Chapitre 415
Mais ce n’était pas là l’essentiel. Ce qui comptait, c’était qu’en massacrant les membres des six grandes puissances, Chu Feng avait aussi fait main basse sur de nombreuses ressources. Il avait également participé, durant cette période, à une bourse clandestine dans la province de Qin.
Cette bourse clandestine était un lieu où les grandes puissances de la province de Qin et des experts venus de tous horizons se retrouvaient pour échanger des marchandises. Nombre de ces objets provenaient probablement de milieux obscurs, mais c’étaient tous des trésors inestimables. On les appelait aussi des « marchandises noires », d’où le nom de bourse clandestine.
Chu Feng y vendit la paire d’armes d’élite artificielles que Jie Yan avait offerte à Song Qingfeng. Il en tira cinquante mille perles du Profond, ce qui montrait bien qu’en dépit de son statut de simple imitation, une arme d’élite artificielle était elle aussi inestimable.
Et pourtant, le clan Jie avait donné d’un seul coup des objets de ce genre aux quatre puissances. On voyait bien qu’il cherchait à s’attacher leur soutien. À vrai dire, il s’agissait de cinq puissances, puisque la Vallée du Dieu de l’Épée se trouvait désormais dans le même camp que le clan Jie.
Cependant, Chu Feng se moquait de savoir comment le clan Jie se rapprochait de ces cinq puissances. Ce qui le réjouissait, c’était le prix élevé auquel il avait vendu les armes d’élite. Ajouté aux perles du Profond qu’il avait prises à Song Qingfeng, cela lui permit enfin de franchir le cap et d’atteindre le sixième niveau du Royaume du Profond.
Il avait fallu environ un million cent quinze mille perles du Profond à Chu Feng pour passer du troisième au sixième niveau du Royaume du Profond. À présent, son dantian était complètement vide. C’était comme un puits sans fond, attendant que Chu Feng trouve des ressources pour le remplir.
Chu Feng savait que, même s’il ne lui manquait qu’un seul niveau pour atteindre le septième niveau du Royaume du Profond, cette étape serait extrêmement difficile à franchir. La quantité de ressources nécessaire était terrifiante, plusieurs millions de perles du Profond.
Ce jour-là, Chu Feng venait d’abattre un nouveau groupe de disciples de l’École Yuangang et avait suspendu leurs cadavres aux arbres. Après avoir inscrit en toutes lettres : « Tués par Chu Feng », il enfila un chapeau conique, entra dans une ville et s’apprêta à se reposer un peu et à prendre un repas.
Bien que Chu Feng fût désormais recherché par les six grandes puissances et considéré comme un criminel que tout le monde voulait tuer, il n’avait pas peur. Au contraire, il voulait même rencontrer des membres de ces six puissances. Tant qu’ils seraient moins forts que lui, il les tuerait tous.
Si ses adversaires étaient trop puissants, Chu Feng pouvait s’enfuir sur son Dragon traversant les neuf cieux. Mais jusqu’à présent, il n’avait rencontré personne, parmi les six grandes puissances, qui lui inspirât la moindre crainte.
« Hé, qu’est-ce que tu as dit ? Un nouveau groupe de disciples et d’Anciens de l’École Yuangang a été tué, et la succursale qu’ils avaient fondée dans la province de Qin a été entièrement détruite par lui ? »
« J’ai entendu dire que Chu Feng n’était qu’un boucher. Un véritable démon. Les six grandes puissances ont vraiment eu la malchance de le provoquer. »
« Ah… Si même les six grandes puissances ne peuvent rien contre lui, ne deviendra-t-il pas assez puissant pour défier les cieux, s’il continue de progresser ? À ce rythme, il deviendra le deuxième Fondateur du Dragon d’Azur ! »
« À ce propos, j’ai entendu dire que Chu Feng venait de la province d’Azur. Le Fondateur du Dragon d’Azur aussi, non ? Comment cette province a-t-elle pu produire un monstre parmi les monstres ? »
« C’est vrai ! La province d’Azur est restée en sommeil pendant plusieurs centaines d’années. J’ai entendu dire que, durant tout ce temps, aucun expert du Royaume Céleste n’y était apparu. Et voilà qu’un monstre terrifiant comme Chu Feng surgit de nulle part. »
« Et Chu Feng n’est pas le seul. Il y a aussi un certain Zhang Tianyi. On dirait qu’il est encore plus puissant que Chu Feng. Il y a longtemps déjà, il avait vaincu Song Qingfeng, Liu Xiaoyao, Bai Yunfei et Tang Yixiu. »
« Non, non, non. À mon avis, Chu Feng reste le plus fort. Zhang Tianyi a vaincu les quatre, mais Chu Feng, lui, les a tués ! Et à l’époque, Zhang Tianyi avait exactement le même niveau de cultivation que Song Qingfeng et les autres, et ils avaient à peu près le même âge. »
« Mais Chu Feng, c’est différent ! Avec le septième niveau du Royaume du Profond, il a vaincu des adversaires du premier niveau du Royaume Céleste. Et c’est encore un jeune homme ! C’est vraiment contraire à toute logique. »
« Qu’importe lequel est le plus fort ? Après tout, ils viennent tous deux de la province d’Azur. Mais il faut bien reconnaître que cette province nous réserve de sacrées surprises. Après plusieurs centaines d’années de sommeil, deux monstres terrifiants sont apparus. Ils sont voués à semer le chaos sur le continent des Neuf Provinces. »
Dans une auberge, les clients ne se contentaient pas de manger : pleins d’enthousiasme, ils discutaient à qui mieux mieux de Chu Feng.
Chu Feng était assis dans l’auberge. Tout en buvant du vin et en mangeant de la viande, il écoutait les autres parler de lui et conjecturer sur son niveau de cultivation. C’était plutôt amusant.
En réalité, Chu Feng s’était déjà habitué, ces derniers temps, à ce genre de situation. Où qu’il aille, dès qu’il se trouvait dans un endroit très fréquenté, Chu Feng était le sujet de conversation le plus courant.
« Hmph. Chu Feng n’en a plus pour longtemps. »
À cet instant, un grand gaillard entra et, tout en parlant, plaqua une affiche de recherche sur la table.
« Mon frère, pourquoi dis-tu ça ? Les chefs des six grandes puissances sont sortis ? » demanda avec curiosité un client de l’auberge.
« Les chefs des six grandes puissances ? Quelqu’un de plus redoutable qu’eux est entré en scène ! Regardez-moi ça ! » Le grand gaillard désigna l’affiche posée sur sa table.
« Ciel ! Mais qu’est-ce que… ? » Les clients s’approchèrent, intrigués, et découvrirent le contenu de l’affiche. Pas un seul ne manqua d’être profondément choqué. Car ce n’était pas une affiche de recherche, mais un avis de mise à prix.
« C’est le Vieillard aux cent visages ! Le fameux assassin, réputé être le meilleur du continent des Neuf Provinces ! Il s’en est enfin pris à Chu Feng ? »
« Ça sent mauvais pour Chu Feng. J’ai entendu dire que ce Vieillard aux cent visages était extrêmement puissant. Personne qu’il décidait de tuer ne revenait vivant », dirent-ils, stupéfaits.
« Bien sûr ! Les affiches des six grandes puissances, ce n’est pas grand-chose. Mais dès que le Vieillard aux cent visages met un avis de mise à prix, Chu Feng n’en a plus pour longtemps. Je suis certain que nous apprendrons bientôt qu’il a été tué par le Vieillard aux cent visages », affirma le grand gaillard avec assurance.
« Le Vieillard aux cent visages ? » En entendant les conversations, Chu Feng se contenta de sourire sans y prêter attention.
À l’exception de Jie Xingpeng, presque personne, parmi les cinq autres puissances, ne pouvait l’effrayer, car personne n’était en mesure de le rattraper. Même les chefs des cinq grandes puissances n’y pouvaient rien, sans parler du Vieillard aux cent visages, qui exerçait le métier d’assassin.
« Fiche le camp, sale mendiant ! Ne gêne pas les clients de l’auberge ! »
« Monseigneur, pourriez-vous avoir la bonté de me donner un peu à manger ? Cela fait trois jours que je n’ai rien avalé ! »
À l’entrée de l’auberge retentirent des cris furieux. Le serveur désignait un vieux mendiant couvert d’ulcères purulents et lui hurlait de partir. Mais le vieillard se prosternait, le front contre le sol, et implorait sa pitié avec désespoir.
Chu Feng examina attentivement le vieux mendiant avec sa puissance spirituelle. De la tête aux pieds, son corps ne dégageait pas la moindre trace d’aura de cultivation martiale. C’était un homme ordinaire qui n’avait jamais cultivé. De plus, il semblait n’avoir vraiment rien mangé depuis plusieurs jours. Son estomac était vide et, si cela continuait, il risquait de mourir de faim.