Chapitre 6 014
Grâce à la formation d’évasion, Chu Feng revint à l’entrée de l’Ère divine.
Une foule nombreuse était toujours rassemblée à l’extérieur de l’Ère divine, mais tous prenaient soin de garder leurs distances. Certains étaient venus assister au spectacle. D’autres comptaient entrer, mais avaient changé d’avis après avoir vu les Bêtes monstrueuses chauves-souris se déchaîner un peu plus tôt.
On ne pouvait guère leur en vouloir : le monde avait longtemps cru que les experts les plus puissants étaient des cultivateurs du niveau du Dieu véritable suprême, tandis que le niveau du Dieu céleste n’était qu’une légende.
Chu Feng examina les alentours.
Il ne cherchait ni le Daoïste Premier Dragon ni le Daoïste Deuxième Dragon, pas plus qu’il ne cherchait Huitième Zhao. Il se dit que les deux daoïstes avaient sans doute été transportés dans un autre royaume, ou qu’ils avaient peut-être déchiffré les indices et avancé plus profondément.
Attendre leur retour ici ne servirait à rien.
Il ne s’inquiétait pas trop pour Huitième Zhao : avant de partir, il l’avait vu activer la formation avec succès et en avait conclu qu’il devait être en sécurité, lui aussi. Il ne le vit nulle part, mais cela ne l’étonna pas, car la Porte de formation spirituelle était immense. Huitième Zhao avait pu être téléporté n’importe où.
Ce que Chu Feng cherchait, c’était l’objet d’activation.
Mais comme il ne trouva aucun indice, il entra par l’accès réservé aux juniors.
Il fut transporté dans un passage de téléportation. Il ralentit exprès pour chercher des indices, mais n’en trouva toujours pas.
Finalement, une vague d’énergie de téléportation l’enveloppa et le transporta dans un royaume.
Ce royaume avait l’air plus ordinaire que celui où il avait été envoyé précédemment. Devant lui se dressaient un immense monument de pierre et une Porte de formation spirituelle.
Le monument indiquait les deux moyens de quitter cet endroit.
Le premier consistait à vaincre la Bête monstrueuse qui se trouvait dans une caverne. Cela ouvrirait la voie menant plus profondément dans l’Ère divine. Toutefois, le monument précisait aussi que la Bête monstrueuse serait un adversaire redoutable et qu’on risquait de mourir en tentant de la vaincre.
S’ils renonçaient, ils pouvaient partir par la Porte de formation spirituelle située près du monument, mais ne pourraient plus jamais entrer dans l’Ère divine.
Ce n’était toutefois que l’information apparente.
Deux autres indices étaient dissimulés dans le monument. Nul besoin d’être spirite du monde pour les déchiffrer : les cultivateurs avaient eux aussi une chance d’y parvenir, même si la tâche n’était pas aisée.
Mais ils n’étaient pas assez difficiles pour arrêter Chu Feng.
Le deuxième indice contenait une carte complète du royaume, ainsi que l’emplacement de la caverne.
Le troisième détaillait la puissance de la Bête monstrueuse. Elle était seule, mais avait atteint le niveau du Dieu véritable de rang quatre.
« Dieu véritable de rang quatre… » Chu Feng fronça les sourcils.
Il n’était pas assez fort pour affronter un adversaire de ce niveau. Ce royaume d’apparence si ordinaire était plus dangereux qu’il ne l’avait cru.
Boum !
De puissantes ondes de choc se propagèrent soudain au loin. Chu Feng regarda dans leur direction et aperçut deux individus redoutables qui échangeaient des coups.
« Des cultivateurs du niveau du Dieu véritable ? »
Ses yeux s’illuminèrent. Il comprit qu’il s’agissait de deux cultivateurs du niveau du Dieu véritable de rang un.
Intrigué, il se hâta de les rejoindre.
Ceux qui pouvaient venir ici devaient eux aussi être des juniors. Il voulait savoir qui, parmi eux, avait réussi à atteindre le niveau du Dieu véritable.
Peu après, il aperçut enfin les deux juniors qui se battaient. Tous deux portaient une cape qui leur dissimulait le visage et le corps. Aucun ne voulait révéler son identité.
« Frère Yuwen ? » Chu Feng reconnut aussitôt l’un d’eux.
Bien qu’il fût couvert de la tête aux pieds, Chu Feng reconnut le petit-fils du maître de la Résidence céleste du Corps divin : Yuwen Yanri.
« Frère Yuwen a atteint le niveau du Dieu véritable ? »
Chu Feng fut ravi d’apprendre que Yuwen Yanri, pour qui il avait de l’estime, avait fait de tels progrès dans sa cultivation. En même temps, il fut stupéfait par la vitesse à laquelle il progressait.
« Qui peut bien être l’autre personne ? Quelqu’un de l’Ère ancienne, peut-être ? » Chu Feng observa l’adversaire de Yuwen Yanri.
Il connaissait bien la puissance de Yuwen Yanri. Celui-ci avait aisément vaincu Huangfu Jiangyao, le prodige du Clan céleste Huangfu, lors du Zénith des Neuf Cieux. Il ne faisait aucun doute que c’était un prodige parmi les prodiges.
Chu Feng, du moins, ne pensait pas avoir encore vu tout ce dont Yuwen Yanri était capable.
Pour l’heure, Yuwen Yanri maintenait sa cultivation au niveau du Dieu véritable de rang un et n’utilisait ni technique martiale ni Armement divin. Pourtant, Chu Feng voyait bien qu’il prenait ce combat bien plus au sérieux que son affrontement contre Huangfu Jiangyao.
Son adversaire n’était pas non plus à sous-estimer, puisqu’elle parvenait à lui tenir tête.
Elle était beaucoup plus petite que lui, aussi Chu Feng en déduisit-il qu’il s’agissait d’une femme. Il supposa également qu’elle était une junior prodigieuse de l’Ère ancienne, peut-être issue d’un puissant clan ou d’une secte influente.
Fff !
Soudain, la femme lança la paume avec une vitesse bien supérieure à celle de ses précédentes attaques.
Yuwen Yanri faillit être touché, mais, à la surprise de Chu Feng, il esquiva et riposta d’un puissant coup de poing en direction du visage de la femme.
Le coup faillit l’atteindre, mais elle était assez agile pour l’éviter au dernier instant. Malgré tout, la seule onde de choc du poing lui arracha sa capuche, révélant son vrai visage.
C’était une belle femme, aux longs cils, aux grands yeux et au petit nez. Ses lèvres vermeilles auraient fait battre le sang de n’importe qui. Il était étonnant que, malgré sa beauté, elle dégageât une froideur presque glaciale, tout en affichant une vaillance rare chez les femmes — un contraste saisissant.
Elle était si ravissante que même Yuwen Yanri en resta subjugué.
Chu Feng ne put s’empêcher de se dire que le monde était petit. Il n’y avait pas longtemps, il avait vu le portrait de cette femme. C’était la fille de Huitième Zhao.
Il fut surpris de constater à quel point la fille de Huitième Zhao était puissante : elle était en passe de dépasser son père !