleste.
« Canhua, cet héritage semble extraordinaire. Comment peux-tu y renoncer comme ça ? » demanda un ancien.
La maîtresse du Palais sacré de l’Épée céleste posa les doigts sur le poignet de Tianjian Canhua. Son pouls était extrêmement irrégulier. Si Tianjian Canhua paraissait imperturbable, c’était uniquement grâce à sa maîtrise de soi exceptionnelle ; n’importe qui d’autre, à sa place, saignerait déjà des sept orifices.
« Chu Feng est-il si redoutable ? »
La maîtresse du Palais sacré de l’Épée céleste jeta de nouveau un regard à Chu Feng, qui semblait parfaitement imperturbable, puis soupira.
Tianjian Canhua était le plus grand prodige de leur lignée, et pourtant, elle était très loin d’égaler Chu Feng. Un écart aussi colossal lui glaça le sang. Quel genre de monstre était donc Chu Feng ?
« L’héritage lui est peut-être simplement destiné », répondit Tianjian Canhua, refusant d’admettre sa défaite.
« La situation est peut-être la même que pour la sixième étoile. Il pourrait être l’héritier élu, sans que cela ait été clairement indiqué », répondit la maîtresse du Palais.
Elle était encline à croire Tianjian Canhua, car elle ne pensait pas qu’un écart aussi immense puisse exister entre des prodiges de premier ordre. Cela aurait du sens si l’héritage avait choisi Chu Feng et repoussait tous ceux qui s’en approchaient.
« Ça va ? » demanda Song Yun à Tianjian Canhua avec un sourire provocateur. On aurait dit qu’elle avait percé à jour son mensonge.
Tianjian Canhua l’ignora. Le sourire de Song Yun n’en fut que plus large.
Cela irrita Tianjian Canhua. Elle se tourna vers la maîtresse du Palais et lui demanda discrètement : « Maîtresse du Palais, pourquoi devons-nous coopérer avec ces ordures de la Secte des Enfers ? »
« C’est une amie de Chu Feng. Nous devrions la traiter avec égards tant que nous sommes ici. Mais une fois sortis, cela n’aura plus d’importance », répondit la maîtresse du Palais.
Le teint de Tianjian Canhua s’éclaircit enfin.
En somme, la maîtresse du Palais lui disait qu’elle serait libre de s’occuper de Song Yun, de Wang Qiang et de tous les autres une fois qu’ils se seraient séparés de Chu Feng.
Pendant ce temps, des éclairs commencèrent également à se manifester autour de Chu Feng.
Boum !
Des flammes jaillirent soudain autour de Chu Feng et de la stèle. Flammes et éclairs s’entrelacèrent, offrant un spectacle semblable à celui qui s’était déployé à l’extérieur du domaine des stèles.
La stèle dégagea une aura sans pareille, évoquant une véritable épée. Les petites pierres de la clairière, qui pouvaient renforcer la puissance de la lignée, brillèrent d’une lueur étrange. Soudain, la clairière prit des allures de terre sacrée.
Des mots apparurent sur la stèle : Tombeau de l’Ancêtre taoïste de la Flamme et de la Foudre !
Whoosh !
Des tintements métalliques retentirent soudain dans le brouillard environnant.
D’épaisses chaînes jaillirent du brouillard et encerclèrent la clairière, la verrouillant comme une cage à oiseaux. Des runes rouges apparurent sur les chaînes, plongeant dans l’obscurité la stèle de l’Ancêtre taoïste de la Flamme et de la Foudre ainsi que la clairière.
Les chaînes avaient scellé l’héritage de l’Ancêtre taoïste de la Flamme et de la Foudre !
Whoosh !
L’une des chaînes se brisa, ouvrant une brèche dans la cage.
Avant que la foule ait pu comprendre ce qui se passait, une voix rauque retentit depuis l’ouverture : « Vous essayez de libérer les Orbes des Sept Étoiles ? Vous n’en êtes pas dignes ! »